MOSKITO
EXPERT La
version la mieux équilibrée du très populaire
hélicoptère de Robbe Dans ses différentes versions, le Moskito est présent sur le marché depuis quelques années déjà. La popularité qu'il a acquise partout en Europe est sans aucun doute imputable à ses qualités de vol, sa longévité et sa résistance aux mauvais traitements.
II existe plusieurs versions du Moskito: Basic, Standard, Sport, Expert et
XXL. Ils se ressemblent tous,
à tel point qu'un modèle élémentaire pourra être converti en un autre, plus sophistiqué (même si le coût de certaines modifications rendrait l'opération peu intéressante, financièrement parlant). À l'exception du Basic, dont les dimensions sont plus réduites, les autres versions se différencient par le nombre d'éléments
en métal (remplaçant les pièces en plastique), la présence de roulements à billes, et d'autres petits raffinements.

1)
La conception du rotor permet à la fois l'exécution de figures acrobatiques et le vol stationnaire tranquille. 2)
Le mécanisme de commande de cyclique et de collectif obéit au même
schéma que les autres membres de la famille Moskito. Le
Moskito "Expert"
II y a quelques mois (voir sur ce site), j'ai eu l'occasion de tester le Basic. Si ce modèle était très économique, il présentait toutefois quelques lacunes lorsqu'il s'agissait de dépasser le stade du vol stationnaire. Les dimensions de l'Expert que nous vous présentons aujourd'hui correspondent au standard de la gamme, avec un diamètre rotor de 1,20 mètre (le Basic est franchement petit, avec un diamètre de
rotor principal de 1,05 mètre et une poutre de queue plus courte).
Dans un article précédent, nous avions dit que les hélicoptères convenaient presque tous à l'apprentissage et au vol acrobatique. La famille Moskito ne fait pas exception à la règle. Bien entendu, plus on monte dans la gamme, plus les modèles conviennent au vol acrobatique.
L'Expert répond donc bien aux besoins des débutants, même si l'on peut supposer que ses propriétaires seront des modélistes jouissant d'une certaine expérience. Parmi les lettres de noblesse de l'Expert, relevons que Curtis Youngblood - probablement le plus célèbre pilote d'hélicoptère - en utilise un pour le vol 3D, ce qui laisse présager des capacités acrobatiques franchement
exceptionnelles! Alors que le Basic se contente d'un moteur de 5 cm3, les exigences de l'Expert en matière de propulsion sont plus élevées: un honnête "50" (8cm3) fera l'affaire, muni d'un résonateur bien adapté, de préférence. Un gyroscope efficace est également conseillé.

1)
L'échappement peut être de type avion, à échelle (pour maquettes) ou résonnant. 2)
Contrairement à d'autres versions de la même série, le système de
commande de L'Expert est muni de roulements à billes. Le
kit
Comme pour la majorité des modèles de cette catégorie, les composants sont regroupés dans de petits sachets en plastiques, scellés et numérotés. L'ordre de montage obéit à cette numérotation (on ouvre d'abord le sachet n° 1, et ainsi de suite). Rien ne manque, pas même la moindre rondelle. Le manuel d'instructions contient une foule de schémas explicatifs très clairs qui se suffisent à
eux mêmes. Aucune phase du montage ne présente de difficulté particulière et la construction ne requiert pas d'outillage compliqué. Ce dernier point mérite d'être précisé en ce qui concerne le centrage de l'embrayage, surtout. En effet, certains modèles demandent que l'on utilise un comparateur centésimal pour éviter les phénomènes de vibration, et il est rare que l'amateur moyen dispose d'un tel instrument. Eléments
complémentaires
Que faut-il de plus pour compléter le Moskito Expert? Pour commencer, un moteur à explosion (entre 5 et 8
cc). II est probable qu'un 5 cc suffira au débutant, mais, comme nous l'avons déjà dit, l'exercice de la voltige exigera un moteur
de haut de gamme. II vous faudra également une radio spéciale pour hélicoptère, de préférence à cinq voies et cinq servos (à roulements, si votre intention est de "bousculer" votre
machine), un bon gyroscope piézoélectrique et un système d'échappement adapté (qui peut même être de type "avion", comme
dans notre cas). Le modèle peut être muni d'un résonateur sous la poutre de queue (avec le coude adéquat). Voyons tout cela
en détail. Châssis
principal
Le châssis principal est formé de deux grandes pièces en plastique injecté, avec des renforts en fibre. Ces deux éléments sont d'une grande précision, et leurs moules ont dû coûté une fortune à la maison
Robbe. L'élément supérieur renferme une bonne part de la mécanique, l'arbre principal et le système de commande. Les deux pièces sont jointes par quatre vis et par la carcasse de refroidissement. Elles emprisonnent le réservoir de carburant, dont l'accès est ainsi simplifié. Le train d'atterrissage est celui des modèles haut de gamme (celui du Basic est en plastique); il est fixé sur le demi-châssis inférieur.

