RADIOS
HAUT DE GAMME
Un bref aperçu des meilleures radios disponibles sur le marché et de leurs caractéristiques. Nous avons, dans l’un des premiers articles, traité des caractéristiques des équipements radio courants et des critères qui, selon nous, devaient vous guider dans le choix de l’émetteur. Plus tard, nous vous avons entretenus des radios de basse et moyenne gammes. Si mes souvenirs sont exacts, nous avons insisté sur le fait que ces radios ne méritaient pas d’être négligées : une radio à quatre canaux permet de manoeuvrer tout aussi bien un hélicoptère de base qu’un avion acrobatique capable de nous procurer beaucoup de plaisir. 
Après
plus de cinq d'existence sur le marché, la FC 28 continue à être une
radio de pointe. Le software est actualisé chaque année ou tous les deux
ans.
Super émetteurs
Nous ne pouvons toutefois pas nier la réalité. Les magasins de modélisme proposent de véritables merveilles (de moins en moins chères) dont l’aspect extérieur et le livre d’instructions tendent à laisser croire que, pour le même prix, on reçoit aussi un cours de
MS-DOS. De fait, comme nous le verrons en ce qui concerne certaines de leurs caractéristiques, les émetteurs de la dernière génération sont parfois équipés d’une sortie qui permet de les connecter à notre ordinateur et de les programmer par le biais du système d’exploitation de ce dernier. Nous vous parlerons, cette semaine, des qualités essentielles de ces émetteurs (ou, plutôt, de ces équipements radio) et de leurs principales caractéristiques.

Les
radios pour voitures comprennent aussi des émetteurs dotés de mémoires
et de réglages multiples.
A qui sont destinés les émetteurs haut de gamme ?
Pour en revenir aux premières lignes de cet article, il faut avouer que, si l’on en juge d’après la réalité des terrains de vol, rares sont les modélistes équipés d’un émetteur de haut de gamme qui en exploitent toutes les possibilités : l’amateur moyen pilote généralement des modèles de base et il est impossible d’appliquer les mélanges sophistiqués qu’offrent ces radios à un entraîneur à aile haute ou à un acrobatique à quatre canaux. Commençons par l’essentiel : les radios haut de gamme sont parfois vraiment chères, ce qui les destine surtout aux modélistes dont le pouvoir d’achat est assez élevé (7 500 ou 10 000 FF constituent des montants considérables). Si l’on excepte un pourcentage réduit de capricieux (il y en a toujours) capables d’investir quatre fois plus d’argent dans l’équipement radio que dans le reste du modèle, moteur inclus, ces radios sont susceptibles d’intéresser certaines catégories de modélistes. La première d’entre elles est formée de personnes qui ont l’habitude de piloter de nombreux modèles différents. Comme nous le verrons tout au long de l’article, les mémoires constituent l’une des caractéristiques essentielles des radios sophistiquées; ces mémoires permettent de passer d’un modèle à l’autre, sans problème et très rapidement. Posséder et utiliser de nombreux modèles est surtout le fait de ceux qui participent aux compétitions, dans une discipline déterminée, ou dans plusieurs à la fois, ou d’amateurs qui se passionnent pour différentes facettes du modélisme (modèles nautiques et avions, par exemple). Les modélistes qui se consacrent à la compétition forment la seconde catégorie qui justifie l’existence de radios sophistiquées. Ces personnes connaissent suffisamment bien leurs modèles, leur fonctionnement et les techniques susceptibles d’en augmenter les performances pour pouvoir tirer le maximum des possibilités quasiment illimitées qu’offre une radio moderne.

1)
Détail d'un ZAP de la maison Futaba. Il s'agit d'un modèle USA, avec
toutes les fonctions installées. 2)
En plus de posséder de multiples fonctions, une radio haut de gamme se
distingue par la qualité de sa construction. Le CAMPAC permet de stocker
les réglages de plusieurs modèles. Qu’est-ce qu’une radio de gamme ? Voici un peu plus de quinze ans, une radio haut de gamme était une radio à plus de cinq canaux ou pourvue de “dual rates”, pour ne pas parler de mélangeurs. Etant donne la baisse du prix des produits électroniques et l’introduction du microprocesseur, la qualité moyenne des radios est toutefois devenue telle que, d’une année à l’autre, les possibilités offertes dépassent déjà tout ce que nous pouvions imaginer. Actuellement, une radio est considérée haut de gamme lorsqu’elle a fait l’objet d’une fabrication particulièrement soignée, qu’elle est capable d’émettre en FM “normale” et en PCM (les deux), et qu’elle dispose de fonctions jugées sophistiquées. Ce terme (“fonctions sophistiquées”) est peut-être celui qui mérite le plus d’être précisé. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un critère exact, nous considérons comme haut de gamme les radios les plus chères de chaque fabricant: la concurrence est telle que nous n’avons que l’embarras du
choix. Quelles sont ces fonctions sophistiquées ? Les mémoires multiples, la possibilité de programmer la radio et de disposer de plusieurs mélangeurs, un nombre suffisant de fonctions spécifiques pour les principales disciplines du modélisme. Nous traiterons, dans de prochains articles, des radios spécialement conçues pour la voltige, les planeurs, les maquettes ou les hélicoptères , de leurs fonctions particulières et de leur utilité.
Et le reste de l’équipement ? Les récepteurs de ces radios sont habituellement les meilleurs que l’on puisse trouver sur le marché mais, comme nous l’avons précisé dans le cadre d’un article consacré à ce sujet, les mélanges et autres opérations sophistiquées sont réalisées au niveau de l’émetteur. Quant aux
servos, comme nous le verrons dans les pages qui suivent, certains fabricants ne les incluent pas dans ces équipements radios, présumant que l’amateur préférera les choisir selon ses besoins.

