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MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°31

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NEXUS 30

Un hélicoptère radiocommandé idéal pour l'initiation.


Dans un autre article de ce numéro, nous vous expliquions les principes de base du fonctionnement d'un hélicoptère radiocommandé. Alors, pourquoi ne pas passer à la présentation d'un hélicoptère bien "réel", tel que vous pouvez le trouver en magasin ?
Dans un prochain article, nous nous lancerons dans une digression philosophique sur les qualités que doit offrir un hélicoptère d'initiation. Précisons déjà, pour simplifier, qu'un modèle idéal doit offrir des dimensions petites-moyennes, qu'il doit être résistant, avec un châssis et des sous-structures en plastique, peu compliqué à monter et avec des pièces de rechange facile à trouver dans le commerce. Le Nexus 30 remplit parfaitement ces conditions.

 

 

1) Bloc principal de la mécanique tel qu'il est livré avec le kit.

2) Le Nexus sans sa cabine. Accès direct à tous les organes.

 

Philosophie du modèle
Kyosho est parmi les grands constructeurs d'hélicoptères radiocommandés. Son catalogue propose un large éventail de modèles, des hélicoptères destinés à la compétition à ceux que l'on pourrait presque qualifier de "jouets". Le Nexus 30 est un hélicoptère plutôt compact (120 cm de diamètre rotor pour un poids de 2900 g). Sa construction est simple. De par sa conception, il s'adresse davantage aux débutants. II est fabriqué, essentiellement, en plastique injecté. L'ajustement des pièces est excellent. Pour limiter les coûts, les roulements à billes ne sont présents que là où leur présence est réellement indispensable. Pour le reste, on a fait appel à des douilles en plastique spécial ou en bronze. 

On recommande un moteur dont la cylindrée oscille entre 4,5 et 6 cm3 (très répandus dans le commerce). Bien qu'il soit capable d'exécuter des acrobaties, la conception du Nexus est mieux adaptée aux vols tranquilles. L'accès à la mécanique est immédiat, ce qui permet d'effectuer toutes les réparations nécessaires (et inévitables sur ce type de modèle!). Enfin, les pièces de rechange sont faciles à trouver sur le marché européen.

 

Le kit
Nous avons le choix entre deux versions du Nexus 30: la première est classique, sous forme d'un kit de construction "normale" (un tas de petits sacs remplis d'écrous, de vis et de roulements); la seconde - celle que nous avons testée - est du type "presque prêt à voler", avec un degré élevé de préfabrication. Ce kit propose un hélicoptère presque entièrement monté: le châssis et la mécanique principale, avec moteur, embrayage, couronne principale et support de radio. 

À côté de cet ensemble qui représente 80 % du modèle, nous avons la poutre de queue et une bonne part de la mécanique du rotor de queue déjà montée, la tête du rotor principal et le train d'atterrissage. Le kit inclut le moteur (un O.S. 32 SX, peut-être le meilleur du marché dans sa catégorie), l'échappement et les pales du rotor principal.
Pour compléter le modèle et le faire voler, nous aurons besoin d'une radio d'au moins cinq voies, avec cinq servos de taille normale (de préférence à roulements à billes sur l'arbre de sortie), et d'un gyroscope. Pour simplifier la mise au point, mieux vaut disposer d'une radio spéciale pour hélicoptère. À part cela, nous aurons besoin d'un démarreur pour lancer le moteur (il peut être de type classique, comme ceux utilisés pour les avions), du carburant, une batterie pour la bougie et un minimum d'outillage.
Voyons à présent les caractéristiques du Nexus.

 

 

En vol stationnaire, le réservoir peut être contrôlé de visu. L'échappement est de série.

 

Châssis principal
Le modèle est organisé autour d'un robuste châssis en plastique, probablement à forte proportion de fibre. Le châssis s'articule en deux moitiés longitudinales, entre lesquelles sont installés la mécanique du rotor principal, l'ensemble embrayage-arbre de démarrage et l'arbre de transmission du rotor de queue. Les deux pièces qui forment le châssis sont parfaitement moulées, sans déformations ni bavures. Elles sont unies entre elles par une série de pièces hexagonales en métal vissées sur chaque flanc du fuselage. Les deux moitiés du châssis supportent les logements pour les roulements à billes dont nous avons parlé. Elles constituent chacune une véritable pièce d'ingénierie. Le train d'atterrissage est fabriqué dans un plastique plus souple que celui du châssis. Il est fixé par quatre vis. L'équipement
radio est assujetti sur une pièce en plastique qui contient les logements pour les cinq servos et pour l'interrupteur. Pour l'enlever, il suffit de desserrer quatre vis. Le gyroscope est installé sur une petite embase située au-dessus du réservoir de carburant, quasiment sous l'arbre principal.

 

Moteur, embrayage et refroidissement
Nous l'avons dit, le moteur est un O.S. 32 SX dont la fiabilité et la puissance ont fait leurs preuves. Il est monté sur un bâti en métal, à l'avant du châssis, en position quasi verticale (légèrement incliné vers l'avant). Son démontage est très simple, car le système de démarrage est indépendant de la cloche d'embrayage. L'embrayage compte deux patins indépendants en métal. La cloche est métallique, avec garniture Ferodo intérieure. Elle nous a paru très résistante aux "coups de chaleur". 

