BRICOLAGE DES SERVOS
Entretiens et réparations

Servo ancien (en haut) et récent (en bas). Ce dernier ne comporte quasiment pas de câbles; les composants et le moteur sont directement soudés au circuit imprimé. Les servos sont les composants de la radio qui souffrent le plus et qui, à la longue, exigent le plus de soins. Les raisons en sont assez évidentes. Tout d'abord, ils se trouvent à bord du modèle; la probabilité qu'ils soient soumis à des chocs est donc forte. Mais, me direz-vous, il en va de même du récepteur et des batteries, qui devraient donc subir les mêmes dommages. Ce n'est pas le cas, et cela, pour deux raisons : d'une part, la batterie ne contient que les vases (elle ne comprend aucun élément électronique) et, d'autre part, ces dispositifs font l'objet d'un montage particulier. La batterie et le récepteur doivent, en effet, être montés de façon élastique, c'est-à-dire protégés dans une enveloppe de caoutchouc-mousse ou équivalent et fixés au reste de la structure au moyen d'élastiques ou de double face : en cas de choc, ils doivent pouvoir bouger. Les servos doivent, au contraire, être fixés sur leur embase de bois ou d'un autre matériau rigide sans qu'ils puissent bouger, car de cette fixation dépend la précision des commandes. En cas de choc, l'inertie des gouvernes ou d'une aile qui se rompt peut être très forte, et elle est directement transmise aux engrenages du servo par le biais de la timonerie; de la même manière, il arrive souvent que les coups assénés au fuselage cassent la carcasse et/ou les oeillets d'un servo qui le fixent à son embase.

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Un choc au niveau d'une des gouvernes a souvent pour effet de briser les engrenages.
N'oubliez pas de chercher le morceau cassé et de vérifier que le train d'engrenages est complet. 2)
Cette photo vous montre comment procéder - avec le bon outil - pour
mettre en place les axes du train d'engrenages.
Protection des servos
Malgré l'ampleur du risque, certaines techniques permettent de réduire l'importance de ces effets nocifs. Contrairement à ce que l'on aurait pu croire, il ne s'agit pas de renforcer quoi que ce soit, mais bien d'introduire dans la chaîne servo-transmission-gouverne un point "faible". Ce dernier, qui doit, bien sûr, pouvoir résister aux contraintes normales propres au pilotage du modèle, cédera en cas d'impact violent et laissera le servo (ou, en tout cas, sa partie la plus chère) sain et sauf. Sur les voitures, et sur certaines embarcations, c'est le servo de direction qui souffre le plus, en raison des contraintes violentes exercées sur les roues ou le gouvernail. Dans ces cas particuliers, il vaut parfois mieux faire appel à des servos spéciaux, munis de roulements à billes sur l'axe de sortie pour éviter l'apparition de jeux; les engrenages, généralement métalliques, sont prévus pour pouvoir supporter les vibrations. De plus, l'emploi du protège-servos est indispensable. Comme nous l'avons déjà expliqué lors d'un article précédent, c'est un dispositif dont les qualités élastiques permettent d'absorber les impacts majeurs, et évitent ainsi qu'ils soient transmis au
servo. Presque tous les bons protège-servos sont équipés d'un réglage qui permet de modifier leur élasticité : plus on le serre, plus rigide est la commande. Nous devrons éviter de trop le serrer, car, même si la direction est alors très précise, il n'en reste pas moins qu'il ne remplira plus sa fonction; nous risquons, après quelques minutes de course, de nous retrouver sans bras et sans engrenages de servo : mieux vaut ne pas trop le serrer.
En ce qui concerne les avions et, surtout, les hélicoptères, la tendance est à l'emploi de rotules à bille pour toutes les articulations des tringles de commande. On obtient, grâce à ce système, des commandes extrêmement précises, mais le prix à payer en bras et en engrenages est élevé. Lors de mon dernier crash... , seuls ont pu être sauvés les bras de servo qui étaient reliés aux gouvernes par le biais de "quick-links" traditionnels : la cheville en plastique casse bien avant le bras; c'est la raison pour laquelle je vous recommande d'équiper chacune des tringles de transmission d'au moins un de ces dispositifs. Si nous réalisons l'orifice du bras avec précision, il n'apparaîtra aucun jeu.
Quant à l'embase des servos, au lieu de la coller directement, de façon rigide, à la structure du fuselage, nous pouvons réaliser une embase en contreplaqué de trois millimètres (ou nous en procurer une dans le commerce), que nous fixerons sur des longerons ou des petites vis à bois; ainsi, l'ensemble pourra se détacher en cas de choc violent. Autre avantage de ce système : il facilite le démontage de l'installation radio lorsque nous souhaitons en vérifier le bon fonctionnement. Il faut, de toute manière, vérifier que les trous de l'embase et ceux des caoutchoucs des servos coïncident parfaitement; si ce n'est pas le cas, l'emboîtage ne sera pas correct, et les vibrations casseront rapidement les oeillets.

