HELICOPTERES
: FUN FLY ET COMPETITIONS INFORMELLES Une
alternative amusante à la compétition FAI À l'instar des autres spécialités de l'aéromodélisme, la catégorie reine des hélicoptères est celle qui répond aux normes FAI (compétition F3C, dans ce cas). Pourtant, nombreux sont les amateurs qui préfèrent d'autres types de compétitions. Les raisons en sont multiples; outre la nécessité de disposer de modèles franchement chers et spécialisés, la F3C présente un certain nombre de caractéristiques qui la rendent peu attrayante pour le grand public. Je me rappelle
un spécialiste reconnu de la spécialité affirmer que les compétitions F3C étaient aussi surprenantes qu'un rang d'oignons... En réalité, nombreux sont ceux qui se sont inquiétés de la baisse de fréquentation des compétitions "officielles", qui ne cesse d'ailleurs de se confirmer au fil des années.

1)
La caisse de terrain doit être assez fournie pour effectuer de petites réparations ou des
réglages.
2)
Un participant s'acharne sur un bidon. Plus difficile qu'il n'y paraît.
Compétitions
informelles
L'alternative à la F3C, ce sont lesdites compétitions informelles: un noyau d'amateurs et d'organisateurs se réunissent et mettent en place une compétition propre. Les normes prises en compte ne visent pas tant à mettre en valeur la technicité des modèles (comme en F3C), mais plutôt les qualités des
pilotes. Elles permettent que n'importe quel amateur possédant un modèle courant puisse s'inscrire et s'amuser, voire gagner l'un ou l'autre trophée. En résumé, l'objectif est bel et bien de passer un bon moment.
Les compétitions de ce genre sont nombreuses et variées. Nous allons tenter de comprendre leur mode de fonctionnement et les qualités que le modèle et le pilote doivent réunir pour pouvoir y participer. Pour commencer, rappelons que l'une des modalités de compétition non officielle est celle du vol acrobatique extrême, ou vol 3D, dont
nous avons parlé dans un article précédent. Le problème est que cette spécialité a pris une telle ampleur au cours des dernières années qu'elle s'organise aujourd'hui au niveau international, selon un règlement aussi strict et formel que celui des championnats
F3C ... 
Rituel de fin de concours: les pilotes et les modèles survivants posent pour la photo. Concours
d'adresses
Les concours informels les plus populaires (souvent parrainés par l'une ou l'autre marque) sont ceux qui favorisent la participation de tout pilote simplement capable d'élever son modèle dans les airs. Les plus connus sont la Coupe Schlüter et la Coupe
Hirobo. Leur organisation se fait désormais à l'échelon international. Les vainqueurs des épreuves nationales sont invités à participer à des concours internationaux, lesquels se déroulent chaque année dans un autre pays. Bien entendu, il est peu probable qu'un pilote d'hélicoptère frais moulu gagne un jour la Coupe
Hirobo, par exemple, mais il aura au moins eu la possibilité de s'inscrire et de se mesurer aux autres en s'amusant.
Dans ce genre de compétition, on ne demande généralement pas au pilote qu'il exécute un
catalogue acrobatique, du moins de manière traditionnelle. La notation est établie sur les résultats obtenus au terme de trois ou quatre épreuves apparemment simples (mais plus compliquées si vous tentez de les passer à toute vitesse). Quoi qu'il en soit, un concurrent reste libre de renoncer à une épreuve donnée s'il estime qu'elle dépasse ses capacités. Voyons cela ensemble. Savez-vous
faire un huit ?
Une épreuve d'adresse typique consiste à exécuter un maximum de "huit" autour de deux piquets plantés verticalement dans le sol et séparés d'une distance qui peut varier entre trois et cinq mètres. Cette manoeuvre n'est pas spécialement difficile à exécuter, et n'importe quel amateur capable de faire évoluer son modèle autrement qu'en stationnaire devrait pouvoir y arriver. Mais quand le facteur temps entre en ligne de compte, les choses se compliquent... Les plus expérimentés s'approcheront le plus possible des piquets et voleront sans modifier
l'orientation du nez; en d'autres termes, la moitié de la figure sera exécutée vers
l'avant et l'autre moitié, en marche arrière. II arrive souvent que le modèle adopte une position très inclinée (vers l'avant ou vers l'arrière) sous l'effet de l'accélération. Un bon pilote sera capable d'exécuter 5 ou 6 huit par minute, et un expert en réalisera plus de 10... Vous l'aurez compris, le fait de s'approcher davantage des piquets permet de gagner du temps et, donc, d'exécuter davantage de
passages. Par contre, si le rotor principal ou le rotor anticouple touche un
piquet, ... notre pilote peut dire adieu à la compétition.

