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MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°55

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COYOTE

Un avion sur lequel beaucoup d'aéromodélistes ont appris à piloter


C'est avec une certaine nostalgie que nous vous présentons l'avion de cette semaine. Fabriqué en son temps par Modelhob, il s'agit en effet d'un aéromodèle envers lequel bien des pilotes éprouvent une réelle reconnaissance, car c'est avec lui qu'ils ont découvert, un jour, les charmes du pilotage radiocommandé.
Le Coyote est un aéromodèle des plus classiques et sa longévité (il est présent sur le marché de l'aéromodélisme depuis plus de vingt ans) n'a rien de surprenant. En effet, j'ai toujours défendu l'idée selon laquelle un modèle ne pouvait survivre longtemps s'il n'offrait pas d'indéniables qualités
de conception et de construction. Car les modélistes ne sont pas des idiots...

 

 

Même avec un moteur moyen, l'angle de montée du Coyote est impressionnant.

 

Un concept classique
Le Coyote est l'architype de l'avion de début. Comme le montrent les photos, il s'agit d'un modèle tout bois (à l'exception de quelques rares éléments sur lesquels nous reviendrons). Sa structure est franchement solide, capable de résister aux pires traitements. Et si, malgré cela, une réparation se révèle indispensable, l'opération de remise en forme ne pose aucun problème. II est muni d'un train d'atterrissage bicycle, d'une aile haute avec un dièdre très marqué. Il ne possède pas d'ailerons, ce qui correspond bien à l'idée que l'on se fait d'un avion de début "deux axes". Comme nous allons le voir, il doit être construit de A à Z, au départ d'une quantité considérable de pièces. II ne s'agit donc pas d'un "presque prêt à voler" comme nous vous en avons déjà présentés.
L'avantage d'une telle option? En réalité, l'aéromodélisme peut être envisagé sous différents angles.
La philosophie du Coyote consiste à dire que tout modéliste devra de toute manière, un jour ou l'autre, apprendre à construire un modèle. Alors, autant qu'il le fasse dès le début... Au niveau du pilotage, les deux axes sont assez différents des avions munis d'ailerons. Comme nous le verrons lors du vol d'essai, le Coyote apprend vraiment au débutant à piloter, ce qui est, après tout, le rôle premier d'un entraîneur. Quelques petits détails, comme le train bicycle, peuvent compliquer l'apprentissage, mais la perfection n'est pas de ce monde ...

 

 

1) Une charge alaire réduite autorise les approches à très faible allure.

2) Dans le fuselage, on pourrait facilement loger un autre équipement radio et (au moins) un jambon-beurre...

 

Le kit de construction
Le kit du Coyote est caractéristique de son concepteur et fabricant. Dans la boîte, vous trouverez beaucoup de bois (balsa correctement prédécoupé, pièces en contreplaqué d'excellente facture et de très bonne qualité), en accord avec la structure tout bois du modèle. Dans des sachets séparés, nous avons les nervures de l'aile (en plastique injecté, d'un jaune caractéristique). Attention, car il en existe de deux sortes (nous y reviendrons lors de la construction de l'aile). Bien entendu, ces nervures en plastique sont les mêmes que celles utilisées par le fabricant pour d'autres de ses modèles).
Le kit de construction inclut le réservoir et ses accessoires, le train d'atterrissage en corde de piano de 4 mm (avec ses roues), les charnières et les transmissions de commande. Un dernier petit sachet contient les autres accessoires nécessaires pour compléter le modèle. Pour terminer le modèle, il ne manque plus que les autocollants et le matériau d'entoilage (outre le moteur et la radio).
Comme toujours, commençons par quelques remarques préliminaires relatives au plan et aux instructions. Le plan est en grandeur nature (échelle 1:1, donc). Pour faciliter le montage, il intègre une série de plans plus détaillés des principaux composants de la structure du modèle. Au verso du plan, nous découvrons un manuel de construction sous la forme d'un pas à pas illustré. Rien que du positif, donc. Nous aurons besoin d'un émetteur d'au moins trois voies et trois servos, et d'un moteur d'environ 4 cm3.

