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MAGAZINE, LES COURS D'AEROMODELISME > TECHNIQUES : n°25

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REGLER VOTRE PLANEUR
Quelques conseils pour régler votre planeur et optimiser ses performances

 

Les planeurs radiocommandés constituent l'une des plus belles branches de l'aéromodélisme. Personnellement, après avoir piloté des aéromodèles de toutes catégories, j'estime qu'il n'y a rien de plus beau qu'un planeur volant aux thermiques à 200 mètres d'altitude. Certains trouveront peut être cela ennuyeux...
De prime abord, un planeur est un appareil simple: absence de moteur et de bruit. aucun effort apparent; mais ne nous leurrons pas et ne confondons pas "silence" et "simplicité" : notre planeur, aussi simple soit-il, doit être en parfait état de marche si nous voulons lui donner le rendement nécessaire pour qu'il puisse profiter d'une thermique moyenne en vol de plaine, ou d'un vent faible (ou, au contraire, anormalement fort) en vol de pente.

 

 

Planeur F3B en descente, aérofreins et flaps levés. Observez l'absolue pureté de son aérodynamisme.

 

Améliorations aérodynamiques
Un planeur est composé d'une aile et de quelques autres éléments; autrement dit, la partie principale du planeur est l'aile et le reste ne doit, autant que possible, pas entraver son action. Cette interférence se traduirait par une résistance aérodynamique: l'air s' ''accroche" à la moindre saillie en surface et entrave la progression de l'appareil. Cette résistance est proportionnelle à la vitesse, de manière exponentielle: plus le planeur est rapide, plus la résistance aérodynamique est importante.
L'amélioration de l'aérodynamique est liée à deux facteurs. le premier est déterminé par le choix des proportions du planeur (allongement et corde alaire, forme et section du fuselage, choix du profil de l'aile et des plans stabilisateurs, etc.); à moins que nous ne dessinions nous-mêmes notre planeur ou que nous ne nous lancions dans une opération chirurgicale majeure, les décisions en cette matière sont prises par le fabricant ou le concepteur du modèle. Le second facteur totalement à notre portée, cette fois concerne la construction et l'affinement du modèle. Des points apparemment anodins, comme la situation du centre de gravité (dans les limites permises par le fabricant) ou la finition correcte du modèle font qu'un même planeur volera bien, d'une manière satisfaisante, ou très bien...

 

 

L'ajustement des gouvernes doit être parfait. En compétition, elles sont toujours scellées avec du ruban adhésif ou au moyen de systèmes de charnières sophistiqués, comme sur la photo.

 

Fini superficiel
Afin de comprendre l'importance de la finition des surfaces de sustentation, et en général de toutes celles soumises au courant d'air qui enveloppe un planeur, il suffit d'observer un planeur grandeur nature : les surfaces sont polies jusqu'à prendre l'aspect d'un miroir. Il en va de même en aéromodélisme où la vitesse et le rendement sont d'une importance capitale. Les ailes d'un planeur F3B sont construites dans des moules métalliques et il est rare qu'elles présentent des orifices non bouchés de plus de 3-4 mm.
Une telle perfection n'a pas sa raison d'être dans le cas des modèles de détente. Le fini superficiel ne doit bien évidemment pas présenter de rugosités; un ponçage correct du bois avec un polissoir et du papier verre fin, le calfeutrage des irrégularités ou des petits défaut de bois avec un mastic approprié et le meilleur réglage possible des différents composants de notre modèle lui conféreront un meilleur aérodynamisme et une plus grande résistance.
Une autre façon d'améliorer l'aérodynamisme consiste à recouvrir de ruban adhésif (Scotch Magic ou semblable) les rainures inhérentes au montage du modèle, comme la jonction des ailes au fuselage et le périmètre du cockpit (de plus, cette opération évite que l'aile ne se déboîte de son logement).

 

 

1) Menu de réglage des flaps avec ses mélanges, pour planeurs de type F3B.

2) Installation de la radio sur un F3B avec tringles de transmission très rigides.

