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MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°19

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LE MIJET :
Un planeur de pente dans la plus pure tradition britannique

 

 

Le Mijet en plein vol présente des lignes d'une grande simplicité : un vrai planeur aux vents anabatiques.


Comme nous vous l'avons déjà expliqué, les planeurs de pente et de plaine ont peu de points communs. Les raisons en sont multiples, mais la plus importante est sans doute le fait que, dans le cas du vol de pente, les ressources en matière d'ascendance sont quasiment inépuisables, pour peu que les conditions de vent soient suffisantes.
Le climat britannique fait l'objet de nombreux commentaires, et pas seulement dans les revues consacrées à l'aéromodélisme; les vents forts qui soufflent à ces latitudes et les rares journées ensoleillées sans vent ont au moins deux conséquences: (a) les Anglais se ruent par milliers sur les plages du sud et (b) ces derniers sont devenus de véritables experts du vol de pente et de sa variante acrobatique.
Cette semaine, nous avons la chance de pouvoir vous présenter un planeur de pente très populaire au Royaume-Uni : un acrobatique de moyennes petites dimensions, capable de voler dans (presque) n'importe quelle situation, y compris par vent fort.

Le "Mijet"
Le Mijet est un planeur de pente de construction fort classique. Il est proposé par le fabricant anglais Aerotech Models. Contrairement à d'autres modèles que nous avons étudiés sur ce site, il ne s'agit pas d'un appareil prêt à voler. Le kit contient deux demi-ailes en foam coffré et une certaine quantité de bois. Comme c'est le cas pour de nombreux produits d'origine anglaise (surtout s'ils ne sont pas diffusés en grande série), les pièces sont simplement dessinées sur le contreplaqué; le modéliste devra donc se charger lui-même de leur découpe, alors que les grandes maisons peuvent se permettre d'acquérir du matériel (très onéreux) permettant de préformer les différents éléments.
Outre les pièces en bois, nous trouvons également quelques blocs de foam (mousse) destinés à la finition de la partie supérieure du fuselage, des tringles de commande, des charnières et l'un ou l'autre élément. Le plan -excellent- nous aidera à fabriquer d'autres modèles, tant il contient d'informations utiles. Nous n'avons pas l'habitude de vanter ainsi les mérites d'un plan de construction, mais cela nous semble, en l'occurrence, totalement justifié. Comme nous allons le voir, le montage du Mijet est très simple
Quant aux caractéristiques "vitales" du Mijet, signalons qu'il existe en deux versions qui ne diffèrent que par l'envergure : 1,80 mètre pour la plus grande, et 1,50 mètre pour l'autre (il suffira, dans ce cas, de raccourcir les ailes, le reste du modèle ne nécessitant
aucune modification). Dorénavant, nous nous référerons uniquement à la version à aile longue. La surface alaire est de 30 dm2 et le fabricant indique un poids de 700-800 grammes, ce qui nous donne une charge alaire (sans lest) avoisinant les 25-30 grammes/dm2. Cette valeur constitue, à nos yeux, un bon compromis pour le vol de pente par vent faible
Le fuselage mesure 95 cm de long, son profil est arrondi et sa section, moyenne (voir photo). Le stabilisateur est étroit (10 cm de corde, au maximum) et remarquablement long, avec une envergure de près de 60 cm.
Le Mijet a été conçu pour voler à deux ou trois axes, et admet des servos de tous formats. Si vous optez pour deux servos, ils seront obligatoirement installés sur les ailerons et sur la gouverne de profondeur.


 

Le montage du Mijet de présente pas de grandes difficultés. Observez le vaste accès par le cockpit.


L'aile
L'aile de notre planeur, d'une seule pièce, peut être montée sans renfort supplémentaire, grâce à son faible poids et à son envergure réduite. Comme vous pouvez l'observer sur la photo, son plan est trapézoïdal, avec bord de fuite droit et flèche au niveau du bord d'attaque. La corde, de 25 cm maximum, ne dépasse guère les 17 cm en bout d'aile.
Le profil utilisé semble être propre au fabricant: semi symétrique, bord d'attaque d'une épaisseur de 10% (2,5 cm sur la partie la plus épaisse de l'aile) et faible rayon, le tout étant apparemment prévu pour le vol rapide. Nous sommes en présence d'un bon compromis entre résistance mécanique et faible résistance aérodynamique, pour un appareil de cette dimension. La partie inférieure du profil est droite à partir du cinquième de la corde jusqu'au bord de fuite, ce qui vous permettra, si vous le souhaitez, de la construire en bois et nervures sur un établi, et cela, sans aucun problème.
De prime abord, l'aile ne présente aucun dièdre. Celui ci existe pourtant bel et bien, car, d'une part, l'aile est construite droite au niveau de l'extrados et, du fait du profil en diminution, les extrémités des ailes ont un léger dièdre de 1-1,5 cm; d'autre part, la flèche positive de l'aile joue le rôle d'un dièdre supplémentaire. De toute manière, les virages seront négociés aux ailerons. L'aile présente une incidence positive de 2°.

