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MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°52

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HELLCAT SLIM

Un petit Fun Fly aux possibilités hors du commun

 

Au fil des mises à jour sur ce site d'aéromodélisme, nous avons eu l'occasion de vous présenter quelques-uns des modèles fun fly les plus récents. Comme vous le savez, il s'agit d'avions très légers et simples, pour lesquels les capacités de vol priment sur les aspects purement esthétiques. Nous avons dit que les vieux modélistes que nous sommes ne cessent d'être surpris par la ressemblance évidente qu'il y a entre les tout derniers modèles fun fly et les anciens avions de vol circulaire que nous avons connus il y a 30 ou 40 ans. Le principe, c'est de limiter le poids au minimum, de disposer d'une surface alaire la plus grande possible et d'obtenir ainsi des avions présentant des qualités acrobatiques et de manoeuvrabilité hors du commun. Les premiers fun fly dérivaient d'acrobatiques ou d'avions de début classiques; ensuite, ils se sont lentement transformés en dérivés radiocommandés des anciennes ailes de combat destinées au vol circulaire. Bien entendu, ils sont beaucoup moins séduisants, mais les objectifs visés ont été atteints. En outre, ces engins sont accessibles à toutes les bourses.

 

 

Le format réduit du Hellcat - de fait, il n'est pas démontable - facilite le transport.

 

Le Hellcat Slim
Le Hellcat est un chasseur de l'armée américaine qui fut utilisé pendant la Seconde Guerre mondiale, dans le Pacifique. Cet avion puissant possédait un fuselage trapu, initialement prévu pour héberger un énorme moteur de type radial et destiné aux porte-avions. Le modèle que nous vous présentons cette semaine n'a absolument rien d'une maquette; mais compte tenu qu'en termes de vol circulaire, c'est ce qu'on appelle une "planche'' (le fuselage consiste en une simple planche de balsa), le fabricant a cru bon de donner à cette structure une forme qui rappelle de loin celle de l'avion américain. En réalité, un fuselage différent aurait pu donner un Mustang ou tout autre avion... Par chance, le fabricant
n'a pas essayé de fabriquer un Spitfire sans ailes elliptiques. La raison en est peut-être que le Hellcat Slim est fabriqué en Angleterre par Profile Models et qu'outre-Manche, manquer de respect au Spitfire est un sacrilège punissable de prison...
Notre modèle est un petit avion de construction totalement classique, avec une envergure de 98 cm et une longueur de 87 cm. L'aile est très large, avec une corde de 36 cm (ailerons compris), ce qui lui donne une surface alaire de 35 dm2. Le constructeur ne donne aucune indication quant au poids total, mais la charge alaire finale est franchement réduite.
Les options relatives au mode de propulsion sont assez originales, puisqu'on peut y installer, soit un moteur électrique de type Speed 600, soit un moteur Kyosho plus puissant, avec un réducteur de 2,5:1, une hélice de 11 x 8 et un pack de 7 - 8 éléments. Pour les plus traditionnels d'entre vous, la possibilité existe d'installer un moteur à explosion de 2-3 cm3, ce qui allège notablement l'ensemble et se traduit par des performances réellement époustouflantes.

 

 

1) Avec un MVVS 21, les décollages peuvent être franchement violents.

2) Le servo des ailerons est logé dans un renfoncement présent sur le bas du fuselage.

 

Le kit
Nous sommes en présence d'un modèle classique dont le pedigree est typiquement britannique. Dans une boîte sans grande prétention, nous découvrons une quantité imposante de bois (surtout du bois, plus exactement, car le nombre total d'éléments est réduit), essentiellement du balsa. Le kit inclut tous les éléments nécessaires à la version électrique. Si vous optez pour un moteur thermique, il faudra vous procurer à part un réservoir à carburant.
Le manuel d'instructions est rédigé en anglais, uniquement. Il compte dix feuillets recto-verso où sont détaillées les phases du montage, ainsi que la mise au point de l'avion et d'autres points utiles. Les mesures sont en pouces, ce qui, sous nos latitudes, peut porter à confusion. Le manuel est complété par un plan à échelle 1:1 classique. C'est surtout lui qui pourra guider utilement ceux qui ne maîtrisent pas la langue de Shakespeare. II ne fait aucun doute que le Hellcat Slim s'adresse à des modélistes expérimentés, tant en matière de montage qu'en termes de pilotage (les instructions sont d'ailleurs très claires à ce sujet).
Pour compléter le modèle, il nous faudra une radio avec un minimum de quatre voies et quatre servos (trois et un contrôleur de vitesse pour la version électrique). Le fabricant recommande l'emploi de microservos par souci de légèreté, surtout pour la version électrique (inévitablement plus lourde). 

Vous pourrez faire appel à un mixeur mécanique ou électronique pour que les ailerons travaillent comme des flaperons, ce qui augmentera encore les capacités acrobatiques du Hellcat.

 

 

1) Le moteur est monté sur un flanc du fuselage, sur des platines en bois dur. On se croirait en présence d'un avion de vol circulaire!

