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MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°33

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SOMETHING EXTRA

Un engin hybride entre acrobatique classique et Fun Fly

 

II y a quelques années, un nouveau type d'appareil est apparu dans les clubs d'aéromodélisme: les "Fun Fly". Il s'agissait d'avions spécifiquement destinés au vol acrobatique informel, de construction simple, légers et offrant d'excellentes qualités de vol. Si ces nouveaux-venus semblaient révolutionnaires aux yeux de certains, ils rappelaient aux plus anciens les premiers avions acrobatiques à vol circulaire: fuselage en bois d'une seule planche, moteur vissé sur un côté, profil très épais
(qui permettait de loger l'équipement radio dans l'aile), grandes gouvernes, capacités acrobatiques illimitées. Ces engins connurent leur heure de gloire, mais leur allure particulière n'a
pas réussi à convaincre une frange importante des aéromodélistes. 

Le " Something Extra " que nous vous présentons cette semaine rappelle, dans une certaine mesure, les avions Fun Fly, mais en plus raffiné, avec un fuselage classique renfermant la radio. Ses qualités de vol sont irréprochables.

 

 

Atterrissage à la vitesse d'un cheval au pas: l'avantage d'un avion léger à grande surface alaire.

 

Le kit
Le Something Extra a été conçu et fabriqué par le constructeur nord-américain SIG. II s'agit de la réplique extrêmement libre d'un Extra 300. 

Sa construction est tout à fait classique: cette fois, pas de préfabrication, mais des tas d'éléments en balsa (notamment) qu'il faudra monter de A à Z. Le "classicisme" de la construction est démenti sur un point: les pièces ne sont pas estampées, mais découpées au laser. Ce système se traduit par un ajustage très précis et par la présence d'un bord noirâtre autour des pièces. Dans le livret d'instructions, le fabricant nous conseille de ne pas y toucher et de ne pas le poncer, afin de ne pas altérer l'ajustement des pièces.
Le Something Extra est un avion acrobatique de taille moyenne-petite, avec une envergure de 130 cm et une longueur de 117 cm. De telles dimensions, ajoutées au fait que ses ailes sont démontables, le rendent facilement transportable dans le coffre d'une voiture normale. II s'adresse à des pilotes jouissant d'une certaine expérience, tant en matière de pilotage qu'en matière de construction (construction classique en bois, surtout).
Il est prévu pour être propulsé par un bon moteur de classe 40-50 (6-8 cc). Pour en tirer le maximum - et dans la lignée des Fun Fly -, vous aurez besoin d'une radio d'au moins quatre voies, avec cinq servos de taille standard. L'avion se prête aux mixages acrobatiques, comme le couplage des ailerons avec la profondeur, qui réduit fortement le rayon des virages.
Voyons à présent le manuel. II est clair qu'il ne s'adresse pas aux débutants. On y trouve un plan de très bonne qualité, grandeur nature et formé de deux feuilles, en plus d'un livret d'instructions de 26 pages (en anglais seulement, comme souvent pour les modèles nord-américains). C'est dommage, car il renferme une mine d'informations et d'astuces de montage réellement utiles.
II contient également une série de photos illustrant les étapes successives de la construction, ce qui aidera ceux dont la langue anglaise n'est pas la tasse de thé...

 

 

1) L'accès au fuselage est assuré par une grande trappe qui intègre la verrière et le pilote.

2) Les plans mobiles de l'empennage sont ceux d'un Fun Fly. Notez les haubans de fixation et le câble d'antenne (déployé à l'intérieur du fuselage).

