LE
SILENCE Un
planeur simple mais complet pour vol thermique, et tout public
Cette semaine, nous allons vous présenter un curieux engin. Son allure franchement "rustique" pourrait nous faire croire qu'il est le produit d'une usine d'emballages, et non d'un maître du modélisme. Mais la simplicité de son montage et ses performances en vol vous étonneront.

Pour
le néophyte, l'atterrissage constitue souvent une manoeuvre délicate.
Pas avec un planeur léger comme le Silence. Philosophie
du modèle
Robbe est un constructeur allemand de modèles radiocommandés bien connu
de nos lecteurs. Son vaste catalogue propose, notamment, une foule de modèles destinés aux débutants. Le Silence est un planeur très élémentaire (envergure: 1,80 m). II a été conçu pour que le néophyte sans la moindre connaissance en aéromodélisme puisse le faire évoluer en un clin d'oeil (avec un outillage réduit à sa plus simple expression) et le réparer en un tour de main en cas de crash. Le kit inclut même le matériel nécessaire à son lancement (un système de remorque sur lequel nous reviendrons). L'acheteur n'aura plus qu'à acquérir une radio (la moins chère du marché) pour disposer d'un aéromodèle digne de ce nom.
Comme nous l'avons dit dans un article précédent, on peut se lancer dans l'aéromodélisme de plusieurs manières: en s'entraînant sur un avion de début (dont nous vous présenterons quelques spécimens) ou en faisant appel à un planeur simple, comme notre Silence.
Le
modèle et son kit
Le Silence est l'archétype de l'aéromodèle de base. II s'agit d'un planeur de type "deux axes". Pour les néophytes, cela signifie qu'il ne compte que deux commandes:
direction et profondeur. Les pilotes expérimentés reprochent à ce genre d'appareil de manquer de qualités aérodynamiques (impossibilité d'exécuter certaines figures acrobatiques). Par contre, l'installation de la radio est extrêmement simple et il suffit pour le piloter d'une radiocommande élémentaire et, donc, économique.
La construction même du Silence suscite l'étonnement, car ce planeur est intégralement fabriqué en foam bleu à haute densité et moulé (comme les emballages industriels). Les anciens manifesteront peut
être un certain mépris pour ce modèle qui n'est pas en bois et qui ne présente aucun entoilage, persuadés que des ailes de ce type ne peuvent offrir la résistance nécessaire. II suffit pourtant de se rappeler que les casques des cyclistes sont faits du même matériau, et que leur résistance aux chocs a été démontrée... Le foam utilisé présente d'excellentes qualités mécaniques et est capable de résister efficacement aux chocs. Admettons qu'il n'est pas très esthétique, mais on ne peut pas tout avoir... De plus, en cas de casse, ce genre d'ailes et de fuselages sont facilement réparables avec des colles type époxy ou de la colle blanche.
Comme on le constate sur les images, le kit comprend un fuselage, deux demi-ailes et des gouvernes (direction et profondeur) en
foam, une feuille d'autocollants, une timonerie complète de bonne qualité (avec les fixations des commandes) et un système de prise de hauteur complet (nous y reviendrons).

1)
Les deux demi-ailes s'encastrent dans le logement du fuselage et se fixent avec des élastiques. 2)
Basique, mais efficace. Appréciez le système de réglage de la
tringlerie. Matériel
nécessaire pour compléter le modèle
Dans ce cas-ci, les outils nécessaires au montage sont très limités: cutter et papier de verre, essentiellement. Quant à l'équipement radio, il vous faudra une radiocommande à deux voies et deux servos standard (les moins chers feront l'affaire). En réalité, le Silence a été conçu autour d'une radio Attack à deux voies de
Futaba, la marque distribuée par Robbe. Le
fuselage Le fuselage du Silence est constitué d'une seule pièce en foam d'environ 1,10 mètre de long.. Pour une meilleure résistance, son profil n'a pas été particulièrement stylisé. Une série de perforations et de moulages superficiels sont destinés à recevoir les éléments de l'équipement radio. Au centre, une large zone ajourée a été prévue pour la pose de l'aile.
On le constate, on ne peut parler de construction proprement dite, mais d'une simple installation des éléments de la radio. Suivant les instructions, nous éliminerons les restes de foam résultant du
moulage (très rares, dans notre cas) avec une lame bien aiguisée. Poncez si nécessaire. Il faut ensuite poser les servos dans leurs logements respectifs. Avant cela, nous aurons installé le bras tel qu'indiqué sur le schéma, pour donner aux gouvernes les débattements adéquats.
