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MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°37

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CALIF A21 S

Un typique représentant de la famille des " planeurs géants "

 

Les planeurs ont toujours exercé une certaine fascination sur les modélistes et - bien entendu - sur ceux qui ne le sont pas... Car l'idée qu'une machine sans moteur et plus lourde que l'air puisse se maintenir en vol - parfois indéfiniment - a toujours suscité la curiosité. Cette classe d'avions connaît donc, depuis toujours, de farouches partisans.


 

On peut apprécier la taille imposante de la verrière du Calif.


Les grands planeurs

Au cours des dernières années - et parallèlement à l'apparition de radios extrêmement fiables -, des groupes spécialisés dans les planeurs ont orienté leur activité vers une sous-catégorie très impressionnante: les planeurs géants ou planeurs à grande échelle, véritables reproductions au 1/4, voire davantage. Le résultat? Des modèles de plus de trois ou quatre mètres d'envergure pour des masses allant jusqu'à dix kilos. Au tout début, ces engins étaient construits par des groupes de passionnés, puis sont apparus des fabricants spécialisés, surtout en France et en Allemagne, où l'attrait pour cette discipline est le plus fort. Au cours des dernières années, les grands fabricants, comme Graupner et Robbe, ont rejoint le mouvement et intégré de telles machines dans leurs
catalogues: les grands planeurs sont désormais à la portée de l'amateur "normal".
A quoi ces planeurs ressemblent-ils? Précisons d'emblée qu'un planeur de quatre ou cinq mètres d'envergure exclut d'office une série de techniques habituellement utilisées en aéromodélisme. Si, de plus, votre intention est de reproduire un planeur moderne, sa structure sera soumise à de telles contraintes qu'il vaut mieux utiliser des techniques de construction similaires à celles employées pour le modèle original.
Ces planeurs sont constitués, dans une large mesure, de fibre de verre. Rares sont les éléments en bois utilisés pour les ailes. Je n'ai pas dit que leur construction était impossible sans kit commercial, mais, pour être honnête, je ne vois pas comment l'on pourrait monter un "Calif" en balsa...

 

 

Clé de fixation des ailes constituée d'une jolie barre en acier de 12 mm. Suffisante, à notre avis.


Le kit
Le " Calif A21 S " est une reproduction - assez fidèle - à échelle 1/4 d'un planeur à hautes performances relativement populaire en Europe centrale. Dans sa version radiocommandée, il s'agit d'un planeur de 4,15 mètres d'envergure. S' iI peut nous paraître impressionnant, les habitués, eux, le trouveront assez "raisonnable". Son fuselage mesure 1,5 mètre de long. Sa surface alaire est d'environ 52 dm2 et son poids est d'environ 5 kilos (selon le nombre de fonctions embarquées), ce qui nous donne une charge alaire comprise entre 90 et 100 g/dm2. Pour un modéliste normal, ces chiffres correspondent davantage à une grande maquette ou un voltigeur rapide qu'à un planeur. Comme nous le verrons lors de l'essai, un planeur de cette dimension autorise même les vols plus "relax".
Dans une grande boîte, dont les dimensions (plus de deux mètres de long) sont en accord avec l'envergure de l'engin, nous découvrons un fuselage en fibre de verre: qualité et finition extraordinaires, en gel-coat (pour les non initiés: lisse et brillant à l'extérieur). Contrairement à un modèle similaire que j'ai eu l'occasion de construire il y a quelques années, le système de jonction des ailes est monté d'origine.
Les ailes rappellent les autres ailes haut de gamme et de dernière génération proposées par Robbe: foam blanc de densité moyenne et bois (on dirait du samba d'1 mm d'épaisseur), charnières intégrées à la structure de l'aile: il reste bien peu de choses à monter. La composition de l'empennage est similaire (foam coffré). Dans les deux cas, les ailes intègrent d'origine les câbles nécessaires aux multiples servos, ainsi que leur puits respectif.
Le Calif A21 ne s'adresse pas aux débutants. Pour le monter en "full option" (avec train rentrant, par exemple), vous aurez besoin d'une radio programmable spéciale pour planeurs. Selon les options choisies (volets, ailerons ou autres fonctions spéciales), 8 à 10 servos de format standard seront nécessaires, ainsi que des rallonges et des câbles en Y pour les dits servos.
Matériel complémentaire: de l'époxy lent en bonne quantité (Araldit standard, par exemple) ou de la Stabilit Express (une curieuse colle à base de méthacrylate très efficace sur la fibre de verre). Le mécanisme de train rentrant doit être acheté séparément, ainsi que le tableau de bord du cockpit. Selon moi, les éléments de décoration devraient être inclus dans le kit, vu le niveau de qualité et le prix d'un tel modèle...

 


1) Vu le nombre imposant de servos, mieux vaut identifier précisément chacune de leurs bornes.

