MATERIEL
DE REVETEMENT
Revêtement en profondeur Lorsque nous examinons des photos
d'aéromodèles datant de vingt ou trente ans, notre attention est notamment attirée par les revêtements utilisés a cette époque. Ils étaient translucides et se ressemblaient tous beaucoup. Par contre, dans le cas des modèles actuels, la finition présente des formes très variées (comme on peut le constater en examinant les photographies sur ce site ou de revues). Au cours de ces dernières vingt années sont apparus de nombreux matériaux qui nous aident beaucoup à donner une apparence attrayante à nos modèles. 
Un
bel exemple de ce que l'on peut obtenir avec de la patience et des
matériaux thermoadhésifs. A quoi sert un revêtement ?
Dans le cas d'un aéromodèle traditionnel, le revêtement remplit une double fonction. La première est la plus frappante recouvrir la structure de l'aile pour transformer son "squelette" de bois en une aile capable de produire l'énergie de sustentation nécessaire. La seconde fonction est moins frappante: le revêtement confère a la structure une certaine résistance, tant à la flexion que, surtout, à la torsion. Une aile recouverte de papier ou de toile, pour autant que ce soit bien fait (c'est-à-dire que le matériau soit bien tendu), est infiniment plus résistante après qu'avant l'opération. Le revêtement constitue également une surface lisse qu'il est plus facile, par rapport au bois, de vernir ou de peindre.
Il ne faut pas perdre de vue la dernière fonction: ces matériaux constituent "l'épiderme" de notre modèle et, en tant que tel, le protège contre les éléments extérieurs. N'oublions pas que le carburant est l'un d'entre eux: un revêtement bien appliqué empêchera l'huile du moteur d'imbiber le bois, ce qui augmenterait le poids de l'avion et transformerait notre balsa en une madeleine...
Matériaux classiques : le papier et la toile
Voici plus de soixante ans, lorsqu'on construisait les modèles en bambou et qu'on ne connaissait pas encore le balsa, on utilisait déjà la soie pour les recouvrir. Ce matériau continue à s'avérer excellent... pour autant qu'on sache l'utiliser. Son prix élevé et le travail nécessaire pour une bonne finition en sont les principaux désavantages. L'aspect, la solidité et le gain de poids qui résultent de son utilisation rendent ce matériau incomparable. De nos jours, on peut encore trouver dans le commerce - mais difficilement- cette soie japonaise, comme on l'appelle en modélisme.
Le prix de la soie a incité les aéromodélistes à recourir avec succès a des substituts moins onéreux. Le nylon, en particulier, a bénéficié d'une certaine popularité en raison de sa solidité et de son faible prix, surtout dans le cas des modèles de moyenne ou grande dimension.
La différence du nylon par rapport à la soie est qu'il ne se tend pas au contact de l'eau, ce qui rend son application quelque peu différente (nous évoquerons ce point plus loin).

1)
Le matériau doit toujours avoir une marge de sécurité de 2 cm au moins
de chaque côté. 2)
Pistolet à air chaud, très utile pour la tension finale. Vous pouvez
aussi utiliser un sèche-cheuveux.
Papier
L'autre matériau utilise depuis un certain temps est le papier. Les plus fréquents sont le "vergé", qui ressemble au papier d'emballage, et le
"silkspan". L'avantage du premier est son faible coût, mais recouvrir un modèle avec ce papier en parvenant à ne pas froisser celui-ci constitue une prouesse réservée à quelques-uns, ce qui explique qu'il soit très peu utilisé. Le second est un papier translucide et très souple, disponible en deux épaisseurs le plus fin est habituellement utilisé pour les modèles très petits et légers, ou pour recouvrir une surface de bois (par exemple les fuselages). Les principaux avantages du silkspan sont son faible poids et la résistance considérable qu'il confère à la structure. L'apparence des modèles recouverts de cette façon est tout à fait particulière car ils restent translucides après le vernissage et la structure de bois est visible. Le résultat est attrayant aux yeux des modélistes traditionnels que nous sommes.
Application du papier et de la toile
Recouvrir un modèle en bois avec du papier ou de la toile selon la méthode traditionnelle constitue peut-être une des activités les plus 'spécifiques" de l'aéromodélisme. Cette opération semble très compliquée, mais en réalité, elle implique seulement la connaissance de certaines règles et un peu d'attention. Qu'il s'agisse de papier, de soie ou de nylon, la méthode est similaire; c'est pourquoi nous parlerons d'abord du papier
(silkspan).
Tant que nous n'aurons pas assez de pratique dans le domaine, il est préférable de recouvrir chaque partie de l'avion (les ailes, par exemple) en différentes sections. Dans le cas d'un avion normal (deux demi-ailes), il est théoriquement "possible"de couvrir chaque aile avec une seule pièce de papier qui l'entoure complètement, à l'exception des extrémités. Il est cependant beaucoup plus facile de recouvrir séparément les parties supérieure et inférieure.
Commencez par la partie inférieure. Découpez un morceau de papier aux dimensions de la surface à couvrir, en laissant une marge de 2 ou 3 centimètres. Placez la structure sur une surface plane et collez le papier seulement en périphérie (c'est-à-dire les bords d'attaque et de fuite, l'extrémité et la base). Vous pouvez recourir à différentes sortes de colle, mais la méthode la plus simple consiste à utiliser du vernis de type
"novavia" ou de la colle cellulosique diluée.
Nous arrivons maintenant à l'étape où il nous faudra éviter la formation de plis: le moment du collage. Nous vous conseillons de commencer par l'un des quatre coins (seulement la pointe), de tendre soigneusement le papier jusqu'a l'autre coin, et de procéder de la même façon pour les deux autres. Il est, ensuite, facile de coller les bords.
Le papier sera donc collé sur la partie inférieure de l'aile; retournez-la et recommencez l'opération de l'autre côté. Les extrémités (si elles sont à structure) seront recouvertes avec des morceaux de papier. Le revêtement inférieur et le revêtement supérieur doivent être en contact et se superposer sur une largeur d'environ un centimètre, et cela, pour des raisons esthétiques, afin que le bois ne soit plus du tout visible.