 

 

1) Le capot, en plastique, permet une bonne ventilation du moteur. Fixation par vis à tôle.

2) Le train d'atterrissage est fixé par quatre vis J et ancré sur un renfort logé dans le fuselage.

 

Le fuselage
Comme tout bon avion de début classique digne de ce nom, le Coyote possède un fuselage en "caisse". Ses flancs sont en balsa de cinq millimètres, avec un renfort en contreplaqué mince qui court du nez jusque légèrement au-delà du bord de fuite. Ce dernier est totalement cerclé de baguettes de renfort. Ces dernières ne sont pas du type classique (profil carré ou triangulaire); elles sont en effet rainurées pour que les pièces de balsa qui forment la partie supérieure et la partie inférieure viennent s'y emboîter parfaitement. Personnellement, je préfère les baguettes triangulaires en balsa classiques. Dans le fuselage, nous avons les trois cloisons habituelles (la pare-feu et deux plus grandes sur les bords d'attaque et de fuite de l'aile). Ces cloisons sont en contreplaqué de 3 mm, de bonne qualité. La pare-feu est double (la frontale est plus petite pour que le capot moteur coïncide parfaitement avec le reste du modèle).
Les deux flancs du fuselage sont montés sur une surface plane, entourés des baguettes en balsa déjà mentionnées. Ensuite, on colle les deux cloisons centrales et l'autre flanc. Le fuselage est enfin fermé à l'avant (avec la cloison pare-feu) et à l'arrière. Le moment est venu d'installer les transmissions de commande, qui sont de type Bowden classique, et de réaliser leurs points de sortie, en veillant à ce qu'ils soient les plus droits possible. Le fuselage peut alors être fermé par le haut et par le bas. II ne reste plus qu'à installer le bâti moteur (en plastique et fixé par des vis). II devra être percé à la mesure du moteur. Le train d'atterrissage, en corde de piano de 4 mm (voir photos) est fixé par des vis en J sur un appui en contreplaqué présent sur le fuselage.

 

Autres éléments du fuselage
La cloison présente sous le bord d'attaque est dotée à sa base d'un ajour par lequel sera introduit le réservoir de carburant (et, si nécessaire pour le centrage du modèle, l'accu de l'équipement radio). La capacité du réservoir est de 160 cc. Pour les débutants, le placement des tuyaux de carburant qui traversent la cloison parefeu peut poser problème. Le réservoir doit être enrobé de caoutchouc mousse, pour éviter qu'il n'aille heurter les flancs du fuselage, l'objectif étant de limiter les vibrations et la formation d'écume susceptibles de compliquer la carburation. Pour être honnête, ce système ne nous satisfait qu'à moitié, compte tenu du fait que la moindre fuite de carburant risque d'atteindre gravement l'intégrité du modèle. Je me souviens de "Coyotes" sur lesquels la cloison avait été laissée intacte; le réservoir était posé via une trappe présente à l'avant du fuselage, et le tout était recouvert d'une bonne couche de vernis imperméabilisant. La platine radio est en contreplaqué de 2 mm, lui aussi de bonne qualité. Elle est collée sur deux baguettes en elles mêmes collées à l'intérieur du fuselage. Comme la conception du plan date de quelques années (les servos qui figurent sur le plan sont des "Microservos" de Multiplex qui ont vingt ans...), peut-être faudra-t-il élaborer une autre platine (dans le même matériau) adaptée aux servos actuels, plus compacts.
Le carénage du moteur est en plastique (ABS ou équivalent). II faudra découper les entrées d'air à l'avant, et les ouvertures nécessaires sur le haut pour le moteur et l'échappement. Une parenthèse pour les nostalgiques: le moteur qui figure sur le plan est un Zom 25 que fabriquait Modelhob il y a bien longtemps déjà... Le carénage est fixé au fuselage par quatre petites vis à tôle.

 

 

1) L'aile est d'une seule pièce. Le dièdre est très marqué.

2) Le profil utilisé est un Clark Y classique, qui se traduit par des vitesses en vol élevées.

