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MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°14

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Une maquette de bimoteur à propulsion électrique

 

 

Seul le câble d'antenne affecte le réalisme du Commander en vol.


Tous les aéromodélistes apprécient les bimoteurs. Ces appareils émettent un son tout à fait particulier (le plus souvent parce qu'il est impossible d'obtenir deux régimes moteur parfaitement identiques) et sont très beaux, tant en vol qu'au sol, si bien que l'apparition d'un tel appareil sur un terrain de vol éveille toujours le plus vif intérêt.
Malgré cela, on en voit très peu, et cela, pour diverses raisons. D'abord, il s'agit généralement de grands formats (ils ont rarement moins d'un mètre et demi d'envergure). Ensuite, leur construction est beaucoup plus compliquée que celle d'un avion traditionnel: comme les moteurs se trouvent sur les ailes, et non dans le fuselage, il est nécessaire d'y prévoir deux structures assez solides pour recevoir le ou les réservoirs de carburant et les embases des moteurs. Et cette contrainte effraie plus d'un aéromodéliste.

Problèmes posés par le pilotage d'un bimoteur
Supposons que nous ayons résolu les problèmes structurels dont nous venons de parler et que nous disposions d'un bimoteur. La dure réalité nous oblige à reconnaître que l'espérance de vie moyenne d'un bimoteur est inférieure à celle d'un monomoteur. Le nombre élevé d'accidents est dû au problème de la "puissance asymétrique" : quand, sur un bimoteur, l'un des moteurs lâche, toute la puissance se porte loin du centre de gravité. Si le pilote n'arrive pas à le contrôler, il risque de se mettre à piquer en vrille.


 

Cette photo nous permet d'apprécier les dimensions du fuselage, supérieures à la normale. En réalité, ce genre de construction en foam permet de reproduire des modèles qui ne pourraient pas être réalisés dans un autre matériau.


Le Commander
Le ''Commander'' est un bimoteur conçu par Robbe, le célèbre fabricant allemand. Il s'agit d'un modèle fort peu conventionnel. D'abord, parce que c'est un bimoteur. Ensuite, par son format réduit et sa propulsion électrique. Enfin, par sa structure très particulière. Analysons ces caractéristiques, point par point.
Premier point. Robbe éprouve une certaine affection pour les multimoteurs : le catalogue de cette année présente en effet, outre le "Commander", un beau quadrimoteur de structure et de motorisation similaires. Deuxième point. Les dimensions du Commander sont réduites. Son envergure est de 1,23 mètres et sa longueur, légèrement supérieure à 85 cm. Avec les batteries et les moteurs en place, son poids avoisine les 1200 grammes. Sa surface alaire est de 25 dm2, ce qui nous donne une charge alaire de 50 gr/dm2. C'est une valeur assez élevée, mais tout à fait admissible pour un appareil de ce type.

Un bimoteur électrique ?
Le troisième point concerne la motorisation électrique du "Commander" , qui constitue peut-être sa caractéristique la plus séduisante. L'achat de deux petits moteurs électriques (du genre des Speed 400, bien connus et très économiques) nous permettra de diminuer le montant des frais liés à l'acquisition de deux moteurs à explosion semblables (que peu d'amateurs possèdent en stock). De plus, une telle propulsion offre beaucoup d'autres avantages pour ce type d'avions: il est très facile d'obtenir un même régime pour chacun des deux moteurs, ce qui n'est pas le cas pour les moteurs à explosion. Il est presque impossible que l'un des moteurs nous lâche en vol, contrairement aux moteurs thermiques, la panne pouvant être due au fait qu'un réservoir se vide avant l'autre. Cela réduit fortement les problèmes de pilotage liés à l'arrêt d'un moteur, et les crashes susceptibles d'en découler.
Le dernier avantage qu'offre l'utilisation de moteurs électriques sur un bimoteur est moins évident: le fait qu'ils ne produisent quasiment pas de vibrations simplifie le montage de l'aile, car les efforts et les contraintes que ces composants auront à supporter seront fortement réduits. Nous avons personnellement pu vérifier tout ce qui vient d'être mentionné quand, voici quelques années, nous avons construit et piloté un Dornier équipé de deux moteurs électriques de même marque.


 

Comme il s'agit d'une maquette, le comportement du Commander en vol est assez particulier. Mieux vaut effectuer quelques passages à faible distance et à vitesse modérée.


