AEROMODELES
Vérifications préalables au vol Des trois grandes branches du modélisme radiocommandé, l'aéromodélisme est, de loin, celle qui enregistre le plus grand nombre de pertes. Il n'est pas rare de trouver, dans une cave ou un grenier, les restes d'un appareil qui n'aura jamais volé ou dont le premier et unique vol se sera terminé en catastrophe. Ce pourcentage élevé de pertes s'explique par la fâcheuse tendance qu'ont les aéromodèles à "se suicider" (en général avec succès) dès qu'ils ne reçoivent plus les ordres appropriés ou, pire, aucun ordre du tout. Ce n'est pas le cas des engins terrestres ou nautiques, qui, une fois laissés à eux-mêmes, finissent par s'arrêter ou, au pire, se renversent sans trop de dégâts. Je sais par expérience combien il est pénible (à fortiori pour un débutant, peu habitué à ces revers de fortune) de devoir fourrer dans un sac de trente centimètres de diamètre ce qui, quelques minutes auparavant, était encore une merveilleuse machine de près de deux mètres d'envergure.

Moment
où le propriétaire de cet avion se repent de ne pas avoir vérifié le
bon fonctionnement de son train escamotable.
Les causes du désastre
Or, très souvent, le crash qui conduit un futur mordu à abandonner son hobby dès le premier essai aurait pu être évité. Dans la plupart des cas, une révision sommaire du modèle avant sa mise en route aurait permis de mettre en évidence des erreurs de construction ou d'installation, faciles à réparer au moment même. Un tel contrôle aurait donné une chance de survie au pauvre engin. Le modéliste en herbe se pose probablement la question suivante : est-il si difficile de construire convenablement un modèle?
La réponse est à la fois simple et compliquée. En guise de préalable, rappelons que tous les appareils capables de voler le font de la même façon et selon les mêmes lois de la physique; notre petit modèle ne peut échapper aux lois de l'aérodynamique qui s'appliquent, par exemple, à un avion commercial. Donc, si notre appareil n'est pas correctement monté, terminé et centré, il ne volera pas (ou il le fera mal).
En général, tous les avions ou kits disponibles sur le marché sont correctement conçus; s'ils sont construits comme il se doit, ils voleront bien. Ici se situe le centre du problème "suivre correctement les instructions". Pour répondre à la question posée, sachez qu'en modélisme, les techniques de construction sont simples; n'importe quelle personne un tant soit peu douée peut les appliquer avec succès si elle a reçu les explications adéquates ou qu'elle a assisté à leur mise en pratique. Mais le parfait débutant, qui n'a peut être jamais vu un avion télécommandé ou une radio montée sur un modèle, peut ignorer la signification de termes comme "déviation" ou
"Quick-link", pour ne reprendre que deux mots de notre jargon, et sait encore moins comment procéder pour éliminer la première ou régler le second. Nous allons, vous expliquer comment éviter les principales erreurs susceptibles de transformer notre bel avion en un kilo et demi de copeaux de bois, hors prix, faut-il le préciser...

1)
Il faut vérifier que le moteur soit équipé d'entrées d'air suffisantes
pour assurer son refroidissement. 2)
Avant de mettre le modèle en route, il faut vérifier que tous les
composants de la radio soient bien fixés et qu'ils ne puissent pas
bouger. Avant de partir sur le terrain
A ce stade du site (pour les fidèles lecteurs et/ou débutants), certains d'entre vous auront probablement attrapé le virus et décidé de se procurer une radio et un avion ou un kit de construction. Si tel est le cas, nous espérons de tout coeur que vous aurez suivi ce sage conseil : "Si rien ne va, lisez les instructions". Ce point est capital pour le montage d'un avion (dont nous vous entretiendrons en détail dans le cadre d'un autre article) et d'une radio. Qu'ils soient simples ou plus complexes, les équipements radio et les kits de construction sont généralement accompagnés de livrets d'instructions qui ont coûté du temps et de l'argent aux fabricants; ces derniers n'ont pas pour habitude de jeter leur argent par les fenêtres ni de perdre leur temps s'ils se donnent la peine de fournir ces explications, ce n'est pas pour rien.
La plupart des erreurs qui hypothèquent la survie d'un appareil sont commises durant la phase de construction; si vous avez acheté un modèle démonté, le mieux à faire est de suivre les instructions au pied de la lettre; si vous rencontrez des termes peu clairs ou des instructions imprécises, nous vous conseillons d'interrompre la construction durant quelques heures et de demander conseil à un compagnon de terrain ou au commerçant qui vous a vendu le modèle, plutôt que de poursuivre et de commettre l'irréparable. Dans le cas d'un modèle ''pratiquement prêt à voler", il est plus que probable que l'avion soit bien construit et qu'il ne reste plus qu'a placer la radio et le moteur (et encore peut-être pas !).
Sur le terrain de vol
Lorsqu'on arrive sur le terrain de vol, il est de bon ton de saluer les voisins, de leur demander de façon diplomatique si l'on est le bienvenu (un regard oblique ou un écriteau "Réservé aux membres" vous en diront long à cet égard) et de vérifier si une autre personne utilise la même fréquence radio. Une fois ces rites de bienséance terminés, le mieux que vous ayez à faire est de partir à la recherche d'une personne expérimentée, disposée à réviser votre modèle et à vérifier que votre engin est capable de réaliser des vols contrôlés. Nous vous conseillons de toute façon de fixer, à cet effet, rendez vous à un pilote expérimenté.

