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MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°45

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SPITFIRE
Avec ce " Tout foam " d'un avion de chasse célèbre, 
Robbe nous offre une nouvelle surprise.


Dans d'autres articles sur Aeromodelisme.orG, nous avons abordé des modèles plus classiques, presque toujours de type sport et affichant certaines aptitudes acrobatiques. Les avions de chasse de la Seconde Guerre mondiale sont très appréciés des modélistes, mais les difficultés liées à leur construction font qu'ils sont peu répandus.

 


Faute d'autocollants aux couleurs de la RAF, nous avons peint un train d'atterrissage pour plus de réalisme. Le cône en foam n'a pas fait long feu...

Le Spitfire
Le Supermarine Spittire est peut-être l'avion le plus célèbre de la Seconde Guerre mondiale. 
Cet appareil légendaire, dont il existe encore des exemplaires en ordre de marche, fut parmi les avions les plus intensivement utilisés pendant la célèbre Bataille d'Angleterre. Propulsé par un moteur Rolls Royce et avantagé par un faible poids et une grande agilité, il participa à bon nombre de missions de guerre. II fut produit à des milliers d'exemplaires, en plusieurs versions, avec des changements apportés à la forme de la verrière et à l'armement, voire même à la forme elliptique de ses ailes.
En ce qui concerne les modèles réduits, tous les amateurs savent qu'il est très difficile de construire un Spitfire, quelle que soit sa version. Les sections du fuselage sont cauchemardesques à reproduire en balsa; les ailes elliptiques ne présentent pas deux nervures identiques (en tout cas si elles sont réalisées dans les règles de l'art); enfin, le train d'atterrissage fonctionne "à l'envers" (les pattes se replient vers l'extérieur et selon un angle de 30°; comme elles sont très proches, leur empattement est faible et l'avion peut facilement capoter ou toucher le sol du bout des ailes).
Pour ce qui est de ses qualités de vol, l'aile à plan elliptique (très caractéristique, avec une corde alaire minuscule) se traduit par une certaine tendance aux à-coups. Malgré tout cela, j'ai eu l'occasion d'admirer bien des maquettes de ce Spitfire, dont certaines étaient très fidèles et volaient bien, alors que d'autres... Quoi qu'il en soit, un modéliste capable de construire un Spitfire - surtout s'il le fait sur plan - mérite tout notre respect et notre admiration...



1) En l'air, il s'agit indubitablement d'un Spitfire. Attention le camouflage réduit sa visibilité (c'est d'ailleurs sa raison d'être...).
2) Le fuselage tel qu'il est livré. La qualité des moules est franchement bonne. À droite, le cockpit.


Le Spitfire de Robbe
Le catalogue de Robbe propose un large éventail de modèles, dont certains franchement originaux. 
Le Spitfire que nous vous présentons cette semaine est un modèle assez surprenant. II s'agit manifestement, comme le montrent les images, d'un Spitfire, mais il n'a pas la prétention de passer pour une véritable maquette. Les détails sont assez soignés; ses dimensions sont réduites (1,09 mètre d'envergure); il est intégralement construit en foam bleu à haute densité; et pour couronner ce cocktail original, il est propulsé par un petit moteur électrique. Comme nous le verrons au fil de notre analyse, c'est un modèle à haut degré de préfabrication. II en existe une autre version encore plus rapide à construire, déjà peinte d'usine.
Le Spitfire de Robbe est destiné aux pilotes relativement expérimentés, ou, en tout cas, capables de piloter aux ailerons. Ses dimensions réduites et sa légèreté (environ 1.100 grammes) lui confèrent une certaine rapidité de réaction, ce qui exige des connaissances suffisantes en matière de pilotage.
Comme de coutume pour les kits de construction de Robbe, les instructions sont franchement bien faites, avec un manuel de 28 pages illustré de nombreuses images se référant aux différentes phases de montage. Toutes les pièces sont clairement numérotées et décrites. L'absence de plan de construction ne nous a absolument pas gêné.
Pour compléter le kit, il vous faudra un équipement radio (léger, de préférence) avec un récepteur à quatre voies, deux servos et un régulateur électronique de vitesse. Le moteur n'est pas fourni; iI sera de type Speed 600 (format 540). Le pack d'accus doit compter sept éléments ; ceux qui souhaitent gagner en légèreté utiliseront des 1.000 mAh au lieu des habituelles sub-C 1.700.



Les deux prises situées sous la zone centrale de l'aile permettent de lancer le Spitfire avec force.

