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MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°25

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"JOY" de ROBBE
Un Lancé-main de haute technologie

 

 

Une image aérienne du Joy en plein vol, avec la montagne en arrière-plan.


Nous vous présentions, voici quelques jours, un planeur lancé main (le "Disco") de construction très classique. Nous allons maintenant vous entretenir d'un autre modèle qui, en apparence, ressemble au précédent. Il suffit toutefois d'observer attentivement les photos pour se rendre compte qu'ils sont très différents, la seule ressemblance se limitant au "lancer-main".
Les planeurs "lancés-main" sont en plein essor. ils sont petits, légers, peu coûteux, amusants et faciles à réparer en cas de pépin. Le lancer-main d'un planeur constitue d'ailleurs un exercice très sain, même si les modélistes d'un certain âge se sont rendu compte à leurs dépens que ce sport pouvait donner lieu à une belle arthrite de l'épaule... Alors que le Disco était destiné aux modélistes bien décidés à se dépenser physiquement, le modèle de cette semaine peut, quant à lui, moyennant quelques adaptations, être équipé d'une propulsion électrique. Comme nous le verrons, la construction du Joy est de type classique, mais elle ne demande que quelques après midi de travail. Examinons tout d'abord ses "organes vitaux".

Dimensions et caractéristiques
Le Joy est une nouveauté de la maison Robbe; c'est un planeur de petites-moyennes dimensions conçu au départ pour le lancer-main. Il mesure 1,50 mètre d'envergure, pour une surface alaire de 25 dm2. Construit pour être utilisé en tant que simple planeur, il pèsera 350-400 grammes; son poids peut atteindre 550 grammes s'il est équipé d'une propulsion électrique. Les charges alaires respectives varient entre 14 et 22 gr/dm2, soit des valeurs franchement peu élevées, surtout la dernière, qui se réfère à un modèle à propulsion électrique. Le profil utilisé est un RG 819 assez moderne.
La construction du modèle est tout à fait inédite : les ailes sont de construction classique; très classique, même, étant donné leur structure géodésique: les nervures sont disposées en croisillon, formant entre elles un angle de 70°, et confèrent à la structure une résistance extraordinaire. Ce type de construction, considéré comme très efficace, est cependant peu courant car il exige beaucoup de travail (toutes les nervures sont différentes). On y recourait souvent par le passé, surtout pour les modèles à vol libre.
Le fuselage, de type "bâton" (plutôt "tube", en l'occurrence), est joint à une carcasse avant en plastique. Les stabilisateurs sont constitués de baguettes, celles-ci formant un empennage en "V" pour que l'originalité du modèle soit respectée. Cette structure rend le montage de la radio des plus singuliers. L'ensemble est particulièrement original: dès que nous l'avons vu dans le catalogue, nous avons eu envie de l'essayer.
Comme nous l'avons déjà précisé, on peut équiper le modèle 'd'une propulsion électrique. L'avion étant très léger, le moteur choisi doit être du type Speed 400 (Mabuchi 380 ou similaire), avec une hélice 6x3 et une batterie à sept éléments type Sanyo AR de 500 mAh. Le poids doit évidemment être réduit au minimum. L'équipement recommandé assure au moteur une autonomie d'environ 5-6 minutes, ce qui est plus que suffisant pour réaliser plusieurs ascensions jusqu'à une zone d'ascendances.


 

Le lancer-main est la technique de lancement du Joy la plus naturelle. Elle permet d'atteindre 10-12 mètres d'altitude.


Matériaux nécessaires
Le Joy bénéficie d'un très haut niveau de préfabrication; nous pourrons ainsi nous limiter aux outils et aux colles élémentaires. L'équipement radio peut ne compter que deux canaux (trois, si nous installons un moteur électrique). On peut utiliser deux servos de
dimension normale, avec un mélangeur mécanique pour la queue en V. Cette configuration ne nécessite pas de radio spéciale, mais elle augmente le poids de l'ensemble. Nous avons dès lors opté pour l'autre possibilité: deux microservos, avec un mélangeur électronique dans l'émetteur. Cette solution permet d'économiser entre 50 et 60 grammes, ce qui n'est pas négligeable dans le cas d'un modèle aussi léger. La batterie du récepteur doit également être légère (entre 100 et 250 mAh).


 

Appréciez la construction géodésique de l'aile et ses "cap-strips" au dessus et en dessous. Un véritable casse-tête chinois... qui semble correspondre à son pays de fabrication.