Sur
les grands modèles, il faut accorder une attention toute particulière au
bon fonctionnement du moteur et de la radio.
Avec le modèle en main
Une fois que vous aurez trouvé votre expert, confiez lui votre chef d'œuvre et éloignez-vous respectueusement, sans lui tourner le dos, dans l'attente de son verdict. Que fait-il ? Il est plus que probable qu'il vérifie l'emplacement des principaux composants du modèle et, précaution plus importante encore, leur fixation. Nous supposons que, dans la plupart des cas, il s'agira d'un entraîneur motorisé, mais ce que nous allons vous expliquer vaut également pour les planeurs.

1)
Quand les sticks sont au neutre, les gouvernes doivent l'être aussi. Ce
n'est pas le cas de cet aileron. 2)
Il faut vérifier l'étanchéité du réservoir... et que l'intérieur du
modèle est à l'épreuve du carburant.
Points à réviser
Le moteur doit être solidement fixé au modèle au moyen de vis et d'écrous bien serrés. On peut fixer le moteur à son embase en nylon avec des vis de type "métal", mais attention il est facile de se tromper et d'utiliser, à la place, des vis "bois", relativement semblables; le moteur risque alors de se détacher en plein vol. Nous conseillons au débutant d'utiliser des vis avec écrous, de référence de type auto-bloquant (elles ne se desserrent pas; on les trouve dans des magasins de modélisme). lndépendamment du facteur "sécurité", un moteur bien fixé vibre moins et fournit plus de puissance. Continuons avec le moteur et ses accessoires. L'hélice, elle aussi, doit être bien fixée. Si le moteur est recouvert d'un carénage, il ne doit pas entrer en contact avec ce dernier. L'air doit pouvoir entrer librement dans le carburateur. À vrai dire, même si le résultat est moins esthétique, nous vous conseillons de retirer le carénage jusqu'à ce que vous ayez vérifié (en vol) le bon fonctionnement du moteur. Son réglage posera moins de problème. Vous devrez également vérifier que les différents tuyaux d'alimentation et de remplissage du réservoir sont connectés à leurs orifices correspondants, qu'ils ne sont pas pliés, ce qui altérerait leur fonctionnement, que le réservoir ne peut ressortir ou bouger dans son logement et qu'il ne présente aucune fuite de carburant, lequel rongerait l'appareil de l'intérieur : un vrai film d'horreur. Bien que les manuels d'instructions n'en parlent pas toujours, sachez que le carburant a un effet mortel sur les structures en bois de balsa, les transformant en une pâte à la consistance de chewing-gum. C'est pourquoi il est indispensable d'imperméabiliser tout le modèle, tant l'extérieur que l'intérieur, ainsi que le logement du réservoir, avec un vernis approprié (cellulosique,
novavia, etc.). 
C'est
à ce moment-ci qu'il aurait fallu vérifier le bon fonctionnement du
train escamotable.
Défauts de construction
Passons à la structure même du modèle. Vérifions, une fois de plus (en principe cela a été fait en cours de construction), que le montage est correct; réservons une attention toute particulière au collage de l'empennage, à la cloison d'ancrage du moteur et aux supports de l'aile qui doivent résister aux plus grandes contraintes; c'est le moment de vérifier si les charnières du modèle sont fermement fixées à leurs surfaces respectives et si, de plus, elles fonctionnent (ce ne serait pas la première fois qu'elles resteraient collées à la peinture ou qu'elles seraient bloquées par le cyanoacrylate). Quant à l'aile du modèle, il faut s'assurer qu'elle n'est pas voilée; une aile est déviée quand ses bords antérieur et postérieur (respectivement, d'attaque et de fuite) ne sont pas parallèles. Du point de vue aérodynamique, la déviation provoque le même effet que l'application d'ailerons et empêche le modèle de voler de façon rectiligne. Les déformations de ce type sont plus fréquentes sur les ailes à structure classique que sur les constructions en
