INSTALLATION
DE LA RADIO
sur un Aéromodèle Nos équipements radio modernes sont vraiment des merveilles de miniaturisation. Elle est loin l’époque ou le fameux “ratage radio” constituait la cause la plus fréquente de perte d’un
aéromodèle. De nombreux amateurs continuent toutefois à avoir des problèmes avec les radios, tout comme, d’ailleurs, les débutants qui ne savent pas comment s’y prendre pour installer la radio dans l’aéromodèle; et, croyez-moi, l’installation correcte des composants revêt une importance primordiale, bien plus que celle des meubles dans une maison… 
Différents
aéromodèles sur un terrain de vol. Disposition des composants
Bien que l’on puisse placer les servos, le récepteur et les batteries de différentes façons, on s’y prend généralement toujours de la même manière. Dans le cas des modèles à moteur à explosion de taille “normale”, on installe habituellement l’équipement radio dans le fuselage, plus précisément dans la partie qui reste ouverte lorsqu’on retire l’aile. Cela garantit un accès facile, élément qui revêt une importance particulière lorsqu’il faut réaliser des réglages ou changer le quartz de fréquence. Pour ce qui est des planeurs, on accède à l’équipement en ouvrant la cabine. En ce qui concerne les modèles avec ailerons (les plus fréquents), on place trois servos dans le fuselage et un autre sur l’aile (celui des ailerons). On place les trois servos du fuselage côte à côte si le fuselage est large ou celui du moteur devant les deux autres en cas d’espace réduit. Il est courant d’installer le récepteur devant les
servos. Etant donné son poids (100-150 grammes), on place la batterie de façon à respecter le centre de gravité de l’avion si le modèle est lourd du côté queue, on met la batterie le plus possible à l’avant et vice versa. Il vaut mieux procéder de la sorte que réaliser l’équilibrage au moyen de plomb.. Les servos doivent être fixés au fuselage au moyen de vis, Il existe, à cet égard, de nombreux systèmes, dont le plus fréquent consiste à les placer sur une “embase”. On peut trouver des embases dans le commerce mais il est très simple d’en fabriquer une soi-même, avec du contreplaqué de 3 mm, en pratiquant des ouvertures pour les
servos. On peut coller cette assise aux flancs du fuselage; autre possibilité la visser avec quatre vis filetées en bois. Nous pourrons ainsi, en desserrant les transmissions de commandes et les vis, retirer tous les servos pour les vérifier ou les entretenir. On installe le servo des ailerons sur l’aile, sur deux pièces de bois dur. Il n’y a généralement qu’un servo de ce type mais, dans le cas des modèles acrobatiques “sérieux”, on en place un sur chaque aileron.
Câblage
Au moment où nous installons les servos, le récepteur, l’interrupteur et les batteries, nous introduisons de nombreux câbles dans le modèle. Ils doivent être bien rassemblés, tout comme ceux de notre télévision ou ceux qui se trouvent sous le capot de notre voiture. Sinon, un de ces câbles risque de s accrocher à l’une des commandes ou de rester coincé entre l’aile et le fuselage, etc., ce qui peut, à la longue, l’endommager et provoquer la perte du contrôle sur le modèle. Les brides en nylon (en vente dans les magasins d’électronique) permettent de bien emprisonner les câbles à l’intérieur du modèle.

1)
Microservos sur un avion. Observez les pièces en plastique blanc qui
fixent les tringles de gouverne. 2)
Compartiment destiné au réservoir de carburant, séparé de
l'équipement radio.
Manque de confort ?