Les transmissions sont composées de tubes en plastique dans lesquels coulisse une tringle en acier
d'1mm, avec ses plis en "Z" pour l'accrochage au servo. Les tringles sont de différentes longueurs, la plus longue correspondant au servo avant (profondeur). Les longueurs sont indiquées sur le schéma.
Le porte-piles est posé à l'avant du modèle dans un logement prévu à cet effet, ainsi que l'interrupteur d'allumage. Le récepteur est placé ensuite. Le câble d'antenne est glissé dans son logement, le long du fuselage.
Une fois les câbles installés (y compris l'antenne), ils devront être tenus au fuselage avec du ruban adhésif transparent. L'ensemble des commandes est très précis, sans jeu conséquent.

1)
Aile en foam bleu. Profil plan-convexe bien adapté au Silence. 2)
Toujours sur la même note rustique, les charnières d'articulation des
gouvernes sont aussi très efficaces. Décorations
et finition du fuselage
Afin d'atténuer quelque peu la rusticité du fuselage, le kit inclut une feuille d'autocollants pour sa décoration. lis sont appliqués sur les flancs du fuselage et cachent ainsi le porte-piles et le récepteur, ainsi que les
servos. L'inconvénient de ce système - simple - est que nous risquons d'abîmer les autocollants lorsque nous devrons accéder
à l'équipement radio. Le logement de la batterie doit rester accessible pour permettre son remplacement ou sa charge.
Un jeu d'autocollants a été prévu spécialement pour la "verrière", ce
qui larend bien visible en vol.
II ne reste plus qu'à mettre en place les élastiques qui assureront la fixation de l'aile (quatre au total) et à placer le crochet de remorque sur le bas du fuselage. Pour ce faire, on utilise trois tenons en plastique (tels qu'on en trouve dans tous les magasins de bricolage) que l'on fixe à l'aide de vis. L'empennage
L'empennage, comme le reste du modèle, est fabriqué en porex bleu. Les gouvernes sont articulées sur les parties fixes du stabilisateur et de la dérive au moyen de bandes de ruban adhésif: une technique simple, mais efficace, qui convient même à des modèles plus grands et plus lourds. Pour terminer la timonerie, il ne reste plus qu'à installer les guignols en plastique (fixés par vis et écrous) et coller les autocollants.
Le stabilisateur est fixé au fuselage par des élastiques enroulés sur deux chevilles en bois. Sur le plan esthétique, ce système donne de moins bons résultats qu'un collage. Mais rien ne vous empêche de choisir cette dernière option, si vous le souhaitez. Toutefois, le
système proposé offre l'avantage qu'en cas de crash (fort probable, s'agissant d'un modèle d'initiation), les élastiques autorisent un déplacement du stabilisateur sans casse.
Une fois le stabilisateur positionné, il faut ajuster les tringles de gouvernes. Cette opération est facilitée par la présence de boulons
prisonniers qui unissent la tringle allant au servo à celle qui part vers la gouverne. En toute logique, les gouvernes doivent être parallèles aux parties fixes quand le servo est au neutre. 
Les
essais en vol ont montré que le Silence planait mieux que d'autres
modèles plus évolués.
L'aile
Le kit du Silence contient deux demi-ailes (en porex, toujours). Chacune d'elles mesure 94 cm de long, ce qui donne une envergure totale de 180
cm environ. La surface de l'aile est d'environ 45 dm2.
Le profil de l'aile est plan-convexe, comme souvent pour les avions d'initiation. Comme nous le verrons lors du vol d'essai, ce profil convient bien à la faible charge alaire du Silence et confère à l'ensemble des qualités de vol plus que satisfaisantes.
Chaque demi-aile se termine par un bloc de forme rectangulaire découpé en ligne brisée qui vient s'encastrer dans la partie centrale du fuselage. Ce système accroît considérablement la surface de contact entre aile et fuselage.
L'ensemble fait davantage penser, en ce qui concerne son comportement mécanique, à un modèle monobloc, plus résistant aux chocs (et donc mieux adapté aux débutants!). À première vue, les ailes semblent parfaitement droites, sans la moindre déformation aérodynamique, ce qui vient se conjuguer à la faible charge alaire du modèle.
