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MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°3

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" RED ARROW "
UN modèle " tout terrain "

 

 

Le choix est vaste : les acrobatiques, les entraîneurs, les planeurs, etc. 

Nous avons pratiquement tous eu -ou voulu avoir- un avion plutôt petit, agile, léger, suffisamment calme pour nous éviter de sortir de nos gonds, mais capable de réaliser les acrobaties élémentaires.

Nous vous présentons, cette semaine, un modèle de ce type, en outre pratiquement construit le "Red Arrow".

Philosophie
Le Red Arrow n'a rien a voir avec les modèles que nous vous avons présentés jusqu'à présent. Il s'agit en effet, contrairement aux deux précédents, d'un avion à moteur à explosion. De plus, c'est ce qu'on appelle un "aile basse" l'aile se trouve sous le fuselage, ce qui lui confère un look plus "authentique" et le fait ressembler aux petits avions de tourisme des aéroclubs. C'est en cela qu'il est différent des entraîneurs de base. Il possède en outre des ailerons lui permettant de réaliser des figures acrobatiques plus complexes. En résumé, le Red Arrow est un modèle de petit format, souple à piloter, qui fait la joie de tout modéliste souhaitant passer de l'entraîneur de base à un autre modèle. Il tient dans le coffre d'une voiture et peut, comme nous le verrons, être construit en très peu de temps.

Le kit de construction
La boîte ne comprend pas beaucoup de pièces. Depuis quelques années en effet, les importateurs se sont rendu compte du don que possède la population d'Extrême-Orient pour la construction de modèles et/ou du coût dérisoire de la main d'oeuvre. Résultat notre marché est inondé de modèles préfabriqués à des prix tels qu'il sera bientôt illusoire de penser que la construction classique est avantageuse pour un amateur, sauf si ce dernier tient, coûte que coûte, à créer son modèle.
Vous trouverez dans la boîte le fuselage complet (construit et recouvert, sauf la verrière de la cabine), les ailes, elles aussi achevées et recouvertes, même chose pour les stabilisateurs, et, enfin, le matériel nécessaire pour compléter le modèle. Les instructions (en anglais) figurant en première page détaillent le contenu du kit, lequel inclut également les élastiques dont vous aurez besoin pour maintenir l'aile, ainsi que l'epoxi recommandé.

Quoi d'autre ?
Cette fois, la liste est vraiment courte il nous faut une radio à quatre canaux avec quatre servos de dimension normale, un moteur d'environ 4 cc, compte tenu des caractéristiques du modèle, ce moteur peut être soit "normal" soit très puissant , une hélice et du carburant.


 

Atterrissage sur un terrain accidenté afin de nous permettre de vérifier la résistance du modèle.


Les ailes
Les ailes du Red Arrow sont en porex plaqué d'un bois, semblable à l'obechi, d'excellente qualité la surface est lisse et dépourvue de toute imperfection; vous n'y trouverez pas non plus de parties décollées, ce qui arrive dans le cas d'équipements de qualité inférieure, lorsque des colles inadéquates ont été utilisées. À en juger par leur résistance à la torsion (et, il faut bien l'avouer, aux atterrissages auxquels nous avons soumis le modèle), elles doivent posséder d'autres renforts. Les ailerons sont montés, les charnières et les tringles de transmission placées. Les blocs - en bois- de support du train d'atterrissage sont également installés. Le profil utilisé est symétrique, d'épaisseur moyenne-supérieure et avec un bord d'attaque plutôt arrondi, ce qui le classe a priori parmi les modèles acrobatiques; son pilotage n'est toutefois pas du tout compliqué et il possède de bonnes qualités en termes de décrochage.
Les deux demi-ailes seront jointes au moyen d'une baïonnette en contreplaqué; on utilisera de l'epoxi rapide (inclus dans le kit). Le dièdre correct correspond, en bout d'aile, à 45 mm (par rapport au plan horizontal). Il ne restera plus, ensuite, qu'à coller, avec le même adhésif, le support - prédécoupé- du servo de commande des ailerons. La jonction des deux demi-ailes sera dissimulée par un ruban adhésif coloré.