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Nettoyage des contacts du connecteur avec du fréon en spray (en vente
dans les magasins d'électronique). 2)
Avant de monter le servo, lubrifiez les engrenages avec de la graisse de silicone. Après le crash
Malheureusement, nous finissons tous, un jour ou l'autre, par crasher l'un de nos modèles; après avoir ramassé les débris et nous être assurés que nous avons récupéré tous les composants de l'équipement radio - quelque part dans la campagne doit se trouver un vérificateur de batteries à LED que, dans la déprime qui était la mienne après un tel désastre, j'ai oublié de reprendre - nous devrons nous asseoir, maudire tous les dieux de l'Olympe pour leur cruauté et évaluer l'ampleur des dégâts. Les points à vérifier sont les suivants: la carcasse et les oeillets de fixation, le bras et le train d'engrenages.
Si le choc a été violent et que l'embase était très robuste, il est possible que la carcasse extérieure soit cassée, ce qui est facile à vérifier. Si les dégâts se limitent à une simple fente, nous pouvons la réutiliser sans problème. Par contre, s'il manque des morceaux, ou si des renfoncements sont apparus, il faudra la remplacer (les carcasses se vendent séparément dans le commerce).
Nous devrons également vérifier l'état des oeillets de fixation, car il est fréquent qu'ils se rompent là ou ils sont le plus étroits. Parfois, ils sont apparemment intacts, et c'est en les manipulant que l'on découvre la cassure. Si nous possédions le morceau manquant, nous pouvons le recoller au cyanoacrylate lent : une bonne dose de colle et quelques heures de séchage. Il est, dans tous les cas, parfaitement possible d'utiliser un servo dont il ne reste que trois ancrages sur quatre. S'il en manque deux, il faut remplacer la carcasse. L'état du bras s'évalue au premier coup d'oeil et son remplacement ne mérite aucun commentaire; un bras ne doit jamais être recollé. Reste à vérifier les engrenages. Pour ce faire, radio éteinte, nous faisons pivoter le bras manuellement, dans les deux sens et toute la longueur de son débattement. Le servo doit se déplacer en douceur et sans accrocs; si le servo tourne "fou", il ne fait aucun doute que l'avant-dernier engrenage est cassé. Si tout semble correct, nous allumons la radio et faisons fonctionner le
servo; au moindre bruit, à-coup ou accroc, nous ouvrirons le servo pour l'examiner. Très souvent, une dent cassée vient se coincer entre deux engrenages et provoque, au moment le moins opportun, les dégâts que vous pouvez imaginer.

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Si le servo ne fonctionne pas en souplesse, il faudra nettoyer le potentiomètre
avec un peu de fréon sur un coton-tige. 2)
La rupture d'une des soudures peut être à l'origine d'une panne de servo. Vérifiez-les toutes. Démontage du servo
Démonter un servo est une opération simple (parfois beaucoup plus simple que le remonter). Nous aurons besoin d'une grande feuille de papier où déposer les pièces et de quelques tournevis en croix, exactement aux dimensions des vis de nos
servos; ce dernier point est essentiel, car les quatre vis qui ferment la carcasse sont serrées mécaniquement (elles sont donc très "dures") et leur tête est petite. Un tournevis de mauvais calibre ou usé l'abîmera et nous ne pourrons pas continuer le démontage.
Nous enlèverons le bras, sa vis de fixation et les quatre vis qui unissent les trois parties de la carcasse. Ensuite, nous appuyons sur l'axe de sortie et extrayons la partie supérieure de la carcasse; il est possible qu'une partie du train d'engrenages ou de ses axes sorte : nous veillerons soigneusement à ne rien perdre. Nous pouvons remplacer soit les engrenages, soit la carcasse, ce qui résout déjà une bonne partie des problèmes qui peuvent se présenter dans de tels cas. Les engrenages doivent toujours être placés à l'endroit qui leur correspond; pour ce faire, il arrive très souvent que l'on doive extraire les axes de leurs logements (ils sortent par simple pression). Les engrenages doivent être lubrifiés avec un peu de graisse Teflon (blanche). Dans le cas d'un engrenage cassé, il faudra absolument, si l'on veut éviter certaines mésaventures, retrouver le morceau qui s'en est détaché. 
Les
câbles se trouvant à l'intérieur du servo doivent être fixés de
façon à éviter les vibrations.
Nous devrons, parfois, remplacer la partie centrale de la carcasse. Pour ce faire, nous en enlèverons la partie inférieure, laissant le circuit imprimé et le moteur à l'air libre. Il est de règle, chez certains fabricants, de coller ces éléments à la carcasse au moyen d'un silicone de couleur jaunâtre : nous décollerons ces éléments avec soin, pour ne pas casser le circuit imprimé ni abîmer le moteur. Une fois décollés, il suffit de les extraire. Nous enlèverons ensuite l'axe de sortie (par pression) et le potentiomètre, avec ses câbles, ce qui demande parfois un peu de patience, vu la justesse des écarts. Une fois que tous les éléments sont sur la table, nous les réintroduisons dans la nouvelle carcasse, en ordre inverse (d'abord le potentiomètre, puis le moteur et l'électronique et, enfin, les engrenages et l'axe de sortie) et resserrons les vis.

