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MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°28

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" RONDONE "

Nous avons testé un modèle réputé "incassable"


Le "Rondone" est un planeur proposé par la marque italienne Aviomodelli. II y a belle lurette que la publicité du fabricant avait attiré notre attention; elle vantait le plastique utilisé, dans la fabrication d'une grande partie de ses modèles : un matériau appelé "Duraflex". Selon le fabricant, ses qualités mécaniques le rendraient indestructible. II semblerait (nous n'avons pas eu l'occasion de le vérifier, ce qui plaide en faveur des qualités dynamiques du Rondone), que ce plastique se déforme lors d'un impact, mais reprend son aspect initial par application d'une source de chaleur.
Comme pour tous les plastiques exotiques utilisés en modélisme, le Duraflex impose des règles de collage bien précises. Reportez-vous donc aux instructions d'Aviomodelli relatives à la manipulation de ce matériau.


 

En vol, le Rondone est facilement reconnaissable.


Le modèle
Le "Rondone" peut être transporté dans le coffre de la voiture sans que la famille en ait à se plaindre, car ses dimensions sont plutôt réduites (205 cm d'envergure); de plus, les ailes et les stabilisateurs sont démontables.
Comme le montrent les photos, le Rondone ne présente pas le profil classique d'un planeur flottant. Plusieurs éléments y contribuent : le dièdre de ses ailes est peu accusé, la couleur de son nez en plastique, si caractéristique, contraste avec le reste du modèle, son cockpit est assez particulier et ses ailes sont placées à mi-fuselage. En installant un petit moteur dans le nez (l'une des motorisations possibles), le Rondone ressemble plus que de coutume à un motoplaneur.
En l'observant de plus près, nous remarquons qu'il présente néanmoins certaines caractéristiques typiques du planeur, comme le stabilisateur flottant (du type "d'une seule pièce"). Certains détails sont originaux, comme l'empennage en plastique (Duraflex) dont la surface imite les nervures, ce qui est plutôt inhabituel sur ce genre d'appareils; lors de la phase de construction, nous parlerons du système particulier de fixation des ailes et des stabilisateurs.
On peut monter le modèle selon différentes configurations : à deux axes (ailerons et profondeur ou dérive et profondeur) ou à trois axes; de plus, comme nous l'avons dit on peut placer dans le nez un petit moteur d'environ 1,5-2,5 cc.
Le modèle est relativement léger son poids varie entre 1400 grammes (deux canaux et version planeur) et 1700-1800 grammes (quatre servos avec moteur).

 

 

1) Le nez du modèle ressemble fort (même en ce qui concerne son installation) au moyeu d'une hélice.

2) On fixe le cockpit au moyen de deux petites "charnières".


Construction du fuselage
Comme nous l'avons dit, le fuselage est livré terminé et constitué d'une seule pièce en Duraflex Les instructions concernant le collage de ce matériau sont parfaitement claires : à l'époxy lent ou cyanoacrylate ou avec une colle spéciale pour plastique de type ABS. II est important de bien poncer la surface en plastique que nous devrons coller, ceci afin d'en optimiser l'adhérence et éliminer les possibles imperfections résultant du démoulage ou du processus de fabrication.
II nous faudra choisir entre les versions "moteur électrique/planeur" et "moteur à explosion", car la première opération du montage consiste à découper la pièce en plastique faisant office de cloison pare-feu, et celle-ci sera différente selon la configuration choisie. On colle cette pièce à l'intérieur du fuselage; elle servira d'appui au moteur et à son embase
On installe ensuite le support des servos dans le fuselage; il s'agit d'une pièce en plastique qui, en outre, comprend, à l'arrière, le logement de la vis de fixation des ailes. Pour éviter que cette pièce essentielle ne se détache, sa partie arrière coulisse dans des guides intégrés clans le fuselage, et on la colle au cyanoacrylate : un système "à toute épreuve".

 


Le Rondone ressemble davantage à un motoplaneur (c'est d'ailleurs l'une de ses possibles configurations) qu'à un planeur classique.


Commandes des gouvernes de profondeur et de la dérive
L'un des côtés de la dérive présente les dessins d'une rainure et d'une ouverture pour l'axe et la gouverne de l'équerre de commande du stabilisateur. Une fois les trous réalisés, on place l'équerre de gouverne du stabilisateur sur ses supports et on la fixe à l'aide d'une petite vis, à l'arrière. 

