" AIRDANCER "
Une nouvelle manière d'apprendre à piloter des Aéromodèles 
L'
"Airdancer" est un modèle d'initiation qui se monte en quelques
heures de travail. Nous avons beau nous efforcer de vous faciliter les choses, apprendre à piloter est une entreprise difficile à plusieurs égards : il faut apprendre à construire l'avion, à monter la radio de façon correcte, à équilibrer l'appareil, etc. Dans un article précédent, nous avons essayé d'identifier le modèle idéal pour débuter (planeur ou entraîneur traditionnel). Ceux qui ont déjà appris à piloter savent pertinemment bien que la perspective de devoir, le cas échéant, réparer l'appareil constitue un des éléments qui risquent de contrarier l'apprentissage du débutant.
Airdancer
Après s'être livré à ces considérations décourageantes, on se pose toujours les mêmes questions. N'y a t-il pas une façon plus facile de fabriquer un avion ? Ne peut-on éviter de devoir confectionner et monter la radio ? Le modèle incassable n'existe-t-il pas ?
En Allemagne, quelqu'un a apparemment tenu le même raisonnement et a développé quelque chose de différent par rapport à tout ce que j'ai pu voir dans le domaine ces dernières vingt années:
l'Airdancer, de Robbe. Après avoir comparé ce modèle et le "Skyflex", que nous testerons dans les prochaines semaines, mes doutes se sont envolés: chez
Robbe, les concepteurs abandonnent tout préjugé lorsqu'ils dessinent un nouveau modèle et posent un regard neuf sur leur projet.
Lorsque nous avons vu le modèle dans le catalogue, nous n'avons pas tout de suite pris conscience de sa différence par rapport aux autres appareils d'initiation.
L'Airdancer est un avion de grande dimension, équipé d'un moteur électrique (il est impossible de mal le carburer) et conçu de façon à ce qu'un parfait débutant puisse tenter de le piloter sans aide : en outre, il est solide et facile à réparer. Apprendre sans professeur ne constitue peut-être pas l'approche idéale.. mais, de toute façon, nombreux sont ceux qui se lanceront dans l'aventure.

Robbe
commercialise un équipement radio spécialement conçu pour l'Airdancer.
L'équipement
Le kit de l'Airdancer comprend tout le nécessaire pour pouvoir piloter l'avion, excepté
l'équipement radio (il faut un émetteur à deux canaux et un seul servo), une batterie de nickel-cadmium à sept éléments et un chargeur pour la batterie. Robbe a commercialisé un équipement qui inclut ces éléments.
À l'intérieur du kit, outre le modèle et les accessoires utiles au montage (y compris les élastiques et l'outillage), se trouve un livret d'instructions relatives au montage et accompagnées de schémas explicatifs d'une trentaine de pages dont la moitié sont consacrées au pilotage de l'avion. Un élément évident apparaît à la lecture:
Robbe sait que de nombreux acheteurs essaieront de piloter l'Airdancer sans aide. Ces derniers ont tout intérêt à lire attentivement les instructions. Examinons maintenant quelques caractéristiques de
l'Airdancer.
Le fuselage
Nous ne l'avons pas encore précisé jusqu'à présent ? Excusez-nous, Il n'y a pas de bois dans l'équipement, excepté les deux liteaux qui supportent les ailes et le train d'atterrissage.
L'Airdancer est entièrement fabriqué en foam (polystyrène expansé) de couleur jaune et à densité moyenne-haute. Le fuselage se compose d'une seule pièce, qui inclut la gouverne de queue et le nez; il est bien solide. Le nez se démonte dans le sens de la longueur et abrite le moteur et sa carcasse. On trouve, le long du fuselage, une série de cavités dans lesquelles se fixent, par pression, la batterie et l'équipement radio.
Train d'atterrissage
Il est en tige d'acier, fournie déjà plié, Il s'adapte au fuselage par le biais d'une pièce en plastique et d'élastiques. Ce système permet d'absorber de manière efficace les chocs lors des atterrissages. Les roues sont en mousse et doivent être fixées au moyen de goupilles filetées. Temps de montage: moins de cinq minutes.
Stabilisateurs
Ils sont en foam, comme le reste du modèle. Le stabilisateur est formé d'une seule pièce (il ne comporte pas de partie mobile) et s'introduit par pression dans une encoche prévue à cet effet dans le fuselage; il sera collé au moyen de ruban adhésif double face.