1)
Voyez le format de l'écran à cristaux liquides et la quantité
d'informations contenues dans chaque menu. 2)
Ne vous fiez pas à son apparente simplicité : ce système de boutons
permet d'accéder à un très grand nombre de menus et de fonctions.
Catégories de radios
Les bonnes radios se répartissent en plusieurs catégories. Précisons, pour commencer, que les fabricants de radios sont divisés en deux grandes écoles. L’école ‘européenne” propose des radios de format supérieur à celles de l’autre école (l’‘’américaine” ou la “japonaise”). En effet, en Europe, les modélistes (surtout ceux qui se consacrent à la compétition dans les différentes disciplines de l’aéromodélisme) ont l’habitude de poser l’émetteur sur un pupitre. Les émetteurs destinés au marché européen, plus grands, comportent généralement, juste devant les sticks, un panneau de commande sur lequel se trouvent les interrupteurs et boutons de réglage. Par contre, les Américains et les Japonais préfèrent tenir l’émetteur en main et piloter en maniant les sticks avec les pouces. Les émetteurs sont dès lors plus petits, les interrupteurs et autres accessoires étant placés à l’avant de l’émetteur, de façon à pouvoir être actionnés facilement. Signalons que, quel que soit le type d’émetteur, ceux de haut de gamme se caractérisent par une multitude de boutons-poussoirs, etc. Il existe d’autres différences entre les deux écoles : les radios européennes sont vendues très “dépouillées”; les poussoirs, commutateurs et autres modules sont en option. Nous n’obtenons souvent, en échange d’une somme considérable, qu’un émetteur “de base”, un ou deux
servo(s), le récepteur et le câble de charge. Aux Etats-Unis, par contre, l’émetteur est généralement équipé de tous les accessoires et de quatre ou cinq
servos. Il ne faut rien acheter de plus. Quel est le meilleur achat ? Chaque style a ses avantages et ses inconvénients. D’une part, s’il est très pratique d’avoir un émetteur complet, les servos risquent de ne pas correspondre à vos souhaits (certains modèles spécifiques nécessitent des servos particuliers). D’autre part, le style européen vous permet de “personnaliser” entièrement votre équipement radio... mais cela vous reviendra plus cher que vous ne le pensiez de prime abord. Il suffit de regarder les radios des compétiteurs européens de haut niveau pour se rendre compte que les émetteurs sont pratiquement toujours différents, même s’il s’agit du même modèle.

1)
On trouve des fonctions dans tout les recoins de cet émetteur pour
hélicoptère. 2)
Détail du réglage de la longueur du stick. Emetteurs spécialisés et émetteurs polyvalents
Ici encore, les deux écoles se différencient : les émetteurs européens ont un caractère polyvalent, en ce sens que le software contient toutes les données nécessaires pour pouvoir piloter des hélicoptères, des voltigeurs ou des planeurs. Nous pourrons, par le biais des menus correspondants, configurer l’émetteur en fonction de nos besoins. Par contre, les émetteurs provenant des Etats-Unis sont vendus déjà configurés pour une discipline déterminée (avion ou hélicoptère), y compris, depuis quelque temps, pour les planeurs. Il en va de même pour les accessoires les émetteurs conçus pour les hélicoptères sont équipés de servos spéciaux et de batteries de capacité supérieure. Sur ces émetteurs, les différentes fonctions sont attribuées à des commutateurs déterminés et leur configuration n’est pas simple à modifier.