Les stabilisateurs
Tout comme les ailes, ils sont déjà découpés et recouverts d'une pellicule plastique semblable à l'Oracover, mais plus résistante et déjà décorée. La partie inférieure du stabilisateur vertical (dérive) présente une saillie qui correspond à une encoche du stabilisateur horizontal, de telle sorte que même le moins averti en la matière pourra placer les pièces de manière adéquate. Les instructions nous rappellent qu'il faut ôter le revêtement adhésif de l'endroit où sera appliqué l'epoxi de jonction, et cela, sur une surface de quelque 5 mm de large. On nous rappelle également que les stabilisateurs doivent être perpendiculaires entre eux et par rapport aux ailes. Il ne restera plus alors qu'à installer les horns de commande sur les gouvernails.


 

1) Ailerons étroits sur toute la longueur de l'aile, déjà décorée.

2) Stabilisateurs, déjà munis de charnières; il ne reste qu'à installer la timonerie.


Timonerie
Construisons maintenant, en nous basant sur les instructions, les tringles de transmission en utilisant les chevilles de bois fournies à cet effet. Les instructions expliquent la façon de procéder et indiquent l'endroit exact où doivent être pliées les tiges en acier de 1,5 mm , ce qui simplifie énormément le travail. On fixe les tiges en acier au bois avec du thermorétractile du type électronique. L'équipement contient les 'quick-links" en plastique ainsi que les tiges en acier et le thermorétractile.

Fuselage
Comme nous l'avons précisé, il est en bois, de type 'caisson" et sa section est plus que suffisante pour pouvoir y loger un équipement de radio courant. Comme les autres parties, il est recouvert d'un plastique semblable au thermoadhésif; il est déjà décoré, à l'exception de deux autocollants portant le nom du modèle. Le logement prévu pour le moteur est verni et les supports de la roue avant du train d'atterrissage sont en place. Il ne reste plus qu'à fixer, au moyen de quatre vis filetées, la cabine en acétate transparent, qu'il faudra découper a l'aide de ciseaux. Pour éviter que l'huile du moteur s'infiltre sous la cabine, nous vous conseillons de sceller celle-ci avec un peu de silicone ou du ruban adhésif; quelques minutes suffisent pour cette opération qui améliore la longévité et l'aspect du modèle.

Train d'atterrissage et réservoir
Étant donné que les supports en bois se trouvent déjà dans l'aile, le montage est simple. Il faut seulement découper le revêtement et visser les pattes métalliques. Le Red Arrow est pourvu de roues et de colliers de serrage. Le train avant peut être fixe ou mobile, selon vos préférences; nous privilégions quant à nous la seconde option qui facilite énormément le déplacement au sol, même s'il est ensuite un peu plus difficile de faire décoller l'engin. L'ensemble présente une large surface de sustentation et une apparence attrayante.
Le réservoir ressemble à ceux -d'excellente qualité- du fabricant "Pilot". Nous devrons placer les trois tubes en aluminium conformément au diagramme d'instructions. La fermeture est hermétique. On place le réservoir par l'arrière; bien que les instructions n'en soufflent mot, nous vous conseillons de le fixer à l'aide d'élastiques ou de morceaux de caoutchouc mousse pour éviter qu'il bouge.


 

Le train d'atterrissage est du type tricycle, ce qui facilite les décollages et les atterrissages.


Installation du moteur
Le fuselage comporte deux embases en contreplaqué, le moteur ne sera pas directement vissé à celles-ci mais à deux plaques d'un matériau semblable à la fibre de verre, fournies avec l'équipement. Ces deux plaques ne sont pas rectangulaires; leur forme a été conçue pour qu'au moment où l'on visse le moteur parallèlement à leur bord, l'incidence obtenue soit correcte (deux degrés à droite, selon le fabricant). Il faut réaliser les perforations des plaques en tenant compte des mesures du moteur choisi; nous utilisons un MDS 25, mais il est possible d'installer n'importe quel moteur de cylindrée similaire.


 

1) Installation du servo de commande des ailerons. La timonerie est déjà installée; il ne reste plus qu'à la connecter au servo.

2) L'installation du train d'atterrissage est très rapide étant donné que les blocs de bois se trouvent déjà pris dans l'aile.


