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MAGAZINE, LES COURS D'AEROMODELISME > TECHNIQUES : n°42

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VOL DE PENTE AVANCE

Acrobatie et compétitions

 

Nous avons décrit, dans les articles précédents, les caractéristiques de base du vol de pente, tant en ce qui concerne les principes généraux des ascendances que les particularités des modèles utilisés; nous avons également abordé la technique de base permettant de réaliser des circuits sur une pente. Aujourd'hui, nous allons nous aventurer un peu au-delà.
Ce que l'on parvient à faire en vol de pente est franchement étonnant, pour autant, bien sûr, qu'il
y ait assez de vent; rappelons que, contrairement au vol thermique dont les éléments essentiels sont la
- difficile - recherche des bulles d'air chaud et le prolongement maximum du vol, en ce qui concerne le vol de pente, l'ascendance est illimitée (tant qu'il y a du vent, bien sûr!) et sa puissance étonne souvent ceux qui l'expérimentent pour la première fois; quand nous parlons des possibilités surprenantes du vol de pente, nous nous référons tant aux modèles qui peuvent être utilisés (même des entraîneurs avec moteur éteint) qu'aux types de vols que l'on peut envisager. Le vol thermique consiste à profiter au maximum des thermiques et à perdre le moins d'altitude possible, celle-ci étant difficile à récupérer; en vol de pente, si nous perdons de l'altitude, iI suffit d'effectuer quelques tours de circuit pour la récupérer largement; le vol peut durer jusqu'à ce que le pilote commence à se lasser ...

 

 

1) Une victime d'un atterrissage mal calculé. Il faut descendre et récupérer le planeur : excellent pour le coeur !

2) Dans les compétitions de vol de pente, quelque soit la catégorie, le bois est considéré comme un matériau "exotique". La fibre est plus courante.

 

Modèles de pente
Pour résumer la situation, disons que le vol de pente est réservé à trois grands groupes de planeurs; notre classification est sujette à discussion, mais elle nous servira à orienter le débutant (ou le passionné habitué à d'autres disciplines mais qui souhaite se familiariser avec le vol de pente) et à lui indiquer ce qu'il peut attendre des différents types de modèles R.C. Ces trois groupes présentent des différences quant aux fonctions utilisées, au mode de construction et, surtout, aux performances dont ils sont capables ainsi qu'aux conditions atmosphériques qu'ils peuvent affronter. Ouvrons ici une parenthèse: un modèle d'une catégorie donnée pourra difficilement voler dans toutes les conditions atmosphériques, mais les planeurs du groupe "intermédiaire" sont probablement les plus polyvalents.
Le premier groupe de modèles comprend, schématiquement, des modèles destinés à voler par vent faible (disons, jusqu'à 30-40 km/heure). En réalité, la majeure partie des modèles de ce type ne sont pas conçus en tant que planeurs de pente proprement dit, mais sont plutôt des planeurs thermiques qui peuvent aussi voler en pente. Tout comme leurs homologues de plaine, ils sont habituellement en bois; leur charge alaire est faible, la portance de leur profil est élevée, et ce sont les vitesses plutôt réduites qui leur conviennent le mieux; on utilise beaucoup le "Clark Y" ou l'un de ses dérivés plan-convexes, comme le "Woody" à profil Jedelsky. Seules deux fonctions (dérive et profondeur) sont habituellement utilisées pour le contrôle de ces planeurs, dont la vitesse plutôt réduite rend superflus les compléments aérodynamiques tels que les aérofreins ou les flaps. Malgré leur apparente simplicité, ce type de modèles ne doivent pas être dédaignés car, grâce à eux, une journée caractérisée par un faible vent de pente (ou nul, s'il y a des thermiques) ne sera pas automatiquement gâchée.

 

 

Les concurrents posent avec leur modèle avant la compétition.

