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MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°17

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'' CRYSTAL ''
Cette semaine, nous vous présentons une petite aile basse 

proposée par le fabricant italien Eurokit


 

Difficile de ne pas reconnaître un Crystal en vol.

 

L'itinéraire suivi par les aéromodélistes est presque toujours le même : ils commencent par la typique aile haute d'initiation, de format petit-moyen, et si le modèle survit aux premiers vols d'apprentissage, ils passent à un autre modèle, sans doute doté d'ailerons, avec lequel ils apprendront à piloter "dignement". Arrivés à ce stade, il n'ont plus que l'embarras du choix.
Le "Crystal" est un petit aéromodèle qui peut remplir plusieurs fonctions, mais qui n'entre dans aucune des catégories habituelles : après l'avoir essayé et construit, nous lui trouverons différents "emplois". Par exemple, en tant que deuxième modèle..
Il est différent des entraîneurs à ailerons classiques; il convient aussi aux amateurs qui, sachant déjà piloter, recherchent un appareil très rapide à construire, de type traditionnel, à aile basse et pouvant être transporté dans n'importe quelle voiture.

Caractéristiques générales
Le Crystal est un modèle très particulier et qui ne manque pas de charme : il s'agit d'un petit avion à aile basse, dont le dièdre accusé et le profil plan-convexe le distinguent des entraineurs acrobatiques classiques. Son envergure est de 1,30 mètre, sa longueur, de 93 cm; son poids, selon le fabricant, oscille entre 1 300 et 1 500 grammes. Sa surface alaire est de 26 dm2 , ce qui lui confère une charge alaire d'environ 50 gr/dm2 , une valeur moyenne supérieure pour les appareils de cette taille. Le Crystal est conçu pour un moteur de 1,8 à 2,5 cc, À vrai dire et après y avoir beaucoup réfléchi, nous avons décidé de le considérer comme une aile haute d'initiation à ailerons..., mais dont les ailes se trouvent en position basse. Cela revient à dire que nous avons affaire à un modèle jouissant d'une stabilité intrinsèque, suffisante pour ne pas effrayer le débutant, ce qui arrive immanquablement lorsque ce dernier passe d'une aile haute d'initiation à une petite aile basse, d'habitude assez "nerveuse".


 

1) Décoration et autocollants inclus dans le kit.

2) Lest nécessaire pour le centrage (plombs utilisés normalement pour l'équilibrage des roues). On peut faire feu de tout bois.


Le Kit
Ce modèle requiert peu de travail de la part du constructeur. Son degré de préfabrication n'est peut-être pas aussi élevé que dans le cas d'autres appareils analysés dans sur ce site, mais cette impression est due au fait que les pièces sont en bois non recouvert. Dans la boîte, nous trouvons les deux demi-ailes en foam coffré (sans autre pièce installée), le fuselage en bois quasiment prêt à être poncé (nous y reviendrons), le cockpit, l'empennage, le carénage du moteur et d'autres éléments métalliques, comme le train d'atterrissage, les accessoires pour les transmissions et les charnières de fixation.
Le kit inclut un livret d'instructions contenant de nombreux diagrammes qui permettent de construire le modèle sans rencontrer de problèmes.
L'ensemble est assez complet. Il existe une version "tout compris", moteur inclus. Si l'on choisit la version "normale", outre une radio à quatre canaux (le fabricant affirme que trois suffisent), nous aurons besoin d'un moteur avec son embase, d'un réservoir et de roues. Malgré les petites dimensions du modèle, on peut recourir à des servos et à des batteries récepteur de taille normale; si nous le souhaitons, nous pouvons utiliser de petits servos et une batterie de 250 mAh; nous soulagerons ainsi notre appareil d'environ 250 grammes.


 

Une des caractéristiques du Crystal le différencie d'une aile basse courante : le profil plan-convexe de son aile.


Construction de l'aile
Comme nous l'avons indiqué, les ailes du Crystal sont en foam coffré d'un bois exotique. Le profil est assez épais, plan dans sa partie inférieure; le bord d'attaque est suffisamment arrondi pour pouvoir tolérer les mauvais traitements de type aérodynamique auxquels un pilote peu expérimenté ne manquera pas de le soumettre (vol à faible vitesse, etc., et autres situations favorables au décrochage).
Les deux demi-ailes sont seulement plaquées. Nous devrons installer les bords d'attaque et de fuite, tous deux en balsa; pour cette opération, on recommande l'emploi de colle blanche et de ruban adhésif pour maintenir les pièces en place. L'époxy constitue une autre possibilité, plus rapide; rappelons toutefois que le cyanoacrylate et les colles cellulosiques détruisent le foam, à moins qu'elles soient spécialement prévues à cet effet. Une fois la colle sèche, nous poncerons les deux pièces pour obtenir un bord d'attaque arrondi et un bord de fuite plat, bien nivelé avec le profil. Ensuite, nous collerons le marginal de l'aile et les blocs en bois dur du train d'atterrissage, fraisés d'origine. Pour ces dernières pièces, nous préférons recourir à l'époxy.