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Caoutchoucs et oeillets protègent le servo des vibrations. 2)
Carcasse de servo brisée. Il faudra la remplacer... et vérifier l'état
des engrenages, qui se trouvent au-dessous. Adaptateurs et fiches
Les servos actuels peuvent être employés avec n'importe quelle radio moderne, à condition que les câbles soient correctement disposés. Les trois câbles du connecteur sont presque toujours de même couleur : noir (négatif), rouge (positif) et blanc ou jaune (le signal); si nous coupons les câbles d'un servo et les connectons, en faisant coïncider les couleurs, à une fiche d'une autre marque, le servo continuera à fonctionner. Pour effectuer la soudure, nous aurons besoin d'un minimum d'expérience et d'un fer à souder électronique (pointe fine de 1-2 mm et 15-20 watts de puissance). Utilisez un étain de bonne qualité, comme ceux que l'on trouve dans les magasins d'électronique; n'oubliez pas d'entourer chaque câble d'un morceau de thermorétractile de 10-15 mm et de section appropriée. Si vous ne voulez pas sectionner le câble ni vous lancer dans une soudure de précision, vous pouvez trouver dans le commerce des adaptateurs de servos de marques différentes. Dans certains cas, aucune opération de ce genre ne sera nécessaire : par exemple, les servos de Futaba de dernière génération peuvent être connectés directement sur un récepteur
JR; il suffit de retoucher la fiche au cutter (les fils sont disposés dans le même sens). Les JR peuvent se brancher directement aux récepteurs Futaba récents. Dans ce dernier cas, il faudra faire attention à ne pas monter le servo à l'envers (placer les câbles noirs du même côté que dans le cas du servo d'origine).
Il se peut que les fiches de servos se détériorent avec le temps (elles se détachent ou n'assurent plus un bon contact, ou l'un des connecteurs se rompt...
etc); l'ancienne fiche sera visible, avec ses câbles. La procédure à suivre est la suivante : d'abord; repérer - nous vous conseillons même de faire un croquis - le point de connexion des trois câbles. Ensuite dessouder les câbles (avec un fer tel que celui que nous avons décrit plus haut, bien chaud). Pour ce faire, vous appliquerez la pointe sur le câble tout en le tirant à l'aide d'une pince : il se détachera au bout de quelques secondes. Il faudra veiller à ce que l'étain fondu ne mette pas en contact deux pièces adjacentes du circuit imprimé. Puis, nous soudons les câbles, après les avoir fait passer au travers du cache en caoutchouc qui assure l'étanchéité de la carcasse. Nous vérifions une dernière fois que l'étain fondu n'a pas créé de faux contact; si c'est le cas, nous sectionnons le cheveu d'étain au cutter. Nous branchons le servo sur la radio et nous allumons cette dernière : le servo doit fonctionner correctement (évidemment, aucune fumée ne doit s'échapper du circuit...). Dans le cas contraire, une bonne solution consiste à ouvrir un autre servo semblable et à s'assurer que les câbles sont correctement situés. 
Soudure
d'un câble au circuit imprimé. Il faut un bon soudeur, dôté d'une vue
excellente... et
vérifier à la loupe que l'étain n'est pas à l'origine d'un faux
contact. |