Article du site www.Aeromodelisme.orG

MAGAZINE, LES COURS D'AEROMODELISME > TECHNIQUES : n°33

Imprimer l'article

REPARATION DE MODELES EN PLASTIQUE ET POREX

 

 

Les carrosseries de voiture en Lexan sont les pièces en plastique les plus exposées aux fractures...

et les plus susceptibles d'être réparées.

 

De nos jours, une bonne partie des modèles disponibles dans les magasins spécialisés sont construits au départ de structures classiques en bois de balsa, mais ils comprennent souvent aussi une série de pièces en plastique, depuis les embases des moteurs jusqu'aux revêtements des ailes ou des fuselages.
Ce type de construction permet d'économiser la matière première que constitue le bois, respectant ainsi l'équilibre écologique de notre planète; en revanche, elle fait appel aux nouveaux matériaux plastiques utilisés dans la fabrication industrielle d'éléments à usage quotidien, dont la plupart sont en grande partie recyclables, ce qui diminue ainsi les prix de production. Cette évolution profite un peu au budget de l'aéromodéliste; d'une part, il tient désormais à sa disposition de nombreux produits plus résistants aux chocs et aux accidents inhérents à son passe-temps. D'autre part, l'utilisation de ces nouveaux matériaux permet de se procurer des pièces préformées, sans qu'il faille dépenser des fortunes ou consacrer de longues heures de travail à leur élaboration.
Ne pensez pas, après tout ce qui vient d'être dit, que nos modèles en seront pour autant immunisés contre les cassures; nous tenons simplement à signaler que l'utilisation de nouveaux matériaux rendra la fabrication de certaines pièces plus sûre. Ce point étant éclairci, sachez que, tout comme pour les constructions classiques en bois, il est possible de corriger les imperfections des modèles construits selon les nouvelles tendances de fabrication.

 

 

Les cockpits d'hélicoptères se rompent et se fissurent fréquemment, à cause des vibrations. 

On peut les renforcer, à l'intérieur, avec de la fibre.

 

Réparation des modèles en porex
Il est courant que les fabricants incorporent de grandes quantités de porex ou de foam dans les emballages des modèles afin qu'ils vous parviennent dans le meilleur état possible. Cette résistance aux chocs a été mise à profit par les fabricants, qui emploient ces nouveaux matériaux de manière intensive dans la fabrication des ailes, en remplacement des nervures en bois, car ils permettent d'obtenir des profils d'ailes plus exacts; en même temps, le fait que ces dernières soient constituées d'un "bloc" d'une seule pièce leur conférera une plus grande résistance aux cassures et aux déformations.
Ces ailes intègrent un noyau en polystyrène expansé qui définit leur profil. Mais le profil de l'aile n'est pas tout : l'aile devra supporter des éléments tels que les trains d'atterrissage, les ailerons ou les flaps, qui ne pourront être directement ancrés au noyau en plastique, mais bien aux pièces de bois qui le recouvrent. Ces baguettes et ces plaques de contreplaqué servent à coffrer l'aile et donnent à l'ensemble une plus grande résistance; par ailleurs, elles protègent l'intérieur de l'aile des agents qui pourraient attaquer le noyau en plastique, tels les dissolvants ou les composants du carburant.
Maintenant que vous savez que l'aile est constituée de différents types de matériaux, dont vous connaissez les propriétés, nous allons vous expliquer comment réparer les dommages soufferts par votre modèle.

 

 

1) Le Stabilit est l'une des meilleures colles pour la fibre et les plastiques du type ABS.

2) Il ne faut jamais coller une pièce en plastique soumise à de fortes contraintes, comme ce porte-pales. Remplacez-le.