 

Le cockpit et la forme biseautée du fuselage le différencient des entraîneurs courants.


Jonction des demi-ailes et installation des ailerons
C'est l'un des points clés. Elle est réalisée par le biais d'une pièce en contreplaqué de 3 mm qui occupe toute l'épaisseur de l'aile et dont le logement est prévu dans le foam. Après avoir vérifié que le réglage des deux demi ailes est correct, nous appliquerons une bonne quantité d'époxy. Les instructions précisent qu'il faut "vérifier le dièdre", mais elles ne nous fournissent aucun chiffre, ni aucune possibilité d'apporter la moindre modification... Il est important de vérifier que les deux demi-ailes ont bien la même incidence. Une fois les demi-ailes unies, le fabricant nous propose de renforcer la jonction centrale de l'aile avec de la fibre de verre et de l'époxy; si cette opération confère une excellente résistance à l'appareil, elle n'en est pas moins fastidieuse.
Les ailerons sont de type "entiers" (ils courent sur toute la longueur de l'aile); chacun d'entre eux est fixé au moyen de trois charnières. La commande s'effectue par l'intermédiaire d'une tringle d'acier de 2 mm; un tube en plastique fait office de coussinet et la fixation est réalisée par le biais d'un faux bord de fuite en balsa. Lors de sa fixation, veillez à ce que la commande ne reste pas bloquée; vous pouvez pallier cet inconvénient en enduisant la tringle de vaseline. On installe le servo d'ailerons dans un logement prévu dans le foam, avec un renfort en contreplaqué pour les vis de fixation. Comme nous vous l'avons déjà expliqué, l'opération d'entoilage ou d'application du thermorétractile sera plus simple
nous recouvrons les ailerons avant de les installer sur l'aile; les charnières peuvent, bien entendu, être collées au cyanoacrylate, puisque l'appui est en balsa.
Une fois les ailes terminées, nous devrons vérifier qu'elles s'ajustent parfaitement au fuselage. Dans le cas contraire, nous les poncerons.

Le fuselage
Nous avons affaire à un fuselage pratiquement fini, de type "caisson", avec les flancs en contreplaqué léger et les couvercles supérieur et inférieur en balsa. Les cloisons sont déjà installées, bien que la pare-feu ne soit que factice (il faudra y coller une autre, en contreplaqué). La première opération consiste à poncer les arêtes du fuselage avec un bloc en bois et du papier de verre, pour bien les arrondir. Nous perforerons les trous destinés aux deux chevilles en bois servant d'ancrage aux élastiques de fixation de l'aile. Ne collez pas les chevilles avant d'avoir recouvert le fuselage (cela simplifie grandement l'opération).
Nous préparerons l'empennage, en balsa. Le bord de la dérive comporte, sur un côté, un renfort en balsa qui accueille les charnières. Celles-ci, du type traditionnel, sont au nombre de quatre pour le stabilisateur et de deux pour la dérive. Les équerres de commande sont également incluses dans le kit.
Une fois l'empennage prêt, on les colle dans les logements fraisés dans le fuselage, en veillant à ce qu'elles soient parfaitement perpendiculaires entre elles et par rapport aux ailes (pour vérifier cette perpendicularité, regardez l'avion de l'arrière). La partie avant du cockpit est en acétate et l'arrière est constitué d'un bloc en balsa;il aurait été plus simple - et meilleur marché - qu'il fût d'une seule pièce en acétate.... Le carénage du moteur est en plastique; nous devrons le découper pour permettre le passage de l'hélice, du silencieux et du carburateur. Il devra être adapté au moteur choisi.


 

1) L'accès au moteur est facile. Nous l'embellirons en lui appliquant un cône plastique.

2) Cockpit en acétate à l'avant et bloc de balsa à l'arrière.