Sur sa partie supérieure vient se visser (contre-écrou) le pignon d'attaque de la transmission.
Le moteur est lancé grâce à un cône situé devant l'arbre principal, ce qui autorise l'emploi d'un démarreur normal. Il est monté sur un bloc avec deux roulements à billes. Sur le bas, une pièce rectangulaire vient s'adapter dans un logement situé sur la turbine de refroidissement du moteur, si bien que ce dernier peut être extrait sans qu'il faille enlever le système de démarrage.
Le Nexus est livré d'origine avec un échappement à expansion de taille moyenne. Son montage est simple, puisque deux vis suffisent. Bien entendu, nous obtiendrions davantage de puissance en optant pour un échappement plus sophistiqué, mais cette solution ne répondrait pas à l'esprit du modèle, prévu pour l'initiation.

 

 

1) Plateau cyclique et mélangeur "en cisaille", fréquent chez Kyosho. Toutes les tringles sont droites.

2) Poutre de queue avec transmission et rotor de queue complet, également monté de série.

 

Couronne principale et transmission de queue
Le pignon d'embrayage attaque la couronne principale en plastique avec un taux de réduction d'environ 9:1. Cette couronne est vissée au mécanisme d'autorotation (en série). Ce dernier agit comme une "roue libre" qui laisse le rotor tourner librement lorsque le moteur et la couronne principale sont arrêtés. Ce système permet de poser le modèle en douceur en cas de panne moteur en vol (au prix d'un minimum d'entraînement ...).
Le rotor de queue vient engrener sur le haut de la couronne principale. La réduction est d'environ 4,5 tours de rotor de queue pour un tour de rotor principal., ce qui permet un contrôle plus que suffisant de la queue. La prise de force du rotor de queue est logée dans le châssis principal et tourne sur roulements, avec une extraordinaire douceur.
La transmission vers le rotor de queue est assurée par une tringle d'acier de 2 mm. Elle est logée dans la poutre de queue et en appui sur deux bagues en plastique (Delrin ou équivalent). Dans la carcasse du rotor de queue (également moulée dans le plastique), les arbres d'entrée et de sortie tournent sur roulements. Les engrenages coniques sont en plastique, largement suffisants pour la puissance à absorber. Le contrôle du pas des pales est assuré par un élément coulissant bien ajusté et muni de roulements à billes. Les porte-pales du rotor de queue sont chacun munis de deux roulements à billes de type radial (classique).

 

 

1) Tête de rotor complète. Les pièces sont en plastique renforcé avec de la fibre.

2) Le Nexus 30 est un excellent modèle d'initiation aux hélicoptères.

 

Rotor principal
La section de l'arbre du rotor principal est de 10 mm (plus que suffisant pour un modèle de cette catégorie et de cette taille). Le système de commandes est classique, avec un plateau cyclique de type coulissant, un mélangeur "type cisaille" et une commande de type "Bell-Hiller". 

Les palettes de la barre stabilisatrice sont assez lourdes, comme de coutume sur un modèle destiné surtout à l'initiation. La tête du rotor est en plastique injecté. 

À première vue, elle a l'air résistante et de taille appréciable. Les porte-pales principaux, également en plastique, sont articulés sur un arbre transversal en acier de 8 mm, lequel appuie sur deux pièces en caoutchouc qui assurent au système une certaine élasticité. Chaque porte-pales est muni de deux roulements de type radial. Sur un modèle de cette taille, les roulements axiaux ne sont pas nécessaires (mais pas interdits ... ). Pour les néophytes, disons simplement que c'est ce système d'arbre "flottant" qui équipe la plupart des hélicoptères radiocommandés. En effet, il combine une bonne réponse aux commandes avec une excellente absorption des vibrations. Il existe depuis plus de vingt ans.
La tête du rotor principal et le système de commandes sont excellents. Toutefois, on se rend compte ici de la présence de nombreuses bagues en plastique, au lieu des roulements à billes qui équipent les modèles de catégorie - et de prix - supérieure. Il s'agit là d'une simple constatation, et non d'une critique. En effet, si le constructeur avait décidé d'intégrer une vingtaine de roulements supplémentaires, la commande serait plus précise, certes, mais je doute que le néophyte auquel le Nexus est destiné s'en rende compte! Quoi qu'il en soit, rien ne vous empêche d'installer d'autres roulements a posteriori.

 

 

1) Pignon et embrayage (à gauche), couronne principale avec autorotation et prise de force du rotor de queue (à droite).

2) L'échappement de série est à expansion. Un résonateur autorise les figures acrobatiques plus avancées.

