"
ZIMMER " Une
semi-maquette du "Piper", et
une construction très particulière Notre premier contact avec la société Bahuer (qui, malgré son nom à consonance germanique, est d'origine galicienne) remonte à plusieurs années, lorsqu'elle commença à commercialiser une série de superbes modèles dont la construction tranchait radicalement avec ce que nous avions connu jusque-là.
Au fil des années, le catalogue de Bahuer s'est étoffé de nouveaux modèles tous conçus sur le même principe de construction,
auquel cet article sera en partie consacré.
Parmi les modèles repris dans le catalogue et dont nous vous présenterons plusieurs spécimens au fil de
l'évolution de ce site, nous avons sélectionné, pour une première approche, le
Zimmer. Le
Zimmer permet de profiter d'un vol tranquille et lent. Sa visibilité en
vol est excellente. Méthode
de construction Les amateurs y reconnaîtront la réplique plus ou moins fidèle d'un Piper à aile haute.
Tous les modèles proposés par Bahuer ont pour caractéristique de se présenter sous une forme qui rappelle davantage les jouets à découper des années
70 que de véritables aéromodèles. Voyons d'abord le matériau utilisé. Il s'agit d'un laminé à cinq feuilles de
1,6 mm d'épaisseur. La couche externe est faite d'un matériau brillant et imperméable, sur lequel est imprimée la
décoration. L'une des couches internes ressemble à une feuille de carton ondulé très fine. L'ensemble formé par la superposition des cinq couches est relativement rigide et, en outre, très ''directionnel". En effet, s'il autorise les flexions parallèles aux cannelures, il est difficile de le plier perpendiculairement à ces dernières. De même, le matériau peut difficilement être écrasé dans le sens des cannelures, mais il peut l'être aisément de façon perpendiculaire. Le fabricant exploite ces variations de résistance pour que les pièces soient à la fois simples à travailler et résistantes.
Comment construire un avion dans un tel matériau? Dans les grandes lignes, le système rappelle la technique de construction des châteaux-forts et autres maisons en papier de notre enfance. Il consiste à découper les morceaux de matériaux et à les coller pour que les surfaces planes et courbes, ainsi que les cloisons, forment une structure en trois dimensions dont la résistance vous surprendra.

1)
Ailerons "fullspan" et surface totalement plane. 2)
Espace plus que suffisant pour l'installation de l'équipement radio. L'aile est fixée par deux vis. Le
modèle
Comme on le constate sur les illustrations, le Zimmer est une réplique à échelle, très "libre'', du célèbre Piper
Cub, un appareil extrêmement populaire et apprécié pour son réalisme et ses qualités de vol.
L'avion est grand: 1,85 m d'envergure ; quasiment 1,20 m de long; environ 50 dm2 de surface alaire. Le poids annoncé par le fabricant est de 2600 grammes, ce qui donne une charge alaire de 50 g/dm2. Une telle charge alaire - faible pour ce type d'appareil - se traduit par d'excellentes qualités de vol.
Le Zimmer a été prévu pour être entraîné par un moteur deux temps de 4-6
cc, ou un quatre temps de 6-10 cc. Il peut paraître franchement étonnant qu'un moteur de 4 cc suffise à propulser un avion de cette taille, mais rappelez-vous que le moteur qui
équipait le vrai Piper Cub n'était pas bien gros... Pour l'équipement radio, il vous faudra un émetteur à quatre voies et quatre servos standard.
Comme nous pouvions nous y attendre, le kit inclut de nombreuses feuilles du matériau mentionné, et bien peu de bois (l'une ou l'autre cloison, à peine davantage). Vous n'aurez pas à vous procurer le matériau d'entoilage. 
Contrairement au système de construction, les commandes sont de type classique. Le
livret d'instructions
Les instructions qui accompagnent le Zimmer méritent une mention spéciale. Elles se présentent sous la forme d'un livret, en plusieurs langues, et sont agrémentées d'une débauche d'illustrations. La première page est consacrée aux outils nécessaires pour le montage. Ensuite vient une description du matériau utilisé, avec ses caractéristiques et des astuces pour le travailler plus efficacement (les colles, etc.). La construction proprement dite est décrite par une série de 90 schémas très détaillés
et autant de légendes. Si les explications textuelles sont rares, les
schémas compensent largement cette lacune. Le
fuselage En
ce qui concerne le montage du Zimmer, nous parlerons davantage de ses
particularités, plutôt que de la construction proprement dite qui ne
varie guère d'une pièce à l'autre.
Le fuselage est franchement volumineux, comme il se doit pour un Piper de cette taille. Lorsque l'on construit en bois, l'obtention de formes courbes exige le fléchissement des planches ou l'installation de multiples cloisons. Mais avec le matériau plastique utilisé pour le montage du
Zimmer, ce genre de problème ne se pose pas. En outre, les surfaces courbes se révèlent plus résistantes que dans le cas des montages classiques.
