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MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°53

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K'MAX

Un cerf-volant radiocommandé

 

Rappelez-vous les cerfs-volants que nous construisions quand nous étions enfants, avec du papier et quelques roseaux... Depuis quelques années, nos cerfs-volants ont bien changé. Nos lecteurs auront certainement eu l'occasion de constater que les cerfs-volants actuels n'ont plus rien de statique, mais qu'ils se sont transformés en engins manoeuvrables, capables d'exécuter intégralement n'importe quel programme acrobatique. Leur vitesse est spectaculaire, et ils sont à même d'exécuter plus de deux "boucles" par seconde.
En ce qui concerne les matériaux utilisés, on ne parle guère plus de roseaux, ni de papier : les tubulures sont en fibre de verre ou de carbone et la toile est faite d'un matériau similaire à celui des parachutes ou des ailes des ultralégers. Leur résistance aux chocs est franchement impressionnante, pour un poids tout bonnement ridicule.

 

 

Malgré son apparente complexité, l'aile peut être emportée et remontée en quelques minutes.

 

Un cerf-volant RC ?
Lorsque les premiers engins de ce genre sont apparus, les passionnés de radiomodélisme se sont immédiatement posé la question de savoir s'il serait possible d'y adapter un système de radiocommande. Pourtant, même si l'idée était prometteuse, sa réalisation se révélait bien plus problématique. En effet, le système de commande d'un cerf-volant n'a rien à voir avec celui d'un aéromodèle. Comme dans le cas des parapentes (parachutes utilisés pour le vol de pente), le désir de créer un modèle repliable, ou presque, se voyait confronté à la difficulté suivante: comment reproduire un système apparemment aussi naturel que celui qui consiste à tirer sur des cordes (pour modifier localement la portance de l'aile ou du parachute) ou - obstacle encore plus infranchissable à nos yeux - déplacer le poids du pilote (comme on le fait en parapente) ?
II y a quelques années, Robbe lança sur le marché un parachute avec pilote radiocommandé, démontrant ainsi qu'il était possible de reproduire un tel système de commande. Pourtant - comme tous les modélistes chevronnés auront eu l'occasion de le vérifier -, le système de commande est une chose, et la construction d'un modèle de ce genre en est une autre... Réaliser une aile de parapente ou de parachute dotée d'un rendement suffisant n'est pas une mince affaire. Car en lieu et place de baguettes en bois et de colle, nous devrons faire appel à de terribles outils que nous ne "maîtrisons" pas vraiment: ciseaux, aiguilles, fil et - pire encore - patrons pour la découpe ...

 

 

1) Le modèle est livré démonté dans un sac matelassé qui servira à son transport sur le terrain. Son montage est extrêmement rapide.

2) L'aile et le stabilisateur tels que livrés dans leur sac.

 

La série " K "
II y a quelques années, les revues de modélisme ont commencé à s'intéresser à plusieurs modèles de cerf-volants proposés par l'importateur espagnol ROI Import. Même s'ils ne peuvent être considérés comme des cerfs-volants proprement dits, ils sont d'une qualité extraordinaire. Comme nous allons le voir, ils font appel à une technologie réellement novatrice caractérisée par l'absence totale d'éléments en bois. Trois modèles figurent au catalogue de cet importateur: le K'i est un modèle qualifié de "nerveux" offrant une envergure de 1 mètre; le K'a fait 1,30 mètre d'envergure; enfin, le K'max que nous avons testé est une aile volante de 2,07 mètres d'envergure.
La surface alaire du K'max est de 41 dm2 et son poids est d'environ 600 grammes, soit une charge alaire de 14,5 g/dm2 (un chiffre étonnamment bas). Tous les modèles de la série sont prévus pour pouvoir évoluer avec une simple radiocommande à deux voies.


