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MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°57

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PLASMA

Un acrobatique élémentaire tout public


Au fil des mises à jour, nous avons eu l'occasion d'analyser un large éventail de machines volantes, notre objectif étant de donner à l'amateur débutant ou confirmé, un aperçu le plus complet possible de ce que l'on peut trouver sur le marché. Je crois pouvoir affirmer que la plupart des modélistes actuels ne souhaitent plus consacrer de longues heures à perfectionner leur style de pilotage, mais veulent disposer d'un modèle aux qualités de vol moyennes et d'aspect séduisant.
Le Plasma que nous vous présentons cette semaine réunit donc toutes les conditions pour plaire à bon nombre de ces modélistes.

 

 

1) Malgré son train classique, le Plasma ne se comporte pas "bizarrement" au décollage, même sur surface irrégulière.

2) Le moteur est monté à l'envers et dispose d'une bonne prise d'air.

 

Le Plasma et son constructeur
Le Plasma est un acrobatique on ne peut plus classique. Comme le montrent les images, il ressemble assez aux avions acrobatiques utilisés dans une autre discipline de l'aéromodélisme: le vol circulaire. II s'agit d'un avion à aile basse, avec un plan alaire moins compliqué que ne le serait une aile dont la corde irait en forte diminution.
Le Plasma est fabriqué par Seagull Models, une société vietnamienne. La caractéristique de ce fabricant est qu'il propose des avions presque prêts à voler dont le prix pose la question de savoir si cela vaut encore la peine de construire soi-même des avions sur plan en achetant son propre bois... Nous avons déjà eu l'occasion de tester d'autres modèles de cette marque et nous n'avons jamais eu à nous en plaindre. Le bois utilisé est un balsa assez particulier.
Probablement à cause de l'environnement qui entoure sa production - différent des conditions climatiques régnant en Amérique du Sud -, ce bois offre un aspect plus compact et plus jaunâtre. Au final, son poids est plus élevé que celui d'un bois minutieusement choisi dans un magasin de modélisme, mais il confère aussi une meilleure résistance aux chocs. En termes de poids et de résistance, le contreplaqué utilisé par Seagull est intermédiaire entre le contreplaqué de bricolage et le finlandais de bouleau.
Globalement, l'ajustement des pièces est très bon, en tout cas meilleur que ce qu'un amateur sans grande expérience serait capable d'obtenir. La colle utilisée est assez particulière, puisqu'elle ne ressemble pas à la colle cellulosique courante. Mais comme le bois, elle remplit parfaitement sa mission.

 

 

1) D'origine, le modèle est muni d'un cockpit, avec son pilote, ce qui lui confère un certain réalisme.

2) Détail des roues (légères) et de la fixation du train d'atterrissage.

 

Kit de construction
Dès que l'on ouvre la boîte, on constate le très haut degré de préfabrication du kit, ne fût-ce que par le nombre réduit des éléments qui le composent. Les principaux composants de l'avion sont contenus dans des sachets en plastique qui les protègent contre les griffes. Certains de ces sachets renferment une série d'accessoires nécessaires à la finition du modèle. Avec d'autres kits, bien plus chers, ces éléments auraient dû être acquis séparément: roues du train d'atterrissage, réservoir à carburant et cône d'hélice. Notons que ce dernier s'ajuste parfaitement au profil du fuselage.
II s'agit d'un avion de taille moyenne: 1,5 mètre d'envergure, 33 dm2 de surface alaire et 1,1 mètre de long, environ. II est prévu pour un moteur de 6-8 cc et requiert une radio d'au moins quatre voies et quatre servos. Selon le constructeur, il convient à des pilotes dont le niveau de pilotage se situerait dans "la moyenne".
Comme toujours, voyons ce qu'il en est des instructions. Pas de plan, dans ce cas-ci, mais un livret de huit pages illustrées de prises de vue bien faites. Les instructions sont simples et concises. En ce qui nous concerne, nous avons exactement suivi la séquence de montage et nous n'avons pas rencontré la moindre difficulté.

 

 

1) Les gouvernes de direction et de profondeur, telles qu'elles sont livrées avec le kit.

2) Passage " criminel " (pour le photographe) à faible allure. Notez la déflexion du stabilisateur.

 