La construction
Les deux demi-ailes devront être complétées par les bords d'attaque et de fuite, tous deux en balsa, qu'il nous faudra poncer jusqu'à obtention du profil indiqué dans le plan. Pour le bord d'attaque, il est conseillé de réaliser un gabarit qui nous permettra de suivre fidèlement le bon profil. Comme toujours lorsqu'il s'agit d'une structure en foam, nouS devrons utiliser une colle prévue pour ce type de matériau.
Une fois cette opération terminée, nous devrons unir les deux demi-ailes, au moyen de deux baïonnettes de bois dur, l'une située au point le plus épais de l'aile, et l'autre, à environ 60% de la corde. Elles mesurent 3 mm d'épaisseur et 15 cm de longueur. Leur largeur est telle qu'avec les suppléments de balsa en haut et en bas (pour faciliter le ponçage de finition), elles occupent toute la largeur du profil. Elle doivent être collées à l'époxy pour obtenir davantage de résistance, on peut recouvrir le périmètre de l'aile d'une fine couche de fibre de verre et époxy, d'environ 15-20 cm de large.
Les ailerons courent sur toute la longueur du bord de fuite. En balsa, ils devront être profilés selon les instructions du fabricant. Leur largeur est de 3 cm. Le servo d'ailerons est logé en position centrale, dans un puits prévu dans le foam, sur des appuis en bois. J'ai beaucoup apprécié la précision avec laquelle le manuel nous donne la position du bras de commande des servos permettant d'obtenir le différentiel exact des gouvernes (30° d'inclinaison vers l'arrière). Les charnières recommandées sont du type habituel, en nylon (trois par aileron).
L'aile est fixée au fuselage au moyen d'un téton en bois dur, à l'arrière, et d'une vis en nylon, à l'avant. Sur l'aile, on colle un bloc de foam muni de nervures en contreplaqué à l'avant et à l'arrière, que nous devrons poncer jusqu'à ce qu'il épouse la forme du fuselage (arrondi). Vous obtiendrez de meilleurs résultats si vous réalisez cette opération après avoir terminé le fuselage.


 

1) Commande d'ailerons et, à l'avant, vis en nylon pour la fixation des ailes.

2) Gouverne de profondeur. La dimension de la partie mobile est supérieure à la normale.


Le fuselage
Ni fibre ni matériau exotique. Nous nous trouvons devant un fuselage en bois qui s'écarte de l'habituel "caisson" à section carrée. Il faudra travailler un peu plus du cutter et de la lime, mais le résultat obtenu en vaut la peine. un fuselage extrêmement léger et résistant, dont la section est quasiment circulaire. Ses hauteur et largeur maximales sont respectivement de 8 et 7 cm.
La construction est organisée autour de trois cloisons: celle du nez, une autre au niveau du bord d'attaque, et une troisième, au niveau du bord de fuite. Les flancs et le fond du fuselage sont en balsa semi-dur de 5 mm. On colle, dans les angles inférieurs, des baguettes triangulaires de balsa de 10X10 mm, qui permettent d'arrondir les angles du fuselage jusqu'à lui donner sa forme circulaire, sans que sa résistance s'en trouve diminuée. Sur l'appui de l'aile et sur le bord supérieur de la partie avant, on pose des renforts en pin de 3X10 mm. Pour toutes ces jonctions, n'importe quelle bonne colle à bois fera l'affaire; quant à la structure elle même, elle exige une colle blanche spéciale pour modélisme, facile à poncer et offrant un maximum de résistance.

Fermeture du fuselage
On termine la partie supérieure du fuselage en installant trois blocs de foam : celui de l'aile, déjà mentionné, et deux autres, dont les caractéristiques sont similaires. Le bloc avant est fixé par le biais d'un téton, à l'avant, et est "écrasé" par celui de l'aile, à l'arrière; il est donc facile de l'enlever pour avoir accès au large compartiment réservé à la radio, qui se trouve juste en-dessous. Le nez du modèle est constitué d'un bloc de balsa qu'il faudra poncer jusqu'à obtention du profil aérodynamique approprié. L'aile est fixée au fuselage au moyen de la vis en nylon déjà mentionnée, que renforce une pièce en contreplaqué (pour éviter qu'elle n'écrase l'aile) L'écrou est encastré dans un autre renfort, lui aussi en contreplaqué, collé au fuselage; l'ensemble du fuselage est étonnamment rigide et léger, ce qui ne nous surprend pas, nous qui construisons selon cette technique depuis quelques années.


 

1) Sur cette photo, on apprécie la forme arrondie du fuselage et le logement du téton de fixation de l'aile, situé à l'arrière, contrairement à l'usage.

2) La forme oblique du bloc des ailes maintient le cockpit - également en foam - en place.


