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MAGAZINE, MODELES R.C. > LES TESTS : n°7

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" K-RAT de ROBBE "
Un planeur à moteur hors du commun

 

 

Le vol du K-Rat ressemble très peu à celui d'un planeur électrique habituel : il vole deux fois plus vite.

 

Ces dernières années, une série de planeurs à propulsion électrique très particuliers sont apparus sur le marché plutôt petits (moins de deux mètres d'envergure), dotés d'une puissante motorisation et caractérisés par un vol très rapide. Ces modèles constituent un groupe tout à fait spécifique, directement dérivé des planeurs de compétition de type F5B (et, dans de nombreux cas, utilisés dans cette catégorie) appelés "hot liners ". Il n'existe pas de traduction exacte de ce terme, qui se réfère plus particulièrement à la vitesse de vol.
Quels sont les pilotes capables de faire voler ce genre de planeurs ? Certainement pas les débutants (la vitesse de vol de ces engins, en outre sophistiqués et onéreux, est très grande) mais plutôt les pilotes ayant une expérience certaine des modèles rapides.


"Le K-Rat"
Robbe a montré, dès leur apparition, un certain intérêt pour ce genre de modèles. On en trouve au moins trois ou quatre dans le catalogue ''le Calibra" et le "Calibra Pro", le "Fantic", le "Limit" (de compétition) et, depuis peu, le "K-Rat".
Le K-Rat" est un planeur de 1,85 mètre d'envergure, avec une surface alaire de 36 dm2. Il a été spécialement conçu pour pouvoir abriter un moteur électrique puissant et une batterie de 8 à 16 éléments. Avec la motorisation de base (et huit éléments seulement), il pèse 1800 grammes, ce qui donne une charge alaire comprise entre 50 et 60 gr/dm2. Le profil utilisé est un MH 30 modifié (selon le fabricant). Personnellement, je ne connais pas ce profil, mais il ressemble aux HQ utilisés en compétition F5B, d'épaisseur réduite (aux alentours de 8-8,5%) et qui se prêtent aux vols rapides ainsi qu'à des charges alaires élevées. Avec un moteur puissant et 16 éléments, le K-Rat à un poids d'environ 2300-2400 grammes et une charge alaire de quelque 70 gr/dm2.
Le modèle a été conçu pour voler avec des ailerons (un servo par aileron) et une gouverne de profondeur; il est recommandé d'utiliser une radio capable de mélanger ailerons et aérofreins, et cela, pour faciliter l'atterrissage.


 

Moment de tension avant l'atterrissage. Observez les ailerons transformés temporairement en aérofreins. REMARQUE : le planeur s'en est sorti indemne.


L'équipement
Le K-Rat se trouve dans une boîte de grandes dimensions (pas moins d'1,90 mètre de long). Un tel emballage se justifie par le fait que l'aile est fournie en une seule pièce. Le fuselage est en fibre de verre; il est d'excellente qualité et comporte, à l'intérieur, une petite plaque portant l'indication fait à la main". On a utilisé du gel-coat blanc pour la finition extérieure. La pièce est bien faite mais comprend sans doute un peu trop d'époxy aux angles (cloison avant surtout) qui rend plus difficile le découpage du support du moteur. La cloison d'appui du moteur faisant partie intégrante du fuselage, le travail s'en trouve ainsi réduit.

L'aile
Comme nous l'avons indiqué, l'aile est d'une seule pièce. Elle pèse 450 grammes et est plaquée de bois. Lintérieur est en foam blanc de densité moyenne. Les pointes, arrondies, élèvent le dièdre de 4 cm et le plan trapézoïdal de chaque demi-aile est réalisé avec deux pièces de placage il n'y a pas une seule jonction. Nous ne savons pas comment cette aile a été faite mais elle donne l'impression d'avoir été coulée dans un moule par injection de foam. La finition est impeccable et la rigidité, merveilleuse.
L'aile est equipée de ses ailerons déjà fraisés (il ne reste plus qu'à les séparer), des supports de servos (spécialement conçus pour les "servo Lock' de Robbe) et contient plus d'éléments qu'il n'y paraît à première vue : la gaine dans laquelle coulisse le câble des servos d'ailerons, les bords des ailerons et les blocs en bois destinés à accueillir les vis qui permettront de fixer l'aile au fuselage. Bref, il s'agit d'une pièce splendide pouvant, par ailleurs, être achetée séparément en cas de casse.