 

Construction de l'aile
L'aile est d'une seule pièce, ce qui n'est pas très pratique pour le transport. Elle est constituée de cinq panneaux différents (dont un central) et sa projection horizontale est à double diminution, pour s'approcher le plus possible d'un plan elliptique, au rendement maximum. Comme nous l'avons indiqué, sa construction est "géodésique", avec les nervures entrecroisées. Chaque nervure comporte des "cap-strips" (bandes de balsa transversales à la nervure, qui en recouvre l'extrémité) des deux côtés, ce qui rend la structure encore plus rigide.
Les cinq panneaux de l'aile sont livrés déjà terminés et recouverts d'un thermorétractile transparent qui laisse entrevoir la structure. Le revêtement bicolore contribue à la beauté de l'appareil. Des autocollants au logotype du modèle en assurent la finition.
La construction de l'aile est des plus simples: elle consiste 
coller les panneaux entre eux avec de l'époxy rapide. Il faudra veiller à ce que le dièdre de chaque panneau soit correct; aucune à cet égard, grâce à la clarté du plan.
Nous regrettons l'absence de renforts en contreplaqué entre les différents panneaux : il faudrait au moins renforcer les extrémités du panneau central, qui supporte les contraintes les plus importantes, surtout dans le cas du lancé-main. On fixe l'aile au fuselage avec trois vis en plastique M4.

Stabilisateurs
Les deux stabilisateurs sont constitués de baguettes en balsa (massif, pour la partie mobile); ils sont livrés terminés et recouverts d'un matériau transparent. Il ne reste qu'à installer la tringlerie et à coller les stabilisateurs aux rainures de la pièce centrale en plastique. On fixe l'ensemble à la poutre de queue au moyen d'une vis.


 

1) Sortie des tringles de commande et rotules de gouverne.

2) L'empennage est en treillis de balsa. Il est livré déjà recouvert de plastique transparent.


Le fuselage
La partie avant du fuselage est une pièce moulée en plastique, de type "Plura" ou ABS.
 Vous devez décider dès le début pour quelle configuration vous allez opter. Dans notre cas, une seule perforation a suffi : celle destinée à l'interrupteur
Il faut coller - de l'intérieur - les cloisons en contreplaqué d'appui de l'aile et celle qui supporte la poutre de queue. Vous utiliserez de l'époxy ou du Stabilit. Vous fixerez sur les cloisons les pièces métalliques destinées à accueillir les vis de l'aile, en les collant avec de l'époxy ou du Stabilit et en éliminant la partie qui ressort du fuselage. Ensuite, vous découperez la cabine en acétate et la fixerez au fuselage au moyen de velcro, pour la partie arrière, et d'une petite vis, à l'avant. La poutre de queue sera collée à sa cloison de telle façon que la position des stabilisateurs corresponde bien à celle du fuselage. Nous vous conseillons, pour réaliser cette opération, de poncer la partie de la poutre qui doit être encollée et de ne pas lésiner sur la colle.

 

 

Détail du nez aérodynamique du Joy. Il est impossible de cacher le fil d'antenne dans la poutre de queue car celle-ci est en métal.


Installation de la radio
Vous commencerez par installer les tringles et leurs gaines en plastique correspondantes, introduites depuis la queue et collées à une cloison située à l'arrière de la poutre.
Comme, en l'occurrence, nous utilisons deux microservos et un mélangeur électronique, nous avons placé les servos sur une pièce en contreplaqué collée aux flancs du fuselage. Les tringles vont directement du servo aux gouvernes.
Si l'on utilise deux servos avec mélangeur mécanique, celui qui est à l'avant sera placé de façon fixe, et l'autre, à l'arrière, de telle manière qu'il puisse osciller. Le servo avant meut le servo arrière, ce qui permet d'obtenir le mélange adéquat pour la gouverne en "V". Il faut se procurer séparément le mélangeur mécanique et les supports des servos.
Précisons, à l'intention de ceux qui ne connaîtraient pas le fonctionnement d'une queue en V, que les deux plans se déplacent simultanément vers le haut et vers le bas, pour la fonction de profondeur, et à gauche ou à droite, pour la fonction de dérive. Les deux mouvement sont, bien sûr, indépendants. Nous réglerons la radio de façon à ce que chaque fonction ait une amplitude de mouvement d'environ 12-14 mm dans chaque sens.
Le reste de l'équipement radio est installé à l'avant, de façon à ne devoir utiliser que très peu de plomb pour le centrage du modèle. Le centre de gravité doit se situer à 50 mm du bord d'attaque.
L'antenne devra sortir du fuselage et longer la poutre de queue par l'extérieur: en la laissant passer à l'intérieur de la poutre, comme cette pièce est en métal, on diminuerait fortement la portée de la radio.


 

1) Détail de la partie arrière du fuselage, bien adaptée au lancer-main.

2) Comme vous pouvez le voir, les dimensions du Joy permettent d'y installer un récepteur normal, rien de plus...