 

Montage des ailes
Comme le précisent les instructions, le montage commence par les ailes. À la différence d'autres modèles similaires, les ailes sont indépendantes. Elles sont jointes a posteriori au moyen d'un tube en aluminium. En accord avec le principe appliqué par les modélistes classiques, l'aile compte peu de nervures, par souci de légèreté. La corde alaire est franchement imposante (39 cm à la racine et 33 cm à la pointe), ce qui donne une surface alaire totale de 44 dm2 (considérable, pour un avion d'un tel format) et une faible charge alaire. Les ailerons sont surdimensionnés (8 cm à la racine et 60 cm de long)
La structure de l'aile est classique: profil très épais et symétrique, avec un bord d'attaque très rond pour faciliter le vol lent et l'acrobatie extrême. II est essentiel que l'aile ne soit pas déformée pendant son montage. Pour nous aider, les bas des nervures sont dotés de blocs qui permettent de conserver la bonne incidence pendant les premières phases de montage. Ils devront être ultérieurement coupés (l'aile reste très flexible et déformable tant que les coffrages avant n'ont pas été collés).
La structure de base est formée de longerons en balsa (doubles au centre) unis par du balsa, avec la veine verticale et un coffrage en balsa de 2 mm depuis le bord d'attaque jusqu'aux longerons centraux (structure en D). Dans la partie centrale vient se loger un tuyau en matériau phénolique d'environ 20 mm de diamètre. II est collé à la structure de l'aile et recevra la clé d'aile en aluminium. Les deux demi-ailes sont fixées au fuselage au moyen de deux crochets et d'un élastique (nous avons préféré utiliser une vis et un écrou).
Les servos d'aileron (un par demi-aile) sont posés sur une petite embase en contreplaqué, entre deux nervures. Les câbles du servo coulissent dans un tuyau en papier, lui aussi intégré à la structure. Les ailerons sont en balsa, ajourés pour alléger l'ensemble. Curieusement, ils sont formés de deux éléments en balsa collés sur toute leur longueur. Les ajours sont présents d'origine. De la fibre de verre imbibée de cyanoacrylate est appliquée sur le point d'appui de la gouverne.

 

 

L'allure du Something Extra se distingue nettement de celle d'un Fun Fly classique (notamment par le fuselage).

 

L'empennage
À la différence d'autres avions de ce type, où il est en "treilIis", l'empennage est, cette fois, en balsa de 6 mm d'épaisseur (léger et de bonne qualité), avec des ajours par souci de légèreté. Sur les plans mobiles (imposants) le sens de la veine du bois est partiellement inversé, pour prévenir toute déformation. Les pièces découpées au laser coïncident parfaitement l'une avec l'autre. Cette fois, le renfort de gouverne est assuré par des blocs en bois dur, et non par de la fibre et du cyanoacrylate. Les deux moitiés de la gouverne de profondeur sont jointes au moyen d'une tige en corde de piano de 3 mm. Les instructions conseillent de biseauter la zone articulée pour allonger les débattements des commandes. Les charnières sont de type classique, fixées au cyanoacrylate. Compte tenu de l'usage qui sera fait du modèle (acrobatie violente), des renforts en câble ou en tige métallique peuvent être installés sur l'empennage pour en assurer la stabilité. Ce système est utilisé sur les avions acrobatiques réels. Ils devront être installés après l'entoilage des surfaces et le collage de l'empennage au fuselage.

 

 

1) Pour en tirer le maximum, rien de tel qu'un bon moteur de 6-8 cc. Pour le test, nous avons utilisé un MVVS.

2) Détail de l'aile, dont la corde mesure près de 30 cm (sans compter les ailerons avec leur commande directe depuis le servo).

 