Les
matériaux de revêtement sont spécialement recommandés pour les
structures en bois de type ouvert ou sur placages.
Tension et finition
Tendre le matériau n'est pas compliqué mais, la première fois, cela impressionne : humidifiez la surface à l'aide d'un vaporisateur ou en passant un morceau d'ouate humide. Le papier prend un aspect peu ragoûtant, car il se couvre de boursouflures; mais, en séchant, il se tendra et perdra les petits plis qui s'y trouvaient. Laissez-le bien sécher.
La finition est réalisée au moyen d'un vernis cellulosique (novavia) ou de colle cellulosique diluée (une mesure de colle pour deux d'acétone). Une fois le papier sec, appliquez au pinceau plusieurs couches de vernis on les laissant bien sécher chaque fois; trois couches seront amplement suffisantes. L'aile sera tendue comme la toile d'un tambour et aura l'aspect brillant et translucide qui caractérise les anciens
aéromodèles.
Le nylon se tend à peine au contact de l'eau. Par conséquent, si nous recourons à ce matériel, nous suivrons la même méthode que celle décrite précédemment, sauf pour ce qui est de la tension il ne faut pas humidifier le tissu, mais appliquer directement le vernis. Problèmes
Deux problèmes sont susceptibles de surgir: l'apparition d'horribles taches blanches ou une déformation de la structure.
Les taches sont dues à l'humidité; elles disparaîtront si vous appliquez une couche supplémentaire de vernis et si vous chauffez l'endroit à l'aide d'un sèche-cheveux. Quant à la déformation, elle est due à la tension car le revêtement "tire" assez fort sur la structure, surtout si celle-ci est du type "ouvert". Cela se produit plus souvent avec le nylon qu'avec le papier. Pour éviter ce problème, vous pouvez maintenir la structure fixée sur la table de montage au moyen d'épingles jusqu'à ce que le vernis soit sec.

Outillage
spécifique pour l'application du revêtement. Un fer à repasser de
voyage fera aussi l'affaire.
Revêtements thermoadhésifs
Depuis 15 ou 20 ans, sont apparus une série de produits qui facilitent le recouvrement d'une structure. Le principe de base est le suivant : une pellicule de plastique coloré est enduite au verso d'un adhésif qui "s'active" sous l'action de la chaleur. Ces produits sont légion mais les plus connus sont le
Monokote, le Supermonokote et le Solarfilm. Une nouvelle famille est apparue récemment: le plastique y est remplacé par une feuille de polyester, ce qui présente comme avantage une bien meilleure résistance à la chaleur.
Tous ces revêtements existent en de nombreux coloris, et peuvent être métallisés, opaques ou
semitransparents. Comme nous le constaterons, leur application est simple, le résultat obtenu étant une surface lisse et brillante, sans devoir utiliser de vernis. Leur seul inconvénient est le suivant: par rapport à la soie, au nylon ou au papier, ils confèrent une moins grande rigidité aux structures et leur prix est également un peu plus élevé; mais ces désagréments sont compensés par leur simplicité d'utilisation et leur caractère inodore. Il existe un produit similaire où le plastique brillant est remplacé par un matériau comparable au nylon; il est appelé
"Solartex". Il est plus résistant, plus lourd et garantit une meilleure rigidité. Il s'utilise de la même façon que les produits évoqués ci-dessus, surtout pour les modèles d'un certain format, auxquels il confère une apparence très "réelle".
Quel est le principe de fonctionnement de ces revêtements ? Ne vous fiez pas à leur apparente simplicité; ils constituent en fait une démonstration de haute technologie: l'adhésif est inclus dans la couleur et "s'active" à une température déterminée, inférieure à celle à laquelle la pellicule de plastique commence à se contracter. Par conséquent, ce revêtement commence par adhérer, puis se tend lorsque le plastique "rétrécit".