 

Empennage
Ici également, rien que du classique. L'empennage est en balsa massif de 5 mm d'épaisseur, sans défoncement ni autre modification pour alléger la structure. En toute logique, s'agissant d'un avion de début, les plans mobiles sont plutôt réduits. Le balsa est de qualité (léger sans être trop tendre). 

Le stabilisateur se glisse dans une rainure prévue à cet effet dans le fuselage. Pour le coller, n'importe quelle colle fera l'affaire. La gouverne de direction est collée dans la rainure correspondante, sur le haut du fuselage. La parfaite mise en équerre de l'ensemble exige une certaine attention.
Avant de fixer les charnières, il faut installer la roulette de queue. Elle est mobile et s'articule sur la gouverne de direction. Elle est munie d'un support en contreplaqué et doit être collée au fuselage avec une colle de type époxy, si l'on veut éviter qu'elle ne se détache à la première occasion. Les charnières sont introduites dans les rainures prévues à cet effet et collées au cyanoacrylate. Les guignols des commandes sont ancrés par vis et écrous. Dans le cas où votre intention est d'entoiler le Coyote avec du thermoadhésif, mieux vaut attendre que l'entoilage soit terminé avant de placer les charnières.

 

L'aile
L'aile est d'une seule pièce. Son envergure est d'1,45 m pour 25 cm de corde, ce qui nous donne une surface alaire de 29 dm2. Comme on le constate sur les images, le dièdre est très marqué (17 cm sous la pointe d'aile). Nous le verrons lors du vol d'essai, ce point influe notablement sur le comportement de l'avion en vol .
La structure de l'ai le est très classique (à l'exception des nervures, qui sont en plastique injecté), avec un profil plan-convexe de 25 mm d'épaisseur maximale (10,2 %). La construction est notablement simplifiée par le fait que les bords d'attaque et de fuite sont fraisés dans le balsa et viennent s'emboîter sur deux petites saillies présentes sur les nervures. Les longerons principaux (en pin) s'emboîtent également dans des encoches prévues sur les mêmes nervures. La jonction des deux demi-ailes est assurée par deux pièces en contreplaqué d'1,2 mm d'épaisseur qui glissent dans des rainures présentes sur les nervures. Elles sont unies au reste de la structure de l'aile grâce à une série
de petits éléments en balsa. Le système est assez fastidieux à mettre en oeuvre, mais il rend très improbable toute erreur dans la construction de l'aile. Les pièces s'ajustent parfaitement entre elles, ce qui se traduit par une structure légère et solide.
L'aile est coffrée jusqu'aux longerons centraux. Les deux coffrages sont joints par des éléments en balsa de 2 mm à veine verticale, le tout formant une structure tubulaire extrêmement solide. Les nervures sont munies de chapeaux (cap strips) sur la zone non coffrée. La zone centrale de l'aile est intégralement coffrée. Les saumons sont en ABS et sont collés aux pointes des ailes.

 

 

1) Les autocollants fournis ne laissent planer aucun doute sur l'identité de notre aéromodèle.

2) Les carénages de roue sont beaux, mais leur espérance de vie est courte sur terrains herbeux...

 

Finition du Coyote
L'installation de la radio est extrêmement simple. Avec seulement trois servos dans le fuselage, ce n'est pas l'espace qui manque! Nous avons opté pour un moteur OS 25 (lequel doit développer quasiment deux fois la puissance du Zom 25 originel) et une hélice de 9x5. Nous avons entoilé intégralement le modèle avec de l'Oracover et avec les autocollants fournies dans le kit. Après avoir installé les transmissions des commandes comme indiqué, notre Coyote sera quasiment prêt à voler.
Un détail encore concernant les carénages des roues. S'ils confèrent au Coyote son aspect caractéristique, il faut avouer que leur installation est assez fastidieuse. En outre, pour peu que la piste utilisée soit jonchée de broussaiIles ou d'herbe haute, iI est fort probable qu'iIs soient arrachés à la première occasion. Quoi qu'il en soit, nous les avons installés pour que vous puissiez juger de leurs qualités esthétiques. Ils sont en ABS.

