DEMARREURS, POMPES ET AUTRES ACCESSOIRES Le débutant (il mérite toute notre compassion...) que nous avons accompagné, et que accompagnerons encore tout au long de son apprentissage, tant de la construction des modèles que de leur pilotage, se rendra vite compte que ses confrères disposent d'une série d'accessoires dont l'utilité est indéniable. Nous avons déjà fait allusion à bon nombre d'entre eux dans l'article consacré à la caisse de terrain. Nous y décrivions les principaux accessoires, dont l'acquisition suppose parfois des dépenses égales à celles occasionnées par l'achat d'un moteur ou d'une radio.

Démarrage
d'un hélicoptère au moyen d'un démarreur spécial à roulement
unidirectionnel.
Les démarreurs
Pour ceux qui ont appris à piloter des aéromodèles il y a quelques années, cet accessoire n'existait tout simplement pas. Les moteurs étaient lancés manuellement, ce qui constituait, finalement, un système de démarrage très efficace... à condition d'en maîtriser la technique et de pouvoir carburer correctement le moteur. Tous les vétérans peuvent vous raconter des histoires de doigts en charpie, ou de retours au foyer sans qu'il ait été possible de faire démarrer un moteur Diesel, par une froide matinée d'hiver. Aujourd'hui, le démarreur est une chose tellement commune qu'il est devenu exceptionnel de pouvoir assister à un démarrage manuel. Un démarreur est un dispositif, en général un moteur électrique d'un certain format, comportant à son extrémité un cône en caoutchouc ou équivalent lui permettant de transmettre sa puissance à l'hélice (ou à son moyeu) ou au moteur que l'on désire faire démarrer. Une fois actionné, il peut faire tourner le moteur à plusieurs milliers de tours/minute. Si ce dernier n'est pas définitivement mal carburé, il donnera quelques signes de vie. Qu'est-ce qui différencie les démarreurs ? À première vue, rien. Et pourtant, lorsque vous vous déciderez à acquérir un tel accessoire, vous vous rendrez compte du choix offert par les différents fabricants. Tout d'abord, il existe des démarreurs de différentes "tailles"; celles-ci correspondent, d'une part, au type de moteur dont nous disposons et, d'autre part, à des prix différents. Les démarreurs de format habituel peuvent entraîner sans difficulté des moteurs d'avion allant jusqu'à 10
cc. Pour des cylindrées supérieures en matière d'avions, ou égales à 10 cc de type ABC dans le cas des hélicoptères, ils posent problème. Certains formats supérieurs démarrent des moteurs de 15
cc; on trouve également, surtout aux États-Unis, de véritables monstres, capables d'entraîner des moteurs à essence de 50-100 cc de cylindrée. Les démarreurs de plus faible puissance (moins chers et plus légers) ont joui d'une certaine popularité auprès des moteurs de 5-6
cc.

1) Pompe manuelle à engrenages fixée au bidon : facile à transporter. 2)
Cône de démarrage d'un hélicoptère permettant l'utilisation d'un démarreur de type normal.
Bancs de démarrage
Les voitures radiocommandées sont, surtout en compétition, mises en marche au moyen de "bancs de démarrage". Il s'agit de démarreurs auxquels est accouplé un disque de caoutchouc de 12 cm de diamètre et d'11,5 cm d'épaisseur, environ. Ce disque est appliqué au disque de démarrage du moteur (moleté et uni au vilebrequin). Pour plus de facilité, le démarreur est placé dans une caisse de telle sorte que le caoutchouc dépasse par le haut. On y pose la voiture, qui est maintenue appuyée sur le démarreur par le biais de pièces en plastique (ces dernières doivent être ajustées aux dimensions du modèle). Très souvent, la caisse contient la batterie nécessaire à l'alimentation du démarreur, ainsi que l'allume bougies (le "feeder"), le tout ne posant aucun problème de transport. Vous
aurez l'occasion d'admirer toutes sortes de bancs de démarrage aux abords des circuits, certains étant faits maison.