Finition du fuselage
L'inclinaison du moteur doit être d'environ 45°; il s'appuie sur une embase en plastique de type commercial. La capacité du réservoir fourni avec le kit le plus complet est de 125 cc. On le place sur du caoutchouc mousse et on l'introduit dans le modèle par l'ouverture qui fait office d'appui de l'aile. En cas de fuite, le carburant se retrouve donc dans le même compartiment que l'équipement radio.
Le train d'atterrissage est de type tricycle et la roue avant, fixe, pour une plus grande simplicité. Toutes les roues sont fixées à l'aide de vis à métal. La roue avant comporte un support en aluminium qui se place sous l'embase du moteur.


Installation de la radio
Nous avons choisi une radio à quatre canaux et quatre servos.
Les servos du moteur et de l'empennage sont placés sur une embase en contreplaqué qui s'appuie sur des blocs de bois, lesquels augmentent la surface de contact avec le fuselage; il en résulte une meilleure résistance du fuselage. Les servos sont maintenus en position avec des vis à métal et des caoutchoucs qui les isolent des vibrations. Les transmissions d'empennage sont du type conventionnel. La commande des gaz s'effectue par le biais d'une tringle en acier avec quick-links ou d'un câble en acier flexible, du type frein de vélo, et d'un tube extérieur en plastique.
Le centrage, mesuré à partir du bord d'attaque, est situé à 30% de la corde. Pour les petits réglages, on peut déplacer le récepteur et le paquet de batteries à l'intérieur du fuselage.
Les débattements des commandes que nous avons appliqués sont ceux recommandés par le fabricant: 7 mm pour la profondeur, 6 mm pour les ailerons et 20 mm pour la direction, des deux côtés chaque fois.
Nous avons, comme d'habitude, recouvert le modèle d'Oracover. Il ne faut pas oublier d'appliquer une couche de vernis imperméabilisant sur la cloison pare-feu.


 

Malgré son aspect d'aile basse, nous avons affaire à un authentique entraîneur à ailerons, si l'on fait abstraction de l'esthétique.


Vol d'essai
Après avoir effectué les réglages moteur indispensables et les vérifications en matière de radio, nous posons le modèle au sol. Bien que la roue avant soit fixe, il est possible, si le sol est bien plat, de diriger le modèle avec la gouverne de direction; bien entendu, ce système n'est pas aussi efficace que la roue directionnelle, mais il est suffisant. Il faut néanmoins veiller à ce que la roue soit bien droite, si l'on veut éviter de mauvaises surprises au moment du décollage.
Avec notre moteur et un carburant courant, nous n'avons rencontré aucun problème et l'appareil a décollé assez rapidement. Son allure est assez rapide pour tolérer des vents modérés. Sa capacité ascensionnelle est plus que satisfaisante pour un modèle de ce type.
Les virages peuvent se négocier au gouvernail ou aux ailerons, ce qui prouve le bon choix du dièdre. Mieux vaut les effectuer en combinant les deux commandes, comme le conseillent les manuels de vol. Le spectre de vitesses du Crystal est très large; le décrochage est noble et l'aile ne tend pas à verser. Quant à la voltige, nous n'avons pas affaire à un entraîneur acrobatique: son profil est plan-convexe; vous pourrez quand même vous amuser à exécuter des loopings, des tonneaux (très divertissants si vous appliquez de la direction} ainsi que des basculements. Le vol inversé peut être effectué en toute sécurité, mais il n'est pas aisé d'en sortir "par le haut"; pour ce faire, il faut tirer de la profondeur vers le haut ou s'aider des ailerons.

Résumé
Nous avons affaire à un modèle assez typique : il est petit et maniable, mais pas trop "nerveux". Ce n'est pas un "prêt à voler", mais on le construit en un tour de main. C'est une aile basse..., mais aux qualités de vol semblables à celles d'un entraîneur à ailerons. Après l'avoir essayé, nous pouvons dire que le Crystal est un modèle réellement amusant à faire évoluer et qui se trouve à la portée de n'importe quel pilote. Son allure est particulière, mais agréable. C'est un modèle magnifique, que l'on peut facilement transporter dans la voiture.

 

Quelques détails frappants

 

 

1) Train d'atterrissage principal et sa fixation.

2) Aspect du montage de la radio lorsqu'on enlève l'aile.

 

 

3) Montage de l'interrupteur.

4) Roue avant du modèle; malgré les apparences, elle n'est pas directionnelle.

 

 

5) On accède au réservoir par la cloison située sur le bord d'attaque du modèle.

6) Détail de l'installation du moteur et du silencieux.