FAUSSES INTERFERENCES 
Un
vol à faible altitude et éloigné risque d'entraîner des erreurs de
pilotage, pouvant être, à tort, perçues comme des pannes radio. Depuis que ce site a vu le jour, nous avons souvent évoqué la fiabilité des équipements modernes de radiocommande. Il est loin le temps ou faire voler et atterrir un appareil constituait un véritable exploit en soi, sans compter qu'à l'époque, on ne pouvait faire voler qu'un avion a la fois, la ''spécificité'' des récepteurs étant quasiment nulle. Nous avons vraiment beaucoup progressé en la matière ces vingt dernières années mais, de nos jours encore, on entend toujours assez souvent le mot "interférence" dans les milieux du modélisme (surtout de l'aéromodélisme). Interférences, pannes de radio et autres problèmes
La semaine passée, nous vous avons parlé des vraies interférences. Même si, à nos yeux, c'est "chou vert" et "vert chou" (de fait, les conséquences sont fort semblables), une interférence n'a rien à voir avec une ''panne radio". Qu'est-ce qu'une interférence ? Un phénomène qui survient alors que nous pilotons notre modèle avec un équipement radio qui fonctionne correctement: une émission radio de même fréquence "interfère", ce qui perturbe le fonctionnement normal de notre système et nous fait perdre le contrôle de l'appareil. Cette perte de contrôle peut toutefois s'expliquer par d'autres facteurs que les interférences; ce sont, par exemple nos propres erreurs, connues, dans le jargon des modélistes, sous le terme "erreur de doigté" ou encore certains problèmes de type structurel et des difficultés dues à l'installation de la radio.
Comme nous l'avons déjà indiqué, les "vraies" interférences sont de plus en plus rares. En effet, les émetteurs sont toujours plus sélectifs et "résistants" aux émissions parasites, le spectre des émissions étant par ailleurs de mieux en mieux réglementé. Il n'empêche que les aéromodèles font encore souvent l'objet de pannes soudaines et inexpliquées que l'on continue à appeler "interférences"; ce qui est certain, c'est que, dans la grande majorité des cas, les problèmes sont d'un autre ordre. Nous allons maintenant les passer en revue, en vous expliquant leurs causes et la façon de les éviter.

1)
Si nous utilisons des cristaux de quartz inadéquats, nous nous
retrouverons sans radio... avant même d'avoir allumé celle-ci. 2)
Une cause de "fausse" panne : ne pas avoir allumé l'équipement
radio. Fausses interférences
Alors que l'origine des "vraies" interférences est généralement connue ( le plus souvent, un de nos confrères qui allume sa radio sans prévenir), les "fausses" constituent un groupe des plus hétérogènes et sont parfois difficiles à diagnostiquer. Un classement simplifié pourrait être le suivant: (1) erreurs de pilotage, (2) pannes structurelles et (3) problèmes dus à l'équipement radio.
Le premier groupe ("erreurs de doigté") est le plus important et aussi celui qui passe le plus inaperçu. Cela commence en général par une perte d'orientation : le pilote n'a plus une idée précise de ce que fait son appareil. Or, à partir du moment ou nous percevons le comportement de notre avion de façon erronée, les ordres que nous lui envoyons ne produisent pas les effets désirés, sinon tout le contraire, ce qui augmente encore davantage notre confusion. Dans le cas des hélicoptères, cela arrive le plus souvent quand le modèle vole assez loin du pilote et à faible altitude. Si nous perdons l'appareil de vue, il risque, en quelques secondes, de se mettre en vol arrière ou d'adopter tout autre comportement, le pilote peu expérimenté ayant alors l'impression que la radio "ne commande pas".

Le
décrochage peut facilement passer pour une panne radio.
Erreurs de pilotage
Autre situation problématique très fréquente : la phase d'approche avant l'atterrissage. La confusion survient quand le modèle vole à très basse altitude et qu'il faut effectuer un dernier virage (face au pilote) pour entrer en piste. A ce moment-là, le vol est d'habitude lent et on peut "se tromper" au niveau de la commande d'ailerons; il m'est arrivé de sauver des modèles dont le pilote criait "Il ne répond plus !" en conseillant tout simplement à ce dernier d'essayer de commander "à l'envers". Si le pilote ne réalise pas ce qui se passe, il effectue un virage en vrille très près du sol et en impute ensuite la faute... à la radio.
Autre erreur susceptible d'entraîner une perte de contrôle : voler trop lentement et trop près du sol; une approche "qui se traîne" de loin en constitue un bon exemple. Quand un modèle vole trop lentement, il frôle dangereusement le "décrochage", phénomène qui se produit lorsque l'aile perd sa force de sustentation. Certains modèles sont plus enclins que d'autres au décrochage, surtout si leur centre de gravité est situé trop à l'arrière. Si nous sommes trop près du sol, le décrochage se traduit comme suit : le modèle s'incline brusquement et n'obéit plus aux commandes; tirer de la profondeur ne fait qu'aggraver le problème, le décrochage se transformant alors en "vrille" (chute en spirale). Résultat final : l'appareil s'écrase au sol.