Système complet de démarrage et d'alimentation de bougie pour
hélicoptère. Le démarreur comporte une tige hexagonale à son
extrémité.
Démarreurs spéciaux
Dans 90% des cas, la fonction d'un démarreur consiste à entraîner une hélice ou un cône. Sur de nombreux hélicoptères néanmoins, le démarrage ne s'effectue pas par le biais d'un cône, mais via un vase hexagonal où vient s'adapter le démarreur. On trouve sur le marché des accessoires qui remplacent l'habituel caoutchouc de nos démarreurs et se terminent en tige hexagonale, aux dimensions du vase de démarrage. Les modèles les plus sophistiqués disposent en plus d'un roulement de type Torrington (embrayage unidirectionnel), qui permet a éviter que le moteur entraîne le démarreur ou soit freiné par lui au moment de se remettre en marche.
Dans d'autres cas, le cône de démarrage existe bel et bien, mais perdu au milieu de la mécanique; pour résoudre le problème, on dispose de rallonges qui s'adaptent à l'arbre du démarreur. Enfin, certains hélicoptères et vedettes thermiques sont mis en route au moyen d'une courroie, logée dans une rainure en V, dont 90% des démarreurs sont équipés. Le problème est donc résolu. Il arrive que la courroie tende à rester accrochée. Un bon remède, même s'il peut paraître farfelu, consiste à l'enduire d'un peu de vaseline, ou équivalent. Succès garanti.

1)
Détail de la roue en caoutchouc sur un banc de démarrage pour voiture. 2)
Un autre type de pompe
manuelle, dans ce cas-ci de type "péristaltique". Elles se désamorcent moins facilement que les pompes à engrenages.
Pompes à carburant
La pompe à carburant constitue un autre accessoire bien utile sur le terrain de vol. Ce dispositif simplifie grandement le remplissage et la vidange de notre réservoir. Comme les démarreurs, elles sont apparues sur les terrains de vol simultanément à l'augmentation des cylindrées des moteurs. En effet, pour les moteurs de vol libre, avec leurs réservoirs de 100 cc maximum, il était bien plus facile, et économique, d'effectuer le remplissage à l'aide d'un simple biberon en plastique. Mais remplir le réservoir d'un hélicoptère FAI d'une capacité de 500-600 cc ou, pire encore, celui, encore plus grand, d'une maquette à grande échelle se transforme rapidement en une véritable corvée, sans parler de la vidange. Comme pour les démarreurs, beaucoup de ces pompes sont de fabrication artisanale. On a souvent recours aux petites pompes qui alimentent nos pare brise en eau. N'importe quel casseur vous en proposera à des prix dérisoires.
Ces pompes peuvent néanmoins poser problème. Elles ne conviennent pas toutes. Certaines ne sont pas réversibles : impossible donc de les utiliser pour vider le réservoir, à moins d'installer un enchevêtrement compliqué de tuyaux. D'autres ne sont conçues que pour fonctionner avec de l'eau, et certains de leurs composants se détériorent lorsqu'on y fait circuler du méthanol ou de l'essence; elles perdent alors rapidement toute utilité.

