" STUDENT " Trois
entraîneurs différents sous un même format

Le
"Student" équipé d'un moteur à explosion est un excellent
modèle d'initiation. On s'initie généralement à l'aéromodélisme avec un ''entraîneur traditionnel". Dans l'un de nos articles précédents, nous vous avons parlé des différentes possibilités de s'en procurer un... ainsi que de la prolifération des modèles dont le travail de construction est réduit au minimum.
Quelle est la meilleure solution ?
Confectionner soi-même un modèle en apprenant les différentes techniques de construction, de recouvrement, etc., ou parer au plus pressé et acquérir un modèle pratiquement prêt à voler ou encore acheter un appareil tout fait? La réponse n'est pas évidente. Voici quelques années encore, seules deux possibilités s'offraient à l'amateur : construire le modèle, entreprise qui demandait un certain temps (surtout pour le premier) ou acheter l'appareil tout fait, ce dernier choix étant assez onéreux. Cette semaine, nous vous présentons une option (trois, en réalité) en partant du principe que la meilleure approche consiste à entraîner le plus rapidement possible -avec certaines garanties - l'amateur vers le terrain de vol.
Dans cette optique, et si l'on se réfère au point de vue de Robbe, il faut offrir à l'amateur un modèle de belle apparence (si possible pas trop compliqué), pratiquement fini et peu coûteux.
Les ''Student''
Il n'y a pas qu'un seul "Student" le catalogue de Robbe mentionne en effet un premier Student à moteur électrique et deux axes, un second, à ailerons et moteur électrique, destiné aux amateurs d'acrobaties et, enfin, celui qui fait l'objet de notre test, à moteur à explosion et commande à deux axes. Ainsi que nous allons le voir dans les pages suivantes, tous trois sont cependant semblables quant aux dimensions, à la construction et au degré de préfabrication.
À qui sont destinés ces modèles ? Vu leur haut degré de préfabrication -que nous allons étudier en détail dans un instant- et leur prix raisonnable, ils conviennent bien aux modélistes peu enclins à consacrer trop de temps à la construction et impatients de passer au stade du vol.
Le design (aile haute, profil plan-convexe) et le dièdre plutôt accusé se prêtent à une grande stabilité et à un pilotage simple. Le modèle à propulsion électrique est plus lourd et requiert un équipement assez complexe (chargeur pour batterie à dix éléments), peu commun en aéromodélisme. C'est la raison pour laquelle nous avons choisi cette version, mieux adaptée au profil du modéliste moyen. Nous allons maintenant passer en revue les principaux composants de l'équipement.

La
décoration du modèle contribue à améliorer sa visibilité. Il existe
très peu d'entraîneurs dotés d'une telle finition.
Le kit
Nous découvrons, à l'intérieur d'une boîte colorée, un nombre réduit de composants à haut degré de préfabrication. Comme c'est habituellement le cas chez
Robbe, on y trouve aussi un livret d'instructions décrivant les différentes phases de la construction, avec de nombreux schémas explicatifs à l'appui. La construction du Student à moteur thermique nous semble très simple. Si l'on suit bien les instructions, le risque d'erreur est très faible.
Le matériel nécessaire pour compléter le modèle est des plus courants : une radio à minimum trois canaux et à trois
servos, un moteur de 2,5 à 4 Cc, une hélice, un axe et la visserie indispensable pour fixer le moteur. Il ne manque plus alors que les adhésifs : du cyanoacrylate et de l'époxy.
L'aile
L'aile consiste en deux demi-ailes, dont la superficie est nettement supérieure à celle d'un entraîneur normal; selon nous, cette caractéristique est due à la version électrique, plus lourde d'un demi-kilo : on augmente la surface pour obtenir une charge alaire raisonnable. L'aile a une superficie de 41 dm2 et pèse 1600-1700 grammes, ce qui se traduit par une charge alaire de 40-42 gr/m2 ; ce chiffre, plutôt bas, explique la grande qualité du vol plané, à laquelle le profil contribue également puisqu'il s'agit d'un Eppler 205, moins épais que le Clark Y habituellement utilisé pour ces modèles; le vol -plutôt rapide- est de bonne qualité. Par beau temps, cet avion pourra profiter des thermiques. Les deux demi-ailes, tout à fait construites, sont recouvertes d'un plastique en apparence plus épais que
l'Oracover habituel. La décoration est imprimée directement sur les feuilles de revêtement (cela vaut aussi pour le reste du modèle), ce qui nous permet de gagner du temps et de passer rapidement au stade du vol. La structure intérieure est des plus courantes, avec des nervures de balsa, des longerons plaqués jusqu'aux lattes centrales et des renforts de balsa entre ces éléments; c'est la structure du tube en forme de 'D" qui, comme nous le savons, fournit une grande résistance à la torsion et à la flexion, ce qui est particulièrement appréciable dans le cas de profils peu épais. Les bords marginaux sont montés et recouverts.

