IMPRESSION Un
planeur à hautes performances Dans un article précédent, nous avions abordé les planeurs à moteur électrique. II ne fait aucun doute que cette catégorie de modèles connaît un engouement sans cesse croissant. Elle regroupe des appareils de différents "niveaux". Le plus basique concerne les modèles équipés de moteurs simples et avec sept éléments de batteries au maximum. Cette limitation à sept éléments a son importance,
car c'est le maximum que puisse charger un chargeur élémentaire au départ d'une batterie de 12
volts (batterie standard de voiture). Au-delà, le coût des moteurs, des chargeurs et des packs d'accus augmente rapidement, ce qui en limite la diffusion. Malgré ce "frein" financier, il est un fait acquis que les aéromodélistes aiment disposer d'avions assez rapides, et les électriques n'échappent pas
à la règle. Pour répondre à cette demande, les constructeurs ont développé une ligne de modèles - relativement récente - que l'on appelle communément
"hotliners".

1)
Le fuselage est en fibre, usiné â la main et moulé. Détail du puits de servo de profondeur et du stabilisateur.
2)
La minceur de l'aile rend incontournable l'emploi des "servolocks" inclus dans le kit. Un
"hotliner", c'est quoi ?
Un hotliner est, en règle générale, un planeur plutôt petit qui vole relativement vite. La limitation en taille est, bien entendu, très arbitraire, mais l'on
peut considérer que ces modèles mesurent, en général, entre 1,80 et 2,20 mètres. Ces machines offrent des profils extrêmement aérodynamiques, avec des surfaces alaires relativement faibles et des charges alaires supérieures à la moyenne des planeurs. Avec des profils alaires sophistiqués et
de telles charges alaires, ces engins évoluent franchement vite, avec des vitesses de chute à peine supérieures aux habituels planeurs "flottants". On obtient ainsi un vol beaucoup plus dynamique qui autorise de plus longs déplacements à la recherche de thermiques.
Et les moteurs? Précisons d'emblée que notre vieille connaissance le Mabuchi 540 ne sera pas, dans ce cas-ci, à la hauteur du défi. Bien que les avions soient petits, on fait généralement appel à des moteurs électriques sophistiqués (aimants en cobalt ou néodyme, réducteurs, rendements très élevés, etc.) alimentés par des accus de dix éléments, voire davantage. Avec une consommation supérieure à cinquante ampères et des hélices en fibre de verre ou de carbone, le hotliner typique grimpe à 45° d'inclinaison et n'est plus qu'un petit point à l'horizon en à peine
20-30 secondes. L'Impression que nous allons tester cette semaine peut être utilisé de deux manières: soit comme
un motoplaneur entraîné par un moteur puissant et un pack d'accus de 12-14 éléments, soit comme un planeur de pente sophistiqué. C'est cette dernière configuration que nous avons choisie, mais la conversion est simple à réaliser. Cette double option est permise par tous les modèles de cette catégorie. 
Une bonne réponse aux commandes et une large plage de vitesses font de l'Impression un excellent planeur de pente. Le
modèle et son kit
L'Impression est un produit de dernière génération proposé par la marque allemande
Robbe. II est
typique de la catégorie que nous analysons aujourd'hui. II ne s'agit absolument pas d'un planeur d'initiation, et les amateurs doivent savoir qu'il n'est pas bon marché... Comme nous le verrons, la raison de ce léger "inconvénient" réside dans le fait que la qualité a un prix, et que le kit de montage représente à lui seul un summum de sophistication. Précisons que la présence relativement minoritaire de cette classe de modèles n'empêche pas Robbe d'en proposer toujours un ou plusieurs dans son catalogue.
L'Impression est un planeur/motoplaneur de 1,98 mètre d'envergure, pour une longueur d'un peu plus de 1,10 mètre et une surface alaire de 36 dm2. En configuration planeur pur, son poids est de 1400-1500 grammes, soit une charge alaire de 40 g/dm2; le poids minimal de la version électrique (avec accus
de 1000 Ah très légers) est de 1700 grammes, mais il approchera plus souvent des 2100-2200 grammes, ce qui se traduit par des charges alaires correspondant mieux à un aéromodèle à moteur thermique qu'à un planeur.
Comme nous le verrons lors du vol d'essai, ces chiffres ne l'empêchent absolument pas d'offrir des qualités de
vol réellement excitantes. L'Impression présente un degré
élevé de préfabrication, mais même ainsi, certaines phases du montage
se révèlent assez délicates. Pour
sa mise en marche, il faudra une radio d'au moins quatre voies (cinq, de
préférence) et trois servos miniatures de bonne qualité. Ceux qui
optent pour la version électrique auront besoin d'un moteur, d'un
contrôleur moteur adéquat, d'un accu et d'un chargeur.

1)
Vue des curieuses "oreilles" de l'aile.
