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MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°29

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" GOLDEN ORIOLE "

Une approche intéressante du planeur "tout-terrain"


Au fil de l'évolution de ce site, nous avons déjà eu l'occasion de parler des différentes classes de planeurs. Nous avons également fait la distinction entre les deux grandes familles que sont, d'une part, les planeurs de pente, et d'autre part, les planeurs de plaine. Et nous en avons décrit les grandes caractéristiques. Certains de nos lecteurs auront certainement eu l'occasion d'assister à l'une ou l'autre concentration de planeurs des deux groupes.
Ils auront pu constater que ces deux familles sont assez différentes. Serait-il possible de combiner autant de différences et d'imaginer un planeur qui soit adapté à la fois au vol acrobatique, au vol thermique, au vol de plaine et au vol de pente? Voilà une requête bien difficile à satisfaire. Pourtant, nous allons vous présenter cette semaine un planeur qui, sans être parfait dans toutes les disciplines, se débrouille plutôt bien dans chacune d'elles.

 

 

Les ailerons et les dimensions du modèle invitent à un pilotage beaucoup plus "dynamique" qu'avec un planeur classique. Pour vol thermique et acrobatie élémentaire.

 

Philosophie du modèle
Le Golden Oriole (dont le nom pourrait être traduit par "Grive dorée") est un modèle conçu comme un tout terrain. Et c'est d'ailleurs ce qu'il est en réalité. Comme nous allons le voir, sa construction est inhabituelle, ce qui lui confère une certaine polyvalence. II s'agit d'un planeur à moteur auxiliaire embarqué dans le nez, pour la prise de hauteur et le vol thermique. Comme la plupart des modèles actuels, il offre un haut degré de préfabrication. Quelques heures suffisent à le mettre en ordre de vol. 

Et comme beaucoup d'autres modèles quasiment prêts à voler, il semble sortir de l'une de ses immenses usines d'aéromodèles présentes en Asie du sud-est.
À la différence d'autres modèles de cette dimension, basés sur une aile à double dièdre pour augmenter la stabilité et commandés par des gouvernes de direction et de profondeur ("deux axes", dans notre jargon), le Golden Oriole possède des ailes à simple dièdre avec des ailerons qui courent sur toute leur longueur. Tout cela donne un planeur dont le comportement en vol diffère notablement de ce qu'on rencontre habituellement, assez efficace en vol de plaine comme en vol de pente. Contrairement à d'autres planeurs à moteur de cet acabit, le Golden Oriole n'est pas un modèle de début. 

II s'adresse plutôt aux modélistes qui jouissent déjà d'une certaine expérience. Nous pourrions le considérer comme un bon deuxième ou troisième modèle.


 

1) Vis de fixation de l'aile (en plastique) et prises d'air pour le refroidissement du moteur.

2) Les servos sur leur platine en contreplaqué. A l'avant, le servo est uni à un guignol en plastique blanc. L'accu est embarqué sous la platine.

 

Le kit
Nous avons dit qu'il s'agissait d'un "presque prêt à voler". Dans la boîte, nous découvrons un nombre impressionnant de pièces. Les demi-ailes sont livrées entoilées, ainsi que l'empennage. 

Dans le nez du fuselage, le moteur est déjà installé, avec son hélice et son cône. Dans un petit sachet, les petites pièces et les fixations nécessaires.
Les instructions sont franchement limitées, compte tenu du peu de choses qu'il reste à faire pour terminer le montage.
Pour compléter le modèle, vous aurez besoin d'une radio d'au moins quatre voies, avec trois servos de
taille standard. II vous faudra également un contrôleur pour le moteur (soit un variateur de vitesse, soit un interrupteur électronique), que vous trouverez aisément dans n'importe quelle boutique d'aéromodélisme. Quel que soit votre choix, s'agissant d'un moteur relativement peu gourmand, le variateur (ou l'interrupteur) devra être capable de contrôler 25-30 ampères avec un pack de sept éléments de batterie. Les contrôleurs de ce type intègrent, en général, un BEC. Ce système permet de se passer de batterie, ce qui se traduit par une économie de poids et de volume (pour des fuselages dont le volume est souvent limité). Le contrôle moteur doit être muni d'un frein pour arrêter l'hélice. 

À part cela, vous devrez disposer d'un pack de sept éléments normal et d'un chargeur
approprié.

 

 

Le moteur dont le Golden Oriole est équipé d'origine fournit assez de puissance pour assurer de bonnes ascensions et des vols classiques confortables.