La transmission, à partir du servo, se fait au moyen de tiges de bois rondes de 5 mm de diamètre, ce qui confère à la commande une rigidité plus que suffisante. La gouverne de direction est conventionnelle, commandée par une tige en bois du même type.
Son curieux empennage est creux, en Duraflex. Les deux moitiés du stabilisateur sont unies par le biais de nervures en plastique qui incluent les orifices destinés à abriter les axes de rotation et la gouverne de l'équerre correspondante. On les colle à l'époxy ou au cyanoacrylate. La dérive est du même matériau et revêt le même aspect. II nous faudra coller les deux pièces en plastique qui feront office de charnières; pour ceux qui s'interrogeraient sur l'articulation de la gouverne de direction, précisons que l'on installe une tringle en acier, depuis la partie inférieure du fuselage, qui fait office d'axe entre les deux "charnières"; personnellement, nous aurions préféré une charnière supplémentaire.


 

La technique de virage varie selon qu'on la réalise aux ailerons ou avec la dérive (la première solution nous semble plus simple). Le modèle est tout à fait approprié au vol de pente .

 

Les ailes
Les ailes du Rondone sont en foam coffré d'un bois exotique d'environ 1 mm d'épaisseur. Elles peuvent être montées avec ou sans ailerons. Personnellement, nous avons choisi une solution peu habituelle qui consiste à utiliser une radio à deux canaux et à installer ailerons et profondeur. Cette technique s'emploie surtout pour le vol de pente.
L'aile est en foam, son plan est trapézoïdal et son bord de fuite droit (le bord d'attaque est en forme de flèche positive). Le profil utilisé n'est pas indiqué dans le livret d'instructions, mais il s'agit d'un plan-convexe qui rappelle inévitablement le Clark Y. Les ailes sont proprement fraisées pour permettre la séparation des ailerons : il suffit de découper deux petites sections droites à l'aide d'une scie américaine (lame en "cheveu"). Vient ensuite l'installation de la gouverne d'ailerons (deux tuyaux concentriques en laiton, dont on ne colle que l'extérieur) à l'intérieur du foam et le coffrage de la surface découpée au niveau des ailerons, à l'aide des pièces en bois incluses dans le kit. 

Les charnières qui fixent les ailerons sont du type cylindrique : on en place trois par aileron.
Que nous installions des ailerons ou non, il faudra de toute manière coller les bords d'attaque de chaque demi-aile (en balsa et fraisés d'origine), les pièces en plastique qui constituent les saumons et, plus important encore, les deux nervures en plastique de l'emplanture de l'aile qui reçoivent la baïonnette de fixation (il s'agit d'un tuyau en acier de 12 mm de diamètre). Ces deux nervures sont différentes; l'une d'elles comprend sur la surface inférieure de l'aile (intrados, en termes d'aéronautique) deux saillies (cf. photos) qui servent d'appuis et de points de fixation des ailerons, le cas échéant. Les deux baïonnettes remplissent, en outre, une fonction peu habituelle : on peut voir sur les photos qu'elles présentent des anneaux en saillie dans lesquels on introduit la vis de fixation des ailes et qui maintiennent celles-ci parfaitement unies. Le système de jonction des ailes entre elles et avec le fuselage est des plus ingénieux : il permet un montage très précis et sans jeu. Le fait que les ailes sont unies au fuselage au moyen de la vis et des parties saillantes présentes sur leurs bords d'attaque et de fuite augmente fortement la solidité de l'ensemble, contrairement à ce que l'on pourrait croire. Il est fort probable qu'en cas d'impact violent, l'un ou l'autre élément se casse; par contre, en cas d'atterrissage brutal, la parfaite cohésion entre les deux composants évite les petites cassures.

 

 

1) On unit les ailes au moyen d'une vis en nylon dissimulée par le cockpit.

2) Détail de la gouverne de profondeur... et de la singulière texture du modèle.