Le kit

Le K'max est livré d'une manière peu habituelle: ses composants (peu nombreux pour un modèle de cette taille) sont emballés dans des sachets en plastique. Le tout est contenu dans un sac en nylon (très pratique), qu'il ne faudra pas jeter, puisqu'il nous servira au transport de l'aile jusqu'au terrain.
Le kit inclut les éléments suivants: l'aile principale, la dérive et le stabilisateur, tous fabriqués dans un tissu hautement résistant (les amateurs reconnaîtront là un matériau similaire à celui utilisé pour les
voiles des planches de windsurf), des baguettes en carbone et en aluminium de différentes sections, un sachet d'accessoires (pièces de jonction entre les différents tubes, fils et élastiques), ainsi qu'un élément en plastique injecté où vient se loger l'équipement radio.
À part cela, le kit comprend également un manuel d'utilisation. Comme toujours s'agissant d'un modèle de cette catégorie (très peu conventionnel), voyons ce qu'il en est des instructions de montage. Dans ce cas, le livret se compose de six pages photocopiées, sans plan grandeur nature. Je dois avouer qu'au cours de ma longue carrière de modéliste, jamais je n'ai vu tant d'informations précises contenues dans un manuel aussi petit. Le montage est décrit pas à pas et illustré par une série de schémas explicatifs: tout y est! Les dernières pages sont consacrées au pilotage de l'aile et aux réglages à apporter en cas de problème en vol.
Pour compléter le K'max, il ne vous manquera plus qu'une radio à deux voies et deux servos de format standard. Selon moi, le modèle a été pensé pour recevoir un équipement Futaba. II vous faudra également du cyanoacrylate et un cutter pour couper les fil à mesure. Bien peu de choses, en réalité.

 

 

1) C'est sur cette solide pièce centrale que convergent le "mât", les tubes des ailes et la poutre d'empennage.

2) La fixation et la tension des pointes d'aile sont assurées par des pièces en caoutchouc et des cordons à rondelle.

 

Montage de la radio
Si l'on suit le livret d'instructions, la première opération consiste à installer l'équipement radio. Tous les composants sont logés dans une petite boîte en plastique dont les deux parties sont tenues par une vis spéciale. Les deux servos sont ancrés sur une petite structure interne au moyen de vis et d'écrous. Des séparateurs permettent de les installer dans leur position exacte. Toutes les étapes du montage sont illustrées par cinq schémas. Même les plus maladroits s'en sortiront ! Le servo d' "ailerons" est muni d'un bras spécial qui devra être découpé sur base de l'habituel disque qui accompagne la plupart des servos. Les bras des servos sont positionnés en dehors du boîtier en plastique. Dans le cas du servo de profondeur, il doit être monté après fermeture du boîtier en question.
Le récepteur et le pack d'accus sont placés dans l'espace du boîtier en plastique encore libre. Ils sont enrobés de morceaux de caoutchouc-mousse pour éviter les ruptures lors des atterrissages. L'antenne ressort par une ouverture prévue à cet effet. L'interrupteur est facilement accessible depuis l'extérieur. Depuis le haut et au travers d'une ouverture, on glisse un tube en fibre de carbone d'environ 10 mm de diamètre, lequel fixe l'ensemble de la radio à l'aile.

 

 

1) Avec plus de deux mètres d'envergure, l'allure du K'max est réellement majestueuse.

2) La pièce en fibre est un ajout qui permet de disposer d'assez de débattement pour les ailerons. Le servo du bas est celui de la gouverne de profondeur.