Le fuselage est formé de deux ensembles, de différentes résistances. La partie avant est formée de trois feuilles collées les unes aux autres, l'objectif étant d'obtenir une meilleure résistance. La couche extérieure adopte un profil différent: elle ne
repose pas intégralement sur la couche intermédiaire et confère ainsi sa forme à la verrière. D'un point de vue structurel, cette solution optimise la résistance de l'ensemble, lequel est posé sur trois cloisons (la pare-feu et deux grands couples situés sous le bord d'attaque et le bord de fuite de l'aile). La cloison pare-feu est formée de deux couches en bois séparées par une couche de matériau composite.
Le bas de la cloison du bord d'attaque présente un renfort en bois sur lequel viendra se fixer le train d'atterrissage au moyen des classiques vis en "J". Les cloisons en composite sont bordées d'une "marge" qui sera coupée et pliée pour augmenter la zone de contact entre cloison et revêtement du fuselage. Sur la troisième cloison, un support en contreplaqué recevra les vis de fixation de l'aile.
Nous l'avons dit, le fuselage est formé de deux pièces, lesquelles sont jointes à la hauteur de la troisième cloison (celle qui se situe au bord de fuite de l'aile). À première vue, la jonction peut paraître peu résistante. Mais l'énorme zone de contact (1,5 cm tout autour du fuselage!) doit nous rassurer. D'un point de vue structurel, le fuselage est extrêmement résistant. Dans le bas du nez, une large ouverture permet l'introduction du réservoir de carburant. L'accès en est fermé par une trappe en plastique (vissée). 
Difficile de croire en l'absence de nervures. Pourtant, tout est en carton imprimé.
L'empennage
Comme le reste du modèle, l'empennage est en composite laminé. Pour le montage, il suffit de plier les pièces fournies. Les renforts - l'équivalent des longerons - sont obtenus en pliant le matériau tout le long du bord postérieur du stabilisateur. II est ensuite collé. Ce faisant, on obtient à l'arrière du plan fixe, par exemple, une zone formée de quatre feuilles de matériau. Un ruban de papier spécial, très souple, vient se glisser entre les feuilles: il fera office de charnière pour le plan mobile. Le patin de queue est ancré dans le bas de la gouverne de direction, également collé entre les plis de renforcement. Ce patin ne pivote pas avec la gouverne de direction, mais est orienté depuis le servo grâce à une commande directe. Contrairement à d'autres, notre patin de queue est relativement long, le but étant de profiter de la souplesse de la corde de piano pour faire pivoter le système. Autre particularité du
Zimmer: les gouvernes et les stabilisateurs sont assemblés pour être ensuite collés, en un bloc, à l'arrière du fuselage. La résistance de l'ensemble est encore accrue par des languettes qui calent les différents éléments (entre eux et au fuselage). Comme le précisent les instructions, "Étudiez bien la disposition des pièces avant le collage...", afin de ne pas vous tromper dans l'ordre de montage. Les guignols de commande sont de type classique et leur positionnement est parfaitement indiqué.

L'aspect général du Zimmer est celui
d'une semi-maquette de Piper Cub. L'aile
L'aile du Zimmer, une fois construite, ne fait plus qu'un bloc. Compte tenu du fait que son enver gure dépasse 1,80 mètre, son chargement dans votre voiture risque de poser problème. Chacune des deux demi-ailes est construite au départ d'une pièce de matériau composite de près de 90 cm de long sur 60 cm de large. Avec la sérigraphie orientée vers le bas, on réalise, de préférence à l'aide d'une longue latte, les plis qui permettront de la doubler. Avec de la colle cellulosique, on installe ensuite le renfort de la partie centrale (la pièce centrale en contreplaqué qui permettra de fixer l'avant de l'aile au fuselage) et le longeron de l'aile, fait du même matériau. À ce niveau du montage, on colle sur l'aile les bords marginaux (saumons d'aile), lesquels sont formés de pièces indépendantes.
Une fois l'ensemble préparé, les nervures (également en matériau composite) sont collées sur la partie inférieure. Reste ensuite à procéder au "grand collage": l'installation de l'extrados sur l'ensemble formé. Comme vous l'aurez remarqué, on ne peut parler de bords d'attaque ou de fuite au sens propres du terme. En réalité, ils sont formés par des plis réalisés dans le matériau. Les deux demi-ailes sont unies par une clé en contreplaqué. Vient ensuite l'installation des ailerons; ils sont de type classique (en matériau composite) et actionnés via un servo central.

