RADIOS
" DE BASE " LES PLUS UTILISÉES Les revues spécialisées en modélisme proposent souvent des radiocommandes qui sont de véritables joyaux de l’électronique. Tous les passionnés se mettent à rêver devant de telles merveilles dix canaux, modulation en PCM, écrans haute résolution, nombre illimité de mélangeurs, etc. Mais ils retrouvent le sens des réalités lorsqu’ils se rendent pour la première fois dans un magasin spécialisé et découvrent que le terme “joyau” s’applique également au prix. Ils se posent alors plusieurs questions. Avons-nous vraiment besoin de ces émetteurs? Sont-ils tellement meilleurs que les autres? Les émetteurs “normaux” fonctionnent-ils moins bien? Nous allons, pour notre part, nous limiter aux émetteurs de tous les jours ou à ceux qui devraient l’être. 
L'introduction
massive des microprocesseurs a eu pour effet la révision à la hausse du
concept de "radio de base".
Qu’est-ce qu’un émetteur “de base” ?
Voici une dizaine d’années encore, la réponse à cette question était simple un émetteur à quatre canaux. Point à la ligne. 90% des amateurs utilisaient cet émetteur et, parmi eux, figuraient un pourcentage élevé de participants à des championnats de haut niveau. A cette époque, pas si lointaine, le seul doute éventuel concernait la modulation AM (modulation d’amplitude) ou FM (modulation de fréquence). Une révolution s’est alors produite dans le monde de l’électronique. Le microprocesseur a fait son apparition dans la quasi-totalité des équipements électroniques, sans oublier les émetteurs radio. Les prix ont chuté et, en quelques années à peine, le marché fut inondé de radios en tous genres et aux multiples possibilités. Paradoxalement, ce progrès a plongé de nombreux passionnés dans une sorte d’hébétude (que nous pourrions appeler “la fièvre de la technologie”) et les a amenés à se tromper dans le choix de leur équipement. Nous allons maintenant évoquer les principales caractéristiques des émetteurs les plus populaires.
Avantages ou inconvénients d’un émetteur " de base" ? Leurs caractéristiques sont multiples plus ils sont simples, moins ils comportent de pièces, plus leur maniement est aisé et moins ils sont chers. Indépendamment de l’aspect “prix’, les autres qualités principales sont les suivantes moins de pannes (les pièces qui n’existent pas ne peuvent pas s’abîmer) et moins de problèmes causés par l’émetteur. En effet, il arrive fréquemment qu’un modéliste casse son avion pour avoir choisi un super émetteur à plusieurs mémoires, adapté à différents modèles, avec mélangeurs sophistiqués et compensateurs... et pour l’avoir lancé dans les airs sans réaliser que l’émetteur était préparé pour un autre appareil, pourvu d’autres commandes. Personnellement, j’en ai cassé un en utilisant un mélangeur activé de façon inadéquate, sans oublier d’autres frayeurs, liées à des cristaux de quartz non adaptés au modèle, etc.

1)
Détail d'un système de "trainer" (système d'apprentissage).
Présent actuellement sur des radios de bas de gamme. 2)
Les réducteurs de commande ("Dual-Rate") sont activés au moyen
d'interrupteurs situés au coin de l'émetteur.
Jusqu’à quel point un émetteur peut-il être considéré comme
" simple
" ? Comme nous l’avons indique précédemment ce point ne posait aucun problème voici quelques années encore. Les émetteurs de base étaient équipés de quatre canaux (parfois cinq, mais rarement) et pouvaient être pourvus d’inverseurs; c’était tout. Actuellement, nous avons le choix entre ces équipements et les radios sophistiquées à huit canaux, équipées de multiples mélangeurs et de douzaines de mémoires, mais une large gamme d’équipements intermédiaires sont également disponibles. Un émetteur de base doté d’un microprocesseur et d’un écran à affichage numérique est difficile à concevoir pour un modéliste de la vieille école mais, en réalité, ces émetteurs sont aussi simples à utiliser qu’une montre digitale à 40 francs et facilitent grandement le réglage du modèle. Sans vouloir polémiquer, je pense qu’un émetteur ne peut être “simple” s’il est pourvu de mélangeurs programmables et de multiples mémoires. Où situer dès lors la radio pour hélicoptère la plus élémentaire, qui comporte déjà d’innombrables boutons et régulateurs ?
