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MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°24

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" SKYFLEX 2000 "

Un " Ultraléger " électrique pour s'initier à moindre risque


 

Le "Skyflex 2000" en pleine ascension.

Dans les premiers tests, nous avons voulu vous présenter une série de modèles peu traditionnels, de construction facile et pouvant être pilotés sans trop de risques. Nous allons, cette semaine, poursuivre dans cette voie et vous présenter un modèle très peu courant : une aile-delta de type ultraléger à moteur électrique.

Le modèle
Le "Skyflex"est fabriqué en Allemagne par la maison Robbe, spécialisée dans les modèles peu traditionnels. Deux versions sont disponibles. le "2000", une aile-delta pure et dure dotée d'un système de gouverne du type parapente (nous en parlerons un peu plus loin) et le "2002", auquel on a adapté une queue avec gouverne de profondeur classique. L'aile est flexible, de forme triangulaire; elle fonctionne comme les anciennes ailes "Rogallo", dont étaient munis les premiers parapentes. La surface alaire est considérable mais le fonctionnement et le rendement de cette aile n'ont rien à voir avec celui d'une aile traditionnelle; c'est la raison pour laquelle on ne peut comparer sa charge alaire à celle des modèles plus habituels, généralement élémentaire. Son envergure est de 1,40 mètre et son poids total, de 1500 grammes. Le système de propulsion est quelque peu étrange mais bien imaginé: un moteur électrique actionne une courroie dentée, située à l'intérieur du "fuselage", qui fait office de réducteur car les deux poulies sont de dimensions différentes. Cela permet de faire fonctionner une grande hélice en plastique, dont le rendement est excellent (supérieur à celui des petites hélices normales) et qui se trouve à l'arrière du modèle.
Outre le modèle que nous avons testé, une autre version - complète, avec la radio déjà installée - est disponible sur le marché.


 

1) Servo de direction encastré dans la partie supérieure du fuselage.

2) Détail du fuselage. On monte et on démonte l'ensemble avec de petites vis. Faites attention au parcours de l'antenne : il faut éviter qu'elle ne s'accroche à l'hélice.


Autres matériaux nécessaires pour compléter le "Skyflex"
En plus de quelques outils de base (Clés Allen de 2 et de 2,5 mm et un tournevis), il nous faudra un équipement radio (un émetteur à deux canaux, un récepteur et un servo normal), une batterie à sept éléments de 1400-1700 mAh et un chargeur rapide. Le reste est inclus dans le kit. Décrivons maintenant les composants du Skyflex.

Le fuselage
Nous découvrirons, à l'ouverture de la boîte, un fuselage en plastique assez particulier, constitué de deux parties identiques jointes au moyen de vis. À l'intérieur sont logés les composants de la radio, le moteur avec sa transmission et, à l'avant, la batterie de propulsion, facilement extractible.
Le moteur est un Mabuchi 550 tout à fait normal. Il comporte, près des balais, un interrupteur électronique avec BEC (système qui permet d'alimenter le récepteur et l'autre servo avec la batterie du moteur, une batterie indépendante devenant ainsi superflue). Nous devrons connecter la fiche de l'interrupteur au canal 2 du récepteur (il correspond au stick gauche). Nous découvrons, sur l'arbre du moteur, une poulie dentée qui meut la courroie de transmission. L'axe de l'hélice tourne sur deux roulements à billes, et cela, pour éviter les frottements parasites. On fixe l'hélice à l'axe au moyen d'un écrou hexagonal en aluminium semblable à celui utilisé - pour fixer les roues - dans le cas des voitures télécommandées.


 

1) Le moteur comprend un interrupteur électronique avec BEC pour alimenter le reste de l'équipement radio.

2) Détail de l'ensemble transmission/réducteur. Observez les roulements sur l'axe supérieur.


Installation de la radio
Une fois le fuselage ouvert, nous en sommes déjà à la moitié du travail d'installation. On place le récepteur, protégé au moyen de caoutchouc mousse, dans le logement du fuselage prévu à cet effet. On installe le servo de la direction sur la partie supérieure du fuselage. C'est l'un des rares avions que je connaisse à être équipé d'un "protège-servo". Grâce à cette pièce, très utilisée pour les voitures, les impacts (pouvant se produire, en l'occurrence, au niveau des ailes) ne se transmettent pas aux engrenages du servo. Dans le cas qui nous occupe, le bras du protège-servo est assez long pour pouvoir commander l'aile du modèle.
L'installation de l'équipement radio se termine avec le montage de ce servo. Il faut, en refermant le fuselage, prendre garde à ne laisser aucun câble libre car nous pourrions les coincer et, ainsi, les rompre. Enfin, on sort l'antenne - dépliée - à l'extérieur du fuselage.