2) Le contrôle de la direction est assuré par une mince boucle fermée en câble tressé.

 

Construction du fuselage

Nous l'avons vu, le fuselage est formé d'une extraordinaire pièce en fibre de verre. Comme toujours lorsque l'on travaille sur ce type de matériau, il convient de bien poncer ses surfaces internes pour garantir une bonne adhérence des colles. Les illustrations montrent bien que l'espace disponible est plus que suffisant, ce qui est assez inhabituel pour un planeur.
On commence par installer le support des servos dans le fuselage. II est en contreplaqué de qualité standard, mais mon expérience me fait dire que cela suffit largement. Le collage se fait à l'époxy lent. L'espace est suffisant pour embarquer autant de servos que vous le souhaiterez, y compris pour un crochet de remorquage, un train rentrant, etc. L'ensemble des servos est caché par la pièce en ABS qui simule les sièges et que l'on colle à la grande verrière en plastique transparent. Sur un modèle de cette classe, l'intérieur du cockpit doit être peint avec soin et le réalisme du tableau de bord devra être à la hauteur. Dans le cas qui nous occupe, ce dernier devra être acheté séparément. Lors du collage, il faudra veiller à ne pas tacher le fuselage. À l'avant, la cabine est fixée par une cheville en bois; à l'arrière, elle l'est par un curieux système de fermeture formé d'une tige métallique que l'on actionne depuis le bord arrière d'un des karmans du fuselage.
Même si aucun montage n'est nécessaire, voyons en quoi consiste le système de fixation des ailes. II y a quelques années, j'ai construit un ASW 27 de taille similaire et du même fabricant. Sur cet avion-ci, le système est beaucoup plus simple et résistant (en outre, iI est livré monté). Il s'agit d'un cylindre en aluminium (difficile, dans ce cas-ci, de parler de tube, car ses parois sont d'une épaisseur impressionnante) qui est collé dans le fuselage et coupé à ras de ce dernier. À l'intérieur coulissent les clés de jonction des ailes en acier de 12 mm. Vous l'aurez compris, leurs dimensions s'accordent parfaitement avec les dimensions du modèle. Chaque clé est fixée par une petite vis placée dans la paroi même du cylindre. Le système est ingénieux, car les efforts en flexion des ailes - qui sont considérables - ne sont pas supportés par le fuselage, mais bien par le cylindre.


 

1) Détail de la fixation du stabilisateur. La commande de servo est invisible de l'extérieur. La tringle présente au-dessus de la dérive correspond à l'axe de la gouverne.

2) Ces curieux «winglets» sont fixés par une cheville et une vis.

 

Empennage
II est en foam coffré de samba ou équivalent. Son degré de préfabrication est très élevé; c'est à peine s'il est nécessaire de poncer quoi que ce soit. Le stabilisateur est livré avec les charnières déjà intégrées dans la structure (il faudra les entoiler avec du thermorétractile). À part cela, la construction se limitera à positionner la tringle de commande. Le servo de profondeur est placé verticalement dans un logement présent sur le plan fixe de la dérive. Compte tenu des dimensions de l'avion, le servo sera
petit, mais pas miniature. En toute logique, une rallonge d'un mètre devra être prévue pour tirer le câble jusqu'au récepteur. Le système permet de limiter la longueur de la tringle de commande à 15 cm, ce qui est peu, compte tenu de la taille du planeur.
La gouverne de direction offre la même structure. Le point le plus intéressant, c'est le parfait ancrage aérodynamique du plan fixe au reste du modèle, au moyen d'une charnière interne et d'une goupille qui permet d'enlever le tout (indispensable pour atteindre le servo de profondeur...). La dérive est unie au modèle par une goupille en acier d'1 mm qui coulisse dans des tubes en laiton.
Le contrôle de la direction est assuré par une boucle fermée en câble d'acier. Ce système permet d'éviter les flexions et le flutter en vol, outre le fait d'être très léger. Pour ceux qui n'en ont jamais vu, les instructions sont très claires à ce sujet. Résultat: une commande invisible de l'extérieur, sans jeu ni flexion.

 

 

1) Le servo situé dans le nez déclenche le largage du câble de remorquage.

2) Ce cylindre en métal, où viennent se loger les clés d'ailes, empêche que le fuselage ait à supporter les efforts des ailes.