porex. Pour les détecter, il suffit de regarder l'aile de l'arrière et de vérifier le parallélisme entre le bord de fuite et les bords supérieur et inférieur; bien que l'on procède "à vue de nez", cette méthode est particulièrement efficace car elle permet de détecter des déformations de 1-2mm. Si l'aile est très déformée, mieux vaut résoudre le problème à domicile et ne pas prendre de risques avec le modèle.
Tout en inspectant l'avion de l'arrière, nous vérifierons aussi que les plans de l'empennage sont perpendiculaires entre eux et qu'il n'existe aucune asymétrie entre ces derniers et l'aile, après avoir bien fixé celle-ci au modèle. Vous aurez besoin d'une quantité suffisante de gros élastiques si vous comptez fixer l'aile de cette façon; la contrainte supportée par l'aile d'un modèle est surprenante; de plus, un déplacement incontrôlé en plein vol (sans parler d'un détachement éventuel) peut être une source d'ennuis.
Passons, enfin, à une autre source importante d'erreurs : la mauvaise installation de la radio, des gouvernes et des stabilisateurs. L'équipement radio doit être bien protégé des vibrations du moteur; il faut également éviter que les différents composants (récepteur et batteries) ne se déplacent à la suite des mouvements du modèle car ils risqueraient alors de s'abîmer ou d'interférer sur les mouvements des
servos, ce qui aurait des conséquences désastreuses. 
Avant
de soumettre notre appareil à de fortes contraintes, nous en vérifierons
la solidité.
Les commandes
Il existe de nombreuses techniques de connexion des servos aux gouvernes; nous les traiterons dans une autre section; précisons simplement que les systèmes les plus courants sont les tringles de bois jointes à des éléments métalliques et les transmissions de type
"Bowden" ("snakes"), les plus connues étant les Sullivan, que l'on peut acheter dans les magasins de modélisme; il s'agit, en résumé, de gaines que l'on fixe au fuselage ou à l'aile et à l'intérieur desquelles se déplace une tringle qui sert à transmettre la commande; c'est le système utilisé pour les freins de bicyclettes. On réalise la jonction au servo ou aux gouvernes par le biais de petites fixations en plastique ("Quick-links") ou de tringles pliées en "Z". Les commandes ne doivent pas avoir de jeu (il y a du jeu lorsque la gouverne se déplace sans que le servo correspondant ne bouge) et, en même temps, elles ne doivent opposer aucune résistance excessive au mouvement du
servo. Même si ces conditions peuvent sembler contradictoires, on obtiendra de bons résultats en essayant de respecter les normes suivantes:
a) Si les tringles que nous devons connecter au servo ont 2 mm de largeur, le trou correspondant doit aussi mesurer 2 mm (s'il est plus grand, il y aura du jeu entre les pièces et s'il est plus petit, des frictions).
b) La violence n'est pas bonne conseillère : les pièces doivent s'emboîter en douceur et correctement. Si nous utilisons des transmissions de type
"Bowden" (tringles à l'intérieur d'un tube fixe), le bras du servo sera placé devant le tube afin d'éviter des flexions ou plis.
c) On peut appliquer les critères précédents tant au bras du servo qu'aux gouvernes. Ces dernières doivent pouvoir se déplacer en douceur sur leurs charnières ou articulations. Pour ce faire, nous veillerons, au moment de monter, de coller ou de peindre l'avion, à éviter que la colle, le vernis ou la peinture ne pénètrent dans les charnières, dont le fonctionnement en serait considérablement entravé.

1)
Les pannes de moteur aux moments critiques (décollage et atterrissage)
peuvent nous procurer ce genre de frayeurs. 2)
Le nombre d'élastiques doit être suffisant pour que l'aile reste tout à
fait fixe.
Vérification du montage de la radio
Après avoir vérifié le montage, nous procèderons à la dernière vérification : avec les commandes de l'émetteur (et les
trims) en position centrale, les gouvernes devront être au neutre; ce réglage se fera avec les quick-links correspondants et non avec les trims de l'émetteur, qui servent aux réglages en vol. 
Dans
le cas des biplans, le haubanage et la bonne incidence des ailes sont des
points particulièrement critiques. |