 

Montage de l'aile
L'aile (ou, plus exactement, la voile), est constituée d'une pièce de deux mètres d'envergure livrée totalement finie. Comme le montrent les images, elle est fabriquée dans deux types de matériaux, un transparent et un autre, similaire à du Dacron. Son fini superficiel et sa texture rappellent ceux d'une voile de windsurf. Tous les détails sont parfaitement cousus, y compris les logements pour les nervures et les longerons.
On commence par la déployer, en s'assurant que la couture principale est orientée vers le haut. On positionne la pièce centrale de jonction et le tube en carbone qui unit l'aile à l'empennage. Ensuite, on installe le stabilisateur vertical à l'arrière du tube et on le fixe au reste de la structure avec un petit crochet en fil de fer et un élastique. Ce système assure la tension du stabilisateur vertical et de la zone centrale de l'aile.
Ensuite, on monte les tubes en carbone du bord d'attaque de l'aile, en partant des extrémités. Dans le cas du K'max, ces tubes sont en deux parties, unies entre elles par un élément de jonction en aluminium. Les éléments de jonction et les tubes doivent être collés avec quelques gouttes de cyanoacrylate. Les tubes doivent être plus longs au centre. Chacune des extrémités de la voile (correspondant aux pointes de l'aile) est munie de petits cordons (cousus d'usine). II faudra les nouer et les attacher à la pièce en plastique présente sur chaque extrémité du tube, leur but étant d'assurer la tension de l'ensemble.

 

Courbure de l'aile
À la différence d'autres cerfs-volants ou ailes du même genre, le K'max possède une aile profilée. Le profil est en partie obtenu par le tube avant en carbone, mais aussi par une série de tubes en aluminium qui correspondent aux lattes de voile d'une embarcation. Le nombre de ces tubes varie selon les modèles proposés; sur le K'max, ils sont au nombre de huit et ils sont moins nombreux sur les modèles plus petits. Les instructions incluent des gabarits dessinés. Les tubes devront être pliés à la forme adéquate. Ils seront ensuite insérés dans les guides correspondants, présents sur l'aile. Leur positionnement devra être rigoureusement exact, si l'on veut éviter toute perte de rendement. Les tubes en aluminium ne doivent pas être collés à l'intérieur de l'aile, sans quoi le pliage de celle-ci se révélerait compliqué ...
Une fois les tubes installés, il reste à monter le servo de gauchissement. II est en corde de piano de
1 mm et ses extrémités doivent être pliées à l'intérieur des deux tubes en aluminium les plus proches du centre.

 

 

1) Détail du plan de l'aile : partie centrale en plastique transparent et le reste dans un matériau très résistant, avec renforts en nylon noir.
2) On peut constater sur cette photo, la qualité de l'aile et des coutures. Les tubes en aluminium donnent son profil à l'aide.

 

Stabilisateur
Usiné dans le même matériau que les autres éléments, le stabilisateur présente une curieuse structure. Sa rigidité lui est conférée par un mince tuyau en fibre de carbone d'environ 3-4 mm de diamètre. Comme on le voit, sa forme définitive est en U. En appuyant le tuyau sur votre ventre, vous le plierez et l'introduirez tout le long de son logement. Dans le cas du K'max (cela ne vaut pas pour les autres modèles), cette opération est également menée avec les fils en nylon qui serviront ensuite à fixer le stabilisateur au reste du modèle.
On colle ensuite au cyanoacrylate les éléments en plastique présents au bout de la tringle et on tire les fils de nylon par les ouvertures correspondantes, présentes sur le stabilisateur. L'ensemble est monté sur le modèle. Cette opération est rendue possible grâce à deux petits éléments en plastique et une fine baguette en fibre de carbone. La fixation au stabilisateur est assurée par deux vis et une goutte d'époxy. L'angle formé par le stabilisateur et la baguette doit être fixé comme indiqué dans les instructions (sur le K'max, il diffère des autres modèles de la série).

