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MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°49

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SOARUS SPORT

Un planeur très polyvalent

 

Au cours des mises à jour sur ce site, nous avons eu l'occasion d'analyser un large éventail de machines volantes. Certains lecteurs auront peut-être senti de notre part une certaine tendance à favoriser ceux qui plairont à un très large public. En réalité, ce sont les fabricants eux-mêmes qui cherchent à toucher le plus grand nombre d'amateurs avec un catalogue limité. Car le développement de ces avions - y compris la conception des pièces et la confection des moules - nécessite des investissements souvent plus élevés qu'on pourrait le croire.
II y a plusieurs manières d'approcher le "modèle universel", et les planeurs à propulsion électrique répondent bien à cet objectif. Personnellement, je suis un partisan acharné de la propulsion électrique: pour les plus anciens, elle est propre et silencieuse; à peu de frais, on obtient des performances franchement surprenantes. Pour les débutants, elle élimine une source importante d'énervement que constitue la carburation d'un moteur thermique. En matière de motoplaneurs électriques, les options ne manquent pas: moteurs de différentes puissances, modèles miniatures ou franchement grands, systèmes de commande adaptables. Cette semaine, nous sortirons des chemins battus en
vous présentant un motoplaneur de petite taille mais à trois axes.

 

 

Le Soarus n'est pas un planeur tranquille pour débutants. Au contraire, il s'adresse aux pilotes avertis.

 

Le Soarus Sport
Le Soarus nous est proposé par Kyosho. Ce fabricant japonais bien connu de tous jouit d'une longue

expérience dans la conception et la fabrication de modèles électriques de format réduit (et de très bonne qualité!). En ce sens, le Soarus est un digne représentant de la marque. II s'agit d'un planeur plutôt petit, avec une envergure de 1,85 mètre et une surface alaire de 33 dm2. II est livré sous la
forme d'un kit à très haut degré de préfabrication. Comme nous allons le voir, quelques heures suffisent à le monter. II est prévu pour une propulsion électrique standard (l'une des innombrables variantes du Mabuchi 540, cette fois avec bobinage spécial). Le marché propose d'autres motoplaneurs similaires au Soarus; la différence est que nous nous trouvons en présence, cette fois, d'un trois axes: le Soarus est équipé d'ailerons, en plus des habituelles gouvernes de direction et de profondeur. Ce petit "plus" lui confère des performances en vol nettement supérieures à la moyenne et fait qu'il ne s'adresse pas directement aux tout débutants. Comme nous le verrons lors du vol d'essai, il est capable de voler vite et bien s'il est mis dans des mains expertes.

 

Le kit de construction
Comme d'habitude avec Kyosho, le modèle est livré dans une boîte d'excellente présentation. 

Les Britanniques affirment que "ce n'est pas la boîte qui vole". D'accord, mais elle attire malgré tout le regard des amateurs: si la boîte ne vole pas, elle favorise en tout cas la vente...
Le kit se compose d'un nombre réduit d'éléments: un fuselage en plastique, une aile d'une seule pièce à haut degré de préfabrication, l'empennage et une série de sachets contenant le système de propulsion (avec cône et hélice) et les autres accessoires nécessaires à la finition du modèle.
Le manuel d'instructions est très bien fait, avec illustrations et schémas clairs et précis. II consiste en une douzaine de feuillets qui rendent le montage extrêmement simple à réaliser. Comme pour les autres modèles de Kyosho, les vis et autres petites pièces sont clairement identifiables, ce qui réduit le risque d'erreur.
Pour lancer votre Soarus, vous aurez besoin d'une radio à trois servos, plus petits que les servos standard (13-16 mm de large, 25-30 mm de long, au maximum) et d'un variateur ou interrupteur électronique avec frein (il doit être capable de tolérer 30-35 ampères). II vous faudra également un pack de sept éléments avec son chargeur. Kyosho propose deux types d'accus: un léger de 1.000 mAh et un autre, standard, de 1.800-2.000 Ah (plus lourd mais avec davantage d'autonomie).

 

 

1) Par transparence, on distingue clairement la structure de l'aile, avec son renfort dans la zone centrale.

2) Le kit contient très peu de bois. Sur la photo, l'appui du tube de jonction avec le fuselage.