Et bien, oui : l’intérieur d’un aéromodèle est, en principe, un endroit bien peu approprié pour accueillir des composants électroniques. Ces derniers, malgré les efforts des fabricants, ne sont pas à l’aise au milieu des vibrations à haute fréquence comme celles transmises au modèle par nos petits moteurs à deux temps. De plus, ils n’apprécient pas beaucoup d’être humectés par un mélange d’alcool et d’huile. Les chocs et les cahots ressentis lors du décollage et de l’atterrissage constituent aussi une rude épreuve pour certains composants; je pense notamment aux engrenages des
servos. Analysons chacun de ces problèmes. Le carburant
Il est essentiel que le carburant ne puisse pas entrer en contact avec l’équipement radio. Le réservoir de carburant doit, idéalement, être séparé du compartiment radio par une cloison en bois comprenant un minimum de perforations (de préférence aucune, voire une seule pour la tige de commande des gaz). Le compartiment du réservoir doit être parfaitement imperméabilisé avec un vernis cellulosique, du polyester ou de l’époxy et comporter, en sa partie inférieure, une perforation pour permettre au carburant de s’échapper en cas de fuite. Bien sûr, il faut monter le réservoir avec soin, et cela, précisement pour éviter les fuites. En l’absence de cloison séparatrice (c’est le cas de nombreux fuselages en fibre), il faut adopter la méthode opposée entourer non le réservoir mais les composants de l’équipement radio pour les protéger contre les fuites éventuelles. Un bon système consiste à utiliser de petits ballons gonflables pour la batterie et le récepteur, en ne laissant a découvert que les câbles correspondants. On ferme la sortie a l’aide d’élastiques ou d’une bride en nylon, ou encore, dans le cas des hydravions - c’est, à ce moment là, l’eau qui pose problème-, avec un peu de silicone. 
Double
commande des gouvernes sur un modèle acrobatique de compétition.
Servos et interrupteur
Les servos sont montés dans le fuselage et il est très difficile (mais pas impossible) de les entourer d’un ballon gonflable. Un système auquel recourent surtout les amateurs d’automodélisme mais qui est ‘transférable” aux aéromodèles consiste à les arroser avec un spray de silicone comme ceux utilisés en électronique; on obtient ainsi une bonne protection contre la graisse et autres saletés. L’interrupteur est un composant particulièrement humble : au fond, ce n’est qu’un contact... qui fait fonctionner le reste des composants. On le monte habituellement sur un côté du fuselage, de façon à ce qu’il puisse être actionné facilement. Une précaution à prendre : l’installer du côté opposé à l’échappement, afin que l’huile du moteur l’affecte le moins possible.
Vibrations
Comme nous l’avons dit précédemment, un aéromodèle est un endroit peu accueillant pour un équipement radio, les vibrations constituant le problème essentiel. En effet, celles-ci sont légion dans le cas d’un aéromodèle (nous nous référons exclusivement a ceux pourvus d’un moteur). Nos moteurs à deux temps et à un seul cylindre sont très difficiles a équilibrer; comme nous le verrons dans les articles suivants, une hélice à la pointe cassée ou mal équilibrée au départ aggrave considérablement le problème. On peut comparer le résultat aux cahotements d’une roue de voiture mal équilibrée, à la différence que, dans ce cas-ci, la fréquence de vibration est de 12.000-15.000 cycles par minute. Les vibrations du moteur sont transmises par I’embase au fuselage et, de là, au reste du modèle. Dans les cas les plus graves, les vibrations affectent toutes les composantes de l’avion et peuvent affaiblir non seulement l’équipement radio mais aussi la structure même du modèle. Il est curieux de constater que le problème est encore plus grave dans le cas des fuselages plus rigides, notamment ceux en fibre de verre; le bois est un excellent amortisseur naturel qui “neutralise” assez bien les vibrations du moteur.

Parfaite
installation des tringles de gouverne sur un planeur. Observez le
caoutchouc mousse qui protège le récepteur.
Effet de vibrations
Les effets des vibrations à haute fréquence sur l’équipement radio de notre modèle se remarquent à peine, mais elles sont particulièrement préjudiciables si l’on n’isole pas assez rapidement l’équipement, les plastiques se fissureront, les câbles se rompront et le récepteur ainsi que les servos vibreront. Quand l’un des fils de fer fixant, par exemple, une bobine cède, l’équipement commence à avoir des ratés, ce qui peut endommager notre avion flambant neuf en quelques secondes. Les batteries et le récepteur souffrent des mêmes effets que le reste des composants; il faut donc également les isoler.
Protection contre les vibrations.