Le porte-pale renferme un roulement axial et deux radiaux. Moteur
et refroidissement
Précisons d'emblée que je n'ai jamais vu d'hélicoptère où il est aussi simple d'installer le moteur qui convient à chacun.
L'Expert supporte des moteurs de 28 à 50. La seule condition est que le filetage du vilebrequin soit
d'1/4 de pouce (mesure la plus répandue). Dans le cas contraire, vous devrez vous procurer un embrayage avec filetage M8 (autre option). En ce qui nous concerne, nous avons installé un MDS d'hélicoptère muni de ce type de filetage. Le moteur est orienté avec la culasse vers le bas et tranversalement par rapport au modèle (voir photos).
L'embrayage est un classique centrifuge en acier. La cloche est en plastique, imposante, et tourne sur deux roulements à billes. La garniture, de type
"ferodo", est présente d'origine. Une grosse turbine de refroidissement est couplée à la pointe du vilebrequin. La carcasse de refroidissement est composée de deux éléments. Elle est bien conçue et canalise l'air de manière très efficace. L'ajustement de la culasse est parfait, en ce qui concerne le
MDS. La bougie est accessible depuis le bas du modèle. Le cône de démarrage est accessible depuis l'extérieur et autorise l'emploi d'un démarreur standard.

1)
Le rotor principal et la poutre de queue ont été agrandis par rapport au Basic. L'ensemble est plus stylisé. 2)
Les palettes stabilisatrices sont plus grandes que sur la version
précédente. Transmission
La transmission se fait en deux étapes, le premier étage étant situé entre le pignon d'embrayage et une couronne en plastique. Sur l'arbre de cette couronne vient se placer une poulie crantée autour de laquelle tourne la courroie dentée du rotor
anticouple. En fonction du montage
(il suffit de déplacer un engrenage), le rotor tournera dans un sens ou dans l'autre, selon vos préférences. Ce système est typique des modèles d'origine allemande.
Le second étage de la transmission est assuré par un pignon conique situé à l'autre extrémité de l'arbre mentionné plus haut. C'est lui qui attaque une autre couronne
conique située sur l'arbre du rotor. C'est ce pignon qu'il faudra modifier pour changer le sens de rotation (à gauche/à droite). Les deux pièces sont en plastique et n'autorisent aucun réglage; de toute manière, leur ajustement est excellent. L'arbre du rotor principal tourne sur deux roulements (montés d'usine sur le châssis). Le système de fixation est
très ingénieux; il permet de démonter l'arbre de l'extérieur (même après le montage du modèle, donc).
L'Expert est équipé d'origine d'un mécanisme d'autorotation. Pour rappel, il s'agit d'un système de "roue libre" qui permet au rotor principal de tourner lorsque le moteur est à l'arrêt. Cette pièce devra être adaptée au sens de rotation choisi, sans quoi le rotor ne tournera pas. Rotor
anticouple
Le rotor anticouple est entraîné par une courroie dentée relativement étroite qui circule à l'intérieur de la poutre de queue (qui fait 20 mm de diamètre). L'avantage d'un tel système est, d'une part, qu'il fonctionne en douceur et, d'autre part, qu'il permet de se passer des engrenages et des nombreux autres éléments dont le réglage peut se révéler compliqué pour un débutant. L'inconvénient est qu'il absorbe un peu plus de puissance que les engrenages. II n'exige aucun entretien. Les instructions précisent clairement la technique à utiliser pour ajuster la tension.
