RIPPER Un
petit planeur Lancé-main à deux voies
L'origine des planeurs radiocommandés lancés-main est amusante: ils furent utilisés pour la première fois il
y a une vingtaine d'années, à l'occasion d'un championnat du monde de F3B (planeurs de classe supérieure
FAI); les concurrents les utilisaient entre les manches pour s'entraîner. De là est né l'engouement - sans cesse croissant - pour ces petits modèles simples, économiques
et faciles à construire.

1) Avec des ailerons, le vol est beaucoup plus dynamique. Le Ripper convient aussi au
vol de pente. 2)
Notre pilote d'essai attitré nous donne une idée des dimensions du Ripper..
Caractéristiques
d'un lancé-main
Les planeurs lancés-main sont, par essence, de petits planeurs à vol thermique dont l'envergure ne dépasse guère 1,30 ou 1,40 mètre. Dans 99 % des cas,
iI s'agit de modèles à deux axes équipés de deux servos (l'un pour la direction et l'autre pour la profondeur). Ces dernières années ont vu l'apparition de lancés-main sur lesquels les ailerons sont utilisés en lieu et place de la gouverne de direction. Comme nous allons le voir, le Ripper appartient à cette dernière catégorie.
Mais ce qui caractérise ce type de planeur, c'est surtout leur "système de propulsion". À l'instar de leurs homonymes à vol libre, il s'agit de les lancer à la main le plus haut possible et de rechercher ensuite les thermiques. En conséquence, ces
modèles doivent être, d'une part, de taille et de poids réduits, et d'autre part, assez résistants pour ne pas se rompre au moment du lancer, pendant lequel les efforts exercés sur leur structure sont très importants. Le poids oscille entre 250 et 500 grammes. En toute logique, la plus
grande part de la masse pondérale correspond à l'équipement radio. On fait donc appel à des
microservos, des accus de 50-100 milliampères (les accus classiques sont de 500 milliampères) et d'autres systèmes permettant d'économiser du poids et quelques grammes ou quelques millimètres. Pour économiser du poids, la technique habituelle consiste à utiliser une structure en bois (classique), avec un fuselage de type "caisse", des ailes à longerons, et un double dièdre (cette configuration facilite grandement les virages serrés à la recherche de petites thermiques, comme celles que l'on trouve habituellement près du sol). 
L'électronique doit être entrée "par pression", malgré l'emploi de composants à faible encombrement. Quelques
rappels d'ordre structurel
La plupart des modélistes "normaux" (c'est-à-dire ceux qui, au départ, n'avaient pas les moyens de s'acheter une radio) ont, un jour, construit un planeur
lancé-main. Ces planeurs étaient très petits (40-45 cm d'envergure), avec des ailes à bords elliptiques, et construits en balsa profilé de 5 mm d'épaisseur. Lorsque les premiers planeurs lancés-main radiocommandés sont apparus, c'est à peine si l'on trouvait des microservos et des
microrécepteurs. La structure originale était donc telle que nous venons de la décrire (tout bois, double dièdre, etc.). Les fuselages étaient carrés, faits sur mesure pour pouvoir recevoir les
servos. Ensuite, grâce à l'apparition d'équipements radio plus petits et plus légers, on en est revenu aux origines. Le Ripper que nous vous présentons aujourd'hui répond à cette
philosophie: il suffit d'observer le profil des ailes, le plan alaire et le fuselage
filiforme pour que les plus anciens reconnaissent au premier coup d'œil un lancé-main classique.

1)
Commande d'aileron (un servo par aile). Le pli de la tringle permet de régler le neutre. 2)
Fixation avant de l'aile au moyen d'une tringle en acier. Renfort d'aile en fibre de verre. Le
Ripper
Le Ripper est un petit planeur destiné à être lancé à la main (ou, à défaut d'être un athlète, avec un système élémentaire de prise de hauteur), parfaitement représentatif des dernières tendances en la matière. Il est fabriqué en Allemagne par
Robbe. Il est construit sur base d'une faible proportion de balsa et une forte proportion de matériaux synthétiques. Contrairement à d'autres modèles classiques, les ailes sont en foam à très faible densité, recouvertes d'un mince coffrage en bois. Le fuselage est en fibre de verre à l'avant. À l'arrière, il est constitué d'un tube en fibre de carbone. L'empennage est en V.
En ce qui concerne ses dimensions: envergure: 1500 mm; longueur totale: 83 cm ; surface alaire: 23 dm2 ; poids total: 390 grammes, ce qui nous donne une charge alaire théorique de 17g/dm2. En fouillant dans nos archives, nous avons retrouvé les données relatives à un lancé-main du même fabricant, beaucoup plus classique, dont la
charge alaire était fort similaire. Comme nous le verrons lors du test, si la charge alaire n'a guère varié, il en est tout autrement des qualités de vol de l'avion.