Pour la fixation de la gouverne de direction, également en foam, on utilise des bandes adhésives, la décoration étant également autocollante.. Le
"horn" de commande est fixé, à l'endroit indiqué, par deux vis. Temps de montage moins de dix minutes.

1)
Le moteur électrique se fixe directement au fuselage par le biais
d'élastiques. 2)
On introduit le servo dans son logement par pression, et on le couvre au
moyen de l'adhésif utilisé pour la cabine de pilotage.
Moteur et équipement radio
L'équipement radio se limite, an l'occurrence, au récepteur et à un
servo, qui doivent être introduits par pression dans leurs logements respectifs. La timonerie de la gouverne de direction est constituée d'une tringle d'acier gainée de 1 mm, dont le logement est également prévu dans le fuselage. De la queue part une autre tige, jointe à celle du servo au moyen d'une goupille filetée. Il faut simplement veiller à ce que la gouverne de direction reste bien droite lorsque le servo est au neutre. La carcasse du moteur est en plastique et il ressemble à un Mabuchi 540, ou similaire. Il est équipé, à l'arrière, d'un interrupteur électronique qui fournit aussi l'alimentation au récepteur et à l'autre
servo. Comme nous l'avons indiqué, le moteur se place dans une cavité du fuselage. L'ensemble est fermé et fixé au moyen d'élastiques et d'une bande adhésive de renforcement. Le câble de l'interrupteur suit un parcours déterminé dans le fuselage jusqu'au récepteur. Le temps de montage du moteur, du récepteur et du servo est inférieur à 15 minutes.
1)
Sur le côté opposé au servo, nous trouvons le logement réservé au
récepteur (à deux canaux). 2)
La batterie à sept éléments se fixe comme les autres éléments : par
pression.
L'aile
La surface portante est composée de deux demi-ailes an mousse de quelque 70cm chacune. Le profil est plan-convexe et assez large. Les ailes s'introduisent par pression dans une pièce centrale de plastique qui fixe le dièdre, à laquelle elles sont attachées au moyen d'un tour de bande adhésive. La décoration est également fournie sous forme d'autocollants. La fixation au fuselage est effectuée par le biais d'élastiques et de deux chevilles en bois qui se placent par pression à l'intérieur du fuselage. Le montage complet de l'aile prend moins de dix minutes, l'opération la plus longue étant la décoration.
Hélice
L'hélice se fixe au moyen d'un adaptateur en aluminium, accouplé au moteur par le biais de deux vis Allen. Il est curieux de constater que l'hélice bascule de quelque 30° de chaque côté, autour d'un pivot en acier. Ce système étrange a pour but d'éviter qu'à chaque atterrissage où l'hélice entre en contact avec le sol, nous plions l'axe du moteur, dont le diamètre est de 3 mm seulement. Quand l'hélice est en mouvement, la force centrifuge la maintient en position. Ce système, particulièrement ingénieux, fonctionne à la perfection.
Équilibrage
Selon les instructions, le modèle doit rester équilibré à 85 mm du bord d'attaque; dans le cas contraire, la seule solution consistera à placer du plomb dans la queue ou dans le nez, car il est impossible de déplacer quoi que ce soit. Une fois terminé,
l'Airdancer pèse quelque 1400 grammes.

Le
moteur de L'Airdancer permet de négocier des virages sans perdre ni
gagner trop d'altitude.
Vol d'essai
Nous avons piloté l'Airdancer conformément aux instructions: en recourant au lancer-main. Nous avons eu l'occasion de vérifier la solidité du modèle car les vents étaient contraires et nous avons dû lancer l'avion face à la pente; lors du premier essai, il a "touché" le sol, mais sans conséquences dommageables. Une fois la technique affinée et l'avion lancé de façon décidée, celui-ci s'est envolé sans plus de problèmes.
Son moteur d'origine confère à l'Airdancer la puissance juste suffisante pour pouvoir voler en négociant les virages en douceur et il a du mal à prendre de l'altitude; nous avons l'impression que c'est intentionnel car il en résulte une vitesse de vol peu élevée et des dommages limités en cas d'accident. Il nous paraît étrange, nous qui comptons de nombreuses heures de vol, de piloter sans commande de profondeur. Ce contrôle est effectué grâce au moteur: lorsqu'on allume celui-ci, le modèle s'élève, et lorsqu'on le coupe, il plane doucement en perdant de l'altitude. Seule la gouverne de direction sert à négocier les virages, la commande devant être réalisée en douceur. Si nous sollicitons trop le gouvernail, nous serons confrontés à une tendance habituelle en aviation: les appareils donnent du nez et perdent de l'altitude, avec, en l'occurrence, une conséquence plus grave, en ce sens que nous ne pouvons compenser cette perte d'altitude en recourant à la gouverne de profondeur.