Le démarrage manuel du moteur est de plus en plus rare en
aéromodélisme.
Pompes disponibles dans le commerce
Si nous choisissons la solution de facilité, nous irons acheter notre pompe à carburant dans un magasin spécialisé. Parmi la large gamme de pompes qui nous sont proposées, nous pouvons distinguer deux grandes catégories. les manuelles et les électriques.
Le fonctionnement des pompes manuelles est assuré par une énergie toute simple. celle de nos bras qui, le plus souvent, actionnent une manivelle. Elles renferment un mécanisme de type péristaltique (des rouleaux compressent de façon longitudinale un tuyau flexible, expulsant ainsi d'un côté le carburant qui y est contenu) ou un système d'engrenages comme la pompe à huile de notre voiture. Les pompes électriques contiennent en général un système d'engrenages entraînés par un petit moteur électrique. Le plus souvent, elles sont branchées sur la batterie de 12, celle là même qui alimente le démarreur.
Avantages et inconvénients des deux systèmes. Ici aussi, les opinions divergent Personnellement, je me suis contenté d'une pompe manuelle pendant des années, jusqu'à ce quelle rende l'âme; aujourd'hui, j'en utilise une électrique. L'avantage des pompes manuelles réside dans le fait qu'elles peuvent être utilisées de manière autonome, indépendamment de la caisse de terrain. Par contre, elles sont en général plus lentes que les électriques. Quant au prix, il n'y a pas de différence notoire entre les deux catégories. 
Caisse de terrain avec
tout les accessoires habituels correctement fixés et rangés. Observez le "power panel", à gauche. Les allumes-bougies
Cet accessoire est indispensable pour la mise en route des moteur à bougie
glow. Il s'agit d'un dispositif qui fournit à la bougie un courant d'environ 1,5 volt et 3-5 ampères.
Ici également, nous avons deux options : soit un dispositif "autonome" (une batterie au voltage désiré, que l'on peut transporter librement), soit un système de réduction à 1,5 volt du courant fourni par la batterie 12 volts (celle du démarreur, par exemple).
Comme l'intensité nécessaire est de plusieurs ampères, les habituelles piles non rechargeables (alcalines incluses) ne pourront servir, à moins d'en disposer plusieurs en parallèle. Jadis, nous utilisions des piles sèches de grandes dimensions, mais elles coûtaient une véritable fortune. Aujourd'hui, on se sert habituellement d'un élément Ni-Cd d'au moins 1 Ah dont l'ampérage (1,2 volt) suffit dans la plupart des cas. Avec 1 Ah, nous pouvons alimenter une bougie de façon continue pendant dix minutes, plus qu'assez pour faire démarrer notre moteur une bonne douzaine de fois. Une autre possibilité consiste à utiliser un élément de batterie de plomb, en général de 4-6 Ah. Leur voltage avoisinant les 2 volts, il arrive que la bougie surchauffe ou fonde. La solution, dans ce cas, consiste à employer des câbles assez longs (deux mètres ou plus) qui réduiront légèrement la tension.
On connecte à la batterie des câbles terminés par des pinces crocodiles; il existe dans le commerce de petits boîtiers pour batterie munis d'une pince spéciale qui permet de fixer la batterie à la bougie. Les modélistes emportent fréquemment ce petit matériel dans leur poche; c'est une très mauvaise habitude, car si, par accident, un objet métallique (des clés, une pièce de monnaie..) met les deux pôles en contact, le court-circuit ainsi produit risque de faire exploser la batterie. Je vous laisse imaginer les conséquences.

Le Sullivan "Dynatron" figure parmi les démarreurs les plus
puissants du marché, surtout s'il est alimenté sur 24 volts.
"Power panel"
Ce terme désigne une série de petits panneaux qui équipent généralement la caisse de terrain. Les modèles disponibles sont fort nombreux, mais leur fonction consiste toujours à "rationaliser" le câblage. Ces panneaux, connectés à la batterie de 12 volts de la caisse de terrain, présentent une série de prises ou seront branchés le démarreur, les pinces pour la bougie et, parfois, la pompe à carburant (dans certains cas, la pompe est incluse). Ils comprennent très souvent un potentiomètre et un ampèremètre. le premier sert à régler l'intensité de courant fournie à la bougie (entre 0 et 5 ampères); le second permet de mesurer ce courant et d'effectuer d'autres contrôles (un courant de 0 ampère indique que la connexion est mauvaise et/ou que la bougie est fondue). Un commutateur connecté au circuit de la pompe permet le remplissage ou la vidange du réservoir.
Un tel panneau revient généralement à peine plus cher qu'un allume-bougies. Dans certains cas, il peut se révéler très utile, car, de plus, il réduit les possibilités de courts-circuits et simplifie le câblage.

1) Un autre système de remplissage du réservoir consiste à
pressuriser le bidon, comme dans ce cas-ci. 2)
Pompe à carburant électrique alimentée sur 12 volts. Réversible pour
la vidange du réservoir. |