"
FERIA " Etudions
un avion d'acrobatie de format moyen pour
nous initier à l'acrobatie aérienne. 
Le
"Feria" ressemble aux avions acrobatiques des années
soixante-dix.
Après avoir appris les rudiments du pilotage, généralement au moyen d'un entraîneur à aile
haute équipé d'un moteur d'environ 4 cc (par "apprendre à piloter", nous entendons "savoir diriger le modèle vers l'endroit de l'espace aérien que nous avons choisi"), et, bien entendu, pour autant que la perspective de l'atterrissage ne lui donne plus de sueurs froides,
l'aéromodéliste moyen animé de certaines ambitions peut maintenant passer au modèle suivant.
Si l'on interroge quelques modélistes, on constatera l'existence d'un certain consensus quant au choix de la cylindrée : moteurs dont la cylindrée varie entre 6 et 8 cc ("40" ou "45'", selon la terminologie habituelle). C'est en quelque sorte la cylindrée universelle, qui caractérise un grand nombre de moteurs de cette classe. Quant au modèle, un pourcentage non dédaignable d'amateurs conseilleront un aile basse ou un aile moyenne doté de certaines aptitudes à l'acrobatie (pas trop "brutale"), qui permette d'aborder cette spécialité de façon assez sereine ou, à tout le moins, d'en apprendre les figures de base.

1)
Il nous faudra découper le capot en ABS, à la mesure du moteur. 2)
Détail des commandes des stabilisateurs. La roue arrière est orientable.
Le "Feria"
Le Feria est un produit de la maison espagnole Modelimport; SI nous ne nous trompons pas, le design est dû à Juan Carlos Sânchez
Domenech, premier
dessinateur de Modelhob, puis de
Modelimport. C'est un "deuxième modèle" à aile moyenne, conçu pour des moteurs dont la cylindrée avoisine les 6,5
cc. La construction est des plus classiques, complètement en bois. Son apparence et ses qualités esthétiques ne feront peut-être pas l'unanimité (voir photos), mais il a une allure classique et ressemble aux "vrais" avions d'acrobatie (les années
quatre-vingts). Quant à nous, il nous plaît.
Le Feria a 1,45 mètre d'envergure, 1,15 mètre de longueur et pèse (selon le moteur et la finition) un peu plus de 1800 grammes. II est vraiment léger par rapport à sa taille et à sa cylindrée. Sa surface avoisine les 32 dm2, ce qui lui confère une charge alaire
moyenne-basse. Comme nous le verrons par la suite, cette caractéristique a divers effets sur ses qualités de vol.

Le
cockpit, traditionnel, est en acétate. En peindre l'intérieur
contribuera à l'embellir.
Le kit
Il n'y a pas grand-chose à dire dans ce cas-ci : lorsque nous ouvrons la boite, nous découvrons un livret d'instructions "pas à pas", un plan
à échelle réelle de bonne qualité - comme d'habitude chez ce fabricant et un nombre considérable de pièces en bois (planches de balsa, les nervures estampées sur leurs logements, cloisons, liteaux, etc.).
Les accessoires, quant à eux, sont ceux qui caractérisent généralement les produits
Modelhob, c'est-à-dire tout le nécessaire, y compris les horris de commande, les tiges, les vis, les quick-links, le
réservoir (de 125 cc, quelque peu limité), les tiges d'acier pour le train d'atterrissage, les roues, l'embase et le capot en plastique du moteur (le matériau de ce capot ressemble à de
l'ABS blanc), ainsi que le cône.
Pour compléter le modèle, il vous faudra vous procurer un moteur de la cylindrée indiquée (nous avons utilisé un MDS 46 importé par
Modelimport), des adhésifs, le matériel de recouvrement et un produit imperméabilisant (du novavia ou du cyanoacrylate, comme nous vous l'expliquerons ultérieurement). Vous devrez également disposer d'un équipement radio d'au moins quatre canaux et quatre
servos.
Nous allons maintenant, comme d'habitude, décrire les principaux composants et l'une ou l'autre particularité de leur montage. Nous avons déjà souligné la qualité des instructions du plan, et du "pas à pas" illustré de 33 schémas explicatifs.

