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MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°15

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" CHARLY "
Un parachutiste télécommandé

 

 

Aspect très réaliste du Charly au moment de l'atterrissage.

 

Nous analyserons cette semaine un modèle tout à fait hors norme. Il s'agit ni plus ni moins que d'un parachutiste télécommandé.
Le "Charly" n'est pas un modèle récent. Le fabricant allemand Robbe nous le propose dans son catalogue depuis sept ans au moins. Pour différentes raisons, il se voit peu sur les terrains de vol. Peut-être, et surtout, parce que les modélistes se demandent comment procéder pour lui faire prendre de l'altitude: en le lançant, en le tractant ? Comme nous le verrons lors du test, il peut fonctionner de deux manières: on peut, soit le faire évoluer en vol de pente (en réalité, il s'agit d'un parapente, plus que d'un parachute au sens habituel du terme), soit le larguer d'un appareil en vol. Cette dernière technique est particulièrement spectaculaire, mais exige certains moyens dont on ne dispose pas toujours. Le fabricant nous propose de le lâcher au départ d'un Piper Club à l'échelle 1/4 (qui, par un heureux hasard, se trouve dans son catalogue) ou de tout autre appareil équivalent de grand format. Comme vous le constaterez lors du test, nous avons opté pour une solution très peu courante la remorque pour parachutistes! Quoi qu'il en soit, le Charly ne passe pas inaperçu. Un plus grand nombre d'aficionados devraient se mettre d'accord pour faire évoluer un de ces modèles. Leur pilotage est très instructif, tant pour le pilote de l'avion que pour celui du parachutiste.

Le modèle
Le Charly est un vrai parachutiste à l'échelle 1/4. Ce bonhomme, qui mesure 40 cm de haut, a dans le thorax - que nous pouvons considérer comme le "fuselage" - un équipement radio à deux canaux et deux servos. Comme vous pouvez le voir sur les photos, il ressemble beaucoup aux célèbres "Action Man", même s'il est environ deux fois plus grand. Le Charly est fabriqué dans un plastique qui résiste bien aux impacts. La décoration du fuselage (si l'on peut dire) consiste en une combinaison de nylon particulièrement réaliste, peinte en rouge, qui porte le harnais adéquat.
L"'aile" bénéficie d'un haut degré de préfabrication. Je m'explique : nous découvrons, en ouvrant la boîte, un vrai parapente (ou, si vous préférez, un parachute à haut rendement), complet, entièrement cousu et muni de toutes les suspentes nécessaires. C'est une voilure rectangulaire de 100 cm de long et 70 de large. Comme dans le cas d'un parapente normal, elle consiste en deux toiles de nylon jointes par une série de parois de séparation, en nylon également, qui forment des sortes de tuyères (une douzaine, en l'occurrence). Chacune de ces tuyères est pourvue de cordes de fixation. Comme le montrent les photos, la conception de l'aile et du système de cordage est vraiment précise, ce qui implique une réalisation particulièrement soignée. le système est conçu en fonction du poids du parachutiste, avec une marge tout à fait réduite. le Charly pèse environ 750 grammes. le parachute a une surface de 70 dm2; la charge alaire est, par conséquent, très faible: 12 gr/dm2. À vrai dire, on ne peut comparer ce modèle aux appareils traditionnels, mais de tels chiffres ne manquent jamais d"'épater" les collègues.


 

Beaucoup de câbles dans l'équipement du Charly. Il faudra éviter qu'ils ne s'entortillent.


Comment fonctionne un parapente ?
Quand le modèle est en "vol", l'air entre par les ouvertures qui se trouvent à l'avant de l'aile; il gonfle les tuyères et provoque la séparation des deux toiles qui composent le parachute, celui-ci adoptant alors un profil assez efficace sur le plan aérodynamique. Le système est identique à celui des "vrais" parapentes. Par conséquent, le parachute se déplace vers l'avant à une vitesse modérée.
Comme vous pouvez le voir sur les photos (et lors des "vraies" démonstrations aéronautiques), le parachutiste tient un système de contrôle dans chaque main. Nos lecteurs se seront certainement déjà interrogés sur le mode de fonctionnement de ce système. En fait, il est très simple (rudimentaire même, du point de vue aérodynamique). Ainsi que vous pouvez le constater, les câbles que le pilote tient en main sont accrochés aux bords du parapente qui n'ont pratiquement pas de tuyères sustentatrices et sont quelque peu pliés vers le bas. Quand le pilote veut virer à droite, il baisse la main droite et/ou lève un peu la main gauche. En tirant sur les cordes de droite, nous" altérons" le fonctionnement des tuyères qui se trouvent de ce côté de l'aile: la portance diminue et l'aile est confrontée à une résistance, ce qui provoque le virage de l'ensemble dans cette direction. Pour ce qui est des atterrissages de précision, le pilote dispose d'un certain contrôle sur la vitesse de descente : s'il tire, en même temps, les deux côtés de l'aile vers le bas, celle-ci perd sa sustentation et ralentit, l'ensemble descendant alors plus rapidement et avec une vitesse de translation moindre. Comme vous l'aurez probablement déjà vu à la télévision, il arrive qu'un parapente entre en décrochage: en raison d'un geste trop brusque du pilote et/ou d'une rafale de vent ou d'une turbulence, l'aile peut être privée d'air ou se plier, et le parapente entame alors une descente rapide qu'il est difficile de contrôler. Cela équivaut, dans le cas des appareils à aile rigide, à une vrille.