 

Le fuselage
Le fuselage du Golden Oriole est fait d'une seule pièce en plastique (dont nous ignorons les
caractéristiques). A première vue, iI ne s'agit pas de Plura (utilisé très longtemps sur les modèles de Robbe). On dirait plutôt du Duralene (utilisé sur les modèles Aviomodelli). II semble difficile à coller, sauf peut-être avec de la silicone. Mais en réalité, il n'y a rien à coller sur le fuselage. Jusqu'ici, nous n'avons eu à procéder à aucune réparation, mais je me rappelle que les fuselages en Duralene peuvent retrouver leur forme originale par simple application de chaleur. Le matériau est souple et semble bien supporter les impacts fréquents lors des atterrissages.
Dans le fuselage, on trouve une platine pour les servos et le reste de l'équipement radio, en contreplaqué. Elle est fixée au fuselage par un produit similaire à la silicone ou à l'adhésif utilisé dans les pistolets à thermofusion. Quoi qu'il en soit, elle tient bien. Outre cette platine, nous avons deux cloisons (une et demie, en réalité) faites dans la même matière et fixées de la même manière: à l'avant se trouve la cloison pare-feu, sur laquelle vient appuyer le moteur électrique fourni; une petite pièce (demi-cloison) est installée sur le bord d'attaque de l'aile. Elle est munie de deux vis de 4 mm d'épaisseur qui serviront de points d'ancrage pour l'aile, en lieu et place des classiques chevilles en bois dur.
À l'arrière du fuselage, on trouve une zone plane où vient s'appuyer l'empennage. Sous l'appui de l'aile, deux rainures permettent la sortie des tringles de commande des ailerons. La verrière est fixée par du ruban adhésif.


 

1) Les deux demi-ailes sont livrées totalement finies et entoilées. On aperçoit leur structure classique, avec "cap-strips" et ailerons sur toute la longueur.

2) La commande d'aileron sort du fuselage par les fentes présentes sous l'aile.

 

Système de propulsion
Le moteur est préinstallé dans le nez du modèle, ce qui nous épargne la fastidieuse opération consistant à ajuster exactement le moteur et le cône de l'hélice au reste du fuselage. Le moteur est une des nombreuses variantes du Mabuchi 550 (Speed 600 pour ceux qui les verraient dans un magasin de modélisme), avec un bobinage prévu pour la traction directe et un pack de sept éléments. Ses deux condensateurs antiparasites sont préinstallés. Il ne reste plus qu'à souder les câbles au variateur. 

Bien entendu, ces soudures doivent être effectuées avec soin (fer à souder propre et étain de bonne qualité) et gainées ensuite de thermorétractile, compte tenu du fait que les câbles seront traversés par des courants de 25 ampères, voire davantage: un court-circuit ou une mauvaise soudure peuvent alors se solder par une catastrophe, ou, dans le meilleur des cas, par une perte de rendement.
L'hélice est pliable, classique, et suffisamment fiable pour assurer le bon fonctionnement de l'ensemble. Avec des dimensions de 8x4,5 pouces, on obtient un bon compromis entre performances et consommation. Le modèle est livré avec le cône approprié.

 

 

1) La jonction des demi-ailes est assurée par deux clés en acier et un tour de ruban adhésif.

2) L'empennage est de construction classique, très léger, en treillis de balsa. Son entoilage est identique à celui des ailes.

 

Installation de la radio
Les puits des servos sont prédécoupés sur la platine radio: deux à l'arrière pour les gouvernes de direction et de profondeur, et un à l'avant pour les ailerons. Curieusement, le servo d'ailerons commande les surfaces mobiles, non pas directement, mais via un renvoi d'où sortent les deux transmissions et leurs tringles de liaison (au travers des deux rainures déjà mentionnées). Compte tenu de leur course, ces deux tringles présente inévitablement une double déviation. Les transmissions des gouvernes de direction et de profondeur sont classiques, avec baguettes en bois et tiges filetées aux deux extrémités. Ce système, quoique très ancien, reste extrêmement efficace. Les plus pointilleux pourront coller une gaine en plastique dans le fuselage pour l'antenne du récepteur.
Le récepteur est placé devant les servos, sur la platine. Le contrôleur de moteur est installé juste derrière. Le pack de sept éléments est embarqué via la verrière. II est fixé par du velcro sous le support et appuyé contre le servo d'ailerons. Bien que cette configuration paraisse risquée, elle permet qu'en cas de choc, l'accu se déplace vers l'avant, sans endommager les servos ni le récepteur. Le câblage des servos doit être maintenu sur un côté afin d'éviter les contacts avec l'accu.

 

Empennage
II est de construction classique, en treillis de baguettes (en balsa, je suppose), ajouré sur les plans mobiles. II est livré complètement terminé et entoilé d'une matière dont nous reparlerons. Sa surface est plutôt grande, en comparaison avec les planeurs actuels. Cette caractéristique fait davantage penser à celle d'un avion qu'à celle d'un planeur. II ne reste plus qu'à installer les guignols de commande en suivant les instructions. La fixation de l'ensemble est assurée par deux vis serrées dans le plan fixe de la gouverne de direction. Elles assurent l'union entre stabilisateur et fuselage. Le système est très rapide à monter et empêche toute erreur de montage. En outre, il est simple à démonter.

 

 

1) Le profil utilisé est un plan-convexe. Le bord d'attaque est plus haut que d'habitude, ce qui rend l'avion mieux adapté au vol acrobatique.