2) Profil symétrique et épais pour l'aile, sur laquelle sont montés les servos.

 

Constructions de l'aile
La construction du modèle commence par l'aile, laquelle représente 70% de l'ensemble. Elle est à section constante et ne présente pas de dièdre, comme c'est la norme pour ce type d'appareil. La construction en est largement simplifiée; en effet, comme elle est relativement petite, son montage peut être réalisé directement sur le plan de travail ou une table.
L'aile compte onze nervures (nervures centrales et marginaux compris), toutes identiques en balsa de 2 mm (à l'exception des centrales qui sont en balsa de 6 mm). Tout est fait pour limiter au minimum le poids de l'avion: le coffrage est extrêmement réduit et ne couvre que les nervures centrales. 

La structure est constituée d'une série de longerons en balsa (6x6 mm pour les centraux, doubles; un bord d'attaque de mêmes dimensions; deux longerons auxiliaires de 3x6 mm entre les centraux et le bord d'attaque). Aucun renfort entre les longerons supérieurs et inférieurs, peut-être dû à l'envergure réduite et à la légèreté de l'avion. L'inconvénient de cette absence de coffrage est que le profil de l'aile manque cruellement de réalisme. Notons également que le profil utilisé est de type classique: symétrique, avec un bord d'attaque très arrondi (6 cm d'épaisseur maximale).
Le centre de l'aile présente un coffrage d'environ 20 cm de large, en balsa de 1,5 mm. II renferme une partie de l'équipement radio et, dans le cas de la version électrique, le pack d'accus (attaché avec du double face).Toutes les nervures sont munies de cap strips sur toute la longueur (en balsa de 1,5 mm). Vous l'aurez compris, l'aile est très légère, et malgré son aspect fragile dû au peu de bois qui la compose, son épaisseur et son entoilage lui confèrent assez de rigidité pour garantir un vol sans problème.
Les ailerons sont ceux que l'on trouve généralement sur ce type de modèles: très grands et présents sur toute la longueur du bord de fuite. Ils sont en treillis de balsa de maximum 6 mm d'épaisseur.

 

 

1) Haute technologie pour la transmission des gouvernes (tringle en fibre de carbone).

2) Le réservoir est à l'extérieur. Fixation par brides en plastique.

 

Le fuselage
II est de type "planche", avec la particularité suivante: par souci de légèreté, il est formé, dans une large proportion, de treillis en balsa, lui même coffré d'une planche de 1,5 mm (en balsa également). Comme le montrent les images, sa hauteur est considérable (18 cm dans sa section la plus haute). Cette hauteur lui confère une certaine stabilité et permet qu'en vol tranche (avec les ailes verticales), l'avion appuie sur le fuselage sans dépendre uniquement du moteur.
La grosseur du fuselage est d'environ 1 centimètre. Le moteur vient se loger à l'avant. Dans le cas d'un moteur à explosion, il faudra installer sur le balsa deux baguettes en hêtre de 10x10 mm, sur lesquelles viendra ensuite se visser le moteur. On ne trouve du balsa "solide" que dans le nez du modèle, sur l'arrière du fuselage (où appuie l'empennage) et autour de l'aile. Le reste est en treillis de baguettes (de 10x10 mm dans les zones les plus exposées aux chocs et de 10x6 mm dans les autres) que l'on coffre ensuite. Comme pour les modèles de vol circulaire, le nez est renforcé des deux côtés par du contreplaqué de bouleau de 0,8 mm qui court jusqu'au bord de fuite de l'aile en formant une structure triangulaire qui empêche les concentrations d'efforts. Sur l'appui du train d'atterrissage, là où les chocs sont plus violents, nous trouvons un laminé de trois couches de contreplaqué léger (à coller à l'époxy) en lieu et place du balsa.
Nous allons voir que tout a été fait pour que le fuselage du Hellcat soit le plus léger possible.

 

Finition du fuselage
Comme on pouvait l'espérer, l'empennage est en treillis de balsa de 5 mm d'épaisseur, avec renforts diagonaux. II est collé au fuselage dans des zones renforcées par du balsa de 10 mm. Comme nous l'avons dit, le moteur est ancré sur son bâti par des vis de 3 mm. Le réservoir à carburant (60-80 cc de capacité) est fixé tel qu'on peut l'observer sur les images, avec deux brides en plastique qui traversent le fuselage. Les passages devront être imperméabilisés pour éviter que l'huile moteur n'imprègne le bois. Le train d'atterrissage est en corde de piano de 3 mm; pour le fixer, on fait appel aux traditionnelles pièces en plastique vissées. À l'arrière du fuselage, on trouve un petit patin en corde de piano de 2 mm.
Après le fuselage, vient la pose de l'aile. Deux possibillités s'offrent à nous, car l'aile peut être passée au travers du fuselage avant ou après son entoilage. Les deux systèmes se valent. Nous avons préféré l'entoiler après son installation.

 

 

1) Le train d'atterrissage est la simplicité même: corde de piano pliée et fixée par deux pièces en plastique.