2)
Détail de la commande de profondeur, assez particulière. La charnière est en
mylar.
L'aile
En ouvrant la boîte (qui fait deux mètres de long), on découvre une aile constituée d'une seule pièce (ce qui justifie les dimensions de l'emballage). Sa qualité est très supérieure à la moyenne. Elle semble avoir été moulée d'un bloc, y compris les curieux bords marginaux relevés, les bords d'attaque et de fuite, et les ailerons prédécoupés (seules manquent les découpes latérales). La charnière est intégrée dans l'aile (en mylar ou équivalent). Même si le
système d'articulation est très aérodynamique, il oppose, au départ, une résistance assez forte; iI est donc conseillé de le faire jouer quelques fois afin de l'assouplir.
La structure de l'aile est en foam recouvert d'une couche très fine de fibre de verre et
d'obechi à l'extérieur. De prime abord, l'obechi est double sur la zone avant de l'aile. Le résultat obtenu est une aile légère, mais très rigide. La fidélité du profil (un HD 45) est, avec une épaisseur de
7,5 %, bien meilleure que ce dont sont capables 90 % des modélistes.
Les ailerons sont actionnés chacun par un servo. La minceur de l'aile oblige à utiliser des servos très petits (12 mm d'épaisseur), ainsi que les deux
"servolocks" inclus dans le kit; ces derniers sont des supports circulaires en plastique dans lesquels les
servos sont maintenus par pression et recouverts d'un cache aérodynamique. Dans les logements fraisés, nous découvrons un câble à trois fils. Le câble des servos (qui aura été coupé au préalable) y sera couplé pour former deux rallonges jusqu'à la zone centrale de l'aile. Le bras de chaque
servo doit être placé incliné (environ 20 %, selon les instructions du fabricant) pour obtenir le différentiel de débattement souhaité (2,5:1), soit 18 mm de course vers le haut et 8 mm vers le bas. Des instructions nous sont aussi données sur la longueur exacte de la tringle de commande et sur le positionnement du guignol sur l'aileron. L'aile est entoilée avec de
l'Oracover (un morceau sur le haut et un autre sur le bas). 
La cabine de l'Impression est un joli moulage en fibre de carbone. La tige permet de la fixer au fuselage.
Le
fuselage
L'autre élément principal de l'Impression, c'est son fuselage. Nous sommes en présence d'une jolie pièce en fibre de verre, apparemment faite à la main, avec un fini impeccable en
"gel-coat" brillant. II est correctement renforcé aux points
sensibles, ainsi que sur la zone d'appui du bord d'attaque de l'aile. À l'avant, le fuselage présente des prises d'air aérodynamiques qui devront être découpées en cas d'installation d'un moteur électrique. II s'agit des entrées et sorties d'air pour le refroidissement. La dérive est fixe (absence de servo de direction). .
A l'arrière, on trouve une rainure moulée pour l'installation du stabilisateur et un orifice circulaire pour le logement du servo de profondeur (qui sera de taille réduite, lui aussi). II faudra réaliser une rallonge pour le
servo. Elle sera fixée à l'intérieur du fuselage avec du double face, sur un petit support,
lui même collé au fuselage avec de l'époxy. L'ouverture est bouchée par une pièce ronde en plastique et un autocollant circulaire, tous deux inclus dans le kit. La tringle de transmission ressort à l'arrière; elle est courte et droite. L'antenne de l'Impression est déroulée dans le fuselage, dans un tuyau en plastique, et ressort sous la queue.
Pour le modèle à propulsion électrique, nous devrons installer la platine de l'accu, en contreplaqué, dont la longueur est réglable en fonction du
nombre d'éléments. Pour éviter qu'il ne se déplace, l'accu doit être fixé avec du velcro. Pour recevoir et fixer le moteur, le nez du fuselage doit être découpé (il suffit de suivre la marque de découpe présente d'origine) et la cloison avant, en contreplaqué, doit être collée et forée.
La cabine est constituée d'une jolie pièce en fibre de carbone sur laquelle on colle (au cyanoacrylate et à l'époxy) une tige d'acier souple en guise de fixation au fuselage.

1)
L'aile est fixée par deux vis en nylon dont l'ancrage est présent
d'origine.
2)
Les rallonges de servos sont placées en série dans l'aile.
Le
stabilisateur
Sur d'autres modèles de Robbe que nous avons eu l'occasion de construire, le stabilisateur était en balsa profilé. Dans le cas de l'Impression, il en est autrement, puisqu'il est formé d'une mince pièce en foam coffrée avec de
l'obechi. Contrairement aux indications du livret d'instructions, la charnière est en mylar (ou équivalent) et installée d'origine. Une fois l'ensemble recouvert
d'Oracover (ou similaire), nous obtiendrons une structure réellement légère.