 

L'aile
Nous avons déjà abordé sa structure et insisté sur la qualité de sa fabrication et de sa finition. Chaque demi-aile mesure environ deux mètres et est livrée avec son logement destiné à recevoir la clé centrale. Après avoir monté le stabilisateur, la première opération consistera à coller cette clé à l'époxy lent (après un ponçage préalable). En regardant le modèle de l'avant, il faudra vérifier (avant que la colle ne prenne) que les deux demi-ailes soient à la même hauteur et parallèles par rapport au stabilisateur. Une fois la colle sèche, on détachera les ailes du fuselage.
Une fois la clé collée, on découpe les volets centraux (freinage), les intermédiaires et les ailerons en ponçant les extrémités pour empêcher les frottements. Rappelons que les charnières sont intégrées dans la structure. II faudra les ouvrir et les fermer autant de fois que nécessaire pour que le système fonctionne en douceur. Le modèle est prévu pour accueillir jusqu'à six servos dans les ailes, en utilisant les servo-locks de Robbe. Ces derniers sont de petits réceptacles ronds collés dans l'aile et qui permettent de placer les servos en position horizontale. Leur taille sera fonction des dimensions de vos servos. En utilisant les câbles intégrés dans l'aile, on prolonge les connecteurs des servos et on monte les commandes comme indiqué dans le livret d'instructions. En réalité, la seule difficulté réside dans le nombre de servos à installer, le reste étant un jeu d'enfant... Attention de bien identifier les bornes de chaque servo: les branchements sur le récepteur doivent être correctement réalisés. Comme on le voit sur les images, l'aspect général est bon, avec une tringlerie parfaitement carénée.
Pour terminer l'aile, on l'entoile avec de l'Oracover (ou équivalent) et on installe ses "winglets" (au moyen d'une vis), ainsi que le téton d'incidence.

 

Finition et réglage

Le Calif A21 S doit être centré à 55 mm du bord d'attaque. Du plomb peut être ajouté dans le nez, si nécessaire. Le plomb doit être bien fixé (l'emploi de silicone constitue une excellente solution). Passons à présent à une opération plus délicate: le réglage de la radio.
Pour exploiter au mieux les capacités du modèle, l'emploi d'une radio programmable se révèle indispensable. Dans le cas d'une Futaba, nous choisirons le programme "planeurs" avec cinq servos dans l'aile. Les deux ailerons sont reliés par un câble en Y. Le manuel consacre une pleine page aux déflexions des commandes, qui devront être calibrées sur l'émetteur. Le différentiel à prévoir pour les ailerons est assez important; iI peut être obtenu par des moyens mécaniques ou électroniques. Nous avons respecté scrupuleusement les débattements recommandés. Notre modèle pesait 150 grammes de plus que prévu, mais cet excès pondéral importe guère, dans le cas qui nous occupe...

 

 

1) L'échelle 1/4 du Calif se traduit par une envergure de plus de quatre mètres.

2) Un seul mot pour décrire le vol du Calif : majestueux !

 

Vol d'essai
Le Calif A21 S est un planeur à hautes performances dont l'environnement naturel est la pente. Autre option: le remorquage par un autre avion (de même gabarit, il va sans dire...). En ce qui nous concerne, nous avons opté pour la première solution.
Après les vérifications d'usage (un peu plus complexes, cette fois), nous avons lancé le Calif. Et cela s'est avéré plus compliqué que l'on aurait pu le penser, car son fuselage est très large et sa masse a de quoi surprendre! Mieux vaut donc laisser cela à un confrère plus expérimenté. Une fois en l'air, nous l'avons laissé s'éloigner et prendre de la vitesse.
Piloter ce genre d'engin est une expérience inoubliable. Les ailerons du Calif ne manquent pas d'arguments... Malgré cela, n'attendez pas trop de souplesse de la part de ce type de planeur. Les virages doivent être coordonnés avec la gouverne de direction, soit manuellement, soit à l'aide d'un mixage de la radio. Le Calif évolue mieux à vitesse moyenne-haute, en émettant un sifflement
très caractéristique de sa catégorie. II accepte les brises légères autant que les vents franchement forts. L'emploi des volets autorise des vols beaucoup plus lents. Pour les atterrissages, l'idéal est de faire appel au mixage "papillon" (ailerons levés et aérofreins baissés) qui permet d'atteindre beaucoup plus facilement le point visé.

 

Conclusion
Malgré son allure imposante (quatre mètres, ce n'est pas rien!), le montage du Calif A21 S est relativement rapide et ne pose guère problème. Toutefois, compte tenu de son comportement en vol, cet avion ne s'adresse pas aux débutants. En vol de pente, c'est un avion spectaculaire et très agréable à piloter. Les pilotes chevronnés y trouveront beaucoup de plaisir et pourront en tirer le meilleur parti, en se faisant aider, bien entendu, d'une bonne radio et d'un nombre important de servos. Avec un train rentrant opérationnel, le Calif est un planeur exceptionnel.

 

Caractéristiques et détails :

 

1) Techniques:

Constructeur : Robbe
Envergure: 4120 mm 
Poids en ordre de vol: 5000 g 
Surface alaire: 52 dm2

Charge alaire : 90/100 g/dm2
Longueur: 1510 mm 


2) Fonctions pilotées
- ailerons
- gouverne de profondeur
- gouverne de direction
- volets de courbure
- aérofreins
- accouplement de remorquage
- train rentrant

 

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