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" ASW 27 "
Une maquette de '' Grande Plume "
Pour vol aux thermiques, vol de pente ou remorquage

Malgré
ses dimensions, le modèle est facile à manoeuvrer, pour autant que l'on
ait un minimum d'expérience des ailerons.
Nous avons, jusqu'à présent, analysé quelques modèles (avions ,planeurs). La plupart étaient de format plutôt petit ou moyen; pour les plus pointilleux, sachez qu'en aéromodélisme, on considère comme "petit" un planeur radiocommandé mesurant jusqu'à deux mètres d'envergure, et "moyen", jusqu'à environ 3 mètres.
Le modèle que nous vous présentons cette semaine est assez différent de ce que nous avons vu jusqu'ici :
l'ASW est grand et lourd. Son envergure est de trois mètres et demi, et son poids total -selon la radio et les accessoires complémentaires que nous y installerons- d'environ 3 800 à 4 200 grammes. Il ne s'agit donc pas, à proprement parler, d'un "poids plume".
Comme vous pouvez l'observer sur les photos, nous avons affaire à l'authentique semi-maquette d'un vrai planeur, fabriqué par Schleicher, célèbre constructeur allemand. Soit dit en passant, les lettres AS correspondent aux initiales du concepteur et
le W indique l'ingénieur influant et talentueux Gerhard Waibel.
Pour ceux qui connaissent ce genre de planeurs, l'ASW 27 et le modèle fabriqué et distribué, voici quelques années, par Robbe -que j'ai d'ailleurs eu l'occasion d'essayer- ont les mêmes dimensions. Pour le reste, les deux modèles ont peu de chose en commun. La construction, l'installation de la radio, le profil, etc., sont très différents. Il s'agit bien d'un autre modèle.
Le kit
L'ASW est un modèle franchement imposant. Il suffit de jeter un coup d'oeil à la boîte de construction : ses dimensions sont forcément impressionnantes, puisque les demi-ailes mesurent plus de 1,60 mètre, ce qui rend le transport du magasin à notre atelier assez problématique (à moins de la fixer sur le porte-bagages...).
Dans la boîte, nous trouvons un superbe fuselage en fibre de verre dont la finition est en gel-coat blanc. Inutile d'y chercher la moindre imperfection ou le moindre pore : s'il y en a, ils sont tout à fait négligeables. La jonction des deux moitiés du fuselage est extrêmement discrète et ne nécessite qu'un léger ponçage à l'eau. Le fuselage est pourvu de renforts, que l'on peut observer de l'intérieur. Nous trouverons également un petit autocollant qui porte l'indication
"handarbeit", garantie de sa fabrication artisanale. Les points d'intersection des baïonnettes et autres ferrures d'assemblage sont marqués sur le fuselage, ce qui simplifie considérablement le montage.
L'aile est fournie en deux parties (deux demi-ailes complètes). En foam de densité moyenne, elles sont coffrées de bois dur de près de 2 mm d'épaisseur. Le degré de préfabrication est très élevé. Les empennages, tant le stabilisateur que la gouverne de direction, sont en foam coffré.
Outre les éléments dont nous venons de parler et qui représentent 90% du contenu de la boîte, nous découvrons un cockpit en acétate et deux petits sacs renfermant les tringles nécessaires à l'installation des commandes et au système de jonction des ailes. Du point de vue "traditionnel", on y trouve peu de bois: une planche en contreplaqué de 2 mm où sont estampés les socles des servos (dont le servo d'aérofreins), les cloisons de l'emplanture des demi-ailes et une cloison destinée à consolider la gouverne de direction. Je crois n'avoir rien oublié. Les instructions et la séquence de construction sont dans la ligne habituelle de Robbe : des pièces numérotées de façon chronologique, des instructions tellement claires qu'il est vraiment difficile de commettre la moindre erreur …et traduites en quatre langues.