Autres composants du fuselage
Notre modèle dispose d'un train tricycle qui, comme nous le verrons lors du vol d'essai, ne sert qu'à atterrir. Les roues, conçues par Robbe (il ne manquerait plus que cela), sont légères et d'excellente qualité. On place la roue avant à l'endroit adéquat tout en réunissant les deux moitiés du fuselage.
Il ne reste plus qu'à installer le "carénage" de l'hélice. Celui-ci entoure complètement l'hélice, non pour l'embellir mais pour augmenter son efficacité et éviter, dans la mesure du possible, que les doigts voire la main - puissent être pris dans les pales au moment du lancement. On l'incorpore par pression; il est fixé à la partie inférieure par le biais d'une petite vis filetée. Le carénage maintient également en place l'axe du train d'atterrissage (les deux roues arrière). Une fois qu'il est installé, nous pouvons placer l'hélice sur sa tige d'aluminium et fixer l'ensemble avec une rondelle "Grover" (moletée, elle empêche tout desserrement accidentel) et la vis correspondante. Veillez à ne pas la mettre à l'envers.

Cabine et décoration
On insère par pression la "cabine" en plastique fumé sur la partie avant. Le logement des batteries se trouve en-dessous; nous y apposerons une bande de caoutchouc mousse pour éviter les coups et les déplacements indésirables. Les autocollants décoratifs sont inclus dans le kit. Le fabricant explique comment mettre ceux-ci à leur place: on mouille le fuselage avec de l'eau contenant quelques gouttes de savon liquide - ainsi, ils glisseront mieux - et on appuie ensuite avec un torchon sec qui absorbera l'eau. Le résultat sera parfait dès le lendemain.

Aile du modèle
Plus que d"'aile", nous devrions parler de "voile". La voile est en nylon extrêmement résistant, semblable à celui utilisé pour les parachutes. La structure est formée par une série de tubes en aluminium de 7 mm de diamètre, dont les extrémités sont pourvues de pièces en plastique, déjà montées, destinées à la jonction. Le processus de montage semble, à première vue, compliqué (les instructions sont peut-être un peu trop fouillées) mais, en réalité, il ne nécessite pas plus de trente minutes. Une fois monté, l'ensemble comporte trois tiges supérieures (l'une au centre et deux autres de chaque côté), deux qui partent des flancs de l'aile vers les roues arrières (voir photos en vol) et deux tiges de contrôle qui partent du protège-servo vers les bords de la voile.
La voile dans son ensemble présente un avantage peu courant : en desserrant légèrement deux vis et en lâchant les bras de contrôle du protège-servo, on peut la plier, auquel cas elle ne prendra pas davantage de place qu'un parapluie, ce qui est vraiment pratique pour transporter notre "Skyflex" en voiture.


 

Batterie à sept éléments. On l'installe en la faisant passer par la cabine du modèle.


Vérification de la radio
Les débutants devront vérifier que tout fonctionne correctement; les modèles électriques peuvent parfois nous jouer des tours: par exemple, si la radio est mal réglée, le moteur est susceptible de se mettre en marche de façon inattendue lors de la connexion de la batterie et les pales de l'hélice risquent alors de nous blesser. Nous vous conseillons de procéder à un essai avec l'hélice démontée (ou avant de la monter). Si nous avons une radio à deux canaux, le moteur doit être éteint quand nous lâchons le stick gauche (si nécessaire, effectuez un réglage à l'aide du trim). Selon la norme, le moteur doit s'allumer quand on déplace le stick vers l'avant. Si tel n'est pas le cas, corrigez l'erreur avec l'inverseur du servo correspondant.
Le système de direction de notre Skyflex est tout à fait différent des systèmes habituels. Quand nous ordonnons " à droite" , le bras du servo se déplace à GAUCHE (si, si, vous avez bien lu). Nous tendons ainsi la partie gauche de la voile et nous laissons la droite un peu plus lâche. Le modèle aura une meilleure sustentation du côté gauche et braquera selon la direction souhaitée (vers la droite). Si vous n'avez pas bien compris, relisez ces lignes, mais nous sommes certains de ne pas nous tromper. Avec le stick à droite, le bras du servo se déplace à gauche (vu de l'arrière, bien sûr).