Photo
prise lors du décollage. Observez la prise d'air, sous le moteur.
Montage de l'aile
Comme le degré de préfabrication est élevé, le montage nécessite très peu de temps. On unit les deux demi ailes au moyen d'une baïonnette composée de deux pièces identiques de contreplaqué de 3 mm, collées avec de l'époxy. Les instructions -elles devraient, selon moi, être plus précises à cet égard- contiennent fort peu d'explications quant au dièdre; il nous faudra donc nous fier au résultat.
On recouvre la jonction de ruban adhésif afin de la dissimuler.
Au cas où l'aile comporterait des ailerons, il faudrait marquer le logement du
servo. Comme nous ne sommes pas concernés (il s'agit d'un modèle sans ailerons), nous ne nous étendrons pas davantage sur ce point. L'installation des ailerons est très simple : on colle les charnières dans leurs logements avec du cyanoacrylate et les commandes avec de l'époxy. Veillez a ce que l'adhésif ne gêne pas le système de commandes car cela pourrait les bloquer. La boîte du
servo, en bois, sera confectionnée à l'aide du matériel fourni à cet effet.
Le montage du fuselage
Le fuselage du "Student", plutôt large, est du type caisson. Étant donné l'espace disponible, l'équipement radio est facile à monter. La majeure partie du fuselage est en contreplaque léger, de 2 mm d'épaisseur; en ajoutant un peu de poids, on obtient ainsi une meilleure résistance aux mauvais traitements par rapport au balsa.
Le travail à effectuer est peu important. Nous commencerons par les chevilles de bois qui servent de support aux élastiques de l'aile. L'empennage est en balsa, recouvert de
thermoadhesif. Pour le terminer, il suffit d'installer les charnières et les équerres de commande.
Avant de fixer les stabilisateurs au fuselage, il faut ôter avec soin le revêtement adhésif (ne commettez pas l'erreur de les coller sans avoir retiré celui ci...). Les rainures de l'équipement sont déjà fraisées. Les différentes pièces s'emboîtent bien; veillez à ce que les surfaces soient perpendiculaires entre elles. Comme dans les cas précédents, nous vous conseillons l'époxy rapide comme adhésif.

1)
L'accès au moteur - en l'occurrence un MDS 25 - est aisé. 2)
Détail des tringles de gouverne, incluse dans le kit.
Installation de la radio
L'installation de la radio ne pose pas non plus de problème. Le réceptacle des servos est en contreplaqué de 3 mm; il est découpé à la mesure de servos de dimensions normales. On place ceux de direction et de profondeur à l'arrière et celui des gaz, à l'avant en position transversale. Comme nous l'avons indiqué en début d'article, l'espace disponible est plus que suffisant. La timonerie est en bois; son diamètre est d'environ 5 mm; comme d'habitude, ces pièces se terminent en tiges filetées de 2 mm. Toutes les pièces indispensables se trouvent dans le kit. Le fuselage comporte les orifices nécessaires pour le passage des commandes jusqu'aux surfaces correspondantes. On termine l'installation par les horns de commande, que nous fixerons à l'aide de vis et d'écrous.
Contrairement à celles de nombreux modèles plus sophistiqués de la même maison, les instructions passent sous silence l'amplitude de mouvement recommandée pour les gouvernes; c est, selon nous, un point à améliorer.
Complétons le fuselage
On place le moteur de façon à ce que l'hélice soit à 105 mm de la cloison pare-feu; on le fixe avec des vis de 3 mm. Nous avons utilisé un MDS 25 dont la puissance nous paraissait, en l'occurrence, adéquate. Quant à l'hélice, nous avons choisi une 9x5
APC. Le réservoir est assez grand (il permet des vols de plus de 15 minutes); on l'installe dans un vaste espace situé derrière la cloison pare-feu. Il n'y a pas de cloison de séparation entre le réservoir et la
radio mais il est possible d'en installer une si l'on choisit un réservoir plus court, et cela, pour éviter qu'en cas de débordement de celui-ci, l'équipement radio ne soit mouillé. On ferme le compartiment du réservoir avec un couvercle en plastique qui fait office de "pare-brise".
Le carénage du moteur est un ABS; il faudra le découper à l'aide d'une lame de rasoir - ou similaire- pour laisser passer la culasse, le silencieux et le carburateur; on le fixe au moyen de quatre petites vis filetées en métal.
Le train d'atterrissage est composé de deux pièces en corde de piano; on le fixe dans son logement au moyen de deux pièces en plastique et de vis en métal.
Équilibrage
Le modèle doit être équilibré à 80-85 mm du bord d'attaque. Pour ce faire, nous déplacerons la batterie et le récepteur vers l'endroit souhaité. Le cas échéant, on ajoutera du plomb jusqu'à obtention du centrage correct (le centre de gravité ne doit jamais se situer au delà de 85 mm !). Le poids total du modèle est d'environ 1700 grammes.