1) Indispensable : les sponsors et les trophées.
2) L'épreuve la plus redoutée est la récupération des pyramides avec
le patin de l'hélico. Renversement
de bidons
Voici une autre épreuve très populaire de ce genre de compétition. Pour la mener à bien, le pilote doit disposer d'un assistant. Elle consiste à renverser avec le modèle un maximum de bidons (ou équivalent) posés sur une table. Les bidons
doivent être renversés un à un. La grandeur et le poids des bidons dépendent d'une compétition à l'autre. Lorsqu'un bidon est renversé, l'assistant en pose un nouveau et le cycle recommence. Dans certains cas, pour éviter que le pilote, emporté par son enthousiasme, ne tranche
le cou de son collaborateur, il faudra passer derrière un piquet situé à une certaine distance pendant que l'aide place le nouveau bidon sur la table.
Cette manoeuvre est probablement la plus facile à exécuter pour un débutant normal; c'est en tout cas celle qui présente le moins de
risques pour le modèle. Pour renverser les bidons, plusieurs techniques peuvent être utilisées. Mais celle qui est considérée comme la plus sûre consiste à s'approcher de la table en vol latéral (contre le vent, si possible) et à pousser le bidon (en général un récipient en plastique d'1 litre) avec le patin de l'hélicoptère. La poussée doit être franche. Une fois la mission accomplie, l'hélicoptère sort en suivant le circuit imposé, pendant que l'assistant place un nouveau bidon. Bien entendu, les pales du rotor doivent rester à bonne distance de l'assistant. Les accidents se produisent lorsque le modèle vient heurter le bord de la table ou que le rotor heurte le récipient. 
Les
concurrents attendent leur tour dans le "paddock".
Les
pyramides
La dernière épreuve est aussi la plus difficile et celle qui connaît le plus d'accidents. Elle consiste à récupérer, du haut d'un piédestal de
1,5-2 mètres, le plus grand nombre possible de pyramides en un laps de temps donné. Ces pyramides sont généralement en contreplaqué; elles sont munies d'un crochet à leur sommet. Au pilote de choisir le bon moyen de le saisir. Comme dans l'épreuve précédente, l'assistant place une nouvelle pyramide pendant que le pilote effectue son circuit de sécurité.
Accrocher une pyramide avec le patin d'un hélicoptère est une manoeuvre qui exige beaucoup de précision (et que dire si le vent souffle...). En outre, la hauteur du piédestal fait que l'hélicoptère évolue sous un angle d'observation assez peu habituel. Le risque est réel que le crochet se prenne dans le rotor ou dans toute autre partie mobile de l'hélicoptère. L'hélicoptère peut également heurter le piédestal, ou la pyramide ne pas vouloir lâcher prise... Certains pilotes déposent leur pyramide en douceur, alors que d'autres préfèrent exécuter une manoeuvre brusque pour la détacher et la faire tomber à terre; cette dernière solution est plus rapide, mais aussi plus risquée (accrochage avec les éléments mobiles de la mécanique). C'est bien entendu cette épreuve qui fait courir le plus de risques à l'hélicoptère.

1)
Epreuve classique: le renversement de bidons posés sur une table. 2)
L'esprit d'entraide est de mise: plusieurs concurrents aident leur congénère
à effectuer une réparation. Le
choix du modèle
Toutes les catégories d'hélicoptères sont admises à participer aux compétitions informelles. Comme le montrent les images, on y rencontre des modèles de début et de haut de gamme, voire des hélicoptères à fuselage. Toutefois, et compte tenu du fait que ces
manifestations connaissent un taux élevé de crashes - les concurrents prennent des risques pour engranger un maximum de points -, la plupart des modèles sont du type "fonctionnel". Certains concurrents optent pour des patins plus longs, ou greffent un accessoire latéral qui facilitera le renversement des bidons ou l'accrochage des pyramides, avec moins de risque pour la mécanique.