Montage des ailes
Comme le reste du modèle, les ailes sont livrées quasiment terminées, dans leur sachet de protection. Comme on pouvait l'espérer d'un modèle destiné à l'acrobatie, leur profil est symétrique, avec un bord d'attaque à rayon modéré. La corde moyenne est de 21 cm, avec une légère diminution vers les pointes. À la différence d'autres modèles du même constructeur, la structure des marginaux est classique. Même si cette structure n'est pas visible, il semble, au toucher, qu'il s'agisse d'une aile avec coffrage sur le tiers avant et bord d'attaque formé de deux plaques de bois. Pas de "capstrip". La rigidité en torsion et en flexion est plus que suffisante, ce qui semble indiquer la présence de renforts internes entre le haut et le bas.
Les ailerons couvrent la totalité du bord de fuite et sont placés d'usine. Leur fixation est franchement impeccable, puisque en plus des charnières collées, le fabricant s'est donné la peine d'installer des épingles de fixation qui traversent aile et charnières: peu de chance, donc, qu'ils se détachent en vol... La commande d'aileron est également montée d'usine; elle est constituée de corde de piano classique.
Les deux demi-ailes sont unies au moyen d'une clé en contreplaqué de 3 mm de large sur 23 mm de long, collée avec une bonne dose d'époxy. Comme dans d'autres occasions, mieux vaut utiliser une colle époxy pas trop rapide, afin de pouvoir corriger efficacement l'alignement. Les bords d'attaque et de fuite doivent coïncider au millimètre près, faute de quoi les deux demi-ailes présenteront des incidences différentes. Le dièdre, sous chaque pointe d'aile, doit être de 22 millimètres. Une fois la colle sèche, la jonction est recouverte d'un ruban adhésif blanc (inclus dans le kit).

 

Finiton des ailes
Les ailes intègrent des renforts en bois dur rainuré, sur lesquels viendra se poser le train d'atterrissage. Ce dernier est de type classique, en corde de piano de 4 mm de section. La fixation est assurée par des éléments en plastique (classique) et quatre vis à tôle de chaque côté. Les roues sont de qualité moyenne; elles font 60 mm de diamètre. Pour ceux qui manquent encore d'assurance, elles peuvent être remplacées par d'autres de meilleure qualité et plus légères qui se traduiront par une économie de poids de 60-80 grammes. Sur la zone de jonction des deux demi-ailes, on découvre un puits prévu pour le servo des ailerons. Sur celui-ci viennent se coller (à l'époxy, de préférence), deux renforts en contreplaqué sur lesquels on visse ensuite ledit servo.

 

Le fuselage et autres éléments 
Comme les ailes, il est livré totalement fini et entoilé avec un matériau particulier, propre à la marque. Peu de choses à dire sur son montage, si ce n'est qu'il s'agit du fuselage de type caisse le plus carré que j'aie jamais vu; et rien n'est fait pour le cacher. À l'intérieur, une structure très conventionnelle, avec flancs en balsa de 3 mm et renforts en contreplaqué léger, ajours à partir du bord d'attaque de l'aile et cloisons confectionnées dans le même matériau. La cloison pare-feu est double et présente les orifices correspondants pour l'ancrage du bâti moteur. La deuxième cloison, située au niveau du bord d'attaque de l'aile, présente également un renfort dans la zone inférieure pour le logement des tétons en bois chargés de tenir les ailes au fuselage. Les cloisons sont largement ajourées, par souci de légèreté. L'ajustement entre les différents éléments est franchement bon, meilleur que ce dont serait capable un modéliste moyen.
Le profil de l'empennage est également très classique, et c'est peut-être lui qui confère à l'avion son allure d'acrobatique de vol circulaire, dont nous parlions en début d'article. Cela dit, cette comparaison n'a absolument rien de péjoratif. Les gouvernes sont fixées par des charnières que traversent des épingles, comme dans le cas des ailerons. Comme c'est la règle pour les modèles offrant un tel degré de préfabrication, il faudra localiser les rainures présentes sur l'empennage, enlever l'entoilage avec une lame bien effilée et coller ensuite le tout en veillant à ce que les plans soient à équerre. Les instructions sont très claires sur le fait qu'il faudra coller bois sur bois, et non pas bois sur matériau d'entoilage...
Le réservoir à carburant est de bonne qualité. II est embarqué via l'appui d'aile et sera fixé avec des morceaux de caoutchouc-mousse.
Le bâti fourni avec le Plasma est de type universel, puisqu'il peut s'adapter à un large éventail de moteurs. Le moteur est placé à l'envers et très près du bord supérieur du modèle. Le résultat est fort séduisant, puisque rien ne dépasse; par contre, le refroidissement est moins efficace. L'échappement ressort par le côté et, à moins de sacrifier le capot moteur, il devra être placé avec le capot déjà positionné. Le capot est en ABS et son ajustement est bon. Les ouvertures pour le refroidissement du moteur devront être les plus grandes possible, sans pour autant affaiblir excessivement la pièce. En outre, ni l'échappement ni aucune autre pièce ne devra toucher le capot, car les vibrations finiraient par le briser. Le capot est fixé par quatre petites vis à tôle.

 

 

Le Plasma lors d'un passage à faible distance et très basse altitude. Un modèle qui inspire confiance...