1)
Quel que soit l'outillage, il faudra régler la température pour
permettre l'activation de l'adhésif sans toutefois déformer le reste du
matériau. 2)
La méthode traditionnelle de revêtement utilise du papier ou de la soie
et du vernis tenseur.
Application de thermoadhésifs
Nous avons besoin d'une source de chaleur pour appliquer ces matériaux. On peut trouver dans le commerce des appareils spéciaux à cet effet, comme de petits fers à repasser réglables munis d'un manche qui facilite leur utilisation; en cas d'urgence, un fer à repasser domestique peut toutefois faire l'affaire (ceux de voyage, grâce à leur format réduit, conviennent particulièrement bien).
Nous devrons d'abord régler la température : si elle est trop basse, l'adhésif ne s'activera pas et le revêtement ne se tendra pas; une chaleur trop élevée provoquera une trop grande tension qui risque de déformer la structure; enfin, nous brûlerons le plastique (et un joli trou apparaîtra). La meilleure méthode consiste à commencer à la température "synthétiques" (proche du minimum) et à faire un essai sur un petit morceau: le matériau doit coller et se tendre, les petits plis disparaissant progressivement.

Soie
japonaise : elle donne d'excellents résultats, mais au prix d'un long
travail. Réservée aux experts.
Organisez le travail
Pour recouvrir une aile, il convient de procéder de la même façon que lorsque nous avons parlé du papier: chaque surface de l'aile séparément. Le bois doit être propre, sec, dépourvu de poussière ou de sciures: passez-y un chiffon ou l'aspirateur. Si vous avez l'intention d'appliquer une couleur claire pour le haut et une couleur obscure pour le bas (cela améliore la visibilité), commencez par la couleur claire.
Préparez un morceau de revêtement du format adéquat, en laissant une marge de deux centimètres de chaque côté. Rappelez-vous que le matériau est fourni avec une mince feuille de plastique destinée à protéger le côte " colle " : n'oubliez pas de l'enlever avant d'utiliser le produit (lors du premier essai, j'ai omis de le faire...). Lorsque vous ôterez cette lamelle, elle restera chargée d'électricité statique et aura tendance à se coller ailleurs; demandez de l'aide pour la mettre en place.
Une fois le revêtement appliqué, soumettez les coins à une source de chaleur (avec le fer à repasser) en veillant à éviter les plis (même chose que pour le papier). Nous constaterons alors que le revêtement adhère à la structure. Ne dispensez que la chaleur nécessaire pour le collage (les plis disparaîtront plus tard). Continuez à coller les bords (le périmètre) du matériau.
Ensuite, poursuivez le collage, à l'aide du fer, par les nervures, les longerons et les placages de l'aile. Découpez le matériau qui dépasse, à environ 2-4 mm du périmètre, et parachevez avec le fer.
Il vous reste l'étape la plus spectaculaire: tendre le matériau. Vous pouvez, pour ce faire, utiliser le fer ou un sèche-cheveux. Vous verrez comme l'air chaud fait disparaître les plis. Il est possible de faire en sorte qu'aux extrémités ou aux endroits à double courbure, le revêtement épouse les contours : il suffit de tirer sur le revêtement tout en lui appliquant la chaleur.
Problèmes
Si vous suivez les instructions, vous ne devriez pas avoir de problèmes. Il arrive fréquemment que l'un ou l'autre petit pli subsiste; en général, il disparaîtra après un repassage à une température un peu plus élevée. Le revêtement se rétracte assez fort, mais le fait d'augmenter la chaleur n'éliminera pas un "gros" pli. Si cela vous arrivait, il serait peut-être préférable de découper le défaut et d'appliquer un nouveau morceau par dessus; cela se remarquera à peine. Des bulles d'air peuvent subsister au dessus des placages: percez-les, à différents endroits, avec une épingle et repassez.
Les thermorétractiles sont imperméables aux carburants normaux, mais n'oubliez pas d'imperméabiliser le bois non recouvert.
Procédures :

1)
Coupez le matériau à l'aide de ciseaux, en laissant une marge
suffisante.
2)
Enlevez la feuille de protection , en veillant à ce que le revêtement ne
s'enroule pas sur lui-même.

3)
Commencez l'application de la chaleur par les coins, en veillant à
éviter les grands plis. 4)
Poursuivez le collage tout autour de la pièce à recouvrir.

5)
Réalisez la finition en faisant pivoter le fer sur les bords. Ensuite
coupez le résidu. 6)
Enfin, tendez la surface en appliquant de la chaleur au moyen du fer ou du
sèche-cheveux. |