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DISCO '' Petit
planeur lancé-main avec radio à deux canaux

Les planeurs télécommandés lancés-main ont une origine curieuse: on a pu les voir pour la première fois il y a quelques années (m'a t-on dit...), lors d'un championnat du monde de F3B (les planeurs de haute compétition
FAI); les concurrents s'en servaient entre chaque manche pour s'entraîner. Telle est l'origine de l'engouement suscité par ces petits modèles, engouement de plus en plus fort en raison de leur simplicité, de leur coût modéré et de leur rapidité de construction.
Caractéristiques d'un "lancé-main "
Un planeur lancé-main est, par définition, un petit planeur à vol thermique dont l'envergure ne dépasse généralement pas 1,30 ou 1,40 mètre. Dans 99% des cas, ce sont des modèles à deux axes, pourvus de deux petits servos (direction et profondeur). Il m'est arrivé de lire l'une ou l'autre description concernant un planeur muni d'ailerons en lieu et place du gouvernail.
Le "système de propulsion" constitue toutefois l'élément caractéristique de ces planeurs: comme leurs homonymes à vol libre, ils doivent être lancés à la main, le plus haut possible, à la recherche de thermiques. Le modèle doit dès lors avoir, d'une part, des dimensions et un poids réduits, et, d'autre part, une certaine résistance car, au moment du lancer, il est soumis à de fortes contraintes. Nous avons déjà indiqué l'envergure; quant au poids, il doit varier entre 250 et 500 grammes. L'équipement radio représente - ou peut représenter - en toute logique l'élément le plus lourd: on recourt généralement à des
microservos, à des batteries de 50-100 milliampères (contre 500, d'habitude) ainsi qu'à tout système susceptible de réduire le poids et le format. Pour alléger l'appareil, on choisit habituellement une structure en bois, de style très classique, un fuselage de type "caisson" et des ailes munies de longerons et de type "double dièdre", système qui facilite grandement les virages serrés à la recherche de petites thermiques, les seules que l'on rencontre habituellement à faible altitude.

1)
Détail de la gouverne de profondeur. L'équerre de commande est en
contreplaqué. 2)
Avec de l'entraînement, il est possible d'élever le modèle à quelque
15 mètres d'altitude.
Le "Disco"
Le Disco, modèle lancé-main du fabricant allemand Robbe, est un petit planeur de construction classique. Les concepteurs ne se sont pas "cassé la tête" pour tenter d'en faire un modèle révolutionnaire; ils ont donné la préférence à la construction classique en bois et à une structure des plus traditionnelles, ce qui, en l'occurrence, a donné de bons résultats.
Le Disco répond presque entièrement aux caractéristiques des planeurs décrits précédemment. C'est un petit planeur dont l'aile mesure 1,36 mètre, contre une longueur de 80 cm. Equipé de servos normaux, il pèse 350 grammes; avec une surface de 23 décimètres carrés, il en résulte une charge alaire de 16 grammes/dm2. Cette charge alaire particulièrement réduite permet au planeur de profiter de petites ascendances.
Contrairement à d'autres planeurs du même genre qui rendent difficile l'utilisation de radios de format habituel, le fuselage du Disco peut être "agrandi" de façon à pouvoir y introduire deux servos de dimension normale. Le recours à deux microservos de 15-20 grammes chacun, peut évidemment permettre de gagner 60 grammes; cet allègement, sans aucun doute souhaitable, peut toutefois coûter cher (pratiquement autant que le reste de l'équipement) car les microservos ne sont pas bon marché. Je pense que la grande majorité des amateurs recourront aux servos habituels.
Contenu du kit
Comme il s'agit d'un modèle de construction classique, nous découvrirons surtout, en ouvrant la boîte, de nombreux liteaux en bois de balsa. Nous y trouverons aussi plusieurs plaques en bois (balsa et contreplaqué) sur lesquelles ont été estampées les nervures et autres pièces en contreplaqué dont nous aurons besoin pour terminer le modèle. Ces pièces doivent être séparées au moyen d'une lame aiguisée; servez-vous de celle-ci et d'une lime pour affiner les bords. Le processus est rapide et l'estampage, précis. L'excellent plan et le livret d'instructions rédigé en plusieurs langues prennent le plus de place. Vous trouverez au milieu du livret une feuille reprenant les schémas des pièces estampées; vous pourrez ainsi les identifier aisément.
Nous aurons besoin, comme d'habitude, d'adhésifs, du matériel nécessaire pour le recouvrement et des transmissions de commandes. Il vous faut également une radio à deux canaux, deux servos (petits de préférence, bien que les habituels puissent être utilisés) et une batterie de récepteur de dimension réduite (250 mAh ou moins).