 

Ailes en porex
Les "accidents" les plus fréquents en aéromodélisme sont les coups dont sont victimes les bords d'attaque des ailes, soit durant le transport, soit au cours de l'atterrissage, lorsque notre appareil finit sa course, par exemple, contre un arbuste ou des branchages malencontreusement présents sur le terrain de vol. La réparation consiste à détacher l'entoilage de l'aile et à remplacer, de manière traditionnelle, une partie du bord d'attaque, généralement en bois: nous nous limiterons à coller bois contre bois (en prenant soin d'utiliser de la colle blanche ou un autre adhésif qui ne puisse détériorer le noyau en plastique) et à redonner au bord d'attaque sa forme initiale; ensuite, vous entoilerez la partie endommagée pour qu'elle soit la plus discrète possible.

 

 

Les cyanoacrylates à faible viscosité pénètrent dans la fibre de verre par capillarité; les jonctions qui en résultent sont instantanées et très résistantes.

 

lmpacts violents
Si l'impact est important et la rupture de l'aile, plus sérieuse, nous enlèverons l'entoilage de la partie endommagée et évaluerons les dégâts afin de pouvoir agir en conséquence.
Si le noyau en plastique et la plupart des pièces en bois qui le recouvrent sont brisés, les réparations risquent d'être fastidieuses et le résultat n'est pas garanti: si le profil de l'aile a été fortement altéré et que l'aile n'est plus droite, elle risque, après réparation, de présenter des déviations susceptibles de causer d'autres accidents, encore plus graves... Mieux vaut alors, pour des raisons de sécurité, reconstruire toute l'aile (ou la demi-aile.
Par ailleurs, il est possible qu'une grande partie des éléments aient été endommagés, mais que leur réparation ne pose aucun problème et que le modèle récupère ses qualités de vol initiales. 
Le premier pas consistera à laisser à découvert la zone endommagée (ou un peu plus) afin de mieux évaluer la fracture. Le noyau en plastique peut être collé avec de la colle blanche ou tout autre adhésif approprié. On le laissera sécher complètement, puis on remplacera les éléments en bois (ou partie) endommagés, comme les bords d'attaque et de fuite ou les baguettes de renfort de l'aile, en veillant à ce que les nouvelles pièces emboîtent le mieux possible; ensuite on les poncera pour leur donner la même forme (ou presque) que l'original; nous procéderons de même avec le coffrage (nous remplacerons les parties en bois endommagées).
Une fois l'aile terminée, nous l'entoilerons avec le matériau d'origine et nous replacerons les parties mobiles, qui devront être révisées et réparées en conséquence; ensuite, il faudra vérifier que tout fonctionne aussi bien qu'avant l'accident.

 

 

1) Les colles habituelles attaquent le porex et ses dérivés. Choisissez plutôt l'époxy ou la colle blanche.

2) Réparation d'un cockpit en plastique : on couvre l'intérieur d'ABS ou de fibre de verre et on sature la jonction de cyanoacrylate fluide.

 

Accessoires de l'aile
Si l'aile intègre des transmissions de mouvement (ailerons, flaps, trains d'atterrissage ou autres pièces mobiles), nous devrons vérifier leur état de fonctionnement et nous assurer qu'aucun élément n'est bloqué à la suite de l'écrasement de ses gaines de guidage ou du décentrage des points de rotation; ces derniers éléments seront à vérifier en cours de réparation, et cela, pour éviter de nous retrouver avec une aile dont les mouvements sont entravés... et de gâcher ainsi des heures de dur labeur.
Si, par mégarde, nous laissons tomber un outil (pour autant qu'il ne soit pas pointu) sur l'aile, il nous appartiendra d'évaluer les dégâts et de décider s'il y a lieu ou non de la réparer. De toute façon, nous pouvons découvrir la zone endommagée et essayer d'humecter le bois pour qu'il se dilate et retrouve sa forme initiale, ou bien, appliquer un peu de mastic pour égaliser la zone.
Si l'aile a été endommagée par un instrument pointu (tournevis, surtout) qui s'y est planté, il faudra boucher le trou le mieux possible afin d'éviter que des agents dissolvants (comme les composants du mélange combustible) n'y pénètrent et abîment le noyau en plastique.
Dans tous les cas, si un dissolvant attaque le noyau en plastique, nous découperons la partie endommagée (à l'aide d'un simple cutter, comme s'il s'agissait d'un morceau de pain) et y incorporerons une nouvelle, que nous collerons avec une colle qui n'abîme pas le polystyrène expansé, comme la colle blanche ou l'époxy ou tout autre adhésif prévu pour ce type de plastique.