Montage de l'aile
Comme le reste du modèle, et s'agissant de foam, vous devrez utiIiser une colle qui ne dissout pas ce matériau (colle blanche, époxy ou cyanoacrylate spécial pour foam). Nous avons opté pour de l'époxy rapide.
Chaque demi-aile est livrée complète et avec un fini superficiel correct. Le profil utilisé est un Eppler 374 qui présente les faiblesses habituelles propres aux ailes en foam (pour qu'il ait un minimum de consistance - et, donc, de résistance -, le bord de fuite doit être plus épais qu'on le voudrait). 
Comme on le voit, il reproduit le plan elliptique caractéristique du modèle original, si compliqué à construire en bois. Dans le haut, nous avons le puits pour le servo d'ailerons; dans le bas, deux dépressions de forme rectangulaire sont prévues pour pouvoir saisir l'avion et le lancer à la main (notre Spitfire n'a pas de train d'atterrissage).
Chaque demi-aile est renforcée par deux longerons en pin de 3x3 mm, qu'il faudra encoller dans leurs logements respectifs. Ensuite, les deux demi-ailes sont collées l'une à l'autre par une pièce en contreplaqué de 3 mm qui fixe le dièdre. Mieux vaut vérifier leur ajustement avant de les coller. Nous aurions préféré que les instructions indiquent précisément le dièdre que l'on doit retrouver sous chaque demi-aile.
Après le collage, on positionnera la cheville en bois de 6 mm (pour unir l'aile au reste du fuselage) et deux pièces en plastique (grâce auxquelles les deux vis de fixation de l'aile pourront être vissées sans déformer le foam).

 


1) Détail du servo d'ailerons: tringles très courtes et rotules, comme sur les hélicoptères.
2) Parmi les rares éléments en bois, les renforts de I'appui d'aile.

Ailerons et servos
Les ailerons sont en foam, d'une seule pièce. Ils sont fixés à l'aile par des charnières classiques (deux par aileron). La commande des ailerons est assurée par une tringle en acier de 2 mm qui devra être pliée en se référant à un gabarit (inclus dans le manuel d'instructions). Le servo est calé dans son puits en foam sans autre mesure de précaution. Toutefois, Robbe recommande l'application de quelques gouttes d'époxy (personnellement, cette technique ne me plaît guère...). Si vous optez pour un microservo, rien ne vous empêche de réaliser une petite platine en contreplaqué de 2 mm. 
Les deux renvois sont très courts; la commande est très précise.

Fuselage
Du même matériau que le reste du modèle, iI est formé de deux parties que l'on joint sur toute la longueur de l'axe longitudinal. Comme pour les autres éléments, les moules utiIisés sont de qualité: l'ajustement est bon et l'ensemble est très léger. L'intérieur du fuselage est essentiellement creux, avec une série de saillies où viennent appuyer les tringles de transmission, la batterie de propulsion et les servos.
La première chose à faire sera de couper à mesure les tuyaux des transmissions et de les caler dans leur position définitive, en les fixant avec une goutte de colle. On installe le servo de profondeur dans son logement, puis on le connecte à son bras de sortie et aux transmissions. Les deux moitiés du fuselage sont collées avec une fine couche de colle, en essayant de maintenir l'ensemble bien droit (indispensable...). Ensuite, on colle les renforts intérieurs du fuselage (en contreplaqué). II ne reste plus qu'à peindre le cockpit et à le placer, avec son pilote. Le montage du fuselage est complété par le collage des renforts d'ancrage de l'aile et des échappements du moteur (en plastique).

 


L'accès à la batterie et à l'électronique se fait via le cockpit (la petite languette rouge lui sert de fixation).

Empennage
II est en foam (6-7 mm de section) et présente un bon fini superficiel. La jonction entre les deux plans mobiles du stabilisateur est assurée par une tige en bois. Les charnières (deux sur chaque moitié) sont identiques à celles utiIisées sur les ailerons. L'empennage sera collé au fuselage avec de l'époxy, en veillant à ce que les plans soient correctement alignés et perpendiculaires entre eux.

Moteur et cône
Avant d'installer le moteur, vous devrez intercaler les condensateurs antiparasites et souder les connecteurs du moteur au variateur de vitesse. L'idéal est que les câbles soient les plus courts possible (pour éviter toute perte de tension inutile). Le moteur est fixé par deux vis M3 sur une pièce en plastique qui est collée à la cloison en bois du nez. L'ensemble est ancré sur le modèle par six petites vis à tôle de 2 mm. Dans notre cas, nous avons opté pour un moteur Speed 600/24, une
hélice Robbe 8x6 et une batterie de 1.100 mAh à sept éléments.
Le cône de l'hélice est compris dans le kit. II est en foam et son profil coïncide exactement avec le reste du fuselage. La structure interne du cône est très élaborée: une ouverture sur une extrémité et deux éléments en contreplaqué perforé forcent littéralement l'air à travers le cône, ce qui permet d'éviter toute surchauffe du moteur. Le système rappelle le "Turbo Spinner" du même fabricant qui équipait, à l'époque, ses modèles haut de gamme. Le cône devra être découpé aux dimensions de l'hélice utilisée.
Les instructions concernant la manière de l'équilibrer sont, à mes yeux, un peu laconiques. Bien entendu, il est impossible de vérifier l'équilibrage (si le modèle tremble comme un possédé, soyez sûr que des points sont à réviser!). Une fois collé, il est impossible de le détacher du moteur sans l'abîmer. En réalité, si vous n'êtes pas sûr que tout est bien équilibré, mieux vaut faire appel à un cône commercial, même s'il est un peu plus lourd.