Après avoir lu ces horribles histoires, vous serez sans doute persuadés que le problème est difficile à résoudre. Soyez rassurés l’une des photos montre un équipement correctement monté qui fonctionne depuis plus de vingt ans sans problèmes. Bien sûr, ce résultat a pu être obtenu grâce à une minutieuse installation de la radio et à un moteur fonctionnant en douceur. Quelques précautions, par ailleurs très simples, suffisent à protéger notre équipement. La première consiste à éviter -dans toute la mesure du possible- que le moteur vibre : bonne carburation, bougie adéquate et embase de bonne qualité. De plus, il faut équilibrer les hélices (nous vous avons déjà expliqué comment procéder) et, bien évidemment, ne pas utiliser d’hélices cassées ou émoussées. Ces simples précautions permettent de réduire de 75% les vibrations produites.

1)
Le réservoir de carburant doit être étanche pour éviter les
projections d'huile sur l'équipement radio. 2)
Récepteur fixé sur un côté au moyen de ruban adhésif double face. Il
convient de l'isoler des vibrations. Batteries et récepteur
On doit envelopper ces éléments dans une bande de caoutchouc mousse de 10-20 mm d’épaisseur. Vous pourrez acheter ces chutes à un prix dérisoire dans n’importe quel magasin de matelas. Il existe une alternative tout à fait valable le plastique que l’on utilise pour envelopper les cadeaux, à petites bulles d’air d’un centimètre de diamètre on en trouve dans n’importe quel magasin de cadeaux ou de porcelaine. Deux ou trois tours feront l’affaire. Le caoutchouc mousse ou le plastique doivent permettre de fixer l’équipement radio dans une juste mesure; on utilisera du ruban isolant ou des élastiques pas trop serrés. Si nous compressons trop le matériau (par exemple, si nous l’entourons de ruban isolant plusieurs fois en serrant bien fort), ses propriétés -qui visent à isoler les composants en question des vibrations- disparaîtront complètement. 
Détail
de l'installation des servos sur un modèle avec moteur. N'oubliez aucune
des vis de fixation. Les servos
Les servos posent un problème particulier car, pour pouvoir déplacer les transmissions (tringles, etc., qui actionnent les gouvernes), ils doivent être fermement fixés à l’assise. Les fabricants n’ont aucun intérêt à ce que leurs produits s’abîment; c’est pourquoi ils ont conçu un système de fixation des servos qui fonctionne à merveille il s’agit de petites pièces d’un caoutchouc spécial, que l’on introduit dans les perforations de fixation du
servo. Il faut utiliser celles qui correspondent à nos servos. On place, à l’intérieur de ces blocs en caoutchouc, des douilles en laiton de dimensions très précises (elles accompagnent le
servo) et, à l’intérieur de la douille, la vis permettant de fixer l’ensemble au modèle. Dans certains cas, la vis est spéciale -une tête plus large que d’habitude- pour permettre une meilleure fixation; dans d’autres cas, on utilise des rondelles. Les 4 vis doivent être serrées de façon à ce qu’il soit possible de faire jouer le servo sur 2-3 mm. Grâce à ce système, le servo “flotte”, fixé au fuselage par les quatre petits blocs en caoutchouc et isolé des vibrations. Pour que le système puisse fonctionner, le corps du servo ne doit pas être en contact avec le reste du modèle si nous avons construit l’embase nous-mêmes, le logement du servo doit avoir quelque 3-4 mm de plus que la boîte. Les perforations des vis doivent être alignées sur celles du
servo, et cela, pour éviter que l’on puisse les forcer. 
Ici,
le récepteur (à droite) est correctement protégé par une couche de
caoutchouc mousse.
L’interrupteur Notre humble interrupteur souffre aussi des vibrations, mais il est généralement conçu de manière à être peu affecté par celles-ci (il dispose de contacts doubles ou triples pour une plus grande sécurité). Il est très difficile de réduire les vibrations s’il est monté sur le côté du modèle; c’est pourquoi certains amateurs le montent à l’intérieur, sur le compartiment des
servos, en le fixant à l’aide de ruban adhésif double face. On l’actionne par le biais d’une tige qui ressort à l‘extérieur. Dans le cas des modèles de grandes dimensions et très chers -on ne peut se permettre de pannes dont la réparation serait très coûteuse- on en arrive à placer deux interrupteurs en parallèle et à les remplacer régulièrement (environ une fois par an) même s’ils fonctionnent correctement. 
Voyez
comment, sur ce planeur, on a remarquablement tiré parti du peu d'espace
disponible. |