 

 

Malgré les apparences, l'époxy rapide (à gauche) NE colle la fibre QUE temporairement.

N'utilisez que de l'époxy lent.

 

Réparation des modèles en plastique
Le plastique est de plus en plus utilisé, mais, comme pour d'autres matériaux, sa longévité sera plus ou moins grande selon le traitement auquel nous le soumettrons.
En modélisme, le plastique est extrêmement courant; certains modèles sont construits en bois et en plastique (comme les aéromodèles), ou complètement en plastique, à l'exception de certaines pièces, comme bon nombre de voitures électriques d'initiation; leur longévité est assez grande... si l'on fait abstraction des chocs auxquels elles seront inévitablement soumises; en effet, elles ne sont pas conçues pour les fortes contraintes. Dans la plupart des cas, on remplace les pièces usées ou cassées, car les réparer n'en vaut pas la peine (cela ne signifie pas qu'on ne peut pas les réparer).
Le premier point dont il faut s'assurer au moment de réparer une pièce en plastique est le type de matériau utilisé, car de lui dépendra le genre de colle que nous emploierons; nous devrons, ensuite, définir l'effort qu'elle aura à supporter et agir en conséquence. Autrement dit, si la pièce s'est cassée à la suite d'un effort trop important, il est possible que la réparation n'en vaille pas la peine. En effet, la majorité des colles pour plastique basent leurs propriétés sur la dissolution d'une partie de la surface du plastique collé (c'est cette dissolution qui assure la jonction); il en résulte une jonction souvent beaucoup plus faible qu'à l'origine. Si l'on utilise une colle plus forte (comme celles du type cyanoacrylate), l'union supportera très bien la traction, mais pas les vibrations, ce qui n'arrange pas les choses. En résumé, s'il s'agit de pièces soumises à de fortes contraintes (équerres de commande, paliers de voitures, embases des moteurs ou tout autre type de pièces), mieux vaut les remplacer.

 

 

1) Technique de réparation d'un cockpit : application de fibre fine à l'intérieur et de cyanoacrylate rapide.

Très résistant.

2) Collage d'un horn de commande à l'époxy. Si la jonction ne tolère pas les vibrations, elle se fracturera à nouveau.

 

Réparer ou remplacer ?
Dans le cas de pièces qui, même si elles ne supportent pas de fortes contraintes, risquent d'être soumises à des chocs, il est préférable de les remplacer par de nouvelles, à moins que nous ne soyons sûrs de pouvoir effectuer une union résistante, selon la surface de la fracture et les éléments auxquels elles sont rattachées; dans ce cas, on pourra réaliser l'union en y incorporant un renfort du même matériau plastique, voire des éléments métalliques, comme une plaque de métal ou une tringle en acier.
Avant de réaliser l'union, la première opération (après évaluation des dégâts) consiste à nettoyer la zone de tout élément étranger, comme le sable ou la graisse, à l'eau, au savon ou à l'alcool. Ensuite, on assemblera lès pièces afin de savoir s'il manque des morceaux. Si ce n'est pas le cas, nous pourrons essayer de joindre les pièces en appliquant la colle sur toute la longueur des fissures (utilisez, pour ce faire, une colle très fluide); ensuite, on ajoutera un renfort dans la partie intérieure de la pièce pour lui donner plus de corps.
Ce renfort peut être du même matériau que celui utilisé ou constitué de morceaux de bois (dans le cas des aéromodèles) ou encore d'un morceau de métal que l'on aura préalablement façonné pour lui donner la forme désirée.
Quant aux revêtements actuels de décoration et de finition des aéromodèles, on les appliquera selon la technique habituelle, sans oublier d'enlever préalablement de la zone toute trace de poussière ou de graisse.