Article du site www.Aeromodelisme.orG

MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°13

Imprimer l'article

" FAZER "

Une variante Fun-Fly du célèbre voltigeur " Laser 200 "

 

 

Passage à très faible altitude, à quelques mètres du pilote : rien de plus normal avec le Fazer.


Le modèle que nous vous présentons cette semaine est un avion acrobatique un peu inhabituel proposé par le fabricant américain SIG. Selon le concepteur (et constructeur) de la maison, Mike Pratt, il s'agissait d'imaginer un appareil qui autorise l'acrobatie en vol lent et près du pilote, comme dans le cas du vol circulaire. Il est évident que son objectif était de proposer un avion du genre "Fun-Fly"...mais, comme il le dit lui-même dans le livret d'instructions du Fazer (nous y reviendrons), la plupart de ces engins sont relativement laids, dotés d'une aile disproportionnée et d'un fuselage réduit à quelques minces tiges en fibre de carbone; leur allure au sol est franchement disgracieuse (rien d'étonnant à cela, puisque leur train d'atterrissage ne comporte le plus souvent qu'une seule roue) et ils n'autorisent pas certaines figures, comme le vol tranche, par exemple.

Le "Fazer"
Pour combler cette lacune, il lui fallait donc créer son propre voltigeur. Le Fazer est un Fun-Fly qui, de plus, dispose d'un fuselage (rudimentaire, certes, mais suffisant pour lui donner plus belle allure), d'un train d'atterrissage, au sens propre du terme, et d'une silhouette qui le fait ressembler à un véritable avion. La décoration et le profil de l'empennage {et l'un ou l'autre détail) laissent supposer que nous avons affaire à une réplique assez libre (nous n'oserions parler de maquette) du célèbre "Laser 200", dont les excellentes qualités de vol lui ont valu de servir de base à bon nombre d'aéromodèles.
Au vu des photos, transparaît clairement l'autre passion de Mike Pratt: le vol circulaire acrobatique. Le Fazer ressemble fort aux appareils utilisés dans cette discipline... et sa structure en possède toutes les caractéristiques.


 

Même situation que sur la photo précédente, mais tête en bas. Photo prise après quelques heures de vol, ce qui confirme l'impression de sécurité donnée par l'appareil.


Le kit
Comme d'habitude chez Sig, nous n'avons pas affaire ici à un modèle préfabriqué: la boîte contient une série d'éléments en bois de toutes sortes (balsa en planches, lattes, pièces découpées, bois dur) pour l'installation des commandes, des surfaces mobiles, et du train d'atterrissage. Certaines pièces en contreplaqué ont été découpées au laser, ce qui garantit leur parfait ajustement.
Outre le plan grandeur nature d'excellente qualité, qui rend quasi impossible la moindre erreur (de fait, il est possible de monter le Fazer en se basant uniquement sur le plan), le kit inclut un magnifique livre d'instructions: 28 pages, 150 articles et 70 photos explicatives nous assurent un assemblage qui ne devrait poser aucun problème. Également incluse: une feuille d'autocollants de 20X80 cm, pour la décoration.
Le Fazer nécessite une radio à quatre canaux minimum et cinq servos; pour un rendement optimal, la radio disposera de mixeurs libres, d'exponentiel et autres subtilités d'ordre électronique. Quant au moteur, ce peut être un deux temps de 5 cc, ou de 8 cc, pour un vol plus agressif, ou encore un quatre temps de 8-9 cc, auquel cas il faudra raccourcir le nez de l'appareil (les instructions nous indiquent comment procéder).


 

1) Les autocollants pour la décoration sont inclus dans le kit. Observez les grandes dimensions des surfaces mobiles.

2) Les servos d'ailerons sont visibles de l'extérieur, comme de coutume sur ce genre d'appareil.


L'aile
L'aile, d'une seule pièce, constitue 80-90% du Fazer. Comme nous le montre la photo, elle est un peu spéciale; son envergure de 1,20 mètre et sa corde maximum de 40 cm donnent un allongement de 3 (trois fois plus longue que large), ce qui est dérisoire, et favorise la maniabilité de l'appareil. Il faut signaler que les ailerons couvrent à eux seuls 10 cm de la corde. Le plan de l'aile est légèrement trapézoidal, la corde totale passant de 40 cm à l'emplanture à 32 en bout d'aile.
L'épaisseur du profil utilisé est de 20% et la grosseur maximum de l'aile, de six centimètres; cela, ajouté à une envergure réduite, permet d'obtenir une structure très légère sans le moindre problème de résistance. Le bord d'attaque est très arrondi, ce qui favorise le vol lent de même que la maniabilité, et retarde le décrochage. La faible charge alaire contribue également à ce dernier point. avec un poids d'environ deux kilos et une surface portante totale de 40 dm2, sans compter les stabilisateurs de queue, la charge alaire évoque davantage le vol thermique que la voltige.