C'est
un véritable plaisir de pouvoir voler lentement et négocier des virages
" tranquilles " avec le moteur à moyenne puissance : une façon
naturelle d'apprendre à piloter.
Vol d'essai
Une fois sur le terrain, nous vérifierons la radio -d'abord avec moteur éteint et, ensuite, à plein gaz- ainsi que les commandes pour nous assurer qu'elles fonctionnent correctement. Les instructions ne soufflent mot de la course des commandes mais, en nous basant sur notre expérience avec des modèles similaires, nous les réglerons à environ 6 mm en haut et en bas, pour la profondeur, et à quelque 20 mm de chaque côté, pour la direction.
Une fois le moteur bien carburé, nous lâchons le modèle et nous accélérons. Nous devrons, durant la prise d'élan précédant l'envol, corriger la trajectoire du modèle avec la gouverne de direction; pour un débutant, le lancer-main est peut être préférable (le modèle est léger et s'envole à faible vitesse, ce qui rend le décrochage difficile). La distance nécessaire pour la prise d'élan est d'environ 15-20 mètres.
Le MDS garantit une bonne capacité d'ascension; à moyenne puissance, il permet à l'avion de voler "confortablement" et, poussé à fond, d'effectuer des loopings; les tonneaux sont possibles mais nous ne les conseillons pas aux personnes peu expérimentées. Le vol inversé peut également être envisagé, mais à condition de donner assez de profondeur. On doit sortir du vol inversé en effectuant un demi-looping et non en vol piqué.
Étant donné la légèreté du modèle, on peut voler avec très peu de moteur; c'est, en général, un point positif pour le débutant ( il a ainsi plus de temps pour réfléchir à la situation). Seul inconvénient le modèle réagit davantage aux rafales de vent.
Comme nous l'avons déjà précisé, le Student plane très bien grâce à son profil E205; si le moteur s'arrête à une hauteur suffisante, il est même possible de profiter des thermiques les plus fortes. L'atterrissage ne pose aucun problème; il peut même être effectué en vol plané. Le modèle est très robuste; il supporte les mauvais traitements (sans, pour autant, exagérer...) comme, par exemple, de brusques atterrissages ou des décollages ratés.
Résumé
Le "Student" est un modèle d'initiation dont la conception est très classique, si l'on excepte son profil aérodynamique Eppler 205. Il existe en différentes versions (électrique et à moteur à explosion), avec ou sans ailerons. Son haut degré de préfabrication le destine particulièrement à ceux qui souhaitent se rendre le plus rapidement possible sur un terrain de vol. On peut, tel qu'il est fourni et en utilisant du cyanoacrylate et de l'époxy rapide, le construire en quelques après-midi. Ses caractéristiques de vol sont satisfaisantes; outre le vol normal, son profil lui autorise une grande rapidité de même que quelques acrobaties. Grâce à sa légèreté et à sa construction en contreplaqué, il résiste aux mauvais traitements.
Quelques
détails frappants

1)
Détail du contenu du kit à haut degré de préfabrication. 2)
Embase conventionnelle et orifice destiné au réservoir.
3)
Le niveau de construction est meilleur, par rapport à celui pouvant être
atteint par un débutant moyen.
4)
Les ailes sont terminées et recouvertes. Quelques minutes suffiront à
les achever.

5)
Les pointes des ailes, qui posent souvent problème, sont également
installées. 6)
Détail de la technique de jonction des deux ailes, au moyen d'une
baïonnette en contreplaqué et d'époxy. |