 

Les gouvernes
Il est un point réellement susceptible d'amélioration dans la plupart des planeurs: le "scellage" des gouvernes. Comme vous avez pu le remarquer, sur un pourcentage élevé des quelques modèles présentés jusqu'à présent, les ailerons sont scellés à l'aide de ruban adhésif. Il ne s'agit pas d'un caprice du constructeur: non seulement le système est simple, mais, de plus, il empêche le passage de l'air de l'intrados vers l'extrados de l'aile. Vous n'ignorez pas que la sustentation de l'aile est due, principalement, à une diminution de la pression sur l'extrados de l'aile (surface supérieure, courbe) qui est littéralement "aspiré" vers le haut. La partie inférieure de l'aile subit une légère surpression qui pousse l'aile vers le haut et constitue 30-40% de la sustentation. L'air tend à passer de la partie inférieure à la partie supérieure en profitant de la moindre ouverture, comme l'espace existant entre l'aileron et l'aile; cela diminue la portance de l'aile et dégrade la réponse des ailerons.

 

 

L'ajustement entre fuselage et gouvernes (stabilisateur inclus) doit être parfait pour éviter les résistances parasitaires.

 

Le centre de gravité
Si nous devions choisir un seul paramètre qui nous permettre de modifier le comportement de notre planeur (ou de tout autre aéromodèle), nous choisirions sans aucun doute l'emplacement correct du centre de gravité. Généralement le fabricant nous donne une marge de 1-2 cm pour le centrage du modèle, mais nous pouvons encore apporter quelques améliorations à l'intérieur de cette marge. La meilleure solution consiste à établir le centre de gravité à la moitié de la marge indiquée et à trimmer ensuite le modèle de façon à ce qu'il vole droit et de manière nivelée. Lorsque nous nous serons familiarisés avec son comportement en vol, nous réglerons plus finement la position du centre de gravité. Pour ce faire, à bonne altitude, nous faisons piquer l'appareil à environ 30°; lorsqu'il aura pris assez de vitesse, nous lâcherons la commande de profondeur. Le planeur devra alors reprendre, en douceur, une position de vol nivelé, ou monter légèrement. Si le modèle reprend brusquement de l'altitude (comme si nous appliquions de la profondeur vers le haut), c'est que le centre de gravité est situé trop en avant, et nous devrons le reculer. Si, au contraire, le modèle ne se remet pas du piqué (ou pire encore, tend à l'aggraver), nous avancerons le centre de gravité.
Le réglage doit être effectué " à petites doses " : ne déplacez le centre de gravité que d'un demi-centimètre à la fois. À chaque modification apportée au centre de gravité, vous devrez refaire l'essai en vol jusqu'à ce que l'appareil adopte le comportement souhaité (voir rubrique aérodynamique)

 

 

1) Planeur lancé-main au moment du lancement. Pour un rendement optimal, son centre de gravité doit être bien situé.

2) Vérifications de la radio avant de lancer le modèle.

 

Réglage de la radio
En ce qui concerne la radio, la première opération consiste à régler le débattement des commandes (profondeur, direction et ailerons). Comme norme, les valeurs données (en millimètres) par le fabricant correspondent au débattement du bord de fuite de chaque gouverne, et cela, pour un pilote moyen.
La commande de profondeur est assez sensible; parfois, il vaut mieux définir des débattements différents vers le haut et vers le bas (davantage vers le bas que vers le haut). En l'absence d'indications plus précises, disons que, pour un modèle de dimensions moyennes (environ deux mètres d'envergure), 8-10 mm dans chaque sens constituent un bon point de départ. Dans le cas de la gouverne de direction, le débattement doit être assez important si l'on veut disposer d'une commande énergique: d'habitude, 20-25 mm dans chaque sens; personnellement, j'opte pour le plus grand débattement possible, sans que cela n'interfère avec la profondeur.

 

 

Il faut piloter le planeur par tout les temps et se familiariser avec ses réactions aux thermiques.