Trimage et vol d'essai
Comme dans le cas des autres modèles d'initiation conçus par ce fabricant allemand, la dernière partie des instructions constitue un véritable cours de pilotage. Ceux qui n'ont jamais fait voler un aéromodèle et veulent tenter l'aventure sans aide extérieure (malgré nos mises en garde) doivent suivre ces instructions au pied de la lettre.
En ce qui nous concerne, après avoir chargé les batteries du Skyflex, nous nous sommes rendus sur notre terrain de vol habituel. Ne faites pas voler ce modèle par trop fort vent.
Après avoir vérifié la radio et la fréquence, nous allumons le moteur. Le lancement s'effectue à la main; soyez prudent car, comme nous l'avons déjà indiqué, l'hélice se trouve à l'arrière.
Robbe conseille le recours à un gant protecteur, ce que nous approuvons entièrement, même si, jusqu'à présent, nous n'avons eu aucun problème à cet égard.
Cela peut sembler curieux pour ce type de modèle mais le "trimage" doit être vérifié: pour ce faire, on lance le modèle à l'horizontale, moteur allumé. Il doit monter en douceur. S'il a tendance à piquer, il faut avancer la fixation des bras de commande de 10 mm de chaque côté. Si, par exemple, le modèle se détourne de sa trajectoire sur la droite, nous déplacerons le point d'ancrage du bras droit de commande de 5 mm vers l'arrière.

Dans les airs
Une fois le modèle correctement trimé, c'est l'heure de vérité. Nous allumons le moteur et nous courons avec le vent de face. Quelques instants plus tard, nous constatons que la voile gonfle et que le modèle tend à s'élever. Si le trimage en question a été bien effectué, le Skyflex s'élèvera progressivement après avoir été lâché. Le pilotage ne ressemble en rien à celui d'un modèle normal: on contrôle l'altitude avec le moteur (nous montons avec le moteur allumé et nous descendons en le coupant). La direction fonctionne davantage comme celle d'une voiture que comme celle d'un aéromodèle. Si nous négocions de grands virages, nous pourrons prendre de l'altitude, ce qui se révèle impossible lorsque nous commandons avec plus de fougue. Le modèle se contrôle assez bien. Le vol est très lent: c'est un avantage pour un débutant car il a ainsi le temps de réfléchir. Le vol plané n'est pas vraiment spectaculaire, mais nous sommes parfois parvenus à réaliser des vols thermiques.
Le système de propulsion est tout à fait au point. le rendement de l'hélice est excellent et la consommation, modérée. Il est possible de voler pendant près de dix minutes (en planant et en remontant, bien sûr). L'atterrissage est très simple. on place le modèle face au vent et on coupe le moteur; il atterrit tout seul.


 

Fuselage ouvert. Le degré de préfabrication est important, ce qui réduit le temps de montage.


Résumé
Le Skyflex 2000 est un modèle bien peu traditionnel : hélice arrière avec réducteur, apparence d'ultraléger, aile en nylon. Son montage est d'une simplicité enfantine, sans vernis, sans peinture; un tournevis et deux clés Allen feront l'affaire. De plus l'équipement radio nécessaire est minime : émetteur à deux canaux et un seul servo. Si nous encore plus de facilité, nous pouvons l'acheter déjà monté, avec l'équipement radio inclus.
Le système de propulsion est très bien conçu (une hélice avec réducteur, actionnée par un moteur électrique); il permet d'excellentes prestations, tout en assurant une faible consommation.
Le vol est particulièrement adapté au débutant : il suffit de lâcher les commandes pour que le modèle tende à atterrir tout seul. De plus, même si l'on s'y prend mal, les chocs éventuels risquent à peine de l'abîmer.
En résumé : un modèle peu traditionnel mais grâce auquel on peut apprendre à voler à moindre frais.

 

Quelques détails particuliers

 

 

1) L'hélice est entourée d'une carcasse qui améliore son rendement et évite les accidents.

2) Le train d'atterrissage est du type tricycle. Les roues, très légères, sont en mousse.

 

 

3) On fixe tout les tubes de l'aile à l'aide de rotules.

4) Détail de l'une des pièces en nylon renforcé utilisées pour relier les différents tubes entre eux.

 

 

5) Détail de l'extrémité avant de l'aile. Elle ressemble beaucoup à la voile d'un bateau.

6) Roue avant du train d'atterrissage que nous devrons monter tout en fermant le fuselage.