 

Réglage du modèle
Pour monter correctement le K'max, il est essentiel de bien comprendre son mode de fonctionnement. L'aile fonctionne sur deux axes; en réalité, ses gouvernes sont, d'une part, les "ailerons" et, d'autre part, la profondeur. La commande d'ailerons est peu conventionnelle; elle rappelle les premiers avions (antérieurs à la Première Guerre mondiale). Via les deux fines cordes de piano coulissant dans leurs tuyaux en aluminium, le servo tire ou relâche le bord de fuite de chacune des demi-ailes, modifiant ainsi leur incidence globale. Compte tenu du fait que les tiges en acier ont été préparées d'usine, elles n'autorisent aucun réglage. Étrangement, la commande d'ailerons fonctionne à l'envers: pour faire virer le modèle à droite, le bord inférieur de l'aile droite doit baisser. Pour nous en assurer, nous avons lu plusieurs fois les instructions...
Ce curieux comportement s'explique par plusieurs éléments: la courbure marquée de l'aile, le profil utilisé, la vitesse de vol réduite et l'absence de différentiel de l'aile. En réalité, ce que l'on fait pour tourner, c'est d'avantage augmenter la résistance que modifier la portance.
La gouverne de profondeur est, elle aussi, assez spéciale: l'incidence du stabilisateur est, initialement, définie par les deux fils en nylon qui ressortent sur ses deux côtés et qui courent jusqu'à l'arbre du servo d'ailerons, si bien que le stabilisateur est parallèle à l'aile principale. Toutefois, la montée ou la descente du modèle est obtenue par la traction du servo correspondant; ce faisant, on plie légèrement le tube principal en carbone (celui qui relie le centre de l'aile au stabilisateur vertical). II est essentiel que la longueur des fils soit celle indiquée dans les instructions. Concrètement, la longueur du fil qui unit l'extrémité du stabilisateur vertical au servo de profondeur doit être de 145 mm, exactement.

 

 

1) Le stabilisateur séparé du reste du "fuselage" confère au K'max une allure d'oiseau préhistorique.

2) Le crochet et l'élastique servent à tendre à la fois la zone centrale de l'aile et la gouverne verticale.

 

Vol d'essai
Les dernières pages du manuel décrivent la manière de pratiquer le vol de pente et de localiser les ascendances ou les turbulences. Le K'max est avant tout destiné au vol de pente, ce qui peut surprendre, vu sa faible charge alaire. La publicité de " ROI Import " affirme que le K'max peut voler avec des vents compris entre 5 et 35 km/h. Nous n'avons pas eu l'occasion de le vérifier, mais ce dernier chiffre nous semble quelque peu optimiste... En option, vous trouverez un kit de "bungee" ( l'élastique que l'on utilise pour que les planeurs puissent s'élever et trouver des thermiques ). Nous ne l'avons pas testé, mais les résultats obtenus devraient être probants.
Après avoir vérifié la radio (et avec une certaine appréhension quant au fonctionnement des ailerons), nous avons lancé notre K'max. Le vent était faible, mais suffisant. Malgré nos craintes, le modèle se révéla relativement bien trimmé au niveau des ailerons et de la profondeur. Les ailerons travaillent effectivement comme le précise le manuel. Même si la réponse aux commandes n'est pas celle d'un planeur acrobatique, les ailerons font virer la grande aile du K'max avec élégance, voire une certaine énergie. Bien évidemment, ne comptez pas sur ce modèle pour vous lancer dans des renversements ou des boucles...
Ce qui est amusant avec le K'max, c'est le vol lent où l'on apprécie chaque virage. Le vol est majestueux, et même s'il peut être trimmé pour évoluer plus vite, je ne pense pas que le K'max soit fait pour cela. En s'écartant de la pente, il est possible de capter des thermiques, lesquelles n'éprouvent aucune difficulté à élever l'aile, compte tenu de sa faible charge alaire.

 

En conclusion
Le K'max est un engin franchement spectaculaire. Son allure d'oiseau préhistorique et ses dimensions
imposantes, conjuguées à l'absence totale de bois, font qu'il attire l'attention des autres modélistes. II peut être monté en très peu de temps. Rien de plus simple que de l'emporter dans son sac d'origine pour le monter au bord du terrain, en quelques minutes. En ce qui concerne ses qualités de vol, elles sont celles que l'on peut attendre d'un ultraléger de cette catégorie: un vol lent et sans complication...

 

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