1)
Détail du nombre de cartes et de circuits intégrés contenus dans un bon
émetteur. 2)
On peut, sur un même émetteur, trouver des boutons normaux et d'autres,
de type digital.
Programmation des émetteurs
Les émetteurs de haut de gamme se caractérisent par leur capacité de programmation (qui varie pour un même modèle). Sur les modèles les plus simples, on peut activer ou désactiver les diverses fonctions qui composent le menu. Dans le cas des émetteurs les plus complexes, tout est programmable (cela vaut particulièrement pour ceux d’origine européenne). Au départ, l’émetteur est pratiquement “vierge”. Nous pouvons décider du type de modèle à programmer (acrobatique, planeur, hélicoptère) et, à l’intérieur de ces catégories, de certaines caractéristiques en ce qui concerne, par exemple, les planeurs, on peut déterminer le nombre de servos d’aile et réaliser les mélanges nécessaires à leur fonctionnement; on peut, pour ce qui est des hélicoptères, choisir le nombre et l’emplacement des servos qui interviennent dans le système de commande. Il est possible d’aller beaucoup plus loin encore même si le processus risque d’être assez complexe, on peut assigner une ou plusieurs fonction(s) à un ou plusieurs commutateur(s). Poussée à l’extrême, cette possibilité implique que de nombreuses fonctions peuvent être attribuées à un même interrupteur; cela revient à dire que, sur des modèles très spécialisés, il est possible de modifier les caractéristiques de vol en changeant la position d’un seul commutateur. Dans le cas des hélicoptères, on peut opter pour les réglages correspondant au vol normal, au vol acrobatique ou à l’autorotation; quant aux planeurs F3B, le modèle peut être configuré en fonction de la nature de l’épreuve vitesse, durée ou distance. Les commutateurs peuvent être disposés selon les goûts du pilote; depuis quelques années, on en trouve même sur les sticks.

1)
La complexité des récepteurs PCM se perçoit tout à fait clairement sur
cette photo. Il faudrait être japonais pour pouvoir y souder un élément
supplémentaire. 2)
Comme vous pouvez le constater, le volume des manuels se rapproche de plus
en plus de celui des émetteurs. Il est indispensable de les lire. Mémoires
Les radios haut de gamme sont généralement pourvues de plusieurs “mémoires”. Celles-ci contiennent tous les paramètres déterminés par le pilote pour chacun de ses modèles : direction des
servos, débattements des gouvernes, mélangeurs spéciaux, etc. Ce système est d’une grande utilité pour les modélistes qui pilotent plusieurs appareils – éventuellement tout à fait différents- à partir du même émetteur. Les fans de compétitions peuvent ainsi sauvegarder les réglages d’un modèle dans une mémoire et en expérimenter de nouveaux qu’ils pourront conserver dans une autre mémoire. Avec certains émetteurs, on peut, par le biais d’un câble spécial, transférer les données d’une mémoire d’un émetteur à l’autre. Il est également possible de copier les données propres à un modèle sur une autre mémoire. Dans certains cas, l’information contenue dans les mémoires peut être transférée sur un ordinateur au moyen de l’interface correspondante. Le nombre de mémoires varie selon l’émetteur: entre deux et quatre sur les modèles les moins sophistiqués et pratiquement une centaine sur certains émetteurs de la maison Multiplex. Certains émetteurs Futaba sont pourvus d’unités extractibles
(CAMPACS) dans lesquelles on peut stocker les réglages de plusieurs modèles. Cela signifie qu’un nombre illimité de modèles peuvent être pilotés avec le même émetteur. 
Le
nombre de fonctions disponibles sur cette FF3, pourtant simple radio à
deux canaux, est le même que sur d'autres émetteurs beaucoup plus
sophistiqués. Autres fonctions spéciales
L’imagination des fabricants semble être sans bornes en matière d’émetteurs : mémoires illimitées, mélangeurs programmables, etc. Certains émetteurs ont un tachymètre incorporé, très utile pour vérifier le fonctionnement de notre moteur, la vitesse d’un rotor d’hélicoptère, etc. On peut, dans d’autres cas, mesurer le voltage et l’ampérage à partir de l’émetteur. Quant à la protection contre les interférences, et indépendamment de l’introduction de la PCM, dont nous avons parlé dans un article précédent, des émetteurs pourvus d’un synthétiseur de fréquences sont apparus sur le marché: ils offrent la possibilité de programmer la fréquence d’émission au moyen du software. D’autres émetteurs comportent un analyseur de fréquences : au moment où nous l’allumons, l’émetteur analyse les fréquences utilisées; s’il détecte la présence d’un autre émetteur opérant sur la même fréquence, nous en serons avertis par un message d’alarme (tel est le cas des émetteurs Multiplex). Un autre fabricant propose des émetteurs qui changent automatiquement de canal quand le leur est occupé. |