 

Vol d'essai

Nous n'avons pas dû lester notre Coyote, puisque avec la radio placée comme illustré sur les images, son centre de gravité se situait au niveau du longeron principal de l'aile. Nous avons réglé les débattements des commandes avec un peu plus de direction que ce qui est indiqué dans le livret d'instructions. Toutefois, le débutant devra respecter les débattements recommandés. Notre Coyote pesait 1800 grammes, soit un peu moins qu'indiqué sur le plan. Cet écart est probablement dû à la différence de poids entre nos servos et les anciens Multiplex.

La charge alaire tourne autour de 62 g/dm2, ce qui convient bien à un avion de début.
Après la vérification de la radio et la carburation de notre OS, l'heure de vérité est arrivée. 

À cette époque, notre terrain de vol n'était pas en très bon état. Pour le premier décollage, nous avons opté pour un lancer-main, afin de pouvoir prendre des photos avec les carénages de roue intacts... Avec le moteur OS à pleine puissance, le Coyote grimpe à presque 45° sans manifester le moindre signe de faiblesse.
La réponse aux commandes est excellente, même si la commande de direction nous semble excessive pour un débutant. Les tonneaux ne posent pas le moindre problème, et cela peut s'expliquer par le fait que le dièdre très marqué de l'aile amplifie fortement la réponse de l'avion à la commande de direction. Les moins expérimentés doivent se conformer aux débattements recommandés, même si ces derniers semblent peu importants. Dans une telle configuration, et en volant au tiers de sa puissance, le Coyote constitue un excellent avion de début.
Compte tenu du fait que le profil utilisé est mince et qu'il est calé à incidence quasiment nulle, l'avion atteint des vitesses franchement surprenantes (très utile pour voler les jours de grand vent, car la pénétration dans l'air est excellente). De fait, le moteur ne manque jamais de puissance, quelle que soit la situation (aucun problème pour les loopings enchaînés). Comme nous l'avons dit, les tonneaux peuvent être exécutés avec la seule gouverne de direction, en corrigeant avec la profondeur. À altitude suffisante, nous avons tenté un vol inversé. Malheureusement, l'avion est très instable et exige des corrections continues. Pour sortir du vol inversé, il faut exécuter un demi-tonneau ou une demi-boucle. Manifestement, le Coyote n'a pas été prévu pour cela, malgré ses indéniables qualités.
Les atterrissages ne présentent aucune difficulté, car en coupant le moteur et en freinant avec la profondeur, l'avion adopte une allure de cheval au pas. Attention si le terrain est irrégulier ou que votre vitesse est trop élevée, car la présence d'un train d'atterrissage bicycle se traduit par un risque élevé de capotage. Pour terminer, voyons ce qu'il en est des décollages. Le train d'atterrissage étant bien positionné à environ 46 cm devant le centre de gravité, l'avion lève la queue très rapidement. Toutefois, les modèles munis de ce type de train exigent que des corrections soient apportées pendant la course de décollage, ce qui peut désorienter les débutants. Mais même ainsi, l'avion décolle sur quelques mètres, compte tenu de sa légèreté et de la puissance de son moteur.

 

Conclusion
Malgré son grand âge, le Coyote reste un excellent avion d'initiation au vol motorisé. Même si sa construction demande une certaine patience, sa conception et l'excellence de son plan font qu'il est difficile de commettre la moindre erreur. Le modèle est extrêmement robuste (il résistera sans dommages aux atterrissages en catastrophe). Son poids modéré facilite également son pilotage.
En ce qui concerne ses qualités de vol, il accepte une plage très large de vitesses: franchement rapide, mais aussi capable de voler à très faible allure. Les commandes sont très précises et l'avion remplit pleinement son rôle, qui consiste à initier au pilotage les moins expérimentés d'entre nous. À part cela, il permet de se lancer dans des figures acrobatiques de base, malgré l'absence d'ailerons. Seuls les décollages sont problématiques (même si l'on peut arguer du fait qu'eux aussi requièrent un apprentissage). Avec le moteur recommandé, la puissance disponible est plus que suffisante.
On ne le répétera jamais assez: même le pilotage d'un entraîneur, aussi élémentaire soit-il, peut se révéler extrêmement amusant...