Structure
Les anciens passionnés de vol circulaire se retrouveront dans leur élément: une aile épaisse avec relativement peu de nervures et des ajours pour alléger l'appareil, des longerons de balsa de 6X6 mm (doubles au milieu de l'envergure) et un bord d'attaque de balsa de 10X10 mm. La résistance aux contraintes est obtenue par le biais d'une structure en "D" formée par les placages s'étendant du bord d'attaque aux longerons centraux (en balsa de 1,5 mm) et des pièces en balsa de 2 mm entre les longerons supérieurs et inférieurs, prédécoupés d'origine. Le bord de fuite est en balsa de 1,5 mm, en forme de "V", avec renfort central, lui aussi en balsa.
L'aile présente aussi une série de fausses nervures, entre les longerons et le bord de fuite, où sont également logés les différents puits de servos. On place, à l'extérieur des nervures centrales, des renforts de 2 mm, en guise de marginaux.


 

Le Fazer a tout de l'acrobatique de vol circulaire, y compris le fuselage "planche".


Accessoires de l'aile
Outre la superstructure (bord d'attaque en D, longerons et nervures), notre aile comprend d'autres éléments. Tout d'abord, un tube en plastique qui court le long du longeron de l'une des ailes : il abritera l'antenne. Il ne faudra pas oublier de forer une série d'ouvertures (clairement indiquées dans les instructions) pour le passage des câbles des servos et des transmissions des commandes. L'union des deux demi-ailes est assurée par une pièce en contreplaqué de 3 mm (découpée au laser) placée entre les deux nervures centrales. Le dièdre est presque inexistant: 3 cm, environ. J'ignore si sa présence est due à des considérations
aérodynamiques, mais le fait est qu'il épargne au Fazer l'étrange silhouette des aéromodèles sans dièdre, qui semblent pencher vers le bas " penchent" vers le bas.
Toutes les nervures de l'aile portent sur leurs surfaces libres (inférieure et supérieure) des "cap strips" en balsa de 1,5 mm (bandes de balsa d'environ 6 mm de large); outre l'amélioration esthétique apportée à l'aile, ils transforment les nervures en petites poutres en "l", augmentant ainsi la rigidité de l'ensemble. Le surplus de poids est minime; l'inconvénient réside dans la fastidieuse opération que constitue le collage de toutes ces pièces de bois. Les énormes ailerons sont en "treillis", composés de bandes de balsa de 6X10 mm pour le périmètre, et de 5X6 pour le reste.
En résumé, une aile très rigide et légère (peu résistante aux impacts, mais là n'est pas le but recherché), où la pièce la plus épaisse est en balsa de 10X10 mm (le bord d'attaque). Un véritable plaisir à construire.

Le fuselage
Ceux qui ont abordé l'aéromodélisme directement par la RC n'auront probablement jamais eu affaire à un fuselage de ce type; pour les vieux passionnés de vol circulaire, au contraire, il aura un air de déjà vu. Il est constitué d'une cellule en balsa de 12 mm présentant des ajours, à l'arrière (pour gagner en légèreté), une ouverture centrale destinée au passage de l'aile, et des renforts pour le moteur, à l'avant. Ce dernier est installé sur deux lattes de hêtre de 12X12 mm, que nous devrons découper aux dimensions de l'embase. Au-dessus, on colle à l'époxy ou à la colle blanche deux renforts en contreplaqué de 3 mm qui courent jusqu'à la moitié de l'aile, un de chaque côté. Le train d'atterrissage, en dural de 2 mm, est fixé au moyen de trois petites vis à écrou.


 

1) Bras des servos de profondeur et de direction sous l'aile.

2) La tringle de commande des gouvernes est maintennue par des supports en plastique.


L'empennage
Tout comme dans le cas des ailerons, sa structure est en treillis de balsa; heureusement pour le constructeur, celui-ci résulte d'un choix judicieux: il est léger et résistant. Comme vous pouvez le voir, les surfaces mobiles de l'empennage sont de grandes dimensions. On les construit directement sur le plan, en veillant à la précision de leur ajustement. Le plan nous indique l'endroit précis où nous devrons poser les blocs de bois prévus pour la fixation des horns de commande.