 

Installation de la radio
Comme dans le cas de la plupart des hélicoptères actuels, une part importante du livret de montage est consacrée à la radio. La position des différents servos est clairement indiquée, ainsi que le positionnement et la longueur du bras de servo nécessaire. Pour certaines commandes, il est recommandé - ou conseillé - de raccourcir le bras de servo.
L'ensemble des tringles de commande a été franchement bien pensé: elles sont toutes parfaitement droites, sans aucune pliure entre le servo et l'équerre correspondante. Chaque commande est décrite individuellement. On y indique la longueur exacte de la tringle et son positionnement après installation. Si vous respectez strictement les instructions (ce que tout néophyte en matière d'hélicoptère se doit de faire), les commandes de votre hélicoptère seront correctement positionnées (ou, en tout cas, à portée de réglages des "trims" de l'émetteur). Relevons aussi l'excellente qualité des rotules de commande, à boule en métal et chromées, dont Kyosho équipe tous ses hélicoptères.
La commande du rotor de queue (généralement compliquée à régler) ne présente aucune difficulté. En effet, la position du servo et celle de l'équerre de commande du rotor de queue sont expliquées dans le manuel en détail. Le réglage est assuré par une pièce plastique munie de deux écrous prisonniers, sur laquelle viennent se fixer la tringle de commande et la tringle de servo.

 

D'autres détails
Le réservoir est placé à l'arrière du châssis. II est donc très apparent en vol. 

La "carrosserie" est de type "bulle". Elle est fixée au châssis grâce à un système d'ancrage original et extrêmement fiable, à ressorts. La décoration du modèle se fait au moyen des autocollants fournis.
Les pales incluses dans le kit sont en bois. Le lest est incorporé dans le bout de la pale. Les pales sont fournies déjà entoilées avec du plastique. À notre avis, elles suffisent largement à l'usage auquel elles sont destinées. Leur poids est d'environ 110 g. Le fabricant recommande leur équilibrage au moyen d'un équilibreur de pales. 

Quant à nous, nous avons utilisé la méthode traditionnelle - et totalement fiable- qui consiste à les unir par l'arbre avec une vis (car tout laisse à supposer que les débutants ne possèdent pas d'équilibreur de pales). L'équilibrage est obtenu avec du ruban adhésif. C'est à peine si nos pales en ont eu besoin.


 

Avec les réglages de série, le modèle adopte un comportement très docile.

 

Réglages et test en vol
Nous avons utilisé une Sanwa RD6000, avec un programme complet pour hélicoptère. 

Nous avons ajusté les débattements comme recommandé par le fabricant. Le réglage du pas collectif se fait en accord avec le tableau inclus dans le livret de montage ( 6 deg. en stationnaire, -2 deg. de minimum et +9 deg. de pas maximal en vol normal; -5 deg. pour le vol acrobatique; -4 deg. pour l'autorotation). Nous avons mis 40 % de différentiel en cyclique. Gyroscope à 40 % de gain.
Après les vérifications d'usage, et grâce à une certaine expérience en matière de rodage des moteurs O.S (le 32 SX demande peu de rodage: seulement deux réservoirs en vol avec un mélange assez riche et sans forcer), nous avons estimé que le moment était venu d'entamer un vol tranquille.
Le démarrage du moteur est simple, grâce à l'accès direct au cône de démarrage et à la bougie. 

Une fois en vol, le Nexus réagit comme on pouvait l'espérer pour un modèle d'initiation. 

Il est très stable - du moins avec les réglages et les palettes stabilisatrices d'origine - et peu sensible aux rafales de vent moyennes. La carburation de l'O.S. est excellente, sans pétarade susceptible de générer des mouvements incontrôlés du rotor de queue. La commande du rotor de queue est très efficace. Le système de refroidissement fonctionne apparemment très bien (le moteur ne chauffe pas et ne perd rien en puissance, malgré le fait qu'il soit neuf).
En translation, on apprécie déjà la puissance du moteur, qui assure parfaitement avec +9 deg. de collectif. Le modèle est assez rapide, aidé en cela par la bonne aérodynamique de la cabine. 

La puissance développée et la vitesse suffisante permettent l'exécution sans risque de loopings, même s'il s'agit - rappelons-le - d'un modèle d'initiation. Les pales d'origine permettent les autorotations sans trop de problèmes (avec un minimum d'expérience!), aidé en cela par le poids embarqué.
Quant à ses possibilités acrobatiques, la manœuvrabilité de notre hélico peut être améliorée en allongeant le débattement des commandes, en installant un échappement plus efficace (tuyau ou équivalent) et en remplaçant les palettes stabilisatrices par d'autres, plus légères (K&S ou équivalentes). Même les figures 3D sont envisageables.

 

En conclusion
Le Nexus - du moins dans sa version "presque prêt à voler" est un modèle idéal pour s'initier à l'hélicoptère. En suivant les instructions, et avec une radiocommande spéciale pour hélicoptère, nous serons à même de le piloter en quelques heures. Il possède d'excellentes qualités de vol et est apparemment très robuste. Ajoutons à cela un livret de montage très clair et précis.

 

Caractéristiques techniques :

Constructeur : Kyosho

Longueur : 1050 mm

Largeur : 140 mm

Hauteur : 230 mm

Rotor principal : diamètre, 1245 mm

Rotor arrière : diamètre, 215 mm

Poids environ : 2900 g

Moteur : O.S. 32 SX-H ; Radio : 5 voies