Autres composants
A part l'aile et le fuselage, nous trouverons dans la boîte les composants du stabilisateur (en balsa, fraisés), un cockpit en plastique imitant la fibre de carbone, deux plaques en contreplaqué de 3 mm pourvues des cloisons d'appui de la batterie (deux versions, selon le nombre d'éléments) et deux petits sacs en plastique qui contiennent des vis de fixation et quelques autres pièces. Le plan et les instructions sont sommaires, mais faciles à comprendre (une feuille pour le "plan" et une autre pour les instructions).


 

1) Récepteur, interrupteur et système d'allumage du moteur (à droite de la photo 1) sont placés sous les batteries.

2) De l'espace en suffisance pour installer des moteurs avec ou sans réducteur.


Ce dont nous aurons besoin
L'équipement radio nécessaire comprend trois microservos (d'environ 12 mm d'épaisseur pour pouvoir entrer dans l'aile), un système de réglage du moteur, un alongeur pour le servo de profondeur (à l'arrière du fuselage) et une paire de "Servo Lock 4" de Robbe, nécessaires au montage des servos d'ailerons. On peut ne pas les utiliser mais le montage des servos en sera plus laborieux, de même que leur extraction. On peut recourir à un simple émetteur à quatre canaux mais nous vous conseillons de vous en procurer un qui soit capable de mélanger les ailerons, et cela, pour pouvoir utiliser ceux-ci comme aérofreins.
La gamme des équipements moteurs est très large. Robbe conseille quatre motorisations, depuis un 700/13 à huit éléments (fournissant quelque 125-150 watts) jusqu'à un 536/4 à dix éléments, qui fournit cinq fois plus de puissance. En ce qui nous concerne, nous avons utilisé la version "de base".

Construction des ailes
La construction de ce modèle n'est pas difficile... si vous suivez les instructions au pied de la lettre. On commence par découper les ailerons (quelques minutes). Il faut, ensuite, coupler les câbles des servos et ceux introduits dans l'aile, et placer les fiches à l'autre extrémité. On retire tout le foam du logement des servos et on installe les "Servo Lock", supports de servo de forme circulaire, en les collant avec de l'époxy ou du cyanoacrylate de densité moyenne. Cela étant fait, on peut recouvrir l'aile de thermoadhésif (Oracover ou Solarfilm). Pour les ailerons, du ruban adhésif fera office de charnière, et cela, de chaque côté. On installe les hornes de commande et on règle la timonerie. Il ne reste plus qu'à installer le téton en bois qui permet de fixer l'aile et que l'on place après avoir monté partiellement le fuselage.


 

Autre atterrissage, plus élégant que le précédent. Avec le moteur utilisé, on peut effectuer sans problème des vols de plus de 10 minutes.


Le fuselage
Tout comme l'aile, le fuselage n'exige pas un travail important. Pour installer le moteur, nous recourons au ''Turbo Spinner", système complet d'embase, de cône et d'hélice pliable, qui, de plus, refroidit le moteur (voir photo). Le K-Rat étant conçu à cet effet, le montage est très rapide. Le découpage du logement de l'embase du moteur constitue l'opération la plus ardue, étant donné la quantité de résine présente à cet endroit. On doit coller l'embase -en plastique- du "Turbo Spinner" avec du Stabilit. L'accouplement du système est excellent.
Le collage de la cloison d'appui arrière des ailes doit être réalisé à un endroit précis. On vérifie son exactitude en mesurant la distance qui sépare la pointe des ailes et la dérive (elle doit être semblable). Une fois celle-ci collée, on place la cloison d'appui avant à l'endroit indiqué (un rond en bois). Les instructions sont sommaires mais exactes. Il en résulte une précision au millimètre près.
On ne doit pas encore coller la cloison de contreplaqué destinée à accueillir la batterie.