Il
s'agit d'une construction classique en bois. Le plan inclus dans le kit
est d'excellente qualité.
Construction de l'aile
L'aile, en une pièce, est de type "double dièdre", comme c'est généralement le cas pour ces modèles. Le dièdre est franchement "généreux" (10 cm sous chaque demi-aile, plus 4 cm de la jonction), ce qui lui confère une apparence particulière. Les nervures incorporent, dans la partie avant inférieure, un petit morceau de bois qui facilite l'assemblage. Les demi-ailes et les ailes sont unies entre elles par le biais d'angles en contreplaqué de 2 mm. Les instructions sont très claires quant à l'ordre de construction.
La structure des ailes proprement dites est des plus traditionnelles: nervures de balsa de 2 mm unies entre elles par deux longerons de 2 x 7 mm et de légers bords d'attaque et de fuite en balsa. Pour renforcer la structure, on utilise du contreplaqué en balsa de 1 mm entre le bord d'attaque et le longeron supérieur, les deux longerons centraux étant unis au moyen de renforts en balsa. Les panneaux de chaque demi-aile et les demi-ailes entre elles sont jointes au moyen d'angles en contreplaqué de 2 mm. Le fabricant conseille de renforcer les angles au moyen d'une série de renforts triangulaires en balsa; c'est une excellente idée. Les ailes sont fixées au fuselage, à l'avant, par le biais d'une cheville en bois dur et, à l'arrière, au moyen d'une petite vis filetée en bois. Les points d'appui de ces composants sont pourvus de renforts en contreplaqué.

A
l'arrière du fuselage, un appui prévu pour l'index facilite le
lancement. Fuselage
A l'instar des ailes, cette pièce est à la fois très classique et très légère. Il s'agit d'une structure de type "caisson", en bois de balsa de 1,5 mm d'épaisseur, avec, aux quatre coins, des liteaux de balsa de 3 x 3 mm, à titre de renforts. Le fuselage du Disco ne comprend que trois parois (celle de l'avant sert à fixer le nez). Comme nous l'avons précisé au début de ce chapitre, le fuselage s'adapte à l'équipement radio que nous utiliserons. Il suffit de découper les deux parois centrales (situées à hauteur des bords d'attaque et de fuite de l'aile) à bonne largeur pour que l'élément le plus volumineux de l'équipement radio puisse y entrer.
La construction en tant que telle est simple: les liteaux de renforcement doivent être collés sur les bords des flancs et les parois, déjà découpées à la bonne dimension, doivent être mises à leur place. Il faut, à ce stade, veiller à ce que le fuselage soit parfaitement droit. Rappelez-vous, en outre, que l'installation des transmissions de commande est beaucoup plus simple quand les parties inférieure et supérieure du fuselage n'ont pas encore été fermées (à vrai dire, après leur fermeture, c'est très difficile). Nous placerons les transmissions en veillant à ce qu'elles restent bien droites et fonctionnent en souplesse. On ferme les parties supérieure et inférieure de fuselage au moyen de balsa de 1,5 mm (veine perpendiculaire). Un accès au compartiment radio est prévu dans la partie supérieure du nez par le biais d'une écoutille en contreplaqué. Dans la partie inférieure, on place une cheville en bois de quelque 5 mm. Son rôle est de servir d'appui à notre index, ce qui se révélera très utile lors du lancer-main.