Le montage des ailes sur le fuselage est extrêmement simple: il suffit d'introduire chaque demi-aile par le côté qui lui correspond. (Les instructions précisent même, à l'adresse des débutants, que "la zone la plus épaisse de l'aile doit être orientée vers l'avant." De quoi éviter les montages à l'envers!). Ensuite, on les serre l'une contre l'autre pour les emboîter. L'ensemble est tenu par des élastiques (deux sur le bord d'attaque et deux sur le bord de fuite). Le résultat est un bon compromis entre robustesse et capacité d'absorption des chocs. II ne reste plus qu'à
appliquer les autocollants. Le dièdre de l'aile est fixe. Il est de 6-7 cm sur chaque demi-aile. Finition
du modèle
Le montage, tel que nous venons de vous le décrire, ne devrait pas prendre plus de deux heures au débutant le moins expérimenté. Mais il reste un point fondamental
à régler, qui est la position du centre de gravité. II doit se situer à
65 - 70 mm derrière le bord d'attaque de l'aile. Avec l'équipement radio conseillé, le centre de gravité sera parfaitement positionné. Notre Silence pesait 650 grammes (poids annoncé par le fabricant). Sa surface alaire est d'environ 15
gr/dm2. Comme nous le verrons, ce chiffre dérisoire influera directement sur
l'excellent comportement du modèle.
Dans le cas où vous optez pour une autre radio (que celle proposée par
le fabricant) et que le centre de gravité est décalé, il faudra ajouter du lest ancré dans le
porex.

1)
Le dièdre des ailes est bien marqué. Malgré son montage inhabituel, le réglage du modèle est excellent. 2)
Le kit inclut un système de prise de hauteur à élastique. Il élève le planeur assez haut pour lui faire prendre
les thermiques.
Système
de lancement
Outre les pièces de montage, le kit inclut un ingénieux système de lancement. II s'agit d'un ruban élastique d'une quinzaine de mètres, avec un câble en nylon de 50-60 m, un ancrage à planter dans le sol et un anneau. Le couplage des ces éléments est clairement décrit dans le livret d'instructions.
Le vol d'essai
Le livret d'instructions contient un petit guide fort bien fait sur le vol de pente, les zones d'ascendance, l'emploi de l'élastique de remorquage, le centrage du modèle, le réglage des commandes, etc. Après avoir testé la radio, nous avons d'abord procédé à quelques
lancés manuels. Malgré son allure rustique, une légère impulsion suffit à faire planer le Silence sur plus de 50-60 mètres. Sa faible charge alaire et son profil bien adapté y sont pour quelque chose... La vitesse de vol très réduite, conjuguée à la légèreté du modèle, fait que les impacts sont rarement fatals. Après toutes ces vérifications d'usage, nous avons lancé le Silence avec
l'élastique. Le système de prise de hauteur lance l'appareil à 30 - 40 mètres (davantage en cas de vent). Le vol est lent et bien contrôlé. Grâce à sa faible charge alaire, le Silence profite de toutes
les ascendances qu'il traverse, sans même que nous nous en rendions compte. Selon nous, le Silence est idéal pour les débutants... et les plus anciens, qui s'amuseront comme des enfants en prenant des thermiques à 15 mètres du sol. Le décrochage est impossible. À moins de le vouloir, les erreurs de pilotage sont rarement dramatiques. Le modèle se pose tout seul. La fiabilité des commandes s'explique notamment par le fait que les tringles et les transmissions de commande sont exemptes de jeux et de flexions. Les débattements recommandés sont idéaux pour l'initiation.
Le Silence autorise le vol de pente. II suffit pour cela d'une petite dénivellation. En toute logique, compte tenu du poids de l'avion, le vol de pente n'est possible qu'avec un
vent faible ou modéré, faute de quoi notre Silence ne sera plus capable de pénétrer l'air... et partira en marche arrière! Dans de bonnes conditions, le Silence se comporte avec beaucoup de noblesse, sans grandes prétentions
acrobatiques, bien entendu. Mais cela suffira largement à l'apprentissage du vol de pente. Encore une fois, la faible charge alaire de notre planeur autorise la pratique du vol de pente au départ de simples petites buttes.
Résumé
En conclusion, le Silence convient également aux pilotes expérimentés, malgré ce que son aspect pourrait laisser supposer.
Depuis peu (à l'heure où nous avons écrit cet article), Robbe
commercialise, une nouvelle mouture du modèle, réalisée avec une
nouvelle mousse "Arcel", plus résistante et de couleur blanche.
Pour le reste, rien n'est inchangé.
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