 

Version à moteur électrique
Comme dit précédemment, il est possible de transformer le Joy en un avion à propulsion électrique en l'équipant d'un moteur 400 et de sept éléments de 500 mAh du type AR (rouges, à charge rapide) Pour cette version, il faut impérativement utiliser des microservos tels que ceux que nous venons de décrire. On découpe le fuselage à l'avant et on y installe une cloison en contreplaqué pour pouvoir y ancrer le moteur, avec les vis correspondantes. Le moteur est équipé, à l'arrière, d'un système de déparasitage et d'un interrupteur électronique avec BEC, ce qui nous permet d'économiser les batteries du récepteur.
On installe les batteries dans la partie inférieure du modèle, sous les servos; elles sont fixées au moyen de deux petites cloisons en contreplaqué. Au vu des photos et du résultat obtenu après installation de l'équipement radio de la version "planeur", il semble évident qu'il vous faudra bien réfléchir à l'emplacement des composants de l'équipement radio (et à leurs dimensions) si vous voulez que chaque élément trouve sa place à l'intérieur de cet espace réduit.


 

Sa faible charge alaire et ses dimensions réduites lui permettent de profiter des thermiques à très faible altitude.


Vol d'essai
Doté de l'équipement que vous pouvez voir sur les photos, notre modèle pèse 410 grammes. On peut encore réduire très légèrement ce poids en optant pour un récepteur plus petit. Le moyen le plus efficace d'alléger l'avion est de l'équiper de microservos.
Nous avons réalisé les premiers tests de vol plane sur notre terrain de vol habituel, en pratiquant le lancer-main. Etant donné le faible poids et la charge alaire du modèle, il ne s'agit pas d'un effort particulièrement méritoire. Moyennant quelques légers réglages du centre de gravité, c'est à dire en déplaçant un peu la batterie et le récepteur, nous sommes parvenus à ce que le Joy, lancé à la main et à l'horizontale, plane sur prés de 40 mètres.
Nous avons effectué les premiers vols "sérieux" sur une pente, par vent faible; nous avons ainsi pu vérifier la souplesse du modèle et ses bonnes réactions au système de gouverne de queue en "V". Ce planeur est fort amusant à piloter, mais le vol de pente ne sera possible que par vent très faible (disons 20-25 km/heure); au-delà, le Joy sera secoué et aura tendance à voler en marche arrière. La résistance des ailes exclut toute possibilité de lestage.

 

 

La queue en V nécessite un mélangeur à deux servos. Sur cette photo, l'appareil commande simultanément "en haut" et "à gauche". La section frontale est extrêmement réduite.

 

En fait, ce modèle convient mieux au vol de plaine lorsque la journée est peu venteuse et qu'elle semble propice à une forte activité thermique. Nous avons réalisé les tests en lançant le planeur à la main. Pour nous familiariser avec cette technique, nous le lancerons de plus en plus fort et amplifierons l'angle d'incidence jusqu'à atteindre avec un peu de pratique une hauteur variant entre 12 et 15 mètres. À cette altitude, et si vous êtes déjà un maître en la matière, il vous sera possible d'accrocher une thermique. Quant à nous, nous avons quelque peu forcé nos talents, ce qui nous a valu de perdre une demi aile en plein lancement. Les conséquences du vol parabolique qui s'en est suivi (avec un angle d'incidence de 80° par rapport au sol) se révélèrent particulièrement légères compte tenu du fait que la partie avant du fuselage s'est littéralement pliée sous nos yeux. Nous avons résolu le problème avec un peu d'époxy et les tests ont pu être poursuivis le jour même. Ce problème s'explique (outre la brutalité du lanceur) par l'absence de renforts sur les dièdres centraux de l'aile (nous avions déjà mentionné cette faiblesse).
Un petit crochet de remorquage peut être fixé au bas du fuselage; si vous y accrochez un élastique d'environ 10 mètres et 20-25 mètres de fil, vous pourrez élever le modèle à 20-25 mètres de hauteur sans le moindre effort. Cette alternative est tout à fait valable pour ceux qui ne veulent pas s'esquinter le bras lors du lancement. Nous n'avons pas souhaité essayer la version électrique
Sur le plan du vol proprement dit, piloter le Joy est un véritable plaisir car il offre une réponse rapide aux commandes, ce qui s'explique certainement en partie par son faible poids et son petit format. Il est capable d'effectuer des virages très serrés, ce qui constitue une grande qualité en matière de vol thermique à très faible altitude. Grâce à son poids réduit, il résiste aussi très bien aux chocs.


Résumé

Nous avons affaire à un modèle qui ne laissera aucun amateur indifférent. 

Son haut degré de préfabrication et son aspect singulier, qu'il s'agisse de sa poutre de queue métallique ou de sa structure géodésique bien apparente, sont des éléments particulièrement attirants. 

Ses qualités de vol sont excellentes et ses dimensions réduites vous permettront de l'emporter facilement où vous le souhaitez.

Lancé à l'élastique ou tout simplement à la main, il vous procurera beaucoup de plaisir, d'autant plus que son montage ne requiert que peu d'heures de travail.

 

 

 

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