La queue
La dérive du K-Rat est fixe. On installe, à l'intérieur, le servo de profondeur, auquel on accède par une écoutille ronde. La gouverne est très courte et directe (tringle en acier de 1 mm et de 13 cm de long). Le stabilisateur est en bois de balsa recouvert d'Oracover; il est fixé au fuselage par deux petites vis en plastique qui se briseront en cas d'atterrissage violent. Le servo de profondeur doit être collé au fuselage sur un morceau de bois de balsa, de façon a ce que la gouverne demeure au neutre.

Installation des composants
La batterie et le moteur du K-Rat (généralement n'importe quel modèle électrique d'un certain niveau) constituent les composants les plus volumineux et les plus lourds (300-400 grammes pour le moteur et jusqu'à 700-800 grammes pour la batterie). On installe assez facilement le moteur avec hélice et moyeu. Si l'on utilise jusqu'à 12 éléments de batterie (comme 99% des amateurs), on les place sur une large embase de contreplaqué située à "mi-hauteur" dans le fuselage. On doit placer cette assise (avec la batterie) de façon à ce que l'équipement radio, le moteur, les ailes, etc., c'est-à-dire le modèle dans sa totalité, ait son centre de gravité au bon endroit (à 82 mm précisément du bord d'attaque de l'aile) sans lestage de plomb. Il faudra, si nécessaire, l'avancer ou le reculer en vérifiant chaque fois qu'il est possible d'extraire la batterie par la cabine de l'appareil. Quand on l'aura correctement positionnée, on la collera au fuselage avec une bonne dose d'époxy lent pour éviter que la cloison ne se détache à chaque atterrissage violent. Mieux vaut renforcer la jonction avec de la fibre de verre.
Le récepteur et le contrôleur du moteur (un RSC 250) ainsi que la batterie de la radio (si nous l'utilisons) se placent sous l'embase de la batterie. L'antenne est interne : elle se trouve dans une petite gaine de plastique à l'intérieur du fuselage. Le montage doit permettre un certain accès au récepteur, ne fût-ce que pour changer le quartz.
Les instructions nous recommandent d'assurer la batterie afin qu'elle ne puisse pas se déplacer en plein vol, ce qui bouleverserait l'équilibrage de l'appareil et aurait des conséquences désastreuses; elles n'expliquent toutefois pas la façon de procéder. La solution la plus simple (je l'ai appris sur le terrain de vol) consiste à utiliser du 'Velcro"; elle sera bien fixée et pourra être facilement retirée.


 

On introduit la batterie par la cabine (l'aile peut déjà être en place). Elle admet 16 éléments.


Réglage de la radio
Pour ce type de modèle, il faut utiliser une radio qui réunisse les conditions minimum (ATV, Dual Rate et un mélangeur). Nous avons utilisé une Futaba FF6, en l'occurrence plus que suffisante. Les instructions sont très précises quant aux courses des gouvernes. Il faut, en ce qui concerne les ailerons, disposer de beaucoup plus de gouverne vers le haut que vers le bas (le double, 12, en haut et 6 en bas); les raisons en sont un peu compliquées à expliquer. S'il en allait différemment, le modèle ne virerait pas bien. On peut obtenir ce résultat de façon mécanique ou électronique, grâce à la fonction ''Flap ailerons". De plus, nous couplerons les ailerons de façon à ce que, lors de l'atterrissage, ils se déplacent de 50-60° vers le haut et servent ainsi d'aérofreins (tout en gardant la fonction d'ailerons). L'amplitude de la gouverne de profondeur est de 8 mm de chaque côté.


 

Avec le moteur éteint, le K-Rat a un excellent vol plané. De par son profil et sa charge alaire, il est cependant plus à l'aise dans les vols rapides.