Même si tous les modèles conviennent, les plus petits éprouvent davantage de difficulté à renverser les bidons ou à soulever les pyramides; ils sont donc moins souvent utilisés dans ce type de compétition. D'autres concours, dont nous parlerons dans un prochain article, s'adressent à des modèles modifiés. Préparation
au concours
Même si aucun niveau de pilotage n'est requis, rien ne vous empêche de vous entraîner avant le grand jour. Si votre niveau de pilotage est suffisant (vol stationnaire maîtrisé et vol en translation
moyen), faites l'expérience suivante. Sur le terrain de vol, placez deux objets de 10-15 cm et essayez de vous placer en stationnaire juste à leur verticale. Vous constaterez alors que le modèle donne l'impression de se déplacer dans tous les sens. Pour maintenir l'hélicoptère immobile, vous devrez vous exercer, encore et encore... Entraînez-vous à déplacer l'hélicoptère d'un objet à l'autre. Ici également, vous constaterez que l'exécution d'un vol précis n'est pas une mince affaire. Lorsque vous serez capable d'exécuter ces manoeuvres sans difficulté, entraînez-vous à renverser des canettes avec le patin. Encore une fois, les choses ne sont pas si simples... Autre exercice très utile: atterrir sur une table de camping d'un peu plus d'un mètre de côté. Ensuite, vous placerez les canettes sur la table et vous essaierez de les faire tomber, comme dans une épreuve réelle. Pour terminer, si vous êtes décidé à participer à l'une de ces compétitions, il serait bon que vous confectionniez une petite pyramide en contreplaqué de 20-25 cm de haut, munie d'un crochet à son sommet. Essayez ensuite de la récupérer avec votre hélico. Au début, cela vous paraîtra impossible, mais tout réussit à celui qui veut avec persévérance... Après tout, ceux qui gagnent les concours n'en sont pas à leur premier essai.

1)
Ici, l'objectif consiste à exécuter le plus grand nombre de 8 autour des piquets en un temps
donné. 2)
Un amateur en train de tester son modèle. Mieux vaut le faire à l'écart des autres participants... Réglage
du modèle
En ce qui concerne le réglage du modèle, c'est la stabilité qui, à mon avis, doit prévaloir. Si vous en disposez, optez pour des pales souples et lourdes qui réduisent les effets des rafales de vent et rendent le vol stationnaire plus stable. Quant aux commandes - et cela vaut pour les compétitions de tout type -, limitez-vous à ce qui sera nécessaire pour exécuter la figure la plus violente (dans ce cas-ci, les huit autour des piquets). Pour les commandes de cyclique, programmez un bon pourcentage d'exponentiel; cela facilitera grandement le vol en douceur nécessaire à l'épreuve des bidons et, surtout, à la récupération des pyramides avec le patin. Cette dernière épreuve exige un engin très stable avec une commande très précise. Le pas collectif doit également être très progressif dans la zone proche du stationnaire, ce qui permettra de régler la hauteur du modèle avec précision. Enfin, la queue devra être la plus stable possible, car il
arrive souvent que le vent souffle quand on s'y attend le moins. Un gyroscope avec "blocage de queue"
(heading hold) ne sera pas superflu. Autres
compétitions
Nous avons abordé les concours les plus habituels. Mais il existe d'autres modalités, comme les courses ou les épreuves de
vitesse. L'objectif d'une course est de parcourir un aller-retour le plus rapidement possible; deux concurrents s'affrontent à chaque manche et la sélection se fait par élimination. Bien entendu, les modèles sont classés dans différentes catégories selon la cylindrée de leur moteur (il s'agit en général de modèles moyens, propulsés par de bons moteurs et équipés de résonateurs efficaces). La
"préaccélération" est souvent réglée de manière "sauvage" (près de 2.000
tpm) pour obtenir un départ le plus rapide possible. Dans ce cas, mieux vaut éviter les pales en bois, qui peuvent se rompre à trop haut régime. Les compétitions de vitesse sont plus spécialisées et moins populaires. Elles s'adressent davantage à des modèles spécialement allégés et renforcés, avec pales et résonateurs spéciaux,
identiques à ceux utilisés pour les courses (plus courts, plus légers et moins silencieux, mais développant davantage de puissance). Les hélicoptères les plus poussés peuvent atteindre des vitesses de 140-150 km/h. |