 


1) L'aile en forme d'ellipse (très caractéristique) avec son servo d'ailerons.
2) L'absence congénitale de train impose le lancer main... et le choix d'une piste pas trop dure (pour les atterrissages).


Finition
Le récepteur est installé dans un creux en foam situé sous la verrière. Le pack d'accus - comme pour la plupart des modèles à propulsion électrique, il représente un pourcentage élevé de la masse totale - est ancré sur un support du même acabit, lui aussi via le cockpit de l'avion. En optant pour un pack de 1.000-1.100 mAh, vous réduirez le poids total d'environ 150 grammes, mais au prix d'une autonomie plus limitée. Le pack d'accus peut-être légèrement déplacé pour ajuster le centre de gravité, lequel doit se situer à 70 mm du bord d'attaque de l'aile (calculé, bien entendu, au niveau de l'emplanture).
Puisque nous n'avons pas choisi la version peinte d'usine, il a bien fallu que nous le fassions nous même en utilisant une peinture adaptée au foam (de type acrylique). Les peintures cellulosiques ou apparentées dissolvent le foam. Cette fois, le modèle méritait que l'on consacre toute notre attention à le décorer et à reproduire le camouflage du Spitfire, en utilisant les mêmes coloris que ceux de l'avion réel (et en suivant les instructions). Une bonne idée consiste à peindre des roues rentrées factices. La décoration est complétée par les autocollants.

 


1) Le nez, les échappements factices et le cône en foam (qui peut poser problème: mieux vaut peut-être en acheter un plus classique et le peindre).
2) L'électronique vue depuis l'appui de l'aile. Le servo de profondeur est embouti dans le foam.


Vol d'essai
Avec les éléments décrits plus haut, notre Spitfire affichait un poids total de 1.100 grammes, tel qu'annoncé par le constructeur. Le poids peut être légèrement abaissé par l'emploi de microservos (50-80 grammes, environ). Nous n'avons pas dû ajouté de plomb.
Après les vérifications d'usage, nous nous sommes mis face au vent et nous avons lancé l'avion (rappel: iI n'a pas de train d'atterrissage). Les deux prises creusées sous l'aile sont très pratiques et facilitent largement le lancer. Quoi qu'il en soit, l'ensemble est compact et sa légèreté surprend. 
Avec le moteur à fond, le Spitfire grimpe allègrement, mieux que d'autres entraîneurs à moteur. Aucun sentiment d'insécurité. Avecles débattements recommandés (10 mm dans chaque sens pour la profondeur et 15 mm dans chaque sens pour les ailerons) et un certain degré de différentiel, le modèle vole en toute sécurité et adopte un comportement franchement positif. Si vous maintenez le moteur à fond et le laissez prendre de la vitesse, la réponse aux commandes sera plus que satisfaisante. 
L'avion n'est pas extraordinairement rapide, mais là n'est pas le but recherché.
Sans train d'atterrissage et avec le camouflage du modèle original, son allure est immanquablement celle d'un avion de chasse de la Seconde Guerre mondiale. Son profil Eppler et sa charge alaire d'à peine plus de 45 g/dm2 autorisent le vol rapide et même certaines velléités acrobatiques. Les boucles et les tonneaux se font sans problème.
Toutefois, vu l'absence de gouverne de direction, certaines figures sont impossibles à exécuter. Le vol dos est relativement simple, à condition d'en sortir en demi-tonneau.
La seule manoeuvre assez problématique, c'est l'atterrissage; non pas parce que l'avion aurait tendance à entrer en décrochage, mais parce qu'en l'absence de train et sur piste dure (ou à vitesse trop élevée), l'avion risque d'être limé par le bas. Peut-être aurait-t-il mieux valu prévoir un patin en corde de piano ou en contreplaqué sur la zone la plus exposée. Quoi qu'il en soit, mieux vaut atterrir sur terrain herbeux ou sur des surfaces pas trop abrasives.

En conclusion
Avec ses dimensions réduites, le Spitfire "tout foam" est un modèle amusant avec lequel vous pourrez
voler là où bon vous semble. Sa construction est rapide et en consacrant un peu de temps à sa décoration, vous obtiendrez une semi-maquette tout à fait respectable.
Ses qualités de vol sont bonnes, et mis à part l'inconvénient (tout relatif) de devoir atterrir sur le ventre,
iI est à la portée de tout pilote capable de voler aux ailerons.

Caractéristiques et détails :

1) Techniques:
Constructeur : Robbe
Envergure: 1090 mm 
Poids en ordre de vol: 1100 g
Motorisation : électrique avec moteur type Speed 600, accu de 7 élements de 1100 à 1700 mAh

2) Fonctions pilotées
Profondeur, ailerons, direction et moteur.

 

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