 

Le train d'atterrissage, traditionnel, le distingue des autres "Fun-Fly".


Moteur et radio
Comme d'habitude pour ce genre d'appareils, l'ensemble de l'équipement radio (cinq servos) est placé à l'intérieur de l'aile: les servos d'ailerons en position moyenne, et les trois autres, dans la partie centrale, coffrée. L'accès à cette dernière est assuré par deux larges écoutilles en contreplaqué, fixées à l'aide de petites vis. Les servos sont montés sur des supports en contreplaqué, de telle sorte que les palonniers (les bras) ressortent de l'aile. L'épaisseur de l'aile est suffisante pour autoriser l'emploi de servos de format standard. L'interrupteur doit être accessible depuis l'extérieur.
Le moteur est monté sur une embase en nylon, fixée, à son tour, sur l'appareil au moyen de vis à écrou. Le réservoir recommandé par le fabricant a une capacité de 120 cc; on le place derrière le moteur, attaché avec des élastiques et protégé des vibrations par une couche de mousse. Le concepteur conseille, pour un deux temps de 6-7 cc, d'utiliser une hélice de 11X4 (pouces), de façon à avoir beaucoup de traction et peu de vitesse de pointe.


 

Il est important que les décorations de l'aile permettent de distinguer clairement le haut du bas, vu la rapidité à laquelle le Fazer négocie ses virages...


Vol d'essai
Après avoir vérifié le centrage de l'appareil (environ 4 cm derrière le longeron principal), nous avons fait preuve de prudence en ce qui concerne le réglage des débattements de commande. Le fabricant nous recommande des débattements de maximum 4 cm pour la profondeur, et de 5 cm pour les ailerons, la limite étant de 45° (de chaque côté, dans tous les cas). Nous vous conseillons, pour les premiers vols, de régler les dual rates à 50% de ces valeurs et d'appliquer beaucoup d'exponentiel.
Avec un moteur puissant, c'est à peine si l'on peut parler de décollage, car l'appareil est capable de grimper quasiment à la verticale. Une fois trimé et à mi-moteur, le Fazer adopte un comportement lent et sans surprises, et sa réponse aux commandes est aussi directe que précise. Lorsque nous exploitons les gouvernes au maximum de leurs possibilités, l'appareil devient extraordinairement maniable (c'était bien, en fin de compte, le but de l'opération). Les ailerons et la gouverne de profondeur, extrêmement puissants, autorisent l'enchaînement de plus de deux tonneaux à la seconde ( ! ! ! ), et des loopings d'à peine trois mètres de diamètre. Le Fazer évolue parfaitement en vol tranche et autorise toutes les folies qui pourraient nous passer par la tête.
Le décrochage est inexistant, car on peut réduire son allure à celle d'un cheval au pas... Même à des vitesses aussi ridiculement basses, il reste parfaitement contrôlable, les commandes ne perdant rien de leur efficacité. Seul problème: s'habituer à une telle capacité de réponse.
Le Fazer n'a pas été conçu pour le vol rapide. Si, malgré tout, nous nous entêtons, nous courons tout simplement le risque de le voir se désintégrer sous l'action des vibrations et du flutter des différentes surfaces portantes. Voilà pourquoi nous devrons tenir compte des recommandations du fabricant au moment de choisir notre hélice.

Résumé
Le Fazer de Sig est un avion acrobatique à vol circulaire que l'on a équipé d'une radiocommande. À l'inverse, il peut, sans trop d'efforts, être transformé en avion à vol circulaire. Il est plus beau que les "Fun-Fly" habituels, et le fait d'avoir un fuselage l'autorise à pratiquer le vol tranche dans de bonnes conditions. Ses capacités acrobatiques sont sans limites... aux mains d'un pilote chevronné. Sa construction, classique, requiert une certaine attention si l'on ne veut pas altérer ses qualités de vol. En bref, un avion acrobatique, bien entendu réservé aux experts.


Quelques détails frappants

 

 

1) Montage du moteur et du réservoir comme pour le vol circulaire.

2) Réservoir attaché avec des élastiques.

 

 

3) Train d'atterrissage fixé par trois vis.

4) Vue de face du moteur et de l'aile, dont on peut apprécier l'épaisseur.

 

 

5) Train d'atterrissage et écoutille d'accès à l'équipement radio.

6) Ecrous auto-encastrables pour monter le moteur et son embase en plastique.