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MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°60

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TEXAN AT-6

Une semi-maquette d'un célèbre avion d'entraînement américain


La grande majorité des aéromodèles que l'on peut observer dans les clubs d'aéromodélisme sont des avions de début ou des acrobates qui présentent des structures similaires: fuselage carré et ailes à corde constante (identique aux pointes et à la racine). La raison de cet état de fait est évidente: une telle structure est plus simple à construire. La conséquence en est que les maquettes et les semi-maquettes se font de plus en plus rares, même si la quasi totalité des modélistes rêvent de posséder un jour la reproduction fidèle d'un avion "réel".
Cette semaine, nous allons tester un aéromodèle qui conjugue deux qualités rares: d'une part, il s'agit d'une semi-maquette (fidèle à l'original, mais avec certaines tolérances pour simplifier sa construction ou optimiser ses qualités de vol). D'autre part, sa mise en oeuvre est extrêmement simple et ne requiert que quelques après-midi de travail. Ajoutons à cela que le modèle original est un avion d'entraînement et que notre semi-maquette offre, elle aussi, d'excellentes qualités de vol. En outre, elle constitue un formidable avion d'initiation à l'acrobatie, comme nous le verrons lors du vol d'essai.

 

 

Le Texan autorise les vols lents sans risque de décrochage. Idéal pour les atterrissages.

 

Le kit
Le Texan AT-6 est un bon exemple de la nouvelle tendance que traverse aujourd'hui l'aéromodélisme, puisqu'il s'agit d'un "presque prêt à voler" à très haut degré de préfabrication. L'avion est construit au Vietnam par une entreprise peu connue, Seagull Models, qui propose dans son catalogue, à côté du Texan, d'autres modèles dont nous aurons l'occasion de parler sur ce site.
Dans une grande boîte, vous trouverez les principaux composants du modèle, soigneusement
emballés et protégés par du plastique pour éviter toute griffe. L'élément principal, c'est le fuselage, accompagné des deux demi ailes, de l'empennage et d'un sac d'accessoires (train d'atterrissage, roues, réservoir ...). Franchement, le kit est très complet et il manque bien peu de choses.
Le manuel d'instructions est vraiment succinct: huit pages au total, dont trois consacrées à des domaines qui ne relèvent pas de la construction proprement dite. L'absence de plan ne se fait guère ressentir, car le degré de préfabrication du Texan est tel que les illustrations suffiront largement à n'importe quel modéliste moyen. Les instructions sont rédigées en anglais, uniquement, ce qui peut représenter un handicap pour ceux qui connaissent mal cette langue. Et notamment pour situer le centre de gravité, qui n'est repris sur aucune illustration.

 

Matériel complémentaire
Comme nous venons de le dire, le kit est très complet. Seul manque un moteur de 6-8 cm3 (nous avons opté pour un Thunder Tiger 46 avec échappement de série). Outre le moteur et le matériel nécessaire pour sa mise en route, vous aurez besoin d'une radio à quatre voies et quatre servos de format standard.
L'outillage nécessaire est basique. II nous faudra un tube d'époxy dont le temps de prise ne sera pas inférieur à 30 minutes (les époxys plus rapides ne vous laisseront pas le temps de bien positionner les pièces).

 

 

1) Les fixations des gouvernes diffèrent des guignols classiques. La roulette de queue est orientable.

2) Gros réservoir encastré par pression.