Finition du modèle
Vous pouvez laisser le fuselage et l'empennage tels quels ou y appliquer une fine couche de polyuréthane. Quant aux ailes, mieux vaut les recouvrir de thermorétractile.
On fixe le cône du modèle au moyen de deux vis, comme ceux en plastique que l'on installe sur l'hélice d'un moteur. Si vous optez pour la version motorisée, électrique ou à explosion, sachez qu'il existe des embases spécialement prévues à cet effet; la transformation de l'appareil en cas de changement de type de propulsion ne pose vraiment aucun problème. Le cockpit est très grand et ressemble plus à celui d'un modèle à moteur thermique qu'à celui d'un planeur. II est en Duraflex et est fixé au reste de l'appareil au moyen de deux petites pièces en plastique qui fonctionnent comme des verrous.

 

Installation de la radio
Le fuselage du Rondone est ample et présente une vaste ouverture dans le cockpit (que l'on retire en quelques secondes). Le montage des servos est des plus simples : ceux des gouvernes de queue se vissent sur les embases en plastique, fournies par le fabricant, tout comme le servo moteur, le cas échéant. Le servo d'ailerons adopte une position curieuse (inclinée); il est placé sur une embase faisant partie intégrante de la nervure centrale de l'une des ailes. La batterie doit être placée dans une position la plus avancée possible, ceci afin de réduire au minimum le lest de plomb nécessaire au bon centrage du Rondone; dans notre cas, nous en avons utilisé environ 150 grammes, toujours dans les limites recommandées par le fabricant. Une particularité : il est possible d'installer un train d'atterrissage rudimentaire au niveau de la "cloison parefeu" si on opte pour un moteur à explosion. Si vous voulez lancer le modèle à l'aide d'un treuil ou d'un élastique, il vous faudra installer un crochet de remorquage, 

1 cm devant le centre de gravité. Ce dernier se situera à 13-14 cm du bord de fuite de l'aile.

 

 

Les saumons de l'aile sont en plastique. Les ailerons sont pratiquement découpés d'origine.


VoI d'essai
Nous avons choisi pour notre Rondone une configuration tout à fait appropriée au vol de pente (ailerons et profondeur). Après les essais de vol plané, et par une journée de vent modéré, nous avons testé le Rondone sur un petit versant. 

Après quelques instants de tension (chose habituelle avec les modèles à stabilisateur de type intégral, car nous ne sommes jamais sûrs d'avoir bien positionné la profondeur), nous avons pu tester les qualités de vol de l'appareil. Le Rondone est un modèle idéal pour l'initiation au vol de pente; mais il conviendrait parfaitement à l'initiation au vol motorisé (équipé d'un petit moteur auxiliaire), car ses qualités de vol sont excellentes. Les ailerons ont suffisamment d'autorité pour bien le diriger; en coordonnant ailerons et profondeur, nous avons à faire à un modèle qui vire vraiment très bien. Sa charge alaire modérée (autour de 45 gr/dm2) permet de le faire évoluer par tous vents. Nous n'avons pas testé le Rondone en plaine, mais nous avons l'intention de l'équiper d'un crochet pour le lancer à l'élastique; nous sommes en effet persuadés que ses qualités de planeur thermique sont tout à fait acceptables.
Outre le vol "normal", les ailerons autorisent les tonneaux; nous n'avons pas essayé le vol inversé, mais nous sommes pratiquement sûrs que notre appareil en est capable ...à condition de disposer d'une hauteur de pente suffisante pour en sortir par "en bas"; le profil plan a ses limites. Enfin, cet appareil autorise une plage de vitesse très large.

 

Résumé
Le Rondone est un planeur polyvalent de dimension moyenne, facile à construire. Le fabricant s'est efforcé de concevoir un système de construction à la portée d'un parfait débutant; l'usinage de ses différentes pièces en plastique a été pensé jusqu'au moindre détail.
Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il s'agit d'un beau planeur, mais il présente un profil assez particulier, agréable à voir évoluer; de plus ses qualités de vol sont excellentes. 

II s'agit d'un entraîneur parfait pour le vol de pente, mais aussi d'un motoplaneur tout à fait approprié pour la plaine par des jours de thermiques. Plus nous le pilotons, plus nous le trouvons beau.


Quelques détails frappants

 

 

1) Détail de la commande d'ailerons.

2) Téton arrière pour l'ajustement des ailes.

 

 

3) Les deux nervures centrales des ailes sont conçues pour un parfait ajustement.

4) Grosse baïonnette pour la jonction des demi-ailes.

 


5) Comme on peut le voir, les ailes sont parfaitement unies.

6) Socle de la vis et de l'embase des servos.

 

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