1)
Détail de la commande du stabilisateur, occultée.
2)
Marginaux taillés en balsa; sur le modèle précédent, ils étaient
courbés vers le bas.
Autres accessoires nécessaires
L'ASW est prévu pour une radio à trois canaux et quatre servos au moins (un par aileron); il est possible d'y installer des flaps et des aérofreins, ainsi qu'un système de largage, ce qui nous donne un total de huit
servos. Pour cette configuration, il est souhaitable de disposer d'une radio haut de gamme avec mélangeurs spéciaux pour planeurs; pour la version de "base", nous aurons besoin de quatre
servos, dont deux de petit format.
La quantité de thermorétractile nécessaire pour l'entoilage des ailes est considérable. Nous aurons également besoin de colle spéciale pour fibre de verre (Époxy lent ou
Stabilit).
Construction des ailes
Les deux demi-ailes sont du type de celles dont Robbe équipe les modèles haut de gamme. L'intrados du profil utilisé, concave, est d'une épaisseur d'environ 11%, avec un bord d'attaque assez arrondi, ce qui augure un bon comportement en vol; il rappelle le Wortmann FX126 employé pour d'autres modèles de grandes dimensions et qui a toujours donné d'excellents résultats.
Les demi-ailes sont en foam coffré de bois dur. Les bords d'attaque et de fuite sont installés et fraisés. Les ailerons sont également fraisés, mais pas les
flaps. Dans la partie inférieure, les logements de servos des gouvernes sont, eux aussi, fraisés. Comme d'habitude chez
Robbe, il s'agit de puits de 50 mm de diamètre qui reçoivent les "Servo-Lock" du fabricant (supports en plastique à couvercle dans lesquels les servos entrent par pression). Ce système, très efficace, facilite grandement l'installation et l'entretien des
servos.
De nombreuses pièces équipent d'origine l'intérieur de l'aile : les gaines pour les câbles et les transmissions des aérofreins, des flaps et des ailerons (les câbles de rallonge de ces derniers sont déjà installés) ainsi que les logements des baïonnettes de jonction des demi-ailes au fuselage; les défoncements correspondant aux aérofreins sont déjà fraisés (aux dimensions des aérofreins que propose
Robbe, bien entendu). Nous avons reçu deux de ces aérofreins avec le modèle; ils se sont révélés indispensables pour les atterrissages de précision.
Le montage des demi-ailes est simple, le fabricant ayant effectué la partie la plus fastidieuse du travail. Nous collerons à l'époxy les cloisons en contreplaqué de la partie centrale des ailes et les ajusterons exactement au profil en les ponçant. Il faut terminer la découpe des ailerons, recouvrir le foam de bandes de balsa et placer les horns de commande (le plan est tellement précis à cet égard que les instructions n'ont presque plus de raison d'être). L'installation des
Servo-Locks, des servos et des tringles est une question de minutes. Bien que les instructions soient, ici, peu explicites, il est préférable d'entoiler les ailes et les gouvernes
d'Oracover ou équivalent avant d'installer les servos.

Assemblage
du modèle. Notez la baïonnette en acier de 14 mm et les
"Karmann" aérodynamiques en fibre. Vaste accès via la cabine.
Système de fixation des ailes
Les orifices rectangulaires destinés au passage des baïonnettes sont marqués sur les flancs du fuselage, ainsi que ceux des tringles qui règlent l'incidence des ailes. Nous les laisserons libres. La baïonnette de jonction de
l'ASW 27 n'est pas ronde, ce qui est logique dans le cas d'un appareil de telles dimensions. Il s'agit d'une baïonnette en acier, très résistante, d'environ 2 mm d'épaisseur sur 14 mm de hauteur, que l'on installe à l'intérieur de tubes en laiton de 2 mm d'épaisseur. Le dispositif est assemblé au moyen de platines en laiton et de deux pièces centrales en aluminium, jointes par deux vis M5. C'est l'écart entre ces platines qui règle le dièdre des ailes ( 90 mm sous chaque demi-aile); la pression des deux vis sert à fixer l'assemblage.
L'ensemble doit être monté terminé, avec le bon dièdre. Ensuite, nous collerons les tubes en laiton au fuselage à l'époxy lent ou au
Stabilit. Les baïonnettes, une fois poncées et dégraissées à l'acétone, seront collées aux ailes de la même façon.
Les aérofreins
Bien qu'ils soient en option, il faut reconnaître qu'ils sont indispensables à un appareil de ce format. L'ensemble est prévu pour les aérofreins proposés par
Robbe, mais on peut en installer d'autres, en "bricolant" quelques modifications. On monte le servo sur un petit support en bois, devant le dispositif de jonction des ailes et dans une position très inclinée. Le logement du câble de transmission est monté; il ne nous reste plus qu'à installer et à coller les aérofreins dans leur logement avec de l'époxy, à placer les tringles et à coller le petit couvercle en bois sur la surface de l'aile. L'opération la plus fastidieuse concerne le réglage des débattements et des tringles du
servo, car l'ensemble du mécanisme ne peut pas être forcé; en outre, les aérofreins doivent rester "cachés" et immobiles en situation de vol normal.
L'empennage
Le stabilisateur en foam coffré sera complété par les marginaux et le bord d'attaque en balsa. Nous poncerons ces pièces pour leur donner la forme aérodynamique indiquée sur le plan. On fixe le stabilisateur au fuselage au moyen d'une pièce en plastique collée sur la partie supérieure de la dérive et de deux blocs de forme arrondie en bois dur, situés sur le stabilisateur, qui servent de support aux deux vis en plastique assurant la jonction.
La partie mobile du gouvernail de direction est en balsa profilé. Seul point à souligner cette pièce est fixée sur un côté du fuselage et non en son centre, et son horn de commande est caché. On installe, sur la base de la gouverne de direction (dans le fuselage), une équerre de renvoi pour la commande du stabilisateur.