 

Installation de la radio
Aucun problème en cette matière, à moins que vous n'optiez pour un équipement radio totalement hors norme. Le fabricant a monté d'usine une platine en contreplaqué avec les
logements prévus pour les trois servos et l'interrupteur. Aucun doute, donc, quant au positionnement desdits servos; par contre, ce système élimine la possibilité de les déplacer pour ajuster le centre de gravité. Les servos sont fixés au moyen de vis, comme d'habitude. Les tringles des gouvernes de direction et de profondeur sont prêtes à l'emploi; elles sont du type tige en bois, d'apparence rustique, mais leur fonctionnement est impeccable. De fait, ce type de commande est moins sujette au frottement et au jeu que les bowden, pourtant plus populaires. La commande des gaz doit être adaptée au moteur utilisé, surtout en ce qui concerne le positionnement de l'ouverture dans la cloison pare-feu. Les ferrures de fixation des tringles aux gouvernes sont du type tige filetée; la réponse obtenue est très précise, tout comme la réponse de la commande d'aileron.
Le récepteur est enveloppé dans du caoutchouc-mousse et placé devant les servos. La position de la batterie - l'élément le plus lourd de l'équipement - sera fonction du centrage (devant le récepteur ou derrière les servos). Reconnaissons une certaine recherche dans la conception du modèle, puisque avec un moteur normal et des éléments radio montés selon les recommandations du fabricant, le centrage du modèle est obtenu sans lestage.

 

 

1) Le bâti moteur est en nylon, de type universel et facile à adapter au moteur choisi.

2) Quelques accessoires. Ici, le capot est en fibre, et non en plastique.

 

Finition du modèle
Comme d'habitude pour les modèles de Seagull, le Plasma est livré totalement fini et décoré. Le matériau utilisé (et appliqué en usine) rappelle assez les thermocollants courants (Oracover ou Monokote), à quelques différences près. La plus flagrante est qu'il est à peine rétractile. La pose d'usine est bonne, mais avec les variations de température et d'humidité, il a tendance à se détendre. En lui appliquant de la chaleur, vous pourrez le retendre, mais bien moins qu'un revêtement classique. Si la chaleur appliquée est trop intense, il se détachera du bois... Comme le montrent les images, la décoration de l'avion - imprimée sur la toile - est franchement réussie.
Le bois exposé en surface est recouvert d'une peinture résistante au carburant et ne nécessite donc plus aucune intervention.

 

Vol d'essai
Pour notre moteur OS, nous avons choisi une hélice 10x6. Le poids total de l'avion est de 3.400 grammes, dans les limites annoncées par le fabricant (3.000 à 3.700 grammes). Franchement, je ne vois pas comment nous aurions pu l'alléger de 300 grammes... La charge alaire est de 90 g/dm2, ce qui est beaucoup, selon moi.
Après les vérifications de la radio, on lance le moteur. La course de décollage, sur notre terrain herbeux, fut de 30-40 mètres. Sur piste asphaltée, elle aurait probablement été moins importante. La trajectoire est facile à maintenir et le Plasma lève la roue arrière sans qu'il faille apporter de correction. L'avion monte en douceur; avec le moteur à fond, sa capacité ascensionnelle est suffisante.
Après avoir compensé les commandes, voyons comment il répond aux ordres de son pilote. Les débattements recommandés sont de 10 mm de chaque côté pour les ailerons, 15 mm de chaque côté pour la profondeur et 25 mm de chaque côté pour la direction. Ainsi configuré et avec une quantité modérée d'exponentiel, l'avion est très agréable à piloter. Les pilotes plus aguerris préféreront peut-être plus de commande pour l'acrobatie violente, mais les
débattements conseillés suffiront à 95% des pilotes. En vol, l'avion donne une excellente impression; c'est un très bon acrobatique de début. Moteur à fond, il est rapide, ce que l'on appréciera dans les conditions de vent violent (que le Plasma traverse avec un aplomb tout à fait surprenant). Si l'on coupe le moteur, l'avion continue d'évoluer à très faible allure, même si là n'est pas vraiment sa tasse de thé... Le décrochage est droit, mais vu son poids, l'avion a besoin d'espace pour récupérer.
Les capacités acrobatiques du Plasma sont bonnes: aucun problème pour les figures classiques (boucles, renversements, tant isolés qu'enchaînés). Pour le vol dos, il suffit de piquer légèrement (ce qui semble logique pour un acrobatique). Pour les vrilles, le centre de gravité devra être légèrement reculé (pas plus de 10 mm en-deçà du point recommandé); cette intervention favorise également le vol dos, même si elle rend le modèle légèrement plus nerveux. La décision revient au pilote... Les atterrissages ne présentent aucune difficulté, à condition que le pilote jouisse d'une certaine expérience. Nous n'avons pas tenté l'expérience, mais il devrait être possible d'installer un servo sur chaque aileron et de disposer ainsi de flaps et/ou de flaperons. L'emploi de flaps devrait permettre les atterrissages plus lents. Nous n'avons constaté aucune fêlure ou autre vice structurel, ce qui démontre bien le bon ajustement des différents éléments.

 

En conclusion
Comme d'autres produits de Seagull Models, le Plasma est un modèle de bonne qualité et à haut degré de préfabrication. Ajoutons à cela son prix modéré et nous nous trouvons en présence d'une bonne option pour les pilotes jouissant d'une expérience moyenne et désireux de s'initier à l'acrobatie. Ses qualités de vol sont plus qu'acceptables. Notre seule regret concerne le matériau d'entoilage qui peut, parfois, donner l'impression d'être détendu.