1)
Des gouvernes bien installées assurent une commande beaucoup plus
précise et rapide. 2)
Des batteries en mauvais état (ou déchargées) expliquent le plus
souvent les pannes radio.
Problèmes structurels
Ce type de perte de contrôle est assez varié; il peut s'agir, par exemple, d'un mauvais placement des commandes, qui n'aurait pas été corrigé lors de l'inspection précédant le vol. Nous insistons une nouvelle fois sur le fait qu'un système de commandes incorrect constitue l'une des principales sources d'ennui; les gouvernes doivent être centrées et pouvoir se déplacer sur la totalité de leur course, indépendamment les unes des autres; cela signifie, par exemple, qu'il faut pouvoir commander "dérive à fond" en même temps que "vers le haut à fond", sans que les gouvernes interfèrent entre elles. Dans le cas contraire (si, par exemple, les vis de l'équerre d'un stabilisateur bloquent la course de l'autre stabilisateur), certaines fonctions ne pourront plus être commandées, et ce, au moment le moins opportun. Autre problème de gouvernes susceptible de provoquer la perte de contrôle du modèle : celles-ci sont "dures'' ou grippées. Avant de fixer les transmissions de gouvernes, il faut mettre les servos en place et vérifier qu'avec les gouvernes également en position, leur déplacements puissent s'effectuer en douceur et sans qu'il y ait de jeu. Au cas où elles seraient dures (pour ne pas dire grippées), le servo chargé de ce mouvement pourrait décharger à lui seul une batterie de 500 mAh en deux ou trois vols.
Il faut aussi veiller à ce que les plans mobiles (ailerons, dérive et profondeur) soient solidement ancrés et ne vibrent pas ("flutter" aérodynamique). Cette précaution est très importante dans le cas des modèles de moyenne et grande dimensions, pour lesquels il est conseillé de doubler la commande; le flutter soumet les servos à un effort inhabituel et les engrenages des servos risquent ainsi de se rompre, avec les conséquences que l'on peut imaginer. 
Dans
le cas des hélicoptères, la désorientation est l'une des causes les
plus fréquentes de problèmes imputés à la radio. Pannes radio ''
élémentaires ''
On commet parfois des erreurs "évidentes" en installant la radio. Je pense, par exemple, à l'utilisation de cristaux d'une certaine marque pour des récepteurs d'une autre marque. Le plus souvent, elle ne fonctionnera pas, tout simplement; parfois, au contraire, oui, mais avec une portée de quelques mètres à peine. Nous obtiendrons un résultat similaire si nous recourons à deux marques différentes pour l'émetteur et le récepteur (avec le cristal correspondant). L'équipement fonctionnera mais en perdant entre 50 et 80% de portée. On ne s'en rendra compte que lorsque le modèle sera déjà assez loin, à une distance tout à fait normale pour un équipement correct, et on perdra alors le contrôle de l'appareil…
Les équipements modernes programmables et dotés de plusieurs mémoires permettent de piloter un modèle avec un programme correspondant à un autre : les servos peuvent être inversés, on peut activer des mélanges inadéquats, etc. Si l'on ne s'assure pas du bon fonctionnement de l'ensemble (en vérifiant non seulement le déplacement des
servos, mais aussi la qualité de ce dernier), la durée du vol risque fort de se limiter à quelques secondes. Nous n'insisterons jamais assez sur la nécessité de réviser à fond la radio avant de lancer un modèle.
Nous allons maintenant formuler une remarque qui peut sembler "stupide" : les équipements radio, quelle que soit leur qualité, ne fonctionnent que si leurs deux éléments (émetteur et récepteur) sont allumés. L'une des causes de pannes radio les plus fréquentes est la suivante : on envoie le modèle dans les airs.. sans allumer l'équipement ! J'en ai encore été témoin tout récemment. Enfin, rappelons que l'antenne doit être déployée sur toute sa longueur pour pouvoir fonctionner correctement. Une antenne cassée ou enroulée réduit très fortement la portée de l'équipement. 
Sur
cette photo, on distingue très mal l'appareil. Sans la ligne rouge sur
l'aile, il serait difficile de savoir dans quel sens agir sur les
commandes.
Erreurs de montage
lndépendamment des interférences, des pannes peuvent se produire dans la quasi-totalité des éléments de l'équipement radio, certaines étant plus "traîtres" que d'autres. Les pannes intermittentes sont particulièrement ennuyeuses car elles donnent une fausse impression de sécurité ("c'était probablement une interférence") quand, au bout de quelques secondes, le fonctionnement redevient normal ; en outre, il est parfois difficile de les reproduire, ce qui est pourtant essentiel pour pouvoir les localiser. Si vous observez une panne intermittente de radio (mouvement brusque et inattendu du modèle), vous devez atterrir rapidement et réviser le système. Vous pouvez éventuellement "secouer" l'ensemble pour faire apparaître le dysfonctionnement; dans le cas des modèles à explosion, la méthode la plus efficace consiste à faire tourner le moteur à fond, ce qui produit toutes sortes de vibrations. Pour ce qui est des modèles électriques, la mise en marche du moteur mettra en évidence une faille éventuelle du système de déparasitage. Si ce système est déficient, il vous faudra réaliser une inspection minutieuse pour en trouver l'origine.

