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MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°56

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EASY PIGEON

Un planeur à propulsion électrique, un format raisonnable

et un degré élevé de préfabrication

 

Bien souvent, alors que j'étais en train de pratiquer mon passe-temps favori, de futurs confrères sont venus me demander quel était le modèle idéal pour s'initier au vol. On le sait, les opinions divergent en la matière: certains assurent que le planeur constitue la meilleure option; d'autres penchent plutôt vers un avion de début classique; certains préfèrent les grandes ailes, et d'autres, les petites. Mon avis sur la question est le suivant: après de nombreuses années consacrées à la construction d'aéromodèles de tous types, j'ai toujours conservé à portée de main - au cas où, pour diverses raisons, j'aurais eu à me "refaire la main" - un motoplaneur électrique. En outre, je suis de ceux qui pensent qu'il est bien plus facile d'apprendre à piloter des modèles de cette catégorie que d'autres avions de début plus "classiques", sans parler du fait qu'ils sont plus propres et silencieux. Dans cet article exclusivement consacré à cette catégorie, nous verrons qu'ils constituent en effet un excellent moyen de s'initier à l'aéromodélisme.

 

 

Le faible poids de l'Easy autorise les manoeuvres à très basse altitude. Le décrochage est franchement difficile à provoquer. La petite hélice est repliable, ce qui diminue la résistance à l'avance.

 

Le "Easy Pigeon"
Le "Pigeon facile", que nous appellerons désormais Easy, est un motoplaneur plutôt petit, avec une
envergure de 1,8 mètre et propulsé par un moteur électrique des plus classiques. II se caractérise par un très haut degré de préfabrication, que nous pourrions estimer supérieur à 90 %, et qui devrait permettre au modéliste le moins courageux de le lancer dans les airs en un rien de temps. 

Le fabricant, c'est Simprop (une firme allemande, bien que ce spécimen soit fabriqué en Extrême Orient).

 

Le kit
Comme nous l'avons dit, l'Easy Pigeon est un modèle à haut degré de préfabrication. Dans la boîte, vous trouverez tout le nécessaire pour faire voler l'avion, à l'exception de l'équipement radio et des accus de propulsion, qui devront compter 6-7 éléments. Si nous parlons d'un kit complet, c'est qu'il inclut l'hélice (avec son cône), le moteur (avec son câblage), la tringlerie des commandes, les guignols et même la visserie. En règle générale, tous les éléments ont l'air d'être de bonne qualité, y compris le bois et le matériau d'entoilage des différentes surfaces.

A moins d'imaginer quelque subterfuge original, le kit de l'Easy Pigeon devra être complété par un émetteur à quatre voies, deux servos (de format standard) et un système de contrôle du moteur (soit variateur électronique, soit interrupteur) d'environ 20 ampères de capacité. Si la radio ou le contrôleur du moteur sont équipés du système BEC (Battery Eliminating System), vous pourrez vous passer d'accu pour l'équipement radio (avec le gain de poids et d'encombrement qui en résulte). Les batteries peuvent être de classiques Sub-C, de celles qui sont couramment employées en modélisme. Pour limiter le poids embarqué, deux microservos d'1,5 kilo de puissance feront parfaitement l'affaire, en vous faisant économiser 60-80 grammes.
Le kit ne contient pas de plan, mais un petit livret d'instructions. Compte tenu du fait que l'avion est livré quasiment prêt à voler, les schémas proposés sont largement suffisants pour permettre un montage rapide et facile.

 

 

1) L'entoilage n'est pas de type classique. II s'agit d'un plastique collé qui recouvre toute l'aile. Profil plan-convexe.

2) L'Easy Pigeon offre un degré élevé de préfabrication. Le moteur et son hélice sont montés d'origine.