1)
Même si l'espace disponible est un peu juste, il est possible d'utiliser
des servos de format normal. 2)
Les stabilisateurs sont de dimensions généreuses. Les charnières sont
confectionnées au moyen de ruban adhésif.
Empennage
Il est en balsa de 2 mm et compte des orifices circulaires destinés à l'alléger. Les charnières des gouvernes sont confectionnées au moyen de ruban adhésif. Ce procédé peut paraître rudimentaire, mais il fait pourtant partie des systèmes les plus efficaces, y compris dans le cas de planeurs de dimensions et de poids importants. Le collage des stabilisateurs ne pose pas de problèmes particuliers, mais il faut veiller à ce qu'ils restent parfaitement perpendiculaires, entre eux et par rapport au fuselage.
Revêtement
Le fabricant recommande l'utilisation de thermoadhésifs; nous avons suivi ses conseils. L'application du matériau de revêtement ne pose aucun problème particulier dans le cas de notre modèle, dont toutes les surfaces sont planes (l'absence de double courbure nous facilitera la tâche). La difficulté sera encore moindre si nous recouvrons l'empennage avant de le coller au fuselage et d'équiper les pièces mobiles de charnières. Bien que nous ne l'ayons pas expérimenté personnellement, le thermoadhésif transparent confère un très bel aspect au modèle.
Installation de l'équipement radio
Nous avons probablement pris la même décision que la majorité des amateurs: utiliser le plus possible de matériel "normal". Pour les
servos, nous avons choisi deux Futaba 3003 (format normal) ainsi qu'un récepteur normal à deux canaux. En ce qui concerne la batterie, nous n'avions pas le choix: nous avons utilisé une batterie de 250 milliampères. En effet, il est quasiment impossible de faire entrer une batterie normale dans le logement ad hoc, situé dans le nez du fuselage.
Les servos doivent être fixés, au moyen de ruban adhésif, à la paroi interne des flancs du fuselage; pour obtenir une adhérence satisfaisante, nous devrons vernir la zone en question avec du novavia ou un autre vernis égaliseur. Nous avons eu du mal à introduire le récepteur dans le nez du modèle; nous avons toutefois résolu le problème en enlevant la carcasse de plastique externe. Il faut, en l'occurrence, veiller à ne court-circuiter aucun de ses composants.
Les instructions ne comportent pas d'indications concernant la course des gouvernes. Pour la direction, quelque 15 mm de chaque côté devraient suffire et, pour la profondeur, nous vous conseillons 5-6 mm dans chaque sens.
Si vous utilisez les composants indiqués, le centre de gravité sera situé trop à l'arrière; il convient alors d'ajouter du plomb jusqu'à ce qu'il se trouve au bon endroit. Dans le cas d'un modèle de ce format, un déséquilibre de quelques millimètres seulement peut perturber fortement le vol.
Notre Disco pèse normalement 350 grammes. On peut gagner 60 grammes en recourant à deux microservos et 20 grammes de lest au niveau du nez. En effet, les deux servos se trouvent le plus souvent derrière le centre de gravité; s'ils sont plus légers, il faudra moins de plomb pour obtenir le bon équilibrage. Pour un modèle de ce poids, le gain obtenu équivaut pratiquement à 20% du poids total.