 

Planeurs moyens
Le deuxième groupe de planeurs de pente est beaucoup plus spécifique; nous pourrions y inclure la majeure partie des modèles vendus en kit et un grand nombre des modèles "faits maison" qui survolent habituellement nos terrains. II s'agit, en général, de planeurs de dimensions moyennes (200-250 cm d'envergure), souvent équipés de commandes sur les trois axes: dérive, profondeur et ailerons. Leur charge alaire est supérieure à celle du groupe précédent; ils volent vite et sont capables de "pénétrer" des vents modérés à forts. II est difficile de donner des chiffres absolus en la matière, mais cette catégorie de modèles se sent à l'aise par vent modéré jusqu'à assez fort (disons, entre 25 et 60 km/heure; et n'oublions pas qu'en hiver, un vent de 60 km/heure, c'est beaucoup!). Dans ce groupe, les profils plan-convexes sont rares; on recourt plus fréquemment aux semi-symétriques et/ou à des profils aérodynamiques propres. Quant à la construction, les ailes sont généralement en porex plaqué et les fuselages, de diamètre réduit, en fibre ou en plastique; certains modèles sont même lestés pour en augmenter la vitesse.

 

Planeurs pour vents forts
Le troisième groupe de modèles se rencontre beaucoup moins fréquemment que le précédent. On pourrait parler de "groupe spécial pour vitesses élevées ou vents forts". II s'agit évidemment de modèles dont les principaux objectifs sont la solidité et la rapidité en vol. Leur pilotage requiert un savoir-faire certain, surtout si l'on souhaite en exploiter toutes les possibilités. Ce sont des modèles à charge alaire élevée, qui peuvent être lestés et dont la finition, la construction (les contraintes de vols peuvent être très fortes) et le réglage sont extrêmement soignés. En réalité, ils peuvent être soumis à des vents qui seraient capables de renverser leur pilote! Sous d'autres latitudes, plus venteuses, on organise des épreuves de vitesse; de telles zones sont idéales pour mettre à l'épreuve les modèles de cette catégorie.

 

 

1) En compétition, il n'est pas rare de devoir faire évoluer son planeur dans des zones d'où il est difficile de le faire revenir.

2) Les pilotes et leurs machines. À droite, un F3B, efficace également dans ce type de compétition.

 

Vol de pente avancé
Après avoir parlé des modèles propres au vol de pente, abordons brièvement cette discipline qui dépasse le stade du simple circuit. Une fois accoutumé à voir votre modèle voler (c'est-à-dire quand vous aurez compris le principe du vol de pente), vous continuerez progressivement à améliorer votre technique, de façon à pouvoir négocier des virages de différents rayons et inclinaisons, sans perdre d'altitude ni/ou de vitesse; vous apprendrez également à négocier des virages vers l'intérieur et l'extérieur de la pente, et à atterrir au premier essai à l'endroit souhaité. Après cette première phase, qui peut durer des semaines ou des mois, et quand vous serez capable de piloter votre modèle par n'importe quel temps et comme bon vous semble (selon les possibilités du modèle), celui-ci (qui appartient sans doute au groupe "élémentaire" de base décrit précédemment) ne répondra probablement plus à vos attentes: soit parce que vous souhaitez pouvoir "avancer" même par vent fort, soit (cas le plus fréquent) parce que la gouverne d'ailerons vous manque. Une fois cette phase d'apprentissage franchie, vous serez à même d'aborder le vol acrobatique, pour autant que vous disposiez d'un modèle du groupe intermédiaire (ailerons, vitesse de translation et charge alaire supérieures à celles de votre modèle d'initiation).
Avec un modèle offrant de telles caractéristiques et une ascendance adéquate (vent de 40-50 km/heure), n'importe quelle acrobatie (selon l'habileté du pilote) devient réalisable. 

On parvient, avec un peu de pratique, à exécuter des boucles, des renversements enchaînés, des vols dos, des vols inversés continus, et à combiner toutes ces figures; cependant, même s'il est facile de réussir une boucle normale, il faut de nombreuses heures de pratique pour parvenir à en réaliser une qui soit bien ronde, au point souhaité et aux dimensions requises. Il est pratiquement impossible de résumer en quelques lignes les secrets d'une bonne acrobatie; contentons-nous de rappeler que le modèle n'a pas de moteur, au sens habituel du terme, et que tout mouvement brusque des commandes sera sanctionné par une perte de vitesse et par l'impossibilité de terminer correctement la figure. Pour que le débutant se rende compte à quel point il est difficile de bien contrôler le modèle, nous lui proposons de tenter l'expérience suivante: réaliser, de face, sans dévier ni perdre ou gagner de l'altitude ou de la vitesse, trois cercles en maintenant, le planeur à plat, ou exécuter autant de boucles au même endroit et face au vent.

 

 

1) Planeur de pente typique des compétitions F3F.