1)
L'empennage en V du Ripper lui confère une allure peu habituelle. 2)
Les éléments du fuselage sont fabriqués dans des matériaux sophistiqués. Le Ripper contient très peu de bois.
Le
kit
Nous l'avons dit, le Ripper est un modèle à faible proportion de bois (au
sens classique du terme). Le nombre de pièces incluses dans le kit est plutôt réduit: les deux demi-ailes, les éléments du fuselage, un peu de balsa pour l'empennage et les saumons d'aile, c'est à peu près tout.
Pour compléter le Ripper, vous aurez besoin d'un équipement radio assez spécial, compte tenu du fait que le fuselage ne permet même pas l'installation d'un seul servo de format standard. II faudra trois servos de type
"nano" (les plus petits), du câble pour allonger les connecteurs, un récepteur format micro (à deux ou trois voies) et une batterie Ni-Cd de maximum 100
mAh. Vous trouverez tous ces composants dans les catalogues des différents fabricants. Précisons d'emblée que les prix de ces composants sont souvent inversement proportionnels à leurs dimensions ...Des firmes comme Multiplex proposent des kits complets avec récepteur, servos et accus miniatures. Notez que compte tenu de la faible masse et des dimensions réduites des gouvernes, des servos d'1 kg/cm (moins du quart des servos classiques) suffisent pour ce type de modèles. Voyons à présent quelques détails de construction.

1) Équipement nécessaire: trois microservos et un récepteur le plus compact possible. Même ainsi, difficile de faire entrer le tout dans le modèle.
2) Le Ripper en "stationnaire". La concentration du pilote est à son comble. Les
ailes
Le degré de préfabrication des ailes est très élevé. Elles se présentent sous la forme de deux demi-ailes. Leur poids est franchement dérisoire. À première vue, c'est un bois exotique très mince qui a été utilisé, ainsi que du foam à très faible densité. Les saumons sont collés; il ne reste plus qu'à les poncer. Le profil utilisé est un HN 1033 modifié (nous ignorons en quoi consiste ladite modification...) avec une épaisseur de 10-11 %. Les ailerons sont tracés au crayon sur les plans des ailes. Ils devront être découpés avec un
cutter et une règle. Dans l'aile, une baguette en balsa évite que le foam ne soit exposé.
Le puits des servos doit être creusé avec un couteau, jusqu'à atteindre le bois de l'autre côté. II faudra aussi repérer l'ouverture pour le passage des câbles des
servos, depuis leur logement jusqu'à la racine des ailes (opération pour le moins fastidieuse) et pratiquer une ouverture dans le bois à cet effet. Ensuite, vous devrez poncer la zone centrale et joindre les deux ailes avec de l'époxy et un renfort central en fibre de verre. Attention de ne pas exagérer avec l'époxy (qui est lourd...). Le dièdre des ailes est de 50 mm sous la pointe de l'aile. On le constate, rien à voir avec le double dièdre des anciens lancés-main. Après le séchage, il faut installer les
servos. Le câble doit être passé par l'ouverture. Après avoir coupé le câble, il faut réaliser la connexion correspondante avec la rallonge de servo (le câble doit mesurer 50-60 cm). Mesurez le plus exactement possible pour éviter qu'il ne soit trop long (l'espace libre est franchement limité). Les servos sont installés dans leur logement et collés avec une goutte d'époxy (au préalable, enroulez-les de quelques tours de ruban
adhésif pour pouvoir les décoller et les réutiliser par la suite). L'articulation des ailerons sur le reste de l'aile est assurée par du ruban adhésif de type Scotch
Magic. La commande d'ailerons consiste en une tringle d'acier de 0,8 mm d'épaisseur, avec un pli en Z pour l'ajustement. Quoi qu'il en soit, le réglage est
limité; il est donc conseillé de positionner le servo et la commande le plus exactement possible avant de fixer définitivement l'ensemble. Empennage
L'empennage est en V et ne commande que la profondeur. Les plans sont en balsa de 2 mm, plutôt souple.
Ils sont poncés d'usine et articulés par un curieux matériau similaire à du papier, mais très résistant. La pièce centrale où sont fixés les stabilisateurs est en contreplaqué et forme d'usine l'angle avec lequel le collage devra être réalisé (mais rien ne vous empêche de vérifier son exactitude). L'ensemble est fixé au fuselage au
moyen de vis de 2 mm qui tournent dans des pièces en plastique. Celles-ci devront être collées au cyanoacrylate sur la section arrière de la poutre de queue. La poutre devra être forée pour laisser passer la pointe des vis. 