 

Le fuselage
Le fuselage est fabriqué dans le plastique blanc spécifique à Kyosho. C'est le même matériau qui est utilisé pour les cabines de ses hélicoptères, notamment: très résistant, mais aussi difficile à peindre. Bien que les instructions n'en parlent pas, il peut être peint en y appliquant une première couche d'un produit spécial pour plastiques (en vente dans les magasins de modélisme ou d'accessoires auto), lequel favorise l'adhérence de la peinture (qui ne s'écaillera pas à la première flexion). Quoi qu'il en soit, le blanc adhère parfaitement au fuselage...
Le fuselage est relativement étroit (65 mm dans sa partie la plus large) et de type monocoque, autrement dit sans les cloisons internes destinées à augmenter la résistance. Avant de commencer le montage, il faut éliminer les petites bavures consécutives au processus de moulage. Ensuite, on coupe les éléments saillants du fuselage avec une lame bien tranchante. Cette opération exige beaucoup d'attention, car il ne s'agit pas de dévier... On détache la cabine en suivant les marques, ainsi que le centre d'appui du moteur et les différentes entrées et sorties d'air (sous la cabine et derrière
l'aile). II faudra également forer un trou de 3 mm pour les sorties des commandes et de l'antenne.
Contrairement à l'habitude, le patin d'appui et les renforts du fuselage où appuiera l'aile ne sont pas en bois: ils sont constitués d'éléments en plastique qui seront vissés. En réalité, le Soarus contient fort peu de bois.

 

 

1) Bien qu'élémentaire, le moteur est très efficace. L'hélice est repliable.

2) Pour un planeur plutôt petit, le Soarus est rapide et simple à manoeuvrer. Le vol aux ailerons est beaucoup plus dynamique.

 

Montage de la radio et du moteur
Les deux servos de direction et de profondeur sont montés sur une petite platine en contreplaqué; celle
ci aura été préalablement découpée à la mesure des servos. L'ensemble est ancré par deux vis et deux séparateurs en plastique sous le bord de fuite de l'aile. La platine en contreplaqué destinée à supporter la batterie de propulsion est également fixée par quatre petites vis, juste sous l'appui d'aile. 

Le récepteur et le variateur de vitesse sont positionnés dans la même zone; ils sont recouverts de caoutchouc-mousse. L'antenne coulisse dans un petit tuyau en plastique que l'on insère depuis l'arrière du Soarus. La batterie de propulsion est placée sous la platine et fixée par deux bandes velcro. Elle est glissée dans le modèle au travers de la cabine.
Le moteur est du type 550; son bobinage est tout ce qu'il y a de plus normal, du moins en apparence. Le kit inclut une hélice de 20x10 cm, repliable. Son moyeu s'adapte parfaitement au moteur. Le moteur est fixé à l'avant du fuselage par deux vis et deux petits éléments séparateurs en plastique (je suppose qu'ils facilitent l'entrée d'air). Notons que le fabricant aurait pu faire en sorte que l'air entre par l'avant et par les ouvertures situées au niveau du collecteur (la zone qui chauffe le plus); en outre, il a prévu des ouvertures pour évacuer l'air chaud. Le câblage sera le plus court possible, afin d'éviter les pertes. Le schéma fourni par Kyosho prévoit l'insertion d'un fusible entre moteur et variateur (lequel doit être d'au moins 40-50 ampères).

 

Empennage
Le degré de préfabrication de l'empennage est élevé. Son système de fixation au fuselage est très original: comme il serait difficile de le coller au fuselage en toute sécurité, l'ensemble est vissé. L'empennage - moulé dans un matériau similaire à celui des ailes - intègre d'usine des tiges filetées qui ressortent sous la gouverne de direction. Ces tiges traversent le fuselage, auquel elles sont attachées au moyen de deux pièces en plastique qui ressortent dans le bas. Le stabilisateur horizontal est fixé entre la gouverne de direction et le fuselage au moyen d'un élément en plastique. Les plans mobiles sont articulés aux plans fixes par du ruban adhésif. Les guignols sont attachés par de petites vis.

 

 

1) La fixation de l'aile est assurée par deux vis en croix d'excellente qualité.

2) Pour accéder facilement au moteur et aux accus, il suffit d'enlever la cabine.

 

L'aile
L'aile est faite d'une seule pièce. Comme le montrent les images, sa construction diffère fortement de ce que l'on rencontre d'habitude. Elle est quasiment préfabriquée d'usine. L'intérieur est en foam blanc et l'extérieur est couvert d'une couche de 2-3 mm d'épaisseur d'une sorte de plastique lisse semi-transparent. Par transparence, on constate la présence d'un renfort qui court jusqu'à la moitié de l'aile et qui doit être fait d'un bois dur. On aperçoit également des ajours dans le foam intérieur. L'aile présente une légère flèche vers l'arrière; en effet, le bord de fuite est droit et la corde va en diminution (20 cm au centre et 16 cm aux pointes). Son profil est semi symétrique, avec une épaisseur maximale de 23 mm, soit un rapport de 11 %. Le dièdre est d'environ 4 cm: beaucoup moins que la moyenne des modèles de début, mais parfaitement adapté au vol aux ailerons. Les ailerons, classiques, font 40 cm de long et 3 cm de large. Ils font partie intégrante de l'aile et devront être découpés pour pouvoir se déplacer (pour les assouplir, on les plie doucement deux ou trois fois). Les zones correspondant aux "charnières" seront laissées telles quelles. Les transmissions des ailerons sont constituées de simples tringles en acier, lesquelles sont montées d'usine (l'aile est moulée avec les tringles à l'intérieur). Les tringles ressortent par la zone centrale de l'aile. Le servo des ailerons est fixé dans son puits avec du double face et placé horizontalement. Les tringles de commande des ailerons doivent être pliées pour éviter qu'elles ne touchent l'aile ou le fuselage. À l'avant, l'aile est fixée au fuselage par une cheville en aluminium; à l'arrière, elle l'est par deux vis de 4 mm. Lesdites vis sont ancrées sur un renfort en contreplaqué de 3 mm.