L'empennage
Si nous optons pour la configuration à deux axes, nous devrons coller dérive et gouverne de direction.
L'empennage est en balsa de 5 mm. Il est curieux qu'avec une aile jouissant d'un tel aérodynamisme, le constructeur ne nous conseille pas de profiler les surfaces de queue, mais seulement de les arrondir. Nous vous avons déjà signalé que le stabilisateur était étroit et son envergure, imposante (60 cm). La partie mobile couvre 50% de sa surface totale; bien plus, donc, que ce que l'on rencontre habituellement. Les deux moitiés sont unies au moyen de corde de piano de 2 mm, avec horn de commande en laiton, qu'il faudra souder soigneusement. Les charnières sont du type traditionnel.


Équipement radio et commandes
La place ne manque pas, sous le cache avant, pour l'installation de la radio. Cet espace accueillera également un ou deux servos (pour les gouvernes de queue), le récepteur et la batterie. Il faudra aussi y mettre du plomb si, malgré le déplacement de ces éléments, on ne parvient pas à positionner correctement le centre de gravité, situé normalement à 9 cm du bord d'attaque, au niveau de sa partie centrale (35% de la corde).
C'est un véritable plaisir d'observer comment l'installation des commandes nous est détaillée. La commande de profondeur est réalisée au moyen d'une tige de bois et de rayon de roue de vélo à chaque extrémité: impossible de trouver une méthode plus classique. La commande de direction est assurée par une transmission de type Bowden, collée tout le long du fuselage pour éviter les flexions. Nous avons déjà signalé que les commandes d'ailerons étaient bien droites et directes.
Plusieurs finitions sont envisageables. La plus traditionnelle consiste à employer de l'Oracover pour l'ensemble des surfaces, mais si l'on souhaite davantage de résistance, nous pouvons couvrir le bois du fuselage de fibre de verre fine et d'époxy; ce surplus de résistance ne peut qu'être bénéfique lors des atterrissages sur versant.


 

La forme arrondie du fuselage lui confère un aspect inhabituel. Il autorise les vols lents et stables.


Vol d'essai
Nous étions vraiment impatients de faire voler notre Mijet, avec son allure très particulière de planeur de pente acrobatique. Après les vérifications d'usage, et une fois contrôlés les débattements des commandes de même que le centre de gravité, nous avons lancé notre Mijet.
Il ne fait aucun doute que le Mijet est destiné à des pilotes expérimentés. Avec le centre de gravité situé comme l'indique le fabricant, il évolue vite et bien, quoi qu'assez nerveusement. Sa stabilité au neutre nous confirme son bon positionnement. Les débattements recommandés conférant un comportement nerveux à l'appareil, le débutant devra les réduire à 60-70% au moyen du dual rate. Les deux gouvernes principales (ailerons et profondeur) sont un véritable plaisir, surtout grâce à leurs commandes rigides et droites. Sa plage de vitesses en vol est large, sa charge alaire moyenne-basse autorisant des allures assez faibles; il est également capable de fortes accélérations. Nous n'avons pas effectué d'essai avec lest, mais nous sommes persuadés qu'en le lestant d'un demi-kilo, nous disposerons d'un appareil fort amusant à piloter.
Quant à la voltige, et avec seulement deux axes, le Mijet exécute sans le moindre problème loopings, tonneaux et vol inversé; pour effectuer ce dernier, il faut garder la profondeur en léger piqué. La combinaison de ces figures ne présente aucune difficulté.
Grâce à son bon comportement à faible allure, le Mijet permet des atterrissages en douceur et, de plus, sa robustesse est à l'épreuve des touchers plus violents.


 

Passage du planeur à vitesse respectable et à faible distance. Les qualités de vol du Mijet le permettent, car sa réponse aux commandes est excellente.


Résumé
Le Mijet est un authentique voltigeur de pente. Il conviendra à la plupart des pilotes, à condition qu'ils aient une certaine expérience du vol aux ailerons. Ses dimensions facilitent son transport; son poids réduit lui confère une charge alaire moyenne-basse et lui permet d'évoluer dans des conditions de vent très variables.
Il s'agit d'un modèle franchement robuste et, bien que sa construction soit traditionnelle, il peut être assemblé en quelques après-midi. Le plan est excellent, à tel point que les instructions apparaissent parfois comme superflues.
Un formidable appareil pour ceux qui veulent passer de longues heures de bonheur à voler aux vents anabatiques.

 

Quelques détails frappants

 

 

1) La vis de l'aile s'accouple à un écrou auto-encastrable qu'il faudra coller à l'époxy.

2) Large espace (à peine utilisé) pour la radio, sous l'aile.

 

 

3) L'articulation de la cabine est également assurée par un téton de bois.

4) Batterie et servo de profondeur sous la cabine.

 

 

5) Lest d'équilibrage fixé dans le nez de l'appareil au moyen de silicone.

6) Fixation du bord d'attaque au moyen d'une vis en nylon.

 

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