Les atterrissages sont assez simples: sachant que le modèle ne prendra pas beaucoup d'altitude si nous négocions des virages, il suffira de bien placer l'avion dans l'axe de la piste et de couper le moteur à la distance adéquate.
L'Airdancer baissera le nez en douceur et atterrira sans problèmes majeurs. Si l'on utilise une batterie normale ainsi que le moteur et l'hélice fournis avec l'avion, la durée du vol avoisine les cinq minutes.
Du fait qu'il n'est constitué que de porex, le modèle semble, à première vue, "fragile". Je voudrais signaler à cet égard qu'il y a longtemps, nous avons eu à la maison une embarcation dont la coque avait été fabriquée avec ce matériau. Au terme de plusieurs années, la coque en porex - j'avais pourtant des doutes quant à sa longévité- était tout ce qui restait de ce machin.
Au cours de notre vol d'essai avec l'Airdancer, nous avons effectué des décollages ratés et des atterrissages franchement mauvais. Le système de l'hélice "oscillante" est extraordinaire; j'espère qu'il pourra être "transplanté" à d'autres modèles électriques. Le système élastique du train d'atterrissage fonctionne également sans problème. Quant aux ailes, en cas de choc violent, elles se détachent de la pièce centrale en plastique, ce qui n'a pour effet que de petits dégâts au niveau du bord d'attaque, qui n'entravent pas du tout la poursuite du vol. En cas de rupture grave (le fuselage ou les ailes, par exemple) un peu
d'époxi a prise rapide permettra à l'avion de vite retrouver ses qualités.

1)
Aspect particulier de la gouverne de direction, mise en charnière sur un
côté du stabilisateur horizontal. Notez l'absence de gouverne de
profondeur. 2)
L'avion nécessite au départ une forte impulsion pour prendre son envol.
Pour teminer, un peu de philosophie
Après quinze ans consacrés à la confection et au pilotage d'aéromodèles, la construction et le vol de
l'Airdancer ont constitué une expérience tout à fait nouvelle pour moi. Robbe a, sans aucun doute, choisi une voie différente pour faciliter le plus possible l'initiation à l'aéromodélisme.
Il est agréable de pouvoir acquérir un modèle dont la construction prend à peine plus de temps que le chargement de la batterie; un débutant qui a lu attentivement les instructions pourra le piloter en un après-midi, voire moins, et une personne possédant des notions de base en matière de construction ne consacrera qu'une heure à terminer son avion. De plus, il est presque impossible de se tromper lors du montage et de l'installation de la radio.
Le vol de l'Airdancer est "diffèrent". C'est un modèle très lent, dont le pilotage n'a rien à voir avec celui des aéromodèles habituels, mais ressemble beaucoup à ce que l'on attend d'un entraîneur normal: quand on lui commande en douceur d'aller à droite, le modèle vire à droite. Nous pouvons ainsi espérer que le parfait débutant se familiarisera avec les règles de base et apprendra à contrôler ses nerfs, ce qui est suffisant pour commencer; il semble toutefois inévitable qu'après s'être exercé avec
l'Airdancer, il doive passer par une étape (plus courte, c'est sûr, que ce n'est habituellement le cas) d'acclimatation" à un entraîneur traditionnel.
Résumé
Avec l'Airdancer, Robbe a choisi un itinéraire différent pour permettre aux amateurs désireux de s'initier à I'aéromodélisme de construire et piloter un appareil ressemblant à un avion avec les meilleures garanties de succès. Il s'agit d'un modèle constitué d'un matériau extrêmement résistant, facile à confectionner et à réparer, et que l'on arrive à faire voler en quelques heures. Impossible de se tromper dans la construction. Impossible de mal carburer l'appareil (moteur électrique.)
Je considère qu'il s'agit d'un modèle avec lequel il est relativement simple d'apprendre à piloter, même si la méthode de pilotage est différente. Il est possible de le piloter sans l'assistance d'un professeur, bien qu'il soit toujours préférable et moins coûteux... d'en avoir un à sa disposition.
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