Le fuselage

C'est peut-être le fuselage qui différencie le plus le Something Extra d'un modèle Fun Fly habituel. À la différence de ces derniers, où le fuselage est formé d'une seule planche, le fuselage est, cette fois, de type classique, avec flancs et cloisons. Comme sur le reste de l'avion, tout est fait pour alléger la structure. La cloison pare-feu est en contreplaqué de 6 mm (bouleau); la deuxième est en contreplaqué de 3mm; les autres sont quasiment toutes en balsa. Les flancs du fuselage sont en balsa, allégés à l'arrière par des ajours. À l'intérieur, un renfort court du nez jusqu'à l'arrière du bord de fuite de l'aile, également en balsa. La structure de base est une caisse carrée sur et devant laquelle se monte le reste du fuselage, avec des cloisons et des longerons qui lui donnent davantage de réalisme. La profondeur maximale du fuselage est de 16 cm, ce qui constitue une bonne surface pour le vol tranche.
Dans la partie centrale vient se loger un morceau de tuyau phénolique (qui nous servira également de guide pendant le montage) pour le passage de la clé d'aile. Dans le bas, on découvre une zone en contreplaqué de 3 mm destinée à ancrer le train d'atterrissage, lequel est en dural (voir photo). La radio est montée sur un support en contreplaqué situé entre les deux ailes, juste sous la clé d'aile.
L'accès à l'intérieur de l'avion est assuré par une grande trappe située au centre, là où se trouve la verrière en acétate. D'origine, la zone du fuselage située entre la première et la deuxième cloison est coffrée, ce qui complique l'accès à ce dernier. Mais nous avons choisi de laisser le haut accessible. Le réservoir est, bien entendu, un Kavan de 250 cc (celui que recommande le fabricant).

 

 

1) Les carénages des roues sont en plastique. Tout bénéfice pour l'allure générale du modèle.

2) Profil d'aile épais et symétrique. Sur la racine de l'aile, on aperçoit les tubes pour la clé d'aile
et pour le câble du servo.

 

Montage du Something Extra
Le moteur que nous avons utilisé est un MVVS 45. Avec une hélice 11x6, il nous a semblé bien adapté au modèle, même s'il apparaît évident que celui-ci pourrait tolérer plus de puissance. II est monté sur deux bâtis en nylon, qu'il faudra fixer sur la cloison pare-feu en tenant compte de la largeur de son carter. La quasi-totalité des moteurs normaux de classe 40-50 conviendront. Après avoir installé les renforts du nez de l'avion, il est indispensable d'imperméabiliser (avec de l'époxy ou équivalent) la cloison pare-feu et la zone proche du réservoir de carburant. Ensuite, il faudra enrober le réservoir de caoutchouc-mousse, pour le protéger contre les vibrations.
Nous avons entoilé totalement l'avion de thermorétractile (Oracover). La manière la plus simple de procéder consiste à entoiler l'empennage avant de l'ancrer au fuselage. Ensuite seulement, on le colle à l'époxy, en veillant à ce que les plans soient parfaitement perpendiculaires. Ensuite, on peut tirer les haubans entre le plan vertical, le plan horizontal et le fuselage. Les ailes aussi devront être recouvertes d'Oracover, même à la racine. Pour ce faire, on enlèvera le crochet de fixation (la vis, dans notre cas). Reste à monter les carénages de roue (en plastique), les transmissions (fournies) de type Bowden, et le tube pour l'antenne du récepteur, qui peut être déployée à l'intérieur du fuselage.

 

Montage de la radio
Si vous suivez les instructions du manuel, le montage de l'équipement radio ne devrait guère poser problème, puisqu'il suffit de placer les servos dans leurs logements (un sur chaque demi-aile, avec son câble coulissant dans le tuyau en papier déjà mentionné). On le constate, l'accès aux servos et au récepteur est excellent, une fois enlevée la verrière. En ce qui nous concerne, nous avons embarqué le pack d'accus sous le réservoir de carburant pour faciliter le centrage de l'avion. Les transmissions d'origine sont de bonne qualité. Les courses ont été bien imaginées pour donner des commandes très efficaces et sans jeu. Le manuel reprend un petit tableau avec les courses recommandées: 30 mm dans chaque sens pour la profondeur; 25 mm de chaque côté pour les ailerons; 45 mm de chaque côté pour la gouverne de direction. Cela, avec dual rate. Le pilote reste libre d'augmenter les courses pour l'acrobatie extrême (50 % de plus pour chaque gouverne). Nous avons fait appel à une Futaba FF8, capable de fournir les mixages nécessaires pour optimiser les qualités acrobatiques de l'appareil.
Libre à vous de personnaliser votre pilotage, mais il est un mixage fortement recommandé: celui de flaperons/profondeur (les ailerons descendent quand l'élévateur monte, et vice versa, comme sur les acrobatiques en vol circulaire).
L'avion doit être centré au niveau du longeron de l'aile, à environ 90 mm du bord d'attaque. Au total, notre Something Extra pesait environ 2750 grammes. Le manuel ne donne pas de chiffre idéal, mais le poids obtenu nous a semblé acceptable, avec une charge alaire de 60 g/dm2.