2) Vol plané, moteur arrêté. Malgré son aspect ramassé, le Hellcat plane relativement bien.

 

Montage de la radio
Sur le Hellcat, l'installation de la radio est assez particulière. Mieux vaut utiliser des microservos, par souci de légèreté. Les servos de moteur, de direction et de profondeur sont installés sur l'aile. Ils peuvent aussi l'être à l'intérieur de l'aile et fixés avec du double face. Mais comme nous avons opté pour un moteur à explosion, nous avons préféré les monter de manière classique et les embarquer sur le plan supérieur de l'aile. Le récepteur et la batterie sont embarqués dans l'aile gauche, pour équilibrer le moteur. Le servo des ailerons est placé sur le bord inférieur du fuselage. La possibilité existe d'installer un servo par aileron ou un mixeur mécanique de type Kavan .
En cas de propulsion électrique, le fabricant recommande, pour les gouvernes d'empennage, l'emploi de commande en "boucle fermée", c'est-à-dire un câble tressé. Le système est extrêmement léger, mais plus compliqué à régler. Nous avons utilisé les tringles en fibre fournies dans le kit; elles sont rigides et solides, et munies de supports intermédiaires en plastique. II faudra veiller à ce que lesdits supports soient ancrés là où se trouvent les renforts en bois.

 

Finition et vol d'essai
Le Hellcat doit être entoilé avec du Monokote ou tout autre matériau similaire. Nous avons opté pour du Monokote bleu. La cabine peut être peinte en blanc ou entoilée d'Oracover de la même couleur. Attention de ne pas gauchir l'empennage ou les ailerons lors de l'entoilage. La solution idéale consisterait à entoiler tous les éléments du modèle avant leur assemblage final.
Le centre de gravité doit être ajusté à 90 mm du bord d'attaque de l'aile, en tous cas pour les premiers vols. Les débattements de commande recommandés sont plutôt amples, avec 25 mm de chaque côté pour les ailerons, 13 mm de chaque côté pour la profondeur et 25 mm de chaque côté pour la direction. Sur ce type de machine, les ailerons sont souvent moins efficaces (à faible allure, du moins) que sur les avions classiques, raison pour laquelle leur débattement est plus important.
Une fois sur le terrain, nous avons correctement carburé le moteur (dans notre cas, un MVVS 21 à échappement classique) et nous avons ouvert les gaz. Avec un poids à peine supérieur à 1.300 grammes, le Hellcat décolle presque immédiatement. En réalité, rien n'empêche d'éluder la manoeuvre classique et de le faire lever le nez d'un coup pour l'élever dans les airs. Quoi qu'il en soit, il grimpera tout seul. Le décollage est donc spectaculaire. Après avoir vérifié sa réponse aux commandes, nous pouvons commencer à apprécier ses qualités de vol. Comme les autres machines de ce genre, le Hellcat n'est pas destiné au vol "normal". II est fait pour les manoeuvres acrobatiques. Le constructeur nous avertit que le Hellcat ne doit pas être piloté en piqué à plein régime; la raison - qui n'est pas donnée de manière explicite - en est que l'avion risquerait de présenter du "flutter" et de se désintégrer en vol... Sa vitesse maximale n'est pas très élevée. À faible allure, elle peut être celle d'un homme au pas. Les atterrissages peuvent se faire quasiment à l'arrêt...
En ce qui concerne ses capacités acrobatiques, elles dépendent essentiellement du pilote. Les renversements peuvent être très rapides et les boucles, extrêmement serrées. Avec un moteur approprié, il est possible de voler en stationnaire (pendu à l'hélice) ou d'évoluer en vol tranche (sous toutes ses formes, même en boucle). Nous n'avons pas tenté de coupler flaps et profondeur. Si le pilote le souhaite, le centre de gravité pourra être légèrement déplacé vers l'arrière pour obtenir davantage de capacité acrobatique. Par contre, des débattements de commande plus doux et de l'exponentiel se traduiront par d'avantage de docilité; le Hellcat devient alors un formidable entraîneur avancé pour ceux qui savent déjà piloter aux ailerons.

 

 

1) Avec du Monokote bleu et quelques autocollants, la décoration est assez réaliste.

2) Les plans mobiles de l'empennage sont très grands, dans le plus pur style fun fly.

 

En conclusion
Le Hellcat est un petit avion fun fly sur lequel tout a été fait pour obtenir un maximum de légèreté et de capacité acrobatique. Même s'il ne s'agit pas d'une machine destinée aux débutants, sa construction "tout baguettes" ne pose guère de difficulté, car le nombre de composants est limité et les points problématiques sont rares. Le plan de montage est suffisamment clair pour lever les doutes éventuels.
Les qualités de vol du Hellcat sont extraordinaires, bien plus qu'on ne pourrait le croire de prime abord. Les pilotes expérimentés y trouveront beaucoup de plaisir, et pour un coût raisonnable. Enfin, il peut être construit et stocké dans un espace réduit.

 

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