Le rotor en lui-même est extrêmement simple: il tourne sur deux roulements qui, pour des raisons qui
m'échappent, sont différents (veillez à bien les serrer lors du montage). Le mécanisme de contrôle du pas est monté d'origine, ainsi que le coeur du rotor. Pour le compléter, il ne reste plus qu'à monter les roulements des porte-pales (deux pour chacun). Ils sont séparés par une jolie pièce en aluminium. Le
porte pale est fixé par deux petites vis M2 5x4 qui devront être immobilisées par du stoppe-écrou. Le guignol est en plastique et tourne sur deux roulements à billes, le tout sans le moindre jeu.

1)
Rotor anticouple simple, avec des ajours sur les gouvernes pour le vol
acrobatique.
2)
Pas de confusion possible: c'est un Moskito Expert !
Rotor
principal
Le rotor principal est de type "Heim", avec un arbre transversal qui appuie sur deux joints toriques en caoutchouc; ceux-ci autorisent une certaine liberté de mouvement tout en amortissant les vibrations. Chaque porte-pale renferme deux roulements radiaux (classiques) avec séparateur central en métal, et un roulement axial qui absorbe la traction des pales. II faudra veiller à le monter correctement (il n'est pas réversible), non sans l'avoir préalablement graissé. Les porte-pales sont fixés par trois vis M2 5x6. Ici également, le stoppe-écrou s'impose...
La barre stabilisatrice fait 4 mm d'épaisseur (bien plus efficace que les barres classiques de 3 mm) et est placée sous les pales principales. Elle tourne sur deux roulements. Le système de commande est asymétrique (voir photos), ce qui explique la présence, sur un côté, d'un contrepoids en métal. Comme les deux mélangeurs de pied de pale (chargés de transmettre nos ordres aux pales), il tourne sur roulements à billes (à la différence des modèles bas de gamme qui utilisent des bagues en bronze).
Le plateau cyclique est en plastique, à l'exception de la "bille" centrale, qui est en métal. Le montage du système de commande est très simple et surprend par l'absence totale de jeu. Tous les points de rotation sont articulés sur des roulements à billes,
en lieu et place des classiques bagues
en bronze. Le "toucher" est franchement précis, et l'ensemble dégage une impression de grande résistance à
l'usure. Montage
de la radio
Ce point traduit bien le soin apporté à la conception d'une machine. Et cela vaut encore davantage pour le
Moskito: cette fois, le fabricant mérite une note d'excellence. Les instructions sont très claires quant au montage des
servos, lesquels sont parfaitement accessibles. Une série de schémas indiquent précisément les dimensions exactes des tringles de commande, ainsi que la procédure à suivre pour leur installation. Rappelons que
cette opération est généralement très délicate, s'agissant des hélicoptères. Le Moskito fonctionne grâce à un système de "plateau coulissant"
(il monte et descend pour modifier le pas collectif des pales). Le système de mélange est mécanique; on pourra donc se contenter d'une radio simple. Le seul commentaire que nous puissions faire est qu'il fonctionne très bien, quasiment sans jeu. La boîte de montage contient deux blocs de bois qui serviront de "calibres": ils sont positionnés sous le plateau cyclique en agissant comme des supports.
Dans cette position, les servos doivent être au neutre et perpendiculaires aux tringles, et le pas des pales doit être de 5° (le plan intègre un gabarit, au cas où vous ne disposez pas de mesureur
d'incidence). Le fabricant recommande un pas de 5° en stationnaire, -4° avec la manette en bas et 10° en position maximum. Pour l'anecdote, ces chiffres indicatifs sont les mêmes que ceux fournis pour le Basic. Nous avons suivi ces recommandations, sachant que les pilotes plus expérimentés auront peut-être d'autres préférences. L'appareil admet presque 20° de collectif (suffisant pour le vol 3D).
