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MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°12

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" TELEMASTER 66 "
Un aéromodèle classique avec lequel des milliers
d'amateurs ont appris à piloter

 

 

Le Telemaster 66 est un entraîneur de moyenne-grande dimension, au vol très stable.

 

Au moment d'élaborer la liste des modèles que nous allons présenter sur ce site, nous avons décidé qu'il fallait y inclure des modèles de tous genres des plus modernes "quasiment prêts à voler', d'origine asiatique, aux plus classiques, parmi lesquels devait, à juste titre, figurer le "Télémaster".
Le "Télémaster" a plus de vingt ans (voire trente). Comme vous le constaterez en lisant ce qui suit, sa conception, sa construction et son vol n'offrent rien d'extraordinairement nouveau. En effet, il s'agit - et là réside son "charme" - d'un modèle conçu selon les canons classiques du modélisme, dont un des principes s'énonce en ces termes : "Ce qui donne l'impression de pouvoir bien voler, vole bien". Le Télémaster ressemble aux classiques avions de tourisme des années trente et quarante, et vole de la même façon.
Différentes versions du "Télémaster" ont vu le jour au fil des années, la plus courante étant le "66", ce qui correspond au nombre de pouces que compte son envergure (environ 170 cm). On a aussi lancé sur le marché un "Senior Télémaster" (environ 2 mètres d'envergure) de même - si mes souvenirs sont bons - qu'un modèle plus grand (de près de 2,5 mètres d'envergure). Leur structure ainsi que leurs caractéristiques de vol étaient semblables.

Caractéristiques
Le "Télémaster 66'' est distribué par l'entreprise anglaise "Aerotech International". Il s'agit d'un modèle en bois de 175 cm d'envergure et de 125 cm de long. Nous allions le présenter comme une "construction classique" mais le fabricant a, voici quelques années, décidé de modifier la construction du fuselage en éliminant les "bâtonnets", ce qui en simplifie énormément le montage.
C'est une aile haute, au fuselage assez large, et qui ressemble aux avions de tourisme d'il y a quelques dizaines d'années, comme le "Piper Club" et autres. Entièrement construit en bois, son poids est dès lors modéré. Si nous ajoutons à ce qui précède la surface alaire et le profil utilisé (plan convexe relativement portant), nous pouvons en déduire qu'il s'agit d'un modèle capable de voler avec relativement peu de moteur et à moyenne-basse vitesse.
Dans le cas de ce modèle, on recommande un moteur "40" ou '45", mais nous avons conclu, des résultats obtenus avec un MDS 40, que le moteur conseillé devait s'apparenter à ceux utilisés voici 25 ans, qui fournissaient deux fois moins de puissance que les moteurs actuels; le nôtre était vraiment trop puissant.


 

On accède très facilement au moteur et au réservoir.


Contenu du kit
Lorsque nous ouvrons la boîte contenant notre Télémaster, nous découvrons de nombreuses pièces en bois, dont la plupart sont ''estampées", des liteaux en balsa et pin (ou similaire), des cordes de piano, des ferrures, les supports du train d'atterrissage (sans roues) et le réservoir. Notez l'absence de tout élément préfabriqué : rappelez-vous que nous avons affaire à un kit de construction des plus classiques.
L'équipement contient un plan et un livret d'instructions de 16 pages DINA4, pure merveille de bon sens et de précision. Je n'ai pas l'honneur de connaître la personne qui l'a rédigé et qui a réalisé les croquis mais il doit très certainement s'agir d'un aéromodéliste chevronné. Depuis la préparation du plan, qu'il faut recouvrir d'un matériau déterminé afin que les pièces n'y restent pas collées, jusqu'au recouvrement du modèle ou à l'installation des commandes, tout a été prévu.
Nous aurons besoin, pour compléter le modèle, d'une radio à quatre canaux et quatre servos, d'un moteur d'environ 6 cc (comme nous l'avons déjà précisé, il ne doit pas être trop puissant), d'adhésifs, de matériel de recouvrement, de roues et d'un moyeu. Comme d'habitude !