 

Les ailes
Ici également, nous avons obéi à la règle qui consiste à procéder au montage en suivant l'ordre chronologique recommandé par le fabricant. Dans ce cas, le montage débute par les ailes.
Les deux demi-ailes sont fournies totalement montées et entoilées, chacune dans un emballage de protection en plastique. Leur construction est classique, comme le reste du modèle. Bien que nous

ayons peu d'indications sur sa structure interne, l'inspection de la cloison centrale permet de constater la présence de nervures en balsa, de longerons centraux en bois dur, de bords d'attaque et de fuite également en balsa. À la différence des autres entraîneurs, le Texan possède une aile à corde
variable: elle est dégressive à partir de la moitié de sa longueur.
Sous l'aile, nous découvrons la rainure destinée à recevoir le train d'atterrissage (à première vue, il s'agit d'un bois dur, semblable à du hêtre). À l'avant, une petite cheville en bois permet de fixer l'aile au fuselage. Sur le bord de fuite viennent se fixer les ailerons, bien positionnés et fixés par des charnières en trois points. À la différence des autres kits de ce genre, les charnières sont livrées déjà fixées. II ne faudra donc plus les coller. L'ajustement des ailerons est bon. Le système de commande est déjà installé.
Les deux demi-ailes sont jointes au moyen d'une clé en contreplaqué (3 mm d'épaisseur sur 21 mm de large) qui vient se loger dans un fourreau également en contreplaqué. Le collage se fait avec de l'époxy lent en quantité suffisante. Au préalable, il ne faudra pas oublier d'enlever l'entoilage présent sur la zone de collage. On laisse l'ensemble sécher en lui conférant le dièdre recommandé par le fabricant (25 mm sous chaque demi-aile). La jonction est alors recouverte au moyen de la bande adhésive fournie dans le kit. Pour terminer, nous installons le train d'atterrissage en localisant la rainure sous l'entoilage, et nous le fixons avec quatre vis.

 

 

S'agissant d'une semi-maquette, la cabine est plus détaillée. La décoration est d'origine.

 

Le fuselage
Comme les ailes, sa structure est classique. II s'agit essentiellement d'un fuselage de type "caisse", en contreplaqué léger et largement ajouré. Autour de cette caisse, le fabricant a intégré de fausses cloisons et longerons, ainsi qu'un recouvrement en balsa d'environ 2 mm pour reproduire la section arrondie du modèle original. Comme vous l'aurez constaté sur les images, le résultat obtenu est fort convaincant. De fait, le même système est utilisé sur les maquettes de compétition.
Dans le nez de l'avion, nous trouvons la cloison pare-feu en contreplaqué, étonnante de robustesse, à laquelle est vissé un joli bâti moteur en métal (le moteur est fixé en position inversée avec la sortie d'échappement à gauche). Le bâti (dont on dit dans les instructions qu'il est en plastique) peut être réglé en largeur pour s'adapter à plusieurs types de moteurs.
Comme on le voit, le moteur est logé dans un beau carénage. Contrairement à d'autres kits du même genre, le carénage est en fibre de carbone (et non en ABS, beaucoup moins résistant). Le carénage doit être découpé avec soin pour qu'il s'adapte au moteur et à l'échappement choisis. II est ancré au reste du fuselage au moyen de trois petites vis métal. Le moteur est bien ventilé.

 

L'empennage
L'empennage (dérive et stabilisateur) est fourni complètement monté. II est en balsa et a très belle allure. Les commandes sont déjà installées. Le placement de l'empennage est simple: il suffit de le coller au fuselage avec de l'époxy, après avoir enlevé l'entoilage des zones de contact. II faudra seulement vérifier son parfait positionnement par rapport au fuselage. La roulette de queue, fonctionnelle (elle tourne avec la gouverne de direction), est vissée au fuselage.

 

 

Un moteur standard de 6,5 cc est plus que suffisant pour les acrobaties de base.


Installation radio
Compte tenu de l'ampleur du fuselage (voir photos) et du fait que les servos sont installés d'origine,
l'installation de la radio est très rapide. Le modèle intègre les tringles complètes de commande de la dérive et du stabilisateur (classiques tiges de bois avec embouts en plastique). Les passages des tiges sont également prévues, ce qui donne des commandes bien droites. Vous devrez placer les "guignols" de commande qui, dans ce cas, sont constitués de vis (voir photo). La commande qui en résulte est très directe, sans le moindre jeu. La commande du moteur est assurée par une tringle en acier fin. L'unique servo d'aileron est en position centrale et remplit très bien son rôle. Le récepteur et l'accu sont logés entre les servos et le réservoir. Un seul petit reproche: nous aurions préféré que le réservoir fût isolé de l'équipement radio, afin de réduire les risques en cas de fuite de carburant.
L'interrupteur est placé à l'intérieur du modèle, dans un logement situé devant les servos. II peut être actionné depuis l'extérieur par le biais d'une tige en acier.