 

Le fuselage
Le fuselage est fabriqué en plastique blanc. Sa finition d'origine est parfaite. Dans le cas de l'Easy, nul besoin de longs discours sur le fuselage, puisqu'il nous est livré avec son moteur électrique parfaitement installé. II s'agit d'un Mabuchi 540, bien connu de tous ceux qui ont, un jour ou l'autre, été tentés par le modélisme électrique. Le fabricant fournit les données relatives au moteur, mais à en juger par ses performances, il doit être muni d'un bobinage de type moyen, assez puissant pour assurer une bonne propulsion tout en limitant la consommation d'énergie. Ceux qui le souhaitent pourront lui substituer, sans la moindre difficulté, un moteur plus "poussé", au prix, bien entendu, d'une autonomie de batterie plus limitée. Comme on le constate sur les photos, l'Easy est livré avec son hélice repliable et son cône déjà montés.
Dans le fuselage, on trouve les cloisons et les transmissions des commandes radio (déjà installées), ainsi que les supports pour l'équipement radio (servos format standard) et la batterie, à laquelle on accède par la verrière. L'accès au pack est facile et le remplacement des accus ne prend que quelques secondes. Une curiosité: les trous permettant d'implanter l'interrupteur d'allumage de la radio (accessible à l'extérieur) sont prévus d'origine dans le fuselage.

 

L'empennage

L'empennage nous est livré totalement terminé. II est construit en balsa et entoilé d'un matériau thermorétractile identique à celui des ailes (du type Monokote). Autre détail amusant: les perforations pour le positionnement des guignols sont présents d'origine. Contrairement à l'usage, l'empennage n'est pas collé au fuselage. En effet, le plan fixe de la gouverne de direction intègre des tiges filetées qui traversent le stabilisateur et ledit fuselage. L'ensemble est fixé par deux vis en nylon. Ce système offre l'avantage de permettre le démontage de l'empennage pour faciliter le transport ou les réparations, en cas de nécessité. Dans le cas qui nous occupe, le système semble assez solide et a tout pour nous rassurer. Les dimensions de l'empennage suffisent à assurer une bonne stabilité à l'ensemble, ce qui est particulièrement bien venu pour un modèle de début.

 

 

Les dimensions modestes de l'Easy et le fait que ses ailes sont démontables facilitent son transport.

 

L'aile
L'aile est fournie en trois sections, parfaitement entoilées et prêtes à être installées. Le profil utilisé est un plan-convexe relativement peu épais, courant sur ce type d'appareil. Comme nous le verrons lors du vol d'essai, il assure un bon compromis entre vitesse et capacité de vol plané. Compte tenu du fait que l'aile est livrée préentoilée, certains détails vous échapperont, comme les renforts présents sur sa zone centrale et sur les points d'appui des clés qui assurent la jonction des trois éléments qui la constituent. L'envergure de l'aile est de 1,80 mètre, pour une corde de 22 cm, ce qui nous donne une surface alaire totale d'environ 37 dm2. Avec un poids total de 1300 grammes, on obtient une charge alaire oscillant autour de 35 g/dm2, très raisonnable, donc, pour permettre un vol thermique confortable.
Faute de pouvoir dépecer l'aile, et après en avoir scruté la structure sous toutes ses coutures, nous
sommes arrivés à la conclusion qu'il s'agit d'une construction classique, de celles qu'un modéliste aurait pu réaliser avec du balsa et du pin. Sans en connaître tous les détails, nous pouvons toutefois affirmer qu'il s'agit d'une structure à longerons et nervures en balsa, coffrée du bord d'attaque au longeron principal (présent au point le plus épais du profil). Impossible de savoir si le fabricant a prévu des renforts entre les longerons supérieur et inférieur. Pourtant, ce doit être le cas, au vu de la résistance globale de l'aile, qui semble plus que satisfaisante. Les bords d'attaque et de fuite sont en balsa (parfaitement profilé).
La section centrale de l'aile est droite, sans dièdre. Ce dernier apparaît là où ladite section centrale marque un angle avec les sections extérieures. La section centrale se fixe sur le logement du fuselage au moyen d'un téton en bois dur à l'avant, et de deux vis en nylon, près du bord de fuite. Ici également, ces zones d'appui semblent être pourvues de renforts assez résistants. Les trois sections de l'aile sont jointes au moyen de clés en acier.

 

 

1) L'aile est constituée de trois sections. Elle est de construction classique et est livrée quasiment terminée.

2) Détail du moteur embarqué (type Speed 600). Pour remplacer l'accu, ii suffit d'enlever la verrière.