Le fuselage
La construction du Télémaster commence par le fuselage. Je crois me rappeler que le modèle original avait un fuselage composé de liteaux en balsa, ce qui assure une structure puissante et légère mais... pénible à construire. Le fuselage de notre Télémaster est constitué principalement de contreplaqué de 3 mm, mais du type "léger" (et non de finlandais multicouche). Les flancs sont estampés et comportent des ouvertures à l'arrière pour économiser du poids. Une grande partie des cloisons principales sont également en contreplaqué. Comme nous l'avons indiqué (ou allons l'indiqué) dans les articles consacrés aux "bois" et aux "adhésifs", c'est la colle blanche qui convient le mieux à ce type de bois, à l'exception de la cloison pare-feu (avant), qu'il est préférable de coller avec de l'époxy.
Les flancs du fuselage et les cloisons présentent une série d'encoches estampées et de perforations qui n'autorisent qu'une seule manière d'installer les pièces et, de surcroît, empêchent celles-ci de glisser, ce qui nous permet de monter la majeure partie du fuselage en un temps minimum et sans grands risques d'erreur. Il en va de même pour les fermetures supérieure et inférieure. Nous devrons seulement veiller à coller les cloisons bien perpendiculairement aux flancs.

Nez et train d'atterrissage
Nous devrons, dès les premières phases de la construction, choisir le type de train d'atterrissage souhaité (traditionnel ou tricycle, avec ou sans roue avant orientable). En effet, selon le cas, l'emplacement du bloc de bois dur destiné à la fixation des roues est différent (indépendamment, bien entendu, de la présence ou non d'une roue avant).
L'installation du moteur est de celles que l'on rencontre classiquement chez les constructeurs anglais : on renforce la partie avant du fuselage avec des blocs de balsa et on installe deux pièces en bois de hêtre d'environ 10x20 mm, que l'on colle à la cloison pare feu et aux flancs avec une bonne dose d'époxy. On ne fixe pas le moteur à ces blocs, mais bien à une semelle de plastique très dur (Paxolin ou similaire), qu'il nous faudra découper à la mesure du carter du moteur. On fixe ensuite, au moyen de quatre vis filetées métalliques, l'ensemble formé par le moteur et la plaquette de Paxolin aux embases en hêtre. Ce système offre l'avantage suivant: pour changer de moteur, il suffit de découper une autre semelle de Paxolin. Ajoutons qu'il est très important d'imperméabiliser l'intérieur du compartiment moteur, et cela, avec du novavia, du polyester ou de l'époxy. Le fabricant conseille, tout à fait judicieusement, d'installer le moteur, le réservoir et la timonerie du carburateur dès les premières phases du montage, même de façon provisoire. Après avoir vérifié le bon fonctionnement de l'ensemble, nous fermerons le fuselage avec ses pièces correspondantes. La forme carrée du fuselage n'est pas très esthétique, mais nous nous portons garants de sa solidité. L'espace réservé à la radio est plus que suffisant.


 

1) Gouvernes de taille moyenne. Il faut essayer de réduire l'espace séparant ces gouvernes de la partie fixe.

2) L'espace disponible pour la radio est large. On fixe les ailes avec des élastiques.


Transmissions des gouvernes
Le fabricant recommande d'utiliser des transmissions flexibles, ce qui n'était pas le cas des autres modèles étudiés jusqu'à présent (à part un , il me semble). Pour les amateurs qui ne les connaîtraient pas, je précise qu'il s'agit d'un tuyau qui glisse à l'intérieur d'une gaine en plastique, de diamètre légèrement supérieur. Selon moi, les meilleures sont les "sullivan", de couleur bleue (rigides) ou rouge (plus flexibles). Ces transmissions fonctionnent très bien... si elles sont bien montées. Il suffit, pour obtenir le meilleur résultat possible, de suivre les instructions au pied de la lettre (de plus, ces dernières s'appliquent a tous les modèles équipés de ce type de transmissions). Les points d'entrée et de sortie des transmissions sont clairement indiqués; il est pratiquement impossible de se tromper. C'est encore un "dix sur dix".

Les ailes
Elles sont des plus classiques : nervures en balsa et longerons. Les nervures sont estampées et comprennent les logements destinés aux longerons centraux et à une partie du bord d'attaque.
La résistance de l'aile à la flexion est principalement due à la présence d'une "poutre" centrale, formée par les longerons supérieur et inférieur de l'aile (pin de 10x6 mm), entre lesquels on colle un troisième longeron en balsa avec des renforcements pour accueillir les nervures. La structure complète est d'une très grande solidité et mesure 10x35 mm. Le bord d'attaque est constitué de deux liteaux placés perpendiculairement, que nous devrons poncer après les avoir collés en nous aidant d'un gabarit. Tout comme dans le cas des autres aéromodèles, il est important que la forme de ce bord d'attaque soit correcte.