 

Moteur en position inversé et totalement caréné.

 

Finition et réglages
Le Texan est livré totalement entoilé d'un matériau plastique, lequel, malgré les apparences, n'est pas un thermorétractile classique. II est très beau, avec sa décoration d'origine. II s'agit en réalité d'un thermoadhésif dont les caractéristiques de tension à la chaleur sont très différentes. Ce matériau est beaucoup utilisé par les fabricants asiatiques. Lorsqu'il est exposé à la chaleur, ou au soleil, il arrive qu'il se détende et que des plis apparaissent. Mais les conséquences sont purement esthétiques, puisqu'il suffit de mettre le modèle à l'ombre pour que le problème se résolve de lui-même.
Les débattements des commandes recommandés par le fabricant sont: 10 mm de chaque côté pour les ailerons; 15 mm pour la gouverne de profondeur; 25 mm pour la gouverne de direction. Le centre de gravité doit être situé à 90 mm du bord d'attaque (au centre de l'aile). Pour ce faire, on jouera sur la position de l'équipement radio, et/ou on ajoutera du plomb, si nécessaire. L'avion complet pèse 3200-3300 grammes (soit la limite supérieure indiquée par ie fabricant). Avec une surface alaire de 35 dm2, la charge alaire est assez élevée (85-90 g/dm2).

 

 

1) L'empennage tel qu'il est fourni d'origine. Structure en bois.

2) Le carénage moteur est en fibre de verre (bien meilleur que le plastique habituel).

 

Vol d'essai
Après avoir procédé aux ultimes révisions, nous avons emmené notre Texan sur le terrain de vol. Nous avons opté pour un Thunder Tiger 46 avec une hélice 10x6 et le cône fourni d'origine. Après avoir effectué les réglages du moteur, nous avons ouvert les gaz et lâché l'avion. Le comportement du Texan rappelle celui de tous les modèles à aile basse équipés d'un train bicycle, avec une légère tendance à dévier vers la gauche au moment de décoller. La dérive permet de corriger sans difficulté ce petit défaut. Les performances du moteur sont plus que suffisantes et il suffit d'une trentaine de mètres pour décoller (sur herbe, comme le montrent les photos). Sur terre ou sur asphalte, la distance de décollage aurait été probablement plus courte. Un petit réglage des trims, et en avant pour le test!
En vol, le Texan a fière allure. Sa finition et sa décoration attirent le regard des autres modélistes. Malgré les doutes qui pesaient sur son importante charge alaire, le Texan se comporte avec noblesse. Ses commandes sont efficaces et autorisent les manoeuvres acrobatiques habituelles (loopings, tonneaux et vol inversé). De fait, c'est un engin très amusant, idéal pour les séances de vol pendant le week-end. À l'atterrissage, il reste bien stable et admet des vitesses d'approche réduites sans donner de sueurs froides...

 

 

1) Notre pilote attitré nous donne une idée de la taille du Texan.

2) Vaste espace pour l'installation de la radio et transmissions par tiges en bois.

 

En conclusion
Le Texan AT 6 est une jolie semi maquette. Son très haut degré de préfabrication permet à un modéliste moyen de le préparer en quelques après-midi. II possède une prestance certaine et une excellente finition. Décidément, les constructeurs asiatiques font preuve d'une incroyable expertise en la matière (surtout si l'on tient compte du prix commercial de l'avion...). Motorisé par un bon 46, il est capable de s'élever depuis les terrains les plus délicats et d'exécuter des figures acrobatiques dont 90 % des pilotes ne peuvent se targuer...