 

Le Soarus peut être utilisé comme un planeur thermique classique, mais aussi, plus nerveusement, comme un acrobatique.

 

Finition du modèle
À ce stade, le Soarus ressemble déjà à un planeur. II reste à installer la cabine, laquelle abrite un pilote, moulé. La fixation est assurée par deux petites vis; elles sont logées dans des rainures de telle sorte que la cabine puisse être enlevée en compressant les flancs du fuselage. Comme nous l'avons dit, les accus sont introduits par l'ouverture de la cabine.
Pour accéder facilement au moteur et aux accus, il suffit d'enlever la cabine.
Pour la décoration, nous avons été confrontés aux mêmes difficultés que pour la peinture. Nous n'avons donc utilisé que les autocollants fournis et nous avons laissé le modèle en blanc.
En ce qui concerne le réglage de la radio, nous avons respecté à la lettre les débattements spécifiés dans le livret d'instructions, lequel précise également la longueur des bras de servo. Les débattements sont les suivants: 8 mm de chaque côté pour la profondeur, 10 mm de chaque côté pour les ailerons (pas de différentiel) et 18 mm de chaque côté pour la direction. Si votre radio offre cette possibilité, mieux vaut appliquer du différentiel pour réduire la sensibilité des commandes à proximité de la position centrale. Le variateur de vitesse doit être réglé en accord avec les recommandations du fabricant. Avec une batterie standard (1.800 mAh), notre Soarus pesait 1.500 grammes. Le centre de gravité se situait à 73 mm du bord d'attaque de l'aile, au point recommandé par le fabricant. Nous n'avons pas dû ajouter de lest.

 

Vol d'essai
Le Soarus peut être utilisé dans toutes les situations. Nous avons commencé par un vol de plaine. Après vérification de la radio, nous avons lancé notre modèle: sa capacité ascensionnelle est bonne, surprenante, même, compte tenu du moteur et de l'hélice utilisés. La preuve d'une bonne adéquation entre moteur, hélice et nombre d'éléments de batterie. Nous n'avons pas calculé la consommation sur le banc d'essai, mais à en juger par l'autonomie en vol (environ 4 minutes moteur à fond), elle doit osciller autour de 22-25 ampères, ce qui autorise 4-5 ascensions à hauteur suffisante pour la prise de thermiques.
En tant que planeur pur (autrement dit pour rechercher les thermiques et prendre un maximum de hauteur), le Soarus est très agréable à piloter. Nous avons déjà eu l'occasion d'expliquer qu'un planeur à ailerons était plus facile à contrôler qu'un deux axes. La commande d'ailerons est nette et précise et l'on peut voler presque sans faire appel à la gouverne de direction. Le Soarus est plus rapide que les planeurs de plaine habituels, d'une part parce que sa charge alaire est plus élevée, d'autre part parce que le profil utilisé est plus mince et rapide. II est plus à l'aise à vive allure qu'en phase de vol très lent. Avec l'aide des thermiques et pour peu que l'on évite les manoeuvres brutales, un pack d'accus suffit à le maintenir en vol pendant un quart d'heure. Bien entendu, un pilote expérimenté fera beaucoup mieux...
Le Soarus peut aussi être utilisé de manière plus dynamique, en laissant tourner le moteur en permanence, comme un avion classique. À plein régime, le modèle est vif et autorise les figures acrobatiques de base. Bien entendu, la durée de vol sera moins longue qu'en mode de fonctionnement "normal" (autour de 6 minutes).
Notre expérience du vol de pente fut limitée, mais suffisante pour constater que le Soarus tolère les vents modérés et forts pour se maintenir dans les airs. Bien entendu, en cas de difficulté, le moteur vous permettra de remonter la pente sans la moindre difficulté...


 

Avec son moteur d'origine, le Soarus peut être lancé sous cet angle et grimper sans la moindre difficulté.


En conclusion

Sa construction tout plastique fait du Soarus un modèle très atypique. Quelques heures suffisent à le construire et le montage ne présente guère de difficulté.
II ne s'agit pas d'un planeur de début; malgré les apparences, c'est en effet un planeur relativement rapide, apte au vol très dynamique et bien plus vif qu'un planeur classique. En réalité, il se sent à l'aise dans toutes les situations et si son aile était démontable, ce serait le modèle idéal pour partir au pied levé nous amuser là où bon nous semble.

 

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