 

 

1) La " technique de prise en hauteur " en train de chauffer ses moteurs.

2) L'ensemble Charly-Moskito prend de la hauteur.

 

Construction du Charly
Ainsi que nous l'avons déjà indiqué, le modèle bénéficie d'un degré de préfabrication très élevé; le montage se limite pratiquement à l'installation de la radio. Le Charly peut fonctionner avec une radio à deux canaux, mais si nous voulons qu'il soit le plus réaliste possible (chute libre et ouverture du parachute en vol), il nous faut un troisième servo de petit format pour le système d'ouverture. En ce qui concerne les commandes, vous pouvez déplacer chaque bras (vers le haut et vers le bas) au moyen de son stick, ou donner la préférence à un mélangeur électronique à deux servos, comme pour les queues en "V". Nous avons choisi cette dernière solution pour notre Charly, que nous avons équipé d'une FF8. Nous avons opté pour des servos 3001 de la puissance habituelle.
Vous commencerez par effectuer une découpe, au moyen d'une lame ou d'un "moto tool", dans le haut et dans le bas du corps, pour pouvoir y introduire l'équipement radio. L'opération chirurgicale se poursuit par les bras: il faut réaliser une perforation à hauteur du coude de façon à pouvoir y insérer les quatre vis qui doivent fixer le bras au disque du servo. Les instructions expliquent bien la façon de procéder. L'opération, si elle n'est pas difficile, est quand même un peu fastidieuse en raison de l'importance de la visserie.

 

 

La technique de remorquage pour le vol d'essai : le parachute extracteur est accroché au patin d'un Moskito XXL.

 

Équipement radio
Après avoir découpé la ceinture du modèle, nous pouvons accéder à l'intérieur. L'équipement radio sera monté sur une petite embase en bois (contreplaqué léger), fixée à la "taille" au moyen de vis à bois. Le thorax du parachutiste accueille deux servos joints par la base, de façon à ce que leur axe de sortie respectif sorte par l'épaule correspondante. Pour la fixation, on utilisera du ruban adhésif double face et des élastiques. Le troisième servo (pour l'ouverture en vol) sera placé sous les deux autres. Le récepteur et ses batteries doivent se trouver dans la partie inférieure du corps, et l'interrupteur d'allumage, juste en dessous du compartiment destiné au parachute. Le câble de l'interrupteur doit rester accessible, si nous voulons pouvoir charger la batterie sans qu'il faille "démonter" Charly. Cette opération n'est pas très compliquée et il ne faut y procéder qu'une fois par semaine. Nous devrons opter pour l'une ou l'autre de ces deux méthodes.
Il faut régler les deux bras de façon à ce que le parachutiste puisse les lever à la verticale. Le débattement des servos est, comme d'habitude, d'environ 90°, de sorte qu'il soit possible de laisser les bras à l'horizontale.


 

1) Si sa voilure est bien déployée, le Charly peut pratiquer le vol de pente.

2) Avec un minimum de pratique, les manoeuvres plus brusques sont tout à fait réalisables.


Système de largage du parachute
Le parachute prend place dans un compartiment qui se trouve sur le dos du pilote. Le livret d'instructions présente une vingtaine de photos montrant la façon correcte de plier le parachute et de le mettre en place. Précisons qu'un mauvais pliage ou une position incorrecte du cordage risquent d'entraîner le Charly - il en va de même avec les "vrais" parachutes - dans un vol rectiligne d'environ 200 mètres en trajectoire verticale! Le plastique dont il est fait a beau être solide, il n'a pas été conçu pour ce type de traitement. . . Moralité. étudiez attentivement la séquence de pliage et entraînez-vous à la maison. Le parachute principal s'accompagne d'un autre, de petit format, qui reste à l'extérieur. Sa fonction est d'entraîner le premier au moment de l'ouverture de son conteneur. Le modèle peut être fixé, bien serré contre le ventre d'un avion, avec le conteneur du parachute ouvert, de façon à ce que ce dernier puisse se déplier automatiquement au moment du largage. Mais vous pouvez aussi prévoir un système d'ouverture manuelle par le biais d'un troisième servo. Le compartiment se ferme avec une corde et quelques élastiques fixés à une tige escamotable (actionnée, par exemple, par un interrupteur), ce qui permet de libérer les élastiques et de déplier le parachute. Cette technique est particulièrement spectaculaire. Nous vous conseillons d'en vérifier plusieurs fois le bon fonctionnement avant de vous lancer dans l'aventure.