Montage de la radio
Ce montage ne pose aucun problème l'espace est plus que suffisant pour y inclure les servos. L'embase de ceux-ci s'y trouve déjà; les logements sont découpés et l'installation de la timonerie ne présente aucune difficulté. On place le servo de commande des ailerons dans le renfoncement prévu dans l'aile.
L'amplitude de mouvement des différentes surfaces de commande apparaît clairement sur le diagramme ailerons 10 mm, gouverne de profondeur 20 mm et dérive 30 mm (pour tous les cas : d'un côté à l'autre). Nous avons suivi les instructions du fabricant et vous recommandons de faire de même; il n'est jamais trop tard pour amplifier les déplacements, ce qui sera nécessaire si nous optons pour une forme plus agressive de vol.
Selon le moteur et l'échappement utilisés, le récepteur et la batterie nous aideront à équilibrer le modèle; son point d'équilibre doit se situer à environ 65 mm du bord d'attaque de l'aile.


Vol d'essai
Le baptême de l'air du Red Arrow eut lieu par une chaude journée d'été. Il y avait des chardons d'un mètre dans les champs et l'herbe était haute d'au moins 30 cm, ce qui nous a contraints à utiliser, comme piste, le chemin emprunte par les voitures pour arriver sur place étroit, avec deux ornières et, pire encore, sous un vent non pas de travers mais carrément arrière; mais nous n'avions pas le choix si nous voulons éviter le lancer main.
Une fois le réservoir plein et le moteur carburé (neuf, tout comme l'avion..), nous avons procédé à un premier essai. L'engin accéléra de façon tout à fait satisfaisante mais se dirigea vers une ornière et finit entre les chardons, qui freinèrent sa course. Pas une griffe, ce qui prouve sa résistance. Lors de la deuxième tentative, avec le vent soufflant toujours dans la mauvaise direction, l'avion emprunta à nouveau les ornières du chemin mais, cette fois, en agissant plus tôt sur la commande de profondeur, nous avons réussi à le faire passer au dessus de la végétation. Eureka ! Nous étions dans les airs !
Avec un MDS tout neuf, le Red Arrow a une vitesse de croisière plus que suffisante pour pouvoir voler même par vent fort. Souvenez-vous qu'il ne s'agit pas d'un entraîneur mais bien d'un petit avion acrobatique à aile basse.



De bonnes vibrations
Il est toujours difficile d'exprimer par écrit les sensations éprouvées lorsqu'on pilote un aéromodèle mais, à vrai dire, celui ci inspire confiance quelques secondes à peine après l'envol. Si l'on respecte les amplitudes recommandées et le centre de gravite à 65 mm du bord d'attaque, il répond très bien. Il possède une commande permettant de réaliser des acrobaties simples (loopings intérieurs et extérieurs, tonneaux et vol inversé).
Bien que les ailerons confèrent d'excellentes qualités de vol a ce modèle à aile basse, les commandes de gouvernail suffisent à lui faire prendre ses virages. La perte est quasiment inexistante et, avec le centre de gravité recommandé, il ne peut pas descendre en vrille. Selon moi, la commande n'est que "suffisante", surtout en ce qui concerne les ailerons. Cependant, Ces déplacements semblent convenir a l'amateur qui choisit le Red Arrow comme premier "aile basse"; pour ceux qui recherche les émotions fortes, il est toujours possible d'augmenter l'amplitude des commandes (et d'utiliser, pour ce faire, les "dual rates"). Les plus experts procéderont probablement à des essais et reculeront le centre de gravité afin d'améliorer la capacité acrobatique, au risque d'enregistrer une perte plus accusée.
Nous avons réalisé, avec notre pauvre modèle, plusieurs atterrissages pas très orthodoxes (il fallait bien profiter de la quantité d'herbe à notre disposition). Grâce à son large train d'atterrissage 'tricycle", il est facile de faire atterrir le Red Arrow.

 

 

1) Malgré ses petites dimensions, le Red Arrow accepte bien le vol lent et n'accuse pas de mauvaises tendances.

2) Attendrissant détail du fabricant, sous forme d'un petit tableau de bord.


Résumé
Comment doit être le modèle idéal? Oublions pour le moment celui dont nous rêvons (par exemple, une jolie maquette de SUKHOI à échelle ¼ ) car le Red Arrow offre une alternative beaucoup plus raisonnable : un avion de fière allure, petit, facile à transporter, robuste, avec d'indéniables qualités de vol - n'importe quel amateur ayant dépassé le stade de l'entraîneur peut le manœuvrer -et qui peut être fabriqué en deux après-midi. Rien que des compliments. De plus, le Red Arrow est économique. Comme je l'indique en début de cet article, si les Vietnamiens continuent à fabriquer des avions de ce style, nous finirons par ne plus devoir les construire nous-mêmes.