Le stabilisateur est fixé dans la rainure du fuselage par une vis M4 qui vient se loger dans une pièce en aluminium. Celle-ci doit être collée dans un orifice présent à la base du fuselage. En outre, le stabilisateur est fraisé de telle sorte qu'il ne puisse plus bouger une fois tenu par la vis. 
Le kit inclut les autocollants pour la décoration. l'autocollant rond de la queue permet de cacher le servo de profondeur.
Centrage
du modèle
À l'instar d'autres modèles similaires de Robbe, le fabricant ne propose pas de marge pour le centre de gravité, qui doit donc se situer exactement au
point indiqué (à 60 mm du bord d'attaque). Pour la version électrique, il est évident qu'il faudra déplacer l'accu principal vers l'avant ou vers l'arrière. Cette opération est simplifiée par la présence, sur la platine en
contreplaqué prévue à cet effet, d'une série de rainures permettant de régler sa position. Pour la configuration planeur, nous tenterons de placer l'accu (il peut être de 1200
mAh) - ainsi que le récepteur - le plus possible vers l'avant. Ensuite, nous placerons du plomb dans le nez du modèle. Dans notre cas, il nous a fallu 320 grammes de plomb que nous avons fixés dans le cône au moyen de silicone. L'emploi de cette colle nous permettra d'enlever le lest dans le cas où nous décidons par la suite d'installer un moteur électrique. Curieusement, le lest de plomb équivaut exactement au poids d'un bon moteur électrique. Sur la version motorisée, le récepteur et la batterie des servos sont placés dans le bas de la platine de l'accu; le contrôleur moteur est placé juste derrière, ce qui réduit la longueur des câbles et permet sa ventilation (car il chauffe, lui aussi...). 
L'accès
à l'équipement radio (et à l'accu, si vous installez un moteur) se fait par la cabine.
Vol d'essai
Le poids de l'Impression en ordre de vol était de 1500 grammes, soit guère plus que le poids recommandé. Les débattements correspondaient à ceux indiqués dans le livret de montage (18 mm vers le haut et 8 mm vers
le bas pour les ailerons; 7 mm de chaque côté pour la profondeur).
Avec une radio appropriée, il est possible d'utiliser les ailerons comme freins, ce qui simplifie les atterrissages.
Nous avons fait voler notre Impression comme un planeur de pente. Sans aucun lest, c'est un modèle franchement rapide qui peut affronter des vents réellement violents (jusqu'à 50-60 km/h). En trimmant la profondeur, l'Impression vole très vite en émettant un sifflement très caractéristique. La commande est extraordinaire, très efficace. Avec les débattements recommandés, les figures acrobatiques élémentaires et intermédiaires ne posent aucun problème. Toutefois, ce qui attire l'attention, c'est la capacité de l'Impression à voler par temps très calme. On a la sensation qu'il pourrait voler en l'absence totale de vent; il ralentit, mais sa vitesse de chute reste très faible. Nous ne lui avons pas fixé de crochet de remorquage, même si, malgré son air agressif, il peut parfaitement être utilisé comme planeur de plaine. Malgré tout, notre planeur se sent plus à l'aise à des vitesses de déplacement plus élevées que la moyenne.
Évitez donc de le laisser "suspendu", car iI perd alors de sa manoeuvrabilité. La combinaison ailerons/profondeur, pour le pilotage des planeurs,
nous séduit chaque jour davantage.
Pour les plus téméraires (ceux qui pratiquent le vol de pente avec des vents très forts), aucun problème de
lestage: le support de la batterie est l'endroit idéal. Selon nous, l'Impression vole très bien ainsi, mais compte tenu du fait que l'on peut y
embarquer un pack de 12-14 éléments de batterie (600-700 grammes), on peut parfaitement y installer un lest de plomb équivalent. Le profil utilisé le supportera sans rechigner. En
conclusion
Ne vous laissez pas "impressionner" par le prix du kit, car son contenu le vaut bien. Son degré de préfabrication est élevé, et la qualité hors pair de ses composants justifie un tel coût. Nous sommes en présence d'un planeur destiné aux modélistes plus confirmés, même s'il est très simple à construire.
Qu'il soit configuré en pur planeur de pente (ou de plaine, avec un peu de bonne volonté) ou équipé d'un moteur électrique puissant, l'Impression est capable de rivaliser avec les meilleurs, en toutes circonstances.
Caractéristiques
et détails :
1)
Techniques:
Constructeur
: Robbe
Envergure: 1980 mm
Poids en ordre de vol: 1450 g min.
Surface alaire: 36,84 dm2
Longueur: 1150 mm
2) Fonctions pilotées:
Ailerons, profondeur, aérofrein/volets de courbure et moteur
(facultatifs).
3) Motorisation:
Electrique, classe 700.
Accus
: 10 éléments Ni-Cd/Ni-Mh 1700 mAh au moins...
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