Le
Disco effectue un "looping". Malgré le recours à deux canaux,
le modèle est étonnamment agile.
Vol d'essai
Il est préférable d'éviter les journées trop chaudes pour tester un "lancé-main" : on risque en effet de transpirer quelque peu... Nous avons choisi une journée idéale, agrémentée par une légère brise.
Robbe conseille de commencer par quelques essais préliminaires de vol plané qui, en l'occurrence, se révélèrent très utiles (ils nous ont permis de constater que le centre de gravité était situé trop à l'arrière). Par chance, cet atterrissage brutal n'eut aucune conséquence dommageable, et cela, grâce à la légèreté du modèle et à la présence d'herbe! Une fois le vol plané acceptable, nous avons procédé au lancement "standard".
Un avion de 350 grammes, ce n'est pas lourd, mais on ne lance pas un planeur de la même façon qu'une pierre. L'inclinaison doit être de 30-45° pour les premiers lancements. Nous donnerons peu de force en commençant: le Disco doit atteindre une hauteur de 5-6 mètres. Il faudra veiller à le faire piquer du nez lorsqu'il perdra de la vitesse, pour le stabiliser en vol horizontal; sinon, il risque de rester "pendu" à la verticale et de se briser.
Lorsque nous aurons acquis une meilleure pratique, nous pourrons lancer le modèle avec davantage de force et plus à la verticale: jusqu'à 60-70° d'inclinaison. Si nous réussissons le lancer, le planeur atteindra une hauteur de 10-12 mètres et volera - sans thermique - pendant 30-40 secondes. Le vol plané du modèle est très satisfaisant, lent et sensible aux commandes. Le double dièdre lui autorise sans aucun problème des virages serrés. Les atterrissages ne présentent pas de difficultés, ce modèle pouvant être facilement saisi avec la main. En cas d'erreur, la faible inertie du Disco lui permet de rebondir sans trop de mal.
Il n'est pas facile de profiter d'une thermique à une altitude aussi basse: il s'agit de zones très limitées. Nos sens devront être bien aiguisés. il nous faudra bien observer les changements de direction du vent, les variations subites de température, etc., autant de signes précurseurs d'un courant ascendant proche de nous. Un fait est certain: lancer un modèle à la main en profitant d'une ascendance est une grande source de satisfaction.
Comme nous l'avons précisé, le lancer-main du Disco demande un exercice physique certain, mais ce modèle convient aussi très bien au vol aux vents
anabatiques. En réalité, il est capable de voler dans n'importe quel environnement car sa souplesse et ses aptitudes au virage lui permettent de profiter de n'importe quelle ascendance. Si le vent est assez fort, le modèle, dont la vitesse de vol est faible, en limitera les effets. Ces petits planeurs autorisent un autre type de vol: il suffit de fixer, devant le centre de gravité, un crochet de remorquage confectionné à l'aide d'une corde à piano de 1,5 mm et de faire monter le planeur en se servant d'un élastique. Dans le cas d'un appareil aussi petit, 20 mètres de fil de pêche et 10 mètres d'élastique de 1 x 5 mm (celui utilisé pour de tels lancements) permettront d'atteindre environ 20 mètres d'altitude, ce qui suffit pour trouver facilement des thermiques.
Résumé
Les planeurs lancés-main constituent une facette peu connue mais pourtant très amusante et peu coûteuse de l'aéromodélisme. Ils sont très bon marché et faciles à construire; n'importe quel environnement leur convient et ils résistent bien aux chocs. Le Disco de
Robbe, est un modèle qui appartient à cette catégorie de construction classique (tout "bâtonnets"); le nombre limité de pièces permet toutefois une construction rapide.
Il est possible d'utiliser un équipement radio pourvu de servos normaux (mais la batterie doit être de format réduit). Il peut être construit en quelques après-midi seulement et une matinée de pratique nous permettra de lancer, dans les limites de notre force physique (c'est-à-dire jusqu'à ce que notre bras commence à souffrir...). Il est difficile d'exprimer l'émotion ressentie lorsque le planeur "lancé-main" parvient à profiter d'une thermique.
Un modèle de ce type - il entre dans le coffre d'une voiture - est vraiment idéal pour passer un bon moment n'importe où.
Quelques
détails frappants

1)
En ouvrant la boîte, on découvre de nombreuses plaques de bois. 2)
Les bords du fuselage sont renforcés.
3)
L'estampillage des pièces facilite grandement le travail.
4)
Détail du stabilisateur. De nombreuses ouvertures pour réduire le poids.

5)
Comme d'autres composants, le bord de fuite de l'aile est déjà fraisé. 6)
Détail de la construction de l'aile. Nous avons utilisé du cyanoacrylate
à viscosité moyenne. |