 

Le pilote du Charly doit tenir compte des conditions de vent s'il veut effectuer un atterrissage de précision. Observez le parachute de petite taille qui force le parachute principal à sortir de son logement.


Vol d'essai
Notre terrain de vol habituel présente une petite déclivité qui convient au vol des planeurs de pente. Répondant ainsi au souhait de notre collaborateur, nous y avons procédé à plusieurs essais. Nous n'avons réussi à faire voler le Charly que sur une courte distance {il y avait très peu de vent), mais ce fut un bon exercice. Peu satisfaits du résultat, et à défaut d'un remorqueur traditionnel, nous avons décidé de propulser le Charly à une altitude respectable en recourant à un système pour le moins original: nous avons sollicité l'aide d'un pilote expert qui manoeuvrait son Futura (un hélicoptère, au cas où vous ne le sauriez pas). Nous avons fixé l'anneau du parachute extracteur à un des patins du Futura et nous l'avons fait monter à environ 200~250 mètres (on distinguait à peine l'hélicoptère). La question était de savoir s'il serait possible de lâcher le parachutiste sans que les sustentes ne s'entortillent, ce qui aurait pu être préjudiciable à l'hélicoptère également; mais, grâce à l'habileté de notre pilote, cette technique nous a paru simple et sans risque (ce n'est qu'une illusion, je le répète). Après le largage, le parachute s'est ouvert sans problème et nous avons pu profiter d'un vol assez long. Au terme de quelques descentes, nous avons saisi le truc et sommes parvenus à effectuer un atterrissage contrôlé du Charly. En vol, celui~ci ressemble à un vrai parachute. Le degré de contrôle de trajectoire est évidemment moins élevé que dans le cas d'un modèle traditionnel, mais avec un peu de pratique, il est possible de contrôler la descente jusqu'à obtention d'atterrissages relativement précis.
Le modèle est très sensible au vent (si ce dernier est trop fort, il faudra procéder au largage vent debout, comme dans la réalité). Nous vous conseillons de donner la préférence à des journées calmes ou peu venteuses tant que vous n'aurez pas acquis la pratique nécessaire.
Tous les atterrissages que nous avons effectués se sont déroulés avec le parachute correctement ouvert. Nous ne sommes, dès lors, pas en mesure de juger de la résistance du modèle aux chocs. Un système de fixation des servos (la partie la plus fragile de l'équipement) par le biais de ruban double face autoriserait une certaine flexibilité, mais agissez plutôt comme nous l'avons fait: vérifiez attentivement l'équipement avant de procéder au largage.


 

1) Vérification de la bonne position des suspentes avant le pliage.

2) Les tuyères de l'aile.

 

Résumé
Le "Charly" est idéal pour les exhibitions d'aéromodèles. C'est un parapente doté d'un système de contrôle semblable à celui de ses grands frères, et qui permet des atterrissages assez précis.
La construction est simple, pour autant que l'on suive les instructions du fabricant à la lettre (l'équipement radio ne peut être monté que de la manière indiquée, il n'en existe apparemment aucune autre). Le montage de la voilure est un bon exercice de travaux manuels, et l'aile ressemble à s'y méprendre à celle d'un "vrai" parapente.
Vous aurez besoin, pour le vol, d'un aéromodèle assez grand, capable de soulever sans peine les 700-800 grammes que pèse notre Charly. Nous avons, en ce qui nous concerne, utilisé un hélicoptère, mais c'est une méthode peu courante. Ce parachutiste télécommandé constitue, à notre avis, un modèle aussi intéressant qu'amusant, dont les clubs d'aéromodélisme devraient davantage tirer parti.

 

Quelques détails frappants

 

 

1) Compartiment du récepteur et des batteries ( ventre de Charly ).

2) Sorties des câbles reliés aux deux servos, qui se trouvent dans le thorax du bonhomme.

 

 

3) Lorsqu'il lève les deux bras, la sustentation augmente.

4) Cette position assure la vitesse de descente maximale. Notez l'amplitude de mouvement dont bénéficient les servos.

 

 

5) Préparation du parachute complémentaire (extracteur).

6) Jonction des parties supérieure et inférieure du corps par le biais de vis.

 

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