2) En réalité, si ce n'est leurs dimensions légèrement plus réduites, les planeurs de pente de compétition

ressemblent de plus en plus aux F3B.

 

Compétitions
Les planeurs de pente font l'objet de divers types de compétitions, y compris de nature internationale. Nous pourrions, schématiquement, établir trois catégories, chacune d'entre elles possédant ses particularités propres: compétitions de distance, de vitesse et de maquettes.
La catégorie "distance" la plus connue est la cross-country (à travers champ); elle est très populaire au Royaume-Uni. Elle consiste à réaliser un parcours déterminé - un ou deux tours de circuit - jalonné d'un nombre précis de "portes" que le modèle doit franchir en un temps minimum. Les portes sont situées en différents points situés en dehors - parfois à bonne distance - de la zone d'ascendance; elles obligent le pilote à abandonner la zone "confortable" et à dépasser (par exemple) un point qui se trouve en deçà de la pente, dans la zone de descendance (on parle alors de vent rabattant) ou bien à descendre jusqu'à des zones de la pente où il est difficile de récupérer de l'altitude. Pour forcer les pilotes à mouiller leur chemise, on peut organiser l'épreuve de telle manière qu'ils doivent se déplacer (courir, parfois) avec leur émetteur vers différents points du parcours.
Les modèles destinés à cette catégorie sont de grande dimension, car ils doivent pouvoir être pilotés à distance considérable, conformément au parcours défini par le règlement, sans être perdus de vue... 

Ils doivent en outre présenter d'excellentes qualités de vol plané et de pénétration dans l'air, suffisantes pour leur permettre de réintégrer la zone d'ascendance. Les grandes maquettes et les semi-maquettes de modèles réels (en plus des planeurs conçus "ex professo"), mesurant 3-4 mètres d'envergure, sont particulièrement adaptées à ce genre d'exercice.

 

 

La radio de ce pilote allemand est sans sticks (vous ne rêvez pas!) et le modèle ne manquent pas d'originalité.

 

Vitesse
Comme dans le cas précédent, les compétitions basées sur des épreuves de vitesse sont relativement rares. Les plus populaires sont les "course de pylônes" (ou F3F) organisées à l'échelon international. 

Il s'agit de réaliser, en un temps record, un nombre déterminé de passages entre deux pylônes situés à 100 mètres de distance. Le pilote se place entre les deux pylônes et deux membres de l'organisation le préviennent au moyen d'un avertisseur sonore que son modèle a atteint le point réglementaire. 

Les modèles utilisés présentent des charges alaires élevées et des structures très solides; ils ressemblent beaucoup aux planeurs de compétition F3B - dont ils sont parfois dérivés -, mais lestés au maximum. Bien qu'ils soient souvent constitués de matériaux sophistiqués, il n'est pas rare que les ailes se brisent en plein vol... Lorsque le vent est suffisant, les meilleurs parviennent à parcourir les dix longueurs (un kilomètre) en moins de 30 secondes, y compris les neuf virages intermédiaires, ce qui correspond à des vitesses maximales de près de 200 km/heure !

 

 

1) Un planeur de compétition est capable d'exécuter la totalité du programme acrobatique, et à des vitesses à vous couper le souffle.

2) Des pentes peu marquées suffisent parfois à l'organisation d'un concours, à condition que le vent soit de la partie.

 

Maquettes
Les concours de maquettes de planeurs de pente récompensent - en toute logique - des réalisations reproduisant le plus fidèlement possible le modèle original. L'ascendance de pente est telle qu'elle permet de faire voler avec succès des reproductions particulièrement fidèles (lourdes ou légères) d'à peu près n'importe quel appareil; ce qui nous permet d'admirer, dans ces concours, des maquettes de planeurs de l'entre deux-guerres, exactes répliques en bois et en toile, et avec le pilote exposé au vent, de même que des planeurs modernes construits en fibre, etc. Dans certains milieux de modélistes anglais et allemands, la nouvelle tendance, depuis cinq ou six ans, consiste à réaliser des maquettes fidèles - ou presque - d'avions à réaction, d'avions de chasse ou d'avions commerciaux, dépourvus (bien entendu) de tout système de propulsion autre que l'ascendance de la pente; cette catégorie est, dans ces pays, dénommée PSS (power scale soaring ou planeurs à échelle de modèles à moteur). À titre d'anecdote, sachez qu'on a pu faire voler avec succès des maquettes de fusées allemandes V1 .