Outre
ses qualités acrobatiques, le "Feria" est un excellent modèle
de sport.
Empennage
Le fabricant recommande de commencer par celui-ci, conseil dont nous tiendrons compte. Contrairement à d'autres modèles similaires, dont l'empennage est constitué de planches de balsa de
5 mm d'épaisseur, la construction est, ici, basée sur une structure faite de liteaux de balsa de 10x5 mm, réalisée directement sur le plan, les liteaux étant ensuite plaqués de balsa de 1,5 mm sur chaque côté. Le processus est un peu plus laborieux que d'habitude, mais le résultat obtenu est plus léger et plus rigide. Le bord de fuite des parties mobiles de toutes les gouvernes doit être poncé jusqu'à réduire l'épaisseur à 3 mm, et cela, pour obtenir un profil plus aérodynamique. Le point d'ancrage comprend un renfort en bois pour éviter d'éventuels problèmes ultérieurs (ne l'oubliez pas). II est préférable de placer les charnières plus tard, après avoir recouvert les surfaces de
thermorétractile.
Les ailes
Le "Feria" diffère de la majorité des entraîneurs (et de nombreux acrobatiques) en ce sens que les ailes sont trapézoïdales
(la base est plus large que les pointes, de sorte que les nervures n'ont pas toutes la même longueur). Elles sont indépendantes et se fixent au fuselage au moyen d'une baïonnette d'acier de 6 mm de diamètre. Ce système facilite le transport du modèle et rend la construction quelque peu différente. En ce qui concerne le problème des nervures de diverses longueurs, elles sont toutes estampées dans du balsa de 2 mm. Elles comprennent, à l'arrière, une petite pièce de bois (qu'il faudra éliminer plus tard) destinée à faciliter la construction.
Les ailes sont de type classique et comportent au total six longerons en pin (si l'on excepte les bords d'attaque et de fuite), ce qui les rend aussi légères que solides. Les deux longerons principaux sont en pin de 8x8 mm. Entre ceux-ci se trouvent les tubes en laiton où se logera la baïonnette de l'aile; ils sont renforcés au moyen de pièces de contreplaqué collées avec de l'époxy. Sur le reste de l'aile, on trouve des pièces de balsa entre les longerons principaux.
Le dièdre de l'aile est faible (environ 2 cm), ce qui s'obtient par le montage des deux ailes à plat sur la table de travail, puis mises face à face de manière à ce que le logement de la baïonnette reste à sa place (en effet, l'aile est plus "fine" aux extrémités qu'au centre). Rappelez-vous le sens du dièdre - déterminé par la position de la baïonnette - dans les étapes suivantes de la construction. Ailerons
Après avoir collé la baïonnette et les autres renforts internes destinés aux ailerons, vous placerez les planches de balsa composant le bord de fuite, le placage avant et central, et les
"capstrips" sur les nervures, le tout en balsa de 2 mm.
Les ailerons sont découpés dans la partie arrière de l'aile, entre les deux paires de liteaux arrière, et cela, après avoir plaqué et limé l'ensemble. Une fois les ailerons détachés, on place, sur la surface de coupe, deux pièces de balsa de 5 mm dont l'angle doit être tel que l'articulation soit correcte. La commande des ailerons consiste en une tige d'acier de 3 mm collée avec de I'époxy. Chaque aileron nécessite trois charnières, qu'une fois encore, nous ne placerons qu'après avoir recouvert les ailes. Une cloison en contreplaqué doit être collée sur la partie de l'aile qui est en contact avec le fuselage. Pour fixer les ailes au fuselage, on introduit, par l'intérieur de la cloison précitée, des vis que l'on serrera au moyen de papillons. De la même manière, on installe, sur le tiers postérieur de l'aile, quelques tétons en bois destinés à lui maintenir une incidence correcte. Vous devrez également les placer avant de recouvrir l'aile.
L'ensemble ainsi obtenu est très rigide et assez léger.
Le fuselage
Celui-ci est de type "caisson". Moyennant quelques changements à la structure de base, il est possible de faire en sorte que le "Feria" ressemble beaucoup plus aux "vrais" avions que la grande majorité des entraîneurs d'acrobatie. Les flancs sont en balsa de 5 mm; leurs arêtes sont - fort opportunément - renforcées par des liteaux en pin de 10x3 mm. On ajoute, au centre, du bois contreplaqué - à l'intérieur - pour augmenter la résistance de cette zone (davantage soumise aux contraintes, de par la baïonnette de l'aile). L'embase des servos (en contreplaqué de 3 mm, comme les cloisons) contribue également à augmenter la solidité de
l'ensemble. II vous faudra aussi réaliser les perforations nécessaires pour la baïonnette de l'aile et les tétons de celle-ci, qui détermineront son incidence; soyez précis à cet égard car si cette dernière est incorrecte, le vol du modèle laissera à désirer.
Vous placerez, au-dessus du "caisson de base", deux demi cloisons qui, une fois les flancs supérieurs installés, feront en sorte de donner une apparence "réelle" au modèle. L'espace réservé au réservoir de carburant, qui se trouve derrière la cloison pare-feu, est plus que suffisant.
On fixe sur la partie inférieure du fuselage, juste devant l'aile, le train d'atterrissage à des liteaux en hêtre rainurés. L'accès à la radio se fait sous l'aile, par une grande trappe en balsa renforcé par du contreplaqué de 3 mm (trop robuste, selon moi ...).
L'embase est une pièce en nylon renforcé que l'on trouve aussi dans le commerce; elle doit être calée à l'aide de rondelles pour obtenir l'incidence correcte (indiquée sur les plans). Pour la fixation du moteur, nous pouvons utiliser des boulons avec écrous ou des vis filetées (attention : cette dernière possibilité ne vaut que pour les embases en nylon). Le capot du moteur, en ABS, est livré en deux parties, que nous devrons coller avec du cyanoacrylate et découper à la mesure du moteur choisi, en veillant à laisser l'espace nécessaire pour le carburateur, l'échappement et la tête de la culasse.