2) Détail de la racine de l'aile: on aperçoit le renfort pour la vis de fixation et le guignol de commande. L'ajustement aileron-aile est très précis.

 

Les ailes
Les ailes, démontables, sont formées de deux demi-ailes. Elles sont livrées complètement assemblées et entoilées. Leur structure est, à première vue, classique, avec un coffrage qui court du bord d'attaque au tiers de la corde. Les nervures sont apparemment en balsa de 2 mm. Le profil est plan-convexe, un peu moins épais que de coutume, ce qui se traduit par une meilleure pénétration dans l'air. Le bord d'attaque légèrement "relevé" confère à l'aile une courbure moins marquée que sur les modèles d'initiation. L'aile présente une envergure totale de 1,82 mètre et une corde alaire de 19,5 cm, ce qui nous donne une surface alaire de 34,5 dm2. Comme le poids oscille autour de 1500 grammes, la charge alaire est d'environ 45 g/dm2 (idéale pour ce type d'appareil).
L'aile est totalement entoilée d'origine. Le terme "totalement" n'est pas exagéré, puisque l'entoilage recouvre jusqu'aux bords marginaux et la cloison la plus centrale. II ne s'agit pas d'un thermorétractile de ceux que l'on utilise en modélisme, ni d'un de ces plastiques coutumiers des fabricants asiatiques, mais le fait est qu'à la différence d'autres matériaux, celui-ci reste tendu, même plein soleil. 

La jonction des deux demi-ailes est assurée par deux clés en corde de piano (dont j'aurais aimé que la principale fût plus épaisse d'1 mm). La fixation au fuselage est assurée, à l'avant, par deux vis présentes sur la cloison du fuselage et qui coïncident avec deux logements situés sur le bord d'attaque. A l'arrière, nous avons deux vis présentes à proximité du bord de fuite.

 

Derniers réglages
Les instructions sont très claires en ce qui concerne les débattements des commandes: 10 mm de chaque côté pour les ailerons (pas de différentiel); 20 mm de chaque côté pour la gouverne de direction; entre 8 et 14 mm de chaque côté pour la gouverne de profondeur (nous avons coupé la poire en deux, soit 11 mm). Le centre de gravité se situera entre 63 et 74 mm en deçà du bord d'attaque, selon l'expérience et les préférences du pilote. Pour déplacer le centre de gravité, la batterie de propulsion peut être déplacée (seulement si le centre de gravité est trop en arrière). Si nécessaire, on lestera avec du plomb.

 

 

L'empennage est vissé au fuselage. Sa surface est plus grande que celle d'un planeur classique.

 

Vol d'essai
Après avoir procédé aux vérifications d'usage (fonctionnement de la radio, portée avec moteur en marche) et chargé la batterie, nous avons allumé le moteur et lancé notre Golden Oriole. Comme on pouvait le supposer, le moteur est assez puissant pour animer d'une vitesse ascensionnelle confortable les 1500 grammes de notre planeur. N'oublions pas qu'il s'agit d'un moteur très élémentaire. Avec le
pack d'accus prévu (1800-2000 mAh), l'autonomie du moteur est de 4-5 minutes, ce qui nous a permis d'effectuer plusieurs ascensions à environ 200 mètres, soit 12-15 minutes de vol à chaque fois (davantage pour ceux qui sont plus doués dans la recherche des thermiques).
Le Golden Oriole ne se pilote pas comme un véritable planeur de début. Son vol est beaucoup plus vif, et il préfère les allures plus rapides (pas à la limite du décrochage) avec combinaison des ailerons et de la gouverne de direction. Si vous le pilotez de manière plus nerveuse, c'est à peine si son taux de chute augmentera, et vous pourrez ainsi parcourir plus de distance à la recherche de thermiques. Contre toute attente, l'absence de différentiel sur les ailerons ne se fait guère ressentir. Le planeur répond bien aux ailerons et à la profondeur. Si l'altitude est suffisante, vous pourrez vous essayer à l'acrobatie, et même exécuter des tonneaux.
Nous n'avons pas eu l'occasion de tester le Golden Oriole en vol de pente à proprement parler, puisque nous avons dû nous contenter d'une légère dénivellation. Pourtant, il faut avouer qu'il s'est très bien comporté. II est capable de profiter d'ascendances peu exploitables par d'autres modèles plus grands et plus lourds. La présence d'ailerons constitue un avantage indubitable.
En conclusion, nous avons affaire à un modèle très léger, facile à transporter et offrant des qualités de vol bien plus étendues que son aspect inoffensif pourrait nous le faire croire.

 

Caractéristiques et détails :

 

1) Techniques:

Constructeur : Robbe
Envergure: 1820 mm 
Poids en ordre de vol: 1500 g 
Surface alaire: 34.5 dm2
Longueur: 1060 mm 


2) Fonctions pilotées
Ailerons, direction, profondeur, volets de courbure (facultatifs).


3) Motorisation:
Electrique, classe 600.

Accus : 7 éléments Ni-Cd/Ni-Mh 1700 mAh au moins...

 

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