Vol d'essai
Le jour de l'essai, il faisait bon, avec très peu de vent. Nous avons trouvé un collaborateur expérimenté qui, après avoir couru sur quelques mètres, a lancé notre K-Rat.
Le Robbe 700/13 et huit éléments permettent d'obtenir 8.500 tours/minute, avec une hélice 10x6. Selon le fabricant, la consommation est de 22-24 ampères, ce qui, pour autant que nous utilisions une bonne batterie (SCRC de 1800 mAh), nous donne quelque 4-5 minutes d'autonomie. Cette puissance est "suffisante" pour élever le K-Rat sans problèmes mais aussi sans prétentions. Ceux qui recherchent les émotions fortes peuvent installer un moteur de compétition 325/3 avec réducteur, 10 éléments et une hélice 13x10 ou similaire en fibre de carbone. Avec cette combinaison qui absorbe quelque 50 ampères ou plus, le K-Rat monte à 60° et devient un petit point dans le ciel en 20-30 secondes.
Les gouvernes conseillées sont plus que suffisantes : le modèle est très souple et peut réaliser des acrobaties élémentaires (vol inversé inclus). Comme nous pouvions nous y attendre, son pilotage est très différent par rapport à celui d'un planeur thermique comme le Prisma, que nous vous avons présenté voici quelques semaines. Si nous nous obstinons à le faire voler lentement, le profil ne donnera pas tout le rendement dont il est capable et l'avion entrera facilement en décrochage. Cet appareil aime la vitesse; il peut accomplir un long trajet à la recherche de thermiques. Le virage avec ailerons et gouverne de profondeur est très facile, peut-être plus que dans le cas d'un "deux axes'' classique.
Il faut tenter plusieurs fois l'atterrissage trop près du sol, l'appareil se refuse à descendre. Il faut le faire venir de loin et sortir les aérofreins pour le "faire tomber". Attention il ne doit pas taper de l'aile ! Nous ne l'avons pas confronté aux vents anabatiques, mais nous sommes certains qu'avec un vent de force modérée, ce doit être très amusant.

Résumé
Les "Hotliners" constituent une version très amusante des planeurs électriques…pour ceux qui ont de l'expérience. Profil rapide, moteur puissant, vitesse élevée et grande souplesse. Le K-Rat réunit tous ces critères et accepte des moteurs assez ''sauvages''. La qualité de l'équipement -surtout en ce qui concerne les ailes et le fuselage- est excellente. Son montage requiert peu de travail mais n'est pas à la portée d'un débutant. C'est une chance car, selon nous, le K-Rat ne survivrait pas à un débutant timoré.

Avant d'acheter votre K-Rat, vous devrez faire votre examen de conscience. Pourrez-vous le piloter sans trop céder au stress ? Vous aurez, par ailleurs, besoin d'une bonne radio, de servos "micro", d'un régulateur, d'une paire de batteries de qualité, d'un moteur puissant et d'un bon chargeur. Ce matériel est assez coûteux.

Esr-ce que le jeu en vaut la chandelle ?! Si vos qualités de pilote se situent dans la bonne moyenne, la réponse est évidemment : oui ! Son ascension rapide, sa grande vitesse de vol et son maniement en valent la peine. Robbe fait bien son travail.

Nous vous mettons en garde : une fois que vous aurez goûté au "hotliners", vous risquez de ne plus pouvoir vous en passer.

 

Quelques détails particuliers

 

 

1) Les autocollants qui accompagnent l'équipement permettent une jolie finition.

2) Le servo de profondeur est logé dans le stabilisateur vertical même.

 

 

3) Malgré son aspect "fibre de carbone", la cabine est en acétate.

4) Supports pour les vis de fixation de l'aile, avec leur fraisage correspondant.

 

 

5) Le fusalge est en fibre de verre et se caractérise par une excellente finition sous forme de 

" gel-coat " brillant.

6) Fraisages de l'aile destinés aux ailerons et logement de leur servo.

 

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