L’émetteur et le reste
Vous aurez certainement remarqué que nous n’avons jusqu’a présent évoqué que les “émetteurs” et non les “équipements”. La raison en est simple indépendamment du nombre de canaux et des équipements qui fonctionnent en PCM (un soi-disant système de protection contre les interférences, que nous aborderons prochainement), les mémoires, les mélanges et autres raffinements concernent l’émetteur, le récepteur et les servos étant semblables pour les radios de haut ou de bas de gamme ou, à tout le moins, capables de fonctionner avec les uns comme avec les autres. L’avantage est le suivant: si nous acquérons un équipement de base, tout ce qui équipe le modèle (récepteur, batteries,
servos) continuera à nous être utile lorsque nous achèterons un émetteur de meilleure qualité. Même si l’émetteur est de type PCM, il sera capable d’émettre en modulation normale (une fois programmé en conséquence, évidemment). 
Récepteur
à cinq canaux. Les récepteurs sont relativement "passifs" :
les mélanges et autres techniques raffinées sont incorporés à
l'émetteur. Un récepteur simple peut être utilisé pour un émetteur
complexe.
Quelle radio pour le modéliste " de base " ?
Les émetteurs de base, aussi simples que rudimentaires, conviennent-ils au modéliste “normal” ? La réponse à cette question est, sans aucun doute, affirmative. Il suffit de fréquenter un club pour réaliser que 95% des modèles volants sont pilotés à partir de trois ou quatre
servos. Très rares sont les modèles équipés de flaps, d’aérofreins ou d’autres raffinements qui nécessitent un cinquième servo ou un mélangeur et - même dans ce cas- le mélange mécanique peut être effectué par un mélangeur qui vous coûtera 40 francs. Qui a donc besoin d’un émetteur plus sophistiqué ? Les pilotes de planeurs d’un certain niveau (avec un servo par aileron, et plus encore) et ceux d’hélicoptères, bien que ceux-ci aient à leur disposition des émetteurs simples s’ils ne souhaitent pas faire d’acrobaties; sans oublier les passionnés d’acrobatie ayant dépassé le niveau intermédiaire.
Inverseurs
Nous commencerons par les inverseurs le relevé des possibilités offertes par les émetteurs. Il s’agit de commutateurs (manuels ou numériques) grâce auxquels le servo fonctionnera dans un sens ou dans l’autre lorsqu’on actionnera le levier de commande. Rares sont les émetteurs qui en sont dépourvus car c’est un système simple et qui facilite évidemment l’installation de la radio.

1)
On programme l'émetteur simple comme une montre digitale, par le biais de
quelques boutons-poussoirs. 2)
Les changements opérés dans la programmation se reflètent sur l'écran
à cristaux liquides.
ATV (Adjustable Travel Volume)
Commençons par les sigles anglais. L’ATV est un système de plus en plus courant; il est équipé d’un processeur destiné à régler la course des
servos. Il permet généralement d’effectuer le réglage séparément, dans chaque sens (par exemple, au-dessus et en dessous du stabilisateur). Les émetteurs sont habituellement fabriqués de façon à ce que la course complète du stick corresponde à un déplacement du servo de 100-120 degrés (50-60° dans chaque sens). L’ATV permet de réduire ou d’augmenter cette course de 30 à 120%. Si votre émetteur n’est pas pourvu de ce système, ne vous en faites pas on peut obtenir le même résultat de manière mécanique (en remplaçant le bras ou le palonnier du servo par un autre, plus long ou plus court, nous obtiendrons une amplitude de commande plus ou moins importante). Il est également possible de n’augmenter le déplacement que dans un sens. Nous vous expliquerons comment procéder: c’est assez laborieux mais efficace.