Avec un peu de pratique, le Ripper peut être lancé à 15-20 mètres de hauteur. En cas de douleur au bras, utilisez un crochet... Fuselage
Le fuselage est en deux parties. L'avant est en gel coat et l'arrière est formé d'un tuyau en fibre de carbone.
Il faudra découper la zone située sous l'aile et coller la cloison présente sous le bord de fuite de l'aile (l'appui d'aile), où l'écrou de fixation sera collé à l'époxy. Après avoir installé la transmission de la gouverne de profondeur (une gaine en plastique collée à l'intérieur de la poutre de queue) l'ensemble est fixé sur la poutre de queue. L'aile est vissée au fuselage et après avoir poncé la poutre, l'ensemble est collé au reste du fuselage avec de l'époxy. Toute la structure doit être parfaitement alignée. La verrière est également en fibre de carbone. Elle est tenue en place avec du ruban adhésif. Equipement
radio
Bien que nous ayons opté pour un accu de 110 mAh et un récepteur Futaba des plus compacts, nous avons dû lui enlever son boîtier pour pouvoir le faire rentrer dans son logement. L'espace disponible dans le minuscule fuselage est très limité. Aucun interrupteur n'est utilisé: le récepteur est branché directement sur la batterie. Le servo de profondeur est collé au fond du fuselage avec de l'époxy (ne pas oublier le ruban adhésif...). Vérifiez qu'il se trouve à la bonne place. Nous aurions préféré déployer l'antenne du récepteur à l'intérieur de l'aile, mais il nous a semblé risqué de pratiquer une ouverture aussi longue.
Les débattements des commandes sont de 12 mm vers le haut et de 8 mm vers le bas, pour les ailerons (le guignol des ailerons doit être décalé si votre émetteur ne permet pas l'application de différentiel) et de 10 mm dans les deux sens pour les stabilisateurs.
Malgré le fait que nous ayons embarqué les éléments autant que possible vers l'avant, nous avons dû lester le nez de l'appareil avec 50 grammes de plomb pour équilibrer l'appareil (ce point est d'ailleurs prévu dans le livret d'instructions). Le centre de gravité se situe à environ 61 mm du bord d'attaque. 
Détail des gouvernes d'empennage, qui ne commandent que !a profondeur. Vol
d'essai
Pour l'essai d'un lancé-main, mieux vaut choisir un jour où il ne fait pas trop chaud, car l'exercice a de quoi faire transpirer... Les conditions de vol n'étaient pas idéales, puisque au lieu d'une légère brise, c'est un vent froid qui soufflait, à près de 40 km/heure...
Robbe recommande de procéder à quelques essais de vol plané préliminaires, ce qui s'est révélé très utile dans notre cas. Malgré le vent,
l'appareil (qui était bien centré) a adopté un comportement bien tranquille (ce qui a facilité les prises de vue). Voyons à présent comment lancer
le modèle.
Même si 350 grammes, ce n'est pas très lourd, lancer un planeur à la main n'a rien de comparable avec un lancer de pierre. Les premiers lancements doivent se faire selon un angle
d'inclinaison de 30-45°. Nous avons commencé par des lancers en douceur, pour que
le Ripper monte à 5 ou 6 mètres. Le pilote doit rester très attentif et faire piquer le planeur au moment où il perd sa vitesse pour le
stabiliser à l'horizontale. Dans le cas contraire, le modèle restera "pendu" à la verticale, avec le risque de crash qui en découle. Avec la pratique, vous pourrez progressivement augmenter la puissance du lancer, ainsi que l'inclinaison (jusqu'à 60-70°). Avec un peu de réussite, il atteindra 10-12 mètres de hauteur, ce qui se traduira par un vol (sans thermique) de 30-40 secondes. Le vol plané du Ripper est excellent, à faible allure. La réponse aux commandes est bonne.
Le pilotage du Ripper est plus amusant que celui des deux axes habituels. Mieux vaut ne pas le maintenir à trop faible allure, car son profil convient mieux au vol rapide. Quoi qu'il en soit, il n'est pas si simple de faire décrocher un modèle dont la charge alaire est de 17 g/dm2...
Caractéristiques
et détails :
1)
Techniques:
Constructeur
: Robbe
Envergure: 1500 mm
Poids en ordre de vol: 390 g
Surface alaire: 23 dm2
Charge
alaire : 17 g/dm2
Longueur: 830 mm
2) Fonctions pilotées:
Ailerons, profondeur.
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