Malgré
son faible dièdre et sa condition d'"aile moyenne", le modèle
est assez stable.
Montage final
Lorsque toutes les pièces seront montées, il ne restera plus qu'à installer le tube en laiton qui abritera la baïonnette de fixation des ailes. Pour ce faire, il faut fixer les ailes au moyen des papillons et des tétons d'incidence, en s'assurant que celles-ci soient bien parallèles au stabilisateur. On colle ensuite, avec de l'époxy lent, le tube à l'intérieur du fuselage, en prévoyant un renfort en fibre de verre puisqu'il s'agit d'une zone particulièrement soumise aux contraintes.
Avant d'installer l'équipement radio et le réservoir, rappelez-vous que vous devez imperméabiliser le compartiment destiné à
celui-ci de même que la cloison pare-feu; plusieurs couches de novavia, avec du cyanoacrylate ou de l'époxy dilué clans de l'alcool, feront l'affaire.
Le cockpit, en acétate, sera bien mieux réussi si nous en peignons l'intérieur en noir et l'agrémentons d'un pilote. Le montage de la radio ne présente aucun problème particulier, l'espace disponible étant très vaste.
Pour recouvrir le modèle, nous avons eu recours à l'incontournable
Oracover; nous avons commencé par les stabilisateurs, que nous avons ensuite collés au fuselage.
Vol d'essai
C'était une belle journée (voir photos), mais assez venteuse. Après les habituels contrôles du moteur et des commandes radio, nous avons accéléré et lâché le modèle. Grâce au
MDS, qui assure une puissance plus que suffisante, l'avion a décollé en quelques mètres, en réalisant une excellente ascension.
Le "Feria" est un très bon second modèle; il convient particulièrement bien à ceux qui viennent d'apprendre à piloter un entraîneur : les commandes sont suffisantes, mais pas au point de
le transformer en avion nerveux. Si nous devons émettre une critique, disons que son faible poids le rend sensible aux fortes rafales de vent. Toutefois, le risque de décrochage étant pratiquement nul, ce poids réduit facilite grandement le vol à faible vitesse. C'est un véritable plaisir que de pouvoir voler à une vitesse à peine supérieure au ralenti tout en gardant notre appareil sous contrôle.
Quant à ses capacités acrobatiques, cet avion réalise sans problème les loopings, les tonneaux et le vol inversé. La commande d'ailerons est plus lente que celle de profondeur, dont nous avons par conséquent augmenté la course - opération simple - à l'issue du premier vol. II se maintient bien en vol inversé, sans nécessiter beaucoup de profondeur. Les atterrissages ne présentent pas la moindre difficulté car ils sont effectués à des vitesses vraiment dérisoires.
La seule suggestion que nous puissions formuler à l'intention du fabricant concerne la capacité du réservoir, un peu trop limitée en cas de recours à un moteur puissant.
Résumé Le
"Feria" est un modèle de construction classique, doté de
certaines particularités qui lui confèrent une belle apparence. Sa
ressemblance avec l'avion d'acrobatie classique plaira à la
quasi-totalité des passionnés. Sa
construction n'est pas très traditionnelle (ailes séparées), mais a
été parfaitement bien imaginée par son concepteur. Il accepte une
grande variété de moteurs et son poids est réduit, ce qui est
particulièrement méritoire étant donné la solidité de sa structure,
qui résistera à tout, sauf aux crashs en vol piqué. Ses
bonnes capacités acrobatiques en font une excellente option pour ceux qui
ont franchi le stade de l'entraîneur à aile haute. Certains
détails frappants

1)
Fixation - traditionnelle - du train d'atterrissage. Priorité à la simplicité et à la légèreté.
2) Fixation de l'antenne de réception avec du ruban adhésif. L'antenne peut aussi être placée à l'intérieur.

3)
Les ailes sont fixées au fuselage au moyen de vis et de papillons. 4)
Détail de la commande des ailerons.

5)
La grandeur du fuselage facilite le montage des servos. Large accès par la partie inférieure.
6) Les autocollants portant le logotype du modèle sont inclus dans le kit. |