 

Les ailerons
Dans le cas d'un planeur, les ailerons peuvent donner de très mauvais résultats si l'on néglige certains points. Le pilote moyen pense qu'en commandant les ailerons, le planeur s'inclinera et virera dans la direction souhaitée, mais, si ceux-ci sont mal réglés, il peut très bien arriver que le planeur s'incline, qu'il ne vire pas ou le fasse dans la mauvaise direction... Un mauvais débattement des servos constitue la cause de ce phénomène.
Sur un avion à moteur, le débattement de l'aileron levé est fort semblable à celui de l'aileron baissé. Sur un planeur, au contraire, le déplacement de l'aileron montant est nettement supérieur à celui de l'aileron descendant; le rapport peut être de trois à un (12 mm vers le haut et seulement 4 mm vers le bas), voire supérieur. Ce résultat peut être obtenu mécaniquement (en déplaçant le point d'ancrage du horn de commande vers l'arrière, le différentiel augmente) ou alors, si nous disposons d'une radio plus sophistiquée et d'un servo pour chaque aileron, électroniquement. Les radios équipées d'un programme spécifique pour planeurs disposent d'une fonction de "différentiel" qui joue exactement ce rôle (parmi d'autres). En principe, réglez le débattement dans chaque direction selon les instructions du fabricant.


 

Les réglages mentionnés s'appliquent également aux planeurs équipés d'un moteur auxiliaire pour la prise d'altitude.

 

Différentiel et accouplement dérive-ailerons
Si le différentiel d'ailerons de notre planeur est bien réglé, il virera correctement avec ailerons et profondeur: il pivotera selon nos désirs et le nez sera toujours pointé vers le virage (il ne restera pas "à la traîne"). Dans le cas contraire, il faudra augmenter le différentiel pour corriger le comportement de l'appareil. Dans des cas extrêmes (planeurs lents à aile haute), le différentiel peut être "total" (l'aileron de l'aile extérieure au virage ne descend absolument pas, l'aileron intérieur agissant comme un "spoiler"). Pour ce genre d'appareils, il peut être utile de combiner ailerons et direction, soit manuellement (en déplaçant les sticks de l'émetteur de façon coordonnée) soit électroniquement, si la radio est programmable. Dans ce dernier cas, nous combinerons progressivement (le mélangeur peut être programmé entre O et 100%) ailerons et direction (la dérive doit suivre la même direction de virage que celle des ailerons), jusqu'à ce que le comportement du planeur soit satisfaisant. Signalons que le mélangeur autorise également l'utilisation de la dérive de manière indépendante.

 

Les trims
Tout comme pour les autres aéromodèles, nous devrons régler les commandes mécaniquement afin que les trims soient, autant que possible, en position centrale.
Presque tous les planeurs disposent d'un trim un peu spécial : celui de profondeur. Notre modèle doit pouvoir voler normalement avec ce trim en position centrale; en changeant sa position, nous obtiendrons des comportements différents. Nous devrons nous habituer à trois positions pour la commande de profondeur (les radios haut de gamme peuvent être programmées en ce sens avec leur menu correspondant). Mis à part la position centrale (ou "normale"), il nous faudra trouver la position "vitesse" avec le trim en très léger piqué. Ainsi réglé, notre planeur volera beaucoup plus vite que de coutume sans perdre trop d'altitude. Cette position est fort utile pour les déplacements à travers champs ou pour le vol de pente.
Sur l'autre position, le trim est un peu "haut" (disons deux clicks) : le modèle évolue plus lentement et reste même quelque peu "suspendu" (pas au point de décrocher, bien sûr). J'opte, personnellement, pour ce type de vol quand je suis à la recherche de thermiques, car le planeur est alors plus sensible qu'en position normale aux turbulences et aux ascendances.


 

Menu de réglage d'une radio de haut de gamme.

 

Le pilotage
Indépendamment de tout ce que nous venons de dire, chaque pilote devra bien entendu apprendre à maîtriser son modèle. Nous avons tous vu comment des pilotes expérimentés étaient capables de débusquer des thermiques ou de pratiquer le vol de pente par vent faible, tout cela avec une aisance qui dépasse l'entendement. En réalité, il n'y a pas de secret : ces passionnés ont de nombreuses heures de vol à leur actif et, souvent, ils utilisent le même type d'appareil depuis des années. Ils connaissent à la perfection les réglages à lui apporter; ils l'ont modifié bien des fois afin d'obtenir le comportement souhaité. Mais, surtout, ils l'ont fait évoluer par tous les temps, par brise légère ou par grand vent, avec de bonnes ou de mauvaises thermiques, et ils connaissent sur le bout des doigts, sans même devoir le regarder, la moindre de ses réactions. En matière de vol thermique, rien ne remplace les longues heures de pratique avec le même appareil.

 

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