Jonction des ailes
On joint les deux demi-ailes au moyen de deux pièces en contreplaqué, que l'on colle de chaque côté du longeron/poutre central; deux autres pièces doivent ensuite être collées sur les bords d'attaque et de fuite. Le dièdre est de 12 cm sans utilisation d'ailerons et de 8 cm dans le cas contraire. Seul le centre de l'aile est plaqué, à l'endroit où celle-ci s'appuie sur le fuselage. Les ailerons courent sur environ 80 % de la longueur de l'aile; ils sont formés à partir d'une pièce profilée en balsa. On confectionne la commande des ailerons avec une tige d'acier. Les instructions expliquent comment plier celle-ci pour obtenir un mouvement correct des gouvernes (plus vers le haut que vers le bas).


 

Installation - simple - du servo des ailerons.


L'empennage
Les plans horizontaux sont constitués de nervures et longerons; curieusement, ils présentent un profil sustentateur plan-convexe. On construit l'empennage de la même façon que l'aile. La dérive et son gouvernail sont en bois de balsa massif. Soyez attentifs à ce que les surfaces soient bien perpendiculaires, non seulement entre elles mais aussi par rapport au fuselage et aux ailes.

Finition du modèle
Le modèle a été entièrement recouvert d'Oracover, conformément aux instructions. Il est, comme toujours, préférable de recouvrir chaque surface séparément avant de coller les gouvernes au fuselage, d'installer les charnières et de terminer le montage du modèle.
L'équipement radio est facile à monter puisque les gaines pour les transmissions ont déjà été installées lors d'une phase précédente. Quant aux trois servos à placer, le fuselage dispose de suffisamment d'espace pour n'importe quel type de configuration. Le centre de gravité doit se situer à environ 8 cm du bord d'attaque de l'aile.


 

Avec le MDS 45, la capacité d'ascension est plus que suffisante; on peut même réaliser quelques acrobaties élémentaires.


Vol d'essai
Comme nous l'avons déjà précisé, nous avons équipé le modèle d'un MDS 45. Je reconnais que nous avons "poussé le bouchon un peu loin" en utilisant un tel moteur car, à pleine puissance et avec une hélice 11x6 APC, il est capable d'élever le modèle à la verticale.
Après avoir vérifié les commandes, nous avons mis les gaz à fond et, comme on pouvait s'y attendre, le Télémaster a décollé en 4-5 mètres et a littéralement bondi dans les airs. Après lui avoir fait prendre une certaine hauteur, nous avons réduit les gaz de moitié, ce qui nous a permis d'obtenir un comportement beaucoup plus "serein". Nous considérons, a posteriori, qu'un 35 - voire moins- est plus que suffisant.
Malgré ses grandes dimensions, le modèle est un excellent entraîneur. Le moteur utilisé lui permet de voler à l'aise au tiers de sa puissance et rend sa réponse aux commandes très agréable. Bien qu'il soit équipé d'ailerons, le Télémaster peut très bien virer avec le seul gouvernail; de fait, si l'on n'installe pas la gouverne de ces ailerons avec le différentiel correspondant (c'est-à-dire, que le mouvement de l'aileron qui monte doit être 1,5 ou 2 fois plus important que celui de l'aileron qui descend, le modèle virera mieux avec la dérive qu'avec les ailerons). La gouverne de profondeur est très puissante, et nécessite dès lors une course d'environ 6 mm dans chaque sens.
Bien qu'il ne soit pas conçu pour cela, notre Télémaster peut réaliser quelques acrobaties élémentaires, mais le vol inversé nécessite beaucoup de gouverne de profondeur et on n'en sort que par le bas ou en réalisant un demi-tonneau. Les spirales donnent d'assez bons résultats.
Les atterrissages, pour lesquels le pilote doit à peine intervenir, sont magnifiques. Le décrochage est quasiment nul.


 

Comparez la taille du modèle et celle de notre collaborateur.


Résumé
Le Télémaster est un vétéran de l'aéromodélisme. Sa construction est archi classique, sauf en ce qui concerne le fuselage en contreplaqué, pratiquement "auto assemblable". Les instructions, brèves mais "consistantes", sont vraiment exemplaires. Je recommande leur lecture à tous les débutants. Quant aux qualités de vol, cet avion est un formidable entraîneur, plus grand que les entraîneurs habituels mais doté d'une bonne résistance aux impacts et capable de réaliser quelques acrobaties. C'est un modèle que nous aimons tous piloter. Équipé d'un moteur "40" de puissance moyenne, il est parfait.
On comprend aisément pourquoi il est présent sur le marché depuis autant d'années.

 

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