1)
Le profil de l'aile est assez épais, ce qui optimise sa résistance structurelle. Le saumon est collé séparément. 2)
Les charnières sont fixées sur le bord de fuite. Celui-ci est formé de plusieurs plis réalisés dans le matériau de construction.
Autres
éléments
Comme le montrent les illustrations, le carénage du moteur est similaire
à celui du fuselage. Le train d'atterrissage est en corde de piano. Il
est enveloppé d'un carénage factice, comme les haubans de l'aile. Ces derniers sont optionnels;
toutefois, ils peuvent jouer un rôle appréciable, compte tenu de la
grande envergure de l'aile. Le montage de la radio est simple, car l'espace disponible ne manque pas et la partie supérieure du fuselage permet d'y accéder facilement. Les sorties
des transmissions sont indiquées, ce qui facilite grandement le travail.
Le Zimmer doit être centré à 90 mm du bord d'attaque. Pour ce faire, le fabricant nous conseille d'ajouter 200-300 grammes de plomb (la quantité de lest ne doit pas nous effrayer, car le poids du Zimmer se maintient dans des marges plus que raisonnables). Le plomb est vissé à la cloison pare-feu. Quant à la finition et la décoration de l'appareil, les prises de vue sont éloquentes (tout est d'origine). Le seul "hic'' est que tous les Zimmer sont parfaitement identiques (sauf si Bahuer se décide à proposer plusieurs graphismes décoratifs). Il est fortement recommandé de sceller les jonctions entre pièces, surtout celles qui sont exposées au fuselage. 
Avec un moteur
"40" normal, le décollage est spectaculaire: c'est l'un des avantages d'une charge alaire et d'un poids réduits. En
piste
Malgré le problème déjà mentionné qui consiste à transporter une aile de 1,85 m (notre collaborateur attitré dispose d'une camionnette de
livraison, ce qui facilite grandement les choses), nous sommes enfin arrivés au terrain de vol. Le montage du Zimmer est extrêmement rapide, comme pour n'importe quel autre entraîneur. De prime abord, personne ne semble remarquer quoi que ce soit d'étrange dans sa construction. C'est seulement au moment de toucher le Zimmer que nos confrères se rendront compte de sa consistance, pour le moins surprenante.
Nous avons opté pour un moteur 45 FX muni d'une hélice 11x6. Avec un système de propulsion aussi puissant, le Zimmer décolle en 10-15 mètres et grimpe à
45 degrés. En tirant moins sur le "manche", l'avion décolle de lui-même.
Le Zimmer est une semi-maquette d'un Piper Cub, connu pour la douceur de son pilotage. N'attendez donc pas de lui qu'il fasse preuve d'extraordinaires qualités acrobatiques. Il s'agit d'un excellent avion de début, avec un comportement lent et très tranquille, une excellente visibilité et une noblesse hors pair. Pour le faire décrocher, il faut franchement le vouloir. Et même ainsi, il piquera du nez et continuera de voler. Les atterrissages se font pratiquement au pas, en maintenant la commande vers le bas. En vol normal, la réponse aux commandes est bonne. En forçant un peu, vous arriverez à lui faire exécuter des loopings et l'une ou l'autre figure de base.
Comme pour les autres ailes hautes de grande taille, mieux vaut utiliser du différentiel pour obtenir la commande d'ailerons souhaitée (c'est le cas pour la commande de série). L'avion vire mieux lorsqu'on combine ailerons et gouverne de direction. Vous disposerez alors d'un bon entraîneur. Votre Zimmer volera,
de toute manière..., mais pour optimiser ses performances, vous devrez apprendre à bien coordonner les commandes. 
Ajustage de l'aile sur le reste du modèle. On aperçoit clairement les plis formant la verrière et le capot moteur. En
conclusion
Pour conclure, revenons un instant sur la résistance du Zimmer. Le matériau utilisé offre de bonnes qualités structurelles et la conception de l'avion est irréprochable. Mais il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'un avion en carton, et qu'en le serrant trop fort entre vos mains, vous risquez de le déformer. Après trois mois d'utilisation, notre Zimmer était toujours en parfait état de marche. Au fil de
ce site, nous analyserons d'autres modèles du même fabricant, dont certains voltigeurs exposés à de plus fortes contraintes. Mais au vu de ce premier essai, nous ne devons
craindre aucune mauvaise surprise. Caractéristiques
et détails :
1)
Techniques:
Constructeur : Bahuer
Envergure:
1850 mm
Poids en ordre de vol: 2600 g
Surface alaire: 50 dm2
Longueur: 1200 mm
2) Fonctions pilotées:
Ailerons, direction, profondeur, moteur.
3) Motorisation:
4-6 CC en 2 Temps ; 6-10 CC en 4 Temps.
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