Le kit et le matériel nécessaire
Pour lancer notre Commander, nous aurons besoin de deux moteurs électriques du type Speed 400 et de leurs hélices respectives (7X3 ou 6X3) repliables ou non (notre option). Le modèle nécessite une batterie de sept ou huit éléments de 1700-2000 mAh avec ses connecteurs et un variateur de vitesse électronique pour le contrôle des moteurs. On peut remplacer le variateur par un interrupteur. La radio doit être à quatre canaux et trois servos, des microservos nous permettant de gagner environ 100 grammes. Pour le récepteur, on a le choix entre une batterie indépendante ou un système BEC au départ du contrôle de vitesse. L'appareil peut être équipé ou non d'ailerons.
La structure du Commander est assez particulière, bien que déjà connue de nos lecteurs, puisqu'elle ressemble à celle du Folland "Gnat", que nous avons décrit dans un article précédent. Cette structure est totalement à base de polystyrène expansé blanc, de densité moyenne Dans le cas du Commander, compte tenu de l'importance de son envergure, on a installé des renforts de bois en certains points stratégiques, dont nous parlerons plus tard. Dans l'ensemble, le modèle jouit
D'un haut degré de préfabrication : avec la bonne colle et sans trop vous compliquer la vie pour la finition, vous pourrez lancer votre avion en très peu de temps.
Comme nous le verrons quand nous analyserons ses qualités de vol, le Commander peut être monté avec ou sans train d'atterrissage. Tout dépendra de la piste sur laquelle nous choisirons de le faire évoluer
Juste une parenthèse concernant la construction des modèles en foam : les colles cellulosiques habituelles et les cyanoacrylates dissolvent le foam en quelques secondes. Seul est autorisé l'emploi de colles blanches, d'époxys et de certaines variétés de cyanoacrylates sans dissolvant, spécialement prévus pour ce matériau. Au moment de peindre notre modèle (le cas échéant), nous choisirons une peinture à l'eau (acrylique ou équivalente) pour ne pas abîmer sa surface.


 

1) Simple décoration à base d'autocollants. Il est possible d'installer des ailerons à servo individuel.

2) Détail de la gouverne de profondeur... et de la texture particulière du modèle, décelable de près.


L'aile
Comme d'habitude sur un bimoteur, l'aile est d'une seule pièce. Dans ce cas-ci, les deux demi-ailes en foam sont unies au moyen d'une baguette en contreplaqué de 3 mm. La jonction est effectuée à l'époxy; en ce qui nous concerne, nous avons d'ailleurs choisi cette colle pour toutes les jonctions. Sur les extrados et les intrados des ailes, on colle, en guise de renforts, des lattes qui ne devront pas ressortir en surface. 
Il faudra aussi coller un renfort en contreplaqué là où l'aile est en contact avec le fuselage, et cela, en même temps que deux autres pièces, elles aussi en contreplaqué, pour la fixation de l'aile au fuselage. À l'arrière, on installe une pièce en ABS où passera la vis de fixation. Si nous choisissons d'installer des ailerons, nous devrons les découper suivant le schéma (un peu "flou") qui accompagne le kit; les servos (un par aileron) s'encastrent dans l'intrados et sont fixés avec de la toile adhésive double face.

Le fuselage
Le fuselage du Commander ressemble un peu à l'emballage d'un gâteau glacé: il est constitué de deux parties, séparées longitudinalement, en foam et d'une seule pièce, dont les parois mesurent 12 mm d'épaisseur. À l'intérieur, une série de logements pour les servos, que l'on fixe par pression et avec un peu d'époxy. Aucune inquiétude à avoir: le système est efficace. On trouve également d'autres appuis pour les tringles de commande de profondeur, de direction et de roue avant du train d'atterrissage. Ce dernier est fixé sur des chevilles de bois, pour éviter que les impacts finissent par rompre le porex. Une fois les commandes installées (les instructions nous renseignent les longueurs exactes), nous pouvons coller les deux moitiés du fuselage à l'époxy ou à la colle blanche. Ensuite, nous collons les deux pièces en contreplaqué faisant office d'appuis à l'avant et à l'arrière de l'aile. Si nous voulons nous passer de train d'atterrissage, le fabricant nous conseille de placer un renfort en balsa sous le ventre du fuselage, pour éviter qu'il ne s'abîme. Personnellement, je le préférerais en pin.


L'empennage
Il ressemble beaucoup à l'aile, en plus petit. Il est en foam d'une seule pièce, moulée pour donner une meilleure texture à la surface. Les parties mobiles sont relativement grandes. Les deux parties mobiles de la commande de profondeur, unies par une pièce en corde de piano, forment un angle vers le haut, tout comme le modèle original. Les trois éléments (les gouvernails de profondeur et celui de direction) doivent être collés - bien alignés- dans leurs logements respectifs. Toutes les gouvernes s'articulent autour de charnières adhésives.


 

A défaut de train d'atterrissage, nous disposons de ce confortable support qui nous permet de ne pas abîmer l'appareil pendant la charge ou le remplacement du paquet de batteries.