 

 

1) Ce tube d'environ 20 mm de diamètre est chargé de maintenir les ailes en place.

2) Beaucoup d'espace libre pour l'embarquement des servos. C'est dans le tube phénolique que vient se loger la clé d'aile.

 

Vol d'essai
Après avoir effectué les vérifications d'usage et pris les photos les plus pertinentes (nous les prenons toujours avant le décollage...), nous avons lancé le moteur. Avec les gaz à fond, le Something Extra accélère rapidement, au prix d'une légère correction de gouverne à droite. Avec le moteur choisi, l'avion n'exige guère plus de 5-10 mètres pour décoller. Avec un moteur plus puissant et une pipe Weston, aucun problème pour décoller en fanfare à la verticale. La puissance développée par notre moteur est suffisante pour monter à 45° et entreprendre toutes les figures qui nous passeront par la tête. À mi-régime et avec les commandes en position "tranquille", le pilotage est un véritable plaisir. Le vol est doux et sans surprise. Tous ceux qui sont capables de manoeuvrer un entraîneur devraient être à même de le piloter. L'avion autorise les vols très lents, quasiment suspendu à l'hélice, sans réaction inattendue. Le profil épais et la faible charge alaire y sont sûrement pour quelque chose... Dans de telles conditions, et compte tenu des possibilités de vol à allure réduite, le Something Extra accepte de bonne guerre les figures acrobatiques classiques.
En exploitant les commandes au maximum, les choses changent, puisque le pilote peut alors se lancer dans des tonneaux à des vitesses vertigineuses, exécuter des boucles extrêmement serrées et adopter un comportement digne d'une mouche en plein délire. Franchement, nous avons eu l'impression d'exercer un contrôle total sur l'appareil. Le couplage flaperons/profondeur facilite considérablement certaines figures. Attention de ne pas laisser les gaz à fond. Si l'avion accélère trop vite, vous risquez bien de vous retrouver sans gouverne... En réalité, il serait plus judicieux d'utiliser une hélice de diamètre et de pas supérieurs (une 12x4 serait idéale), ce qui ferait grimper l'avion plus vite, aux dépens de sa vitesse. Une fois rassasiés de notre furie acrobatique, nous avons redressé les commandes et ralenti le moteur pour atterrir à la vitesse d'un cheval au pas. Les commandes restent efficaces jusqu'à l'arrêt complet de l'avion.

 

 

L'avion peut être piloté de prés et à très faible allure. Sa charge alaire réduite et le profil utilisé le rendent extrêmement fiable et prévisible.

 

En conclusion
Le Something Extra n'est pas un avion pour débutants. II s'adresse à des modélistes plus patients et suffisamment expérimentés pour réussir son montage et profiter de l'extraordinaire ajustement des pièces découpées au laser. L'avion est léger et résistant (Attention: résistant aux contraintes en vol, pas aux impacts!). Ses qualités acrobatiques sont réellement exceptionnelles. De plus, il est beau et peut être démonté pour être chargé dans le coffre d'une petite voiture. Avec un bon moteur et une radio avec mixages, le pilote expérimenté en tirera beaucoup de moments de réel bonheur!

 

Caractéristiques techniques :

Constructeur : SIG

Envergure : 1300 mm

Longueur : 1170 mm

Charge alaire : 60g/dm2

Poids environ : 2750 g

Moteur : 40-50 (6-8cc) ; Radio : 4 voies (5 servos)

 

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