1)
La fixation du gouvernail par la charnière se fait sur le côté, la
commande étant ainsi dissimulée dans le fuselage.
2)
Aspect particulier des "horns" d'ailerons, semblables à ceux
des F3B.
L'équipement radio et les transmissions
L'espace est suffisamment vaste pour pouvoir y installer n'importe quelle radio. Comme pour toutes les maquettes de planeurs de ce niveau, ce serait criminel de laisser dépasser l'antenne du récepteur; nous la glisserons donc dans un tuyau en plastique à l'intérieur du fuselage. La batterie doit être puissante (1200 mAh ou plus), vu la durée du vol de pente... et la nécessité de lester le nez; autant choisir quelque chose d'utile.
La présence de servos dans les ailes se traduisant par un enchevêtrement de câbles autour du récepteur, il est conseillé (surtout si nous utilisons des
flaps) de les identifier au moyen d'étiquettes qui nous indiquent à quel canal ils correspondent.
Une parenthèse en ce qui concerne les transmissions : celles des servos d'ailerons et
d'aérofreins, courtes et rigides, sont excellentes, mais celles des gouvernes de queue laissent beaucoup à désirer. Elles sont en plastique, comme c'est généralement le cas chez
Robbe, et elles posent le problème suivant: étant donné qu'elles sont très longues, il est très difficile de les fixer à l'intérieur du fuselage sur toute leur longueur. Elles ont donc tendance à fléchir et la commande s'en ressent. Il nous semble que Robbe devrait les concevoir plus rigides, en recourant à des tringles en balsa de 8 x 8 -ou davantage- de section ou en fibre de carbone, pour éviter les "flutter".
Finition
Nous avons laissé le fuselage tel quel (d'un blanc immaculé). Pour les surfaces portantes, nous utiliserons le
thermoadhésif habituel, rouge pour le dessous et blanc pour le dessus. Le cockpit comporte un support interne que nous devrons peindre et où il serait bon d'installer un pilote, pour plus
de réalisme (comme celui qui était fourni avec l'ancienne version du ASW...). Le système de fixation consiste en un téton à l'avant et une belle fermeture à l'arrière. On place l'interrupteur de la radio à l'intérieur, sous la cabine. Les autocollants fournis avec le kit donnent la touche finale à notre planeur. Les débattements de la radio sont ceux indiqués par le fabricant.
Vol d'essai
Les premiers essais se sont déroulés en plaine, par une journée assez venteuse. Il n'est pas simple de lancer un tel planeur à la main. Il y a quelques années, nous avions essayé de lancer l'ancien ASW27 à l'aide d'un sandow, mais ce dernier, pourtant très efficace dans le cas des modèles "normaux", s'est, cette fois, révélé inutile, vu le poids de l'appareil (près de 4 kilos). Lors d'un des essais, nous avons oublié d'allumer l'équipement radio et le planeur a atterri tout seul, sans dommages, ce qui démontre l'excellence de sa conception et du centrage, défini selon les instructions du fabricant. Nous pouvons dire que nous avons eu de la chance.
L'épreuve "de vérité" a été réalisée sur une pente, "habitat" naturel du planeur.
L'ASW 27 tolère une large plage de vents, des plus légers aux plus violents. Ce planeur prouve de façon indiscutable que "les grands modèles volent bien". Il se déplace sur les versants avec une facilité étonnante et peut évoluer à allure normale ou à des vitesses franchement impressionnantes. Les virages doivent être négociés aux ailerons, aidés de la gouverne de direction.
Les atterrissages ne posent pas de grands problèmes, pour autant que nous freinions l'appareil en sortant les aérofreins. Nous n'avons pas constaté de grands changements de compensation au moment de sortir les ailerons. Nous ne pouvons émettre aucun commentaire concernant les
flaps, car nous ne les avons pas installés sur notre ASW.

La
partie avant du fuselage est plus large que de coutume pour un tel
planeur, d'où la lettre "W" (wide)
Résumé
L'ASW de Robbe est une "grande plume" au sens large du terme. Nous n'avons pas affaire à un kit bon marché, mais son haut degré de préfabrication et sa conception innovatrice nous permettent de le lancer dans les airs en moins de temps que l'on pourrait le penser de prime abord. On peut l'équiper de flaps et en faire un appareil à très hautes performances.
Son environnement naturel est la pente, mais il peut aussi voler aux thermiques, s'il est propulsé au moyen d'un treuil assez puissant.
Il enchantera les vélivoles expérimentés à la recherche de sensations nouvelles.
Quelques
détails frappants

1)
On pourrait y installer trois équipements radio, vu l'espace disponible.
2)
Servo d'aérofreins en position verticale, devant le système de fixation
des ailes.

3)
Un bon centrage implique la présence d'une quantité considérable de
lest dans le nez.
4)
On fixe le cockpit à l'aide d'un téton en bois à l'avant...

5)
... et ce pratique système de verrou, à l'arrière.
6)
Encastrement de l'aile : on y voit le profil et les passages prévus pour
les commandes et les câbles.
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