Dans
les modèles nautiques, l'équipement doit être installé de manière à
être tout à fait étanche.
Quelques pannes fréquentes
Si l'équipement ne fonctionne plus du tout, il s'agit probablement d'une panne d'alimentation ou d'un cristal détaché, voire défectueux (il suffit de bien le remettre en place pour s'en assurer); dans le doute, mieux vaut remplacer le cristal avant d'essayer de réparer le modèle. Les pannes d'alimentation proviennent généralement des batteries, du câblage ou de l'interrupteur. Tous les câbles doivent être attachés avec de la toile isolante et/ou des brides en nylon, de façon à ce qu'ils ne puissent pas bouger comme bon leur semble ni (pire encore) être entraînés par une pièce rotative comme un rotor ou un engrenage. Cette précaution est particulièrement importante dans le cas des hélicoptères et des voitures télécommandées. La fixation du connecteur de la batterie au reste de l'équipement doit faire l'objet de soins minutieux. Autre élément à vérifier en cas de panne d'alimentation : l'interrupteur. Les équipements de qualité sont munis de bons interrupteurs, avec double ou triple circuit de sécurité et dont le "clic" indiquant le changement de position est nettement audible. Mais même avec le meilleur des interrupteurs, on court le risque d'un mauvais montage ou d'avoir des problèmes si, par exemple, on y installe une rallonge pour pouvoir l'actionner de l'extérieur du fuselage; en effet, les vibrations ou une perforation mal faite, peuvent empêcher que l'interrupteur ne s'enclenche parfaitement et
Maintenir ''à moitié ouvert'', auquel cas il risque de changer de position en raison des vibrations. Rappelons nous que la perforation destinée au passage de la tige de l'interrupteur doit avoir une dimension suffisante pour que cette dernière n'en touche pas les bords. Rappelons aussi qu'un pack de batteries contient divers câbles et soudures susceptibles de se fendiller à la suite des chocs ou des cahots subis par l'appareil ; la meilleure façon d'éviter ce problème est d'envelopper la batterie dans du caoutchouc mousse ou similaire avant de le placer, tout comme nous le faisons habituellement pour le récepteur ; en cas de doute il faut retirer le thermorétractile de la batterie et vérifier les soudures et les câbles.
Rappelons-nous que les vibrations sont le pire ennemi des composants électroniques : un récepteur fixé solidairement à la paroi du modèle vous garantit les pires problèmes. Comme nous vous l'avons indiqué précédemment, une couche de caoutchouc mousse souple constitue la meilleure protection contre la diffusion des vibrations dans l'équipement.

1)
Moteur équipé d'interrupteur et de déparasitage intégraux. 2)
Moteur Astro de haut de
gamme, avec "chokes" et condensateurs parfaitement installés et
soudés. Emissions '' pirates ''
Nous nous référons bien sûr à celles produites par le modèle lui-même. Les plus fréquentes sont dues au mauvais déparasitage d'un moteur électrique ou à un bruit ''métal-métal'', résultant du frottement de deux pièces métalliques à l'intérieur du modèle. Il en résulte une oscillation et une vibration constantes des
servos. Le remède consiste à bien déparasiter le moteur (ou à remplacer les condensateurs) et à éviter les frottements métalliques (tringles de gouvernes,
etc) ; dans le doute, il faudra réaliser un serrage général des écrous. La fibre de carbone est conductrice d'électricité et deux pièces frottant l'une contre l'autre produisent des émissions de radiofréquence : ceux qui possèdent des châssis faits de ce matériau doivent être vigilants. |