Les moteurs et leurs embases
Les deux embases qui recevront les moteurs (en porex, comme le reste du modèle) sont collées aux ailes. Tout cela ne pose aucun problème. Les câbles d'alimentation des moteurs courent sur la largeur de l'aile dans de petites rainures. Il est conseillé, pour des raisons purement esthétiques, de les recouvrir de toile adhésive ou thermoadhésive.
Le système de fixation des moteurs est curieux (et inquiétant...). Ils sont vissés à leurs carénages, et c'est une bande de toile adhésive qui maintient l'ensemble solidaire du reste du modèle. Finalement, nous avons fait confiance aux ingénieurs de Robbe et tout s'est bien passé. Le kit inclut deux pièces différentes d'appui des moteurs, selon que l'on opte pour des hélices fixes ou repliables.
Si nous choisissons l'option avec train d'atterrissage, les roues seront collées dans les blocs de bois, sous les carénages des moteurs.

Finition
Comme toutes les peintures ne conviennent pas pour le foam et que le blanc nous plaisait, nous avons simplement appliqué des autocollants bleus, directement sur le foam. Cela nous a permis de limiter encore le poids de l'avion, ce qui est toujours souhaitable dans le cas d'une propulsion électrique. À la fin du livret d'instructions, le fabricant nous donne quelques conseils pour nous aider à faire de notre Commander une reproduction la plus fidèle possible.
Il nous restera, en fin de montage, une série d'éléments en foam, sans utilité apparente: ils nous permettront, en réalité, d'assembler un socle rudimentaire où nous pourrons poser l'appareil entre deux vols. Une attention tout à fait louable.


 

L'empennage est doté d'un dièdre. Observez la longueur des logements destinés aux moteurs électriques.


Vol d'essai
Nous avons choisi une batterie de huit éléments (un de plus que d'habitude) et des hélices fixes de 7X3 pouces, de type "rouges" de Robbe, dont l'efficacité a déjà été démontrée. Une telle combinaison confère au modèle plus de puissance que celle pour laquelle il était initialement prévu, mais il faut dire que Robbe a souvent tendance à favoriser l'endurance aux dépens de l'"énergie". Équipé d'une telle hélice, le moteur consomme 10-12 ampères, ce qui n'est pas excessif. Le centre de gravité est relativement fixe; on peut cependant le déplacer légèrement en modifiant la position de la batterie. Pour le débattement des gouvernes (généreux: 15 mm vers le haut et vers le bas pour la profondeur, et 25mm de chaque côté pour la direction), nous avons suivi les recommandations de Robbe. Après les dernières vérifications d'usage, nous avons lancé le Commander à la main. Avec la combinaison moteurs/batteries/ hélices que nous venons de vous décrire, l'appareil s'élève sans la moindre hésitation et atteint une vitesse de vol que nous pouvons qualifier de "considérable"; évidemment, nous n'avons pas affaire à un modèle électrique traditionnel aux performances extraordinaires. Le profil utilisé est un Eppler 205, de faible épaisseur, très à l'aise en vol rapide et avec des charges alaires faibles-moyennes, comme dans le cas de notre Commander. Comme nous l'avons déjà dit, c'est un appareil qui demande certaines expérimentations, lesquelles permettront de définir la meilleure combinaison hélice/batterie. Celle que nous avons choisie autorise, au prix d'une consommation supérieure, le décollage classique, à condition que la piste soit asphaltée. Dans le cas d'une piste "végétale", le lancer-main est obligatoire, et le train d'atterrissage n'a pas vraiment de raison d'être. Quant au vol, l'appareil vire fort bien avec direction et profondeur. Nous avons prévu, dans un futur proche, de l'équiper d'ailerons. Il a fière allure en vol et, comme on peut le constater sur les photos, son réalisme est excellent. Il peut exécuter des loopings, et avec ailerons, des tonneaux et probablement des vols inversés. Les atterrissages sont simples, mais se réalisent à vitesse assez élevée. L'autonomie des batteries peut atteindre les huit minutes; moins, si l'on fait de l'acrobatie.

Résumé
Le Commander constitue une bonne option pour le modéliste qui souhaite construire un bimoteur en évitant les difficultés structurelles propres à ce genre d'appareils et les risques de pannes moteur. De plus, c'est un modèle compact, facile à transporter, propre, silencieux et qui a tout d'une maquette.
Il dispose de la puissance nécessaire à un avion de cette catégorie et autorise les figures d'acrobatie élémentaires. Avec des ailerons et une bonne batterie, nous disposerons d'un appareil très maniable. Bien entendu, il ne s'agit pas d'un avion destinés aux débutants; mais nous sommes persuadés qu'un pilote moyen en tirera le meilleur parti.

 

Quelques détails frappants

 

 

1) Large accès à l'équipement par la section d'appui de l'aile.

2) Servos de format normal dans leurs logements en foam.

 

 

3) L'aile est ancrée à l'arrière par une seule vis.

4) Câbles d'alimentation des moteurs dans leurs rainures en foam.

 

 

5) Vue du carénage du moteur avec ses trous d'aération (non encore perforés).

6) Les sorties d'aération des moteurs ajoutent encore au réalisme du Commander.

 

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