En ce qui concerne le Basic, une plateforme, située à l'arrière, est prévue pour le servo du rotor anticouple et l'installation du gyroscope, afin de raccourcir la tringlerie et la rendre plus directe. Autres
composants
La verrière est en plastique transparent. Son ajustement est extrêmement simple et sa fixation, très robuste. Les stabilisateurs sont en plastique, avec des ajours qui devront être recouverts au moyen des auto-collants fournis (sauf si vous vous destinez au vol acrobatique). Les pales principales sont en bois; elles devront être entoilées avec de l'autocollant blanc (également fourni). Elles mesurent 53 cm, ce qui est relativement peu. Terminées, elles pèsent 130 grammes, environ. Relevons le fait qu'elles étaient parfaitement équilibrées d'origine...
Avec cinq servos 3001 (standard, mais à roulements), un accu de 1.300 mAh et unn gyroscope "mini",
le modèle pesait au final 3.200 grammes, ce qui est peu compte tenu de son gabarit.

1)
On peut observer la turbine de refroidissement, avec le cône de démarrage facilement accessible de l'extérieur. Un démarreur standard suffit. 2)
Un élément en plastique permet d'adapter les pales
à leur porte-pale. Vol
d'essai
Après vérification de la radio (une Futaba FF8), nous avons réduit les débattements de commande de 25% par rapport au
maximum recommandé. Le moteur a démarré au premier coup. Nous avons constaté que l'échappement laissait sur les mains une trace huileuse: avec un échappement de type "avion", mieux vaut contourner ce problème en installant un petit tuyau en caoutchouc ou en silicone, car la sortie est fort proche de la turbine de refroidissement....
Les commandes sont souples et précises. La commande de l'anticouple est une véritable merveille, précise et puissante. Elle permet d'augmenter le gain du gyroscope jusqu'à des niveaux très élevés, et sans oscillation.
Le stationnaire est très stable et peu sensible au vent. Avec notre MDS sans résonateur, la puissance obtenue est suffisante pour pratiquer un vol acrobatique normal, mais pour le vol 3D, il faudra prévoir un résonateur bien adapté. Les boucles et les tonneaux s'enchaînent sans difficulté: il suffit d'augmenter la commande pour accélérer la réponse du
Moskito. En réglant le collectif, on obtient jusqu'à 18°-20° de pas, suffisant pour pratiquer l'acrobatie "violente" et le vol dos. Lautorotation est relativement aisée, mais elle serait encore meilleure avec des pales en fibre ou en carbone. Bien que plus grand que
le Basic, l'Expert reste un modèle plutôt petit (les pales d'un Hirobo Shuttle font 5 cm de plus...).
De l'avis des pilotes qui ont participé au test, l'impression générale est positive. Les commandes sont très précises et la réponse en vol acrobatique est bonne. En
conclusion
Le Moskito Expert représente une nette avancée par rapport aux modèles plus élémentaires de la gamme. Sa construction est franchement simple (beaucoup plus qu'il n'y paraît sur les illustrations). Les instructions sont franchement bien présentées. Les dimensions plus importantes de l'appareil ont été obtenues par le seul emploi de pales et d'une poutre de queue plus longues, ce qui améliore encore
les qualités de vol du modèle.
II est surprenant de constater qu'un ensemble de roulements sur les points de rotation (surtout ceux du système de commande), un mécanisme
d'autorotation et des dimensions plus importantes (avec, bien entendu, un moteur plus puissant) ont suffi à convertir un modèle d'initiation en un modèle acrobatique. Malgré tout, le Moskito Expert reste un engin facilement transportable, robuste et facile à entretenir. On se demande ce qui pourrait encore être amélioré...
Avec des qualités de vol qu'un pilote d'essai se chargera de mettre en évidence, c'est un hélicoptère qui doit être pris en considération par ceux qui souhaitent passer de longs et agréables moments au bord de leur terrain de vol...
Caractéristiques
et détails :
Constructeur
: Robbe
Diamètre
du rotor: 1200 mm
Diamètre d'anticouple: 200 mm
Motorisation : 5 à 8 cm3
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