 

Installation de la radio
Comme nous l'avons dit précédemment, l'installation de la radio ne pose aucun problème. Nous avons opté pour deux servos de format standard et un petit variateur de vitesse. Pour rappel, il est préférable que ce dernier soit muni d'un frein pour éviter que l'hélice ne continue de tourner lorsque l'alimentation sera coupée, ce qui se traduira par un freinage aérodynamique efficace. En effet - vous aurez l'occasion de l'expérimenter vous même -, la capacité de freinage d'une hélice est plus importante qu'on ne le croit généralement. Le récepteur et le variateur disposent de tout l'espace nécessaire (à moins que vous fassiez appel à du matériel d'un autre âge...). Comme toujours, le câblage devra être organisé de telle sorte qu'aucun fil ne vienne s'intercaler entre les commandes ou les autres composants.
L'opération la plus fastidieuse, s'agissant du montage de la radio sur un planeur ou un motoplaneur, c'est le positionnement des transmissions à l'intérieur du fuselage. Dans ce cas-ci, le constructeur nous a largement facilité le travail, puisqu'il ne nous restera plus qu'à installer les transmissions entre les servos et l'empennage. Les guignols et les vis correspondantes sont inclus dans le kit. Nous avons fait le choix d'appliquer les courses telles qu'indiquées dans le livret d'instructions. Les transmissions fournies dans le kit offrent une rigidité suffisante, pour un modèle de cette catégorie, et travaillent en douceur.

 

Finition du modèle
L'Easy est livré dans sa boîte totalement fini, raison pour laquelle ce chapitre sera très bref... Le matériau d'entoilage est tout à fait correct, voire meilleur que celui proposé par d'autres fabricants asiatiques.
Pour centrer le modèle au point indiqué par le fabricant, nul besoin d'ajouter du plomb. Le poids total est donc de 1300 grammes, fort proche du chiffre annoncé par le fabricant.

 

 

1) Empennage de construction classique en treillis.

2) Détail de la fixation de l'aile au moyen de vis. Sous les ailes, une arrivée d'air permet de refroidir le moteur.

 

Vol d'essai
Après avoir chargé la batterie à pleine capacité et vérifié que la radio fonctionnait bien (et sans interférences lorsque le moteur tourne à moyen et à plein régime), nous avons procédé au lancement de l' Easy.
Le moteur et l'hélice d'origine ont été bien conçus. Ils fournissent une capacité ascensionnelle plus que suffisante pour pouvoir piloter le modèle en toute quiétude. Si nous insistons sur ce point, c'est
parce que certains modèles similaires originaires d'Europe centrale offrent des propulsions minimales qui exigent de la part du pilote, pour éviter le décrochage, de véritables prouesses. L'Easy ne connaît pas ce problème, probablement grâce à sa faible charge alaire. Toutefois, il ne s'agit pas d'un modèle de compétition et il faut donc faire preuve de retenue si l'on veut éviter qu'il ne décroche. Avec des accus de bonne qualité (1700 mAh), vous pourrez effectuer 4-5 ascensions suffisantes pour atteindre les thermiques recherchées. Pendant la prise de hauteur au moteur, les réactions de l'appareil sont assez vives.
Une fois en vol thermique, l'Easy adopte un comportement franchement agréable pour le pilote, sans surprise. II autorise les vols lents, comme le laissait supposer sa faible charge alaire. Mais pour en tirer le maximum, mieux vaut adopter un vol un peu plus rapide. En pareille situation, la vitesse de descente est fort semblable, mais l'on peut parcourir davantage de distance à la recherche des thermiques. En outre, la réponse aux commandes est alors beaucoup plus vive et prévisible. Le décrochage est noble et peu marqué: le modèle pique du nez et prend immédiatement de la vitesse, sans réaction indésirable ni inclinaison des ailes.
Sans prendre trop de risque, l'on peut estimer qu'en l'absence d'ascendance notable, la durée de vol est supérieure à 12 minutes, ce qui est tout à fait honnête pour un planeur de cette catégorie. En vol thermique, l'Easy offre d'excellentes qualités, surtout s'il est maintenu à vitesse suffisante. II évolue bien, y compris au sein d'ascendances de très faible diamètre.

 

 

Les qualités de vol de l'Easy Pigeon autorisent les vols lents, même pour les pilotes moins expérimentés.

 

En conclusion
L'Easy Pigeon est un planeur livré pratiquement prêt à voler. Sa mise en condition ne prend que quelques heures. Ses dimensions sont plutôt réduites. En outre, il peut être facilement démonté pour son transport. Ses qualités de vol sont excellentes. Même si cela peut en surprendre certains, l'Easy Pigeon peut parfaitement être utilisé comme modèle de début pour s'initier à l'aéromodélisme.

 

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