Réducteurs de commande ( “ Dual Rates ” ) Un nouveau terme anglais qu’il vous faudra retenir. Le Dual Rate est un système électronique que l’on trouve sur les émetteurs élémentaires. Il nous permet de réduire - en actionnant l’interrupteur ad hoc - la commande d’une fonction. Il s’applique généralement aux ailerons et à la commande de profondeur (ou gouverne de direction et de profondeur, dans le cas des modèles sans ailerons). À quoi nous sert-il si nous disposons déjà de l’ATV ? L’ATV fonctionne de façon continue. Par contre, le Dual Rate peut être activé lorsque nous le souhaitons, en cours de vol. En effet, de nombreux modèles nécessitent une commande accentuée quand ils volent lentement (au décollage ou à l’atterrissage), mais celle-ci devient “excessive” lorsque le vol se normalise. Dans d’autres cas, nous ne souhaitons une commande plus forte que pour réaliser des manoeuvres acrobatiques. Le Dual Rate permet, une fois l’interrupteur actionné, de doubler l’intensité de la commande des ailerons et de la gouverne de profondeur. Les interrupteurs de Dual Rate sont généralement placés dans le coin supérieur de l’émetteur. A côté ou à l’arrière (ou sur le menu correspondant des émetteurs équipés d’un microprocesseur) se trouve un potentiomètre qui permet de régler l’intensité de commande souhaitée à l’intérieur de certaines limites (habituellement entre 100 et 30%). La limite inférieure vise à éviter que le Dual Rate ne descende accidentellement à 0%, ce qui laisserait le modèle sans commande. 
L'immense
majorité des modèles acrobatiques peuvent être pilotés avec une simple
radio à quatre canaux.
Canaux accessoires
Si l’émetteur est équipé de plus de quatre canaux (cinq en général), le cinquième canal est habituellement de type “tout ou rien” et revêt la forme d’un interrupteur. Ce canal peut être utilisé pour certaines fonctions qui ne doivent pas nécessairement être proportionnelles, comme allumer un moteur électrique, ou ouvrir un clapet.
Mélangeurs
Un mélangeur est un dispositif qui permet de mélanger deux fonctions. Nous y reviendrons prochainement, mais vous devez d’ores et déjà savoir qu’ils existent. Les émetteurs de bas de gamme en sont habituellement dépourvus, même s’ils sont parfois disponibles en option (cela vaut, en règle générale, seulement pour les émetteurs d’origine européenne). Les mélangeurs les plus simples, comme ceux utilisés pour les queues en “V’ ou pour que les ailerons servent également de
flaps, peuvent être remplacés par un mélange mécanique portant sur les servos eux-mêmes; c’est un peu plus laborieux, mais le système fonctionne à la perfection. Quant aux options éventuelles, possibles seulement dans le cas de certains émetteurs, il s’agit habituellement de mélangeurs ou d’un dispositif permettant de coupler deux canaux (appelé” CombiSwitch” en Europe centrale); ce dispositif, servant à déplacer simultanément les ailerons et la gouverne de direction, s’applique surtout aux modèles à aile haute et aux planeurs. Son installation est très simple.

Entraîneur
traditionnel à aile haute : quatre canaux suffisent largement. Fonction didactique des émetteurs
" simples "
Un émetteur simple, dépourvu de mélangeurs, d’ATV, etc., peut, paradoxalement, nous apprendre à régler correctement notre modèle. En effet, le dual rate (par exemple) est très pratique, mais l’absence de ce système nous obligera en quelque sorte à apprendre à régler convenablement les courses des commandes et à améliorer la sensibilité de nos doigts lors du pilotage. L’ATV ne doit pas remplacer notre aptitude à choisir les bras de servo qui permettent d’obtenir une amplitude correcte des gouvernes.
Résumé
La variété d’émetteurs disponibles dans un bon magasin de modélisme est plus que suffisante pour qu’un débutant jette son dévolu sur celui qui comporte le plus de boutons et de commandes, et finisse ainsi par choisir un système plus cher ou plus sophistiqué qu’il n’est nécessaire. Si nous partons du principe que 95% des aéromodèles (pour ne pas dire tous les entraîneurs et les acrobatiques normaux) peuvent être pilotés -et sont, de fait, pilotés- au départ d’un émetteur classique et courant, à quatre servos normaux et sans autre complication, on peut affirmer qu’un émetteur “de base” suffira à la grande majorité des amateurs, au moins pendant les deux premières années de pratique. Il existe toutefois des émetteurs peu coûteux, situés un échelon à peine au-dessus des plus élémentaires, qui, à moindres frais, offrent l’un ou l’autre raffinement susceptible de simplifier, à certains moments déterminés, le réglage de notre modèle, ce qui nous permettra d’en tirer un maximum: les émetteurs munis d’un microprocesseur simple, dont le maniement s’apparente à celui d’une montre digitale. L’ATV, les “dual rates” et autres améliorations décrites précédemment sont de moins en moins coûteuses. Ils sont, en outre, beaucoup plus fiables que n’importe quel émetteur de haut de gamme datant